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« Le troisième œil d’Indra », Blue Space 2, par Marazano et Lamquet. Glénat.

blue-space-2.jpgDéception partielle que ce deuxième tome de « Blue Space », série au fondement scientifique bénéficiant de la caution des experts d’EADS Astrium, coréalisée par Richard Marazano et Chris Lamquet. Non que ce titre manque d’intérêt ou de qualités. Il développe au contraire de manière intelligente une thématique environnementale qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène dans les prochaines années – les cyclones – avec ce qu’il faut d’informations et d’anticipation scientifique et politique pour le rendre passionnant, à l’image de la série « Imago Mundi » de Brahy, Corbeyran et Braquelaire (Dargaud). Mais sa dramaturgie reprend, hélas  presque point pour point, celle de « La fille du vent » de Roger Leloup (Dupuis), neuvième album de la série Yoko Tsuno, écrit il y a déjà… plus de trente ans !

« Blue Space » est à l’origine une collaboration de deux auteurs solides avec EADS Astrium : Richard Marazano, le créateur de « Cuervos » (Glénat), aligne à sa bibliographie des titres mêlant intimement les règles du thriller et de l’anticipation scientifique, à l’image des splendides « Complexe du Chimpanzé » (Dargaud) ou « Genetiks » (Futuropolis) ; Chris Lamquet est l’expérimentateur graphique inspiré de la série « Alvin Norge » (Le lombard) et de « IO Memories » (Kana). Le premier tome, « Tycho Incident », a été diffusé par Hachette, avant d’être republié par les éditions Glénat – partiellement redessiné – simultanément avec « Le troisième œil d’Indra ». La série  met en scène les membres d’une agence spatiale multinationale placés dans des situations de crise. L’Unsa est cette fois mandatée pour intervenir sur des cyclones menaçant Jakarta. Les auteurs font évoluer deux groupes de scientifiques en parallèle, l’un perdu en pleine jungle indonésienne, l’autre travaillant à intervenir par l’espace. La plus-value de l’album ? Son réalisme contemporain, dans mise en œuvre de technologies qui n’ont plus rien à voir avec celles imaginées par Leloup – la question du nucléaire y est d’ailleurs tranchée – mais aussi dans la description des process de prise de décision scientifique et politique dont les protocoles sont parfois incompatibles avec le principe d’urgence. Et le graphisme de Chris Lamquet, qui nous en met plein les yeux, très inspiré par la jungle, l’espace et les cyclones, un peu moins par les bureaux et la machine à café. « Le troisième œil d’Indra » s’avère de fait  tout à fait recommandable à condition de ne pas avoir le souvenir ébloui de son aîné collé aux neurones. Et montre en tout état de cause qu’il y a beaucoup à attendre de la collaboration entre Marazano et Lamquet. Toutes bonnes raisons d’attendre de pied ferme de « Orang Outan », premier tome de la série « Eco Warriors », à paraître en septembre chez 12 bis.

48 pages. 13 euros.

Chronique de Philippe Belhache


3 juillet 2009 - 1 commentaire
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« Undercurrent », Prix Asie-ACBD 2009

undercurrentkana.jpgDans le cadre du festival Japan Expo, l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) remet le Prix Asie-ACBD 2009 à 
« Undercurrent », de Tetsuya Toyoda publié aux éditions Kana. Ce prix distingue une bande dessinée asiatique, parue en français entre juillet 2008 et juin 2009.

À la fois très japonais par son cadre et universel par sa thématique, « Undercurrent » est le premier livre publié en France de Tetsuya Toyoda. Cet auteur, né en 1967, imagine ici un récit sensible, celui d’une femme dont le mari disparaît sans un mot d’explication. La stupeur passée, elle se décide à rouvrir l’établissement de bains publics naguère cogéré avec son époux. Mais le spleen est-il soluble dans le travail ? Et si derrière le choc récent se cachait une faille plus ancienne ?

« Undercurrent » se construit  autour d’une double intrigue, l’une apparente, l’autre enfouie comme un courant sous-marin qui circule au long des 300 pages. Avec « Undercurrent », quatre autres titres étaient en compétition pour le Prix Asie-ACBD 2009 :

Enfant Soldat, par Akira Fuyaka et Aki Ra, Delcourt
Gringo, par Osamu Tezuka, Kana
Intermezzo, par Tori Miki, IMHO
Une vie chinoise, par P. Ôtié et Li Kunwu, Kana

2 juillet 2009 - Aucun commentaire
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Tony Corso vs Madame Mirage : la tentation du côté obscur

corso5.jpgLa vengeance et l’auto-défense seraient-ils devenus tendance ? « Vendetta », cinquième opus des enquêtes de Tony Corso, et « Ecran de fumée », premier volume des aventures de Madame Mirage, voient se brouiller – et carrément disparaître – les limites en général imposées aux personnages de genre. Il ne s’agit certes pas d’une première. Nombreux sont les auteurs qui explorent ainsi la part d’ombre de leurs personnages. Rares sont ceux, cependant, qui osent les faits basculer aussi ostensiblement du côté obscur. Berlion nous avait déjà donné, par le passé, un aperçu des méthodes expéditives et parfois « borderline » de son privé de la jet-set. Il franchit avec « vendetta » un palier supplémentaire. Car cette vengeance, c’est la sienne. Celle de l’enfant qui est mort en lui. Plongé dans le milieu maffieux romain, volant au secours d’un ami de toujours, Tony Corso voir émerger en lui les souvenirs d’une jeunesse traumatique.  Olivier Berlion expose le passé de son antihéros pour mieux en éclairer le présent. Et justifie – sans pour autant l’excuser – la violence comme répondant à une violence pire encore. « Vendetta » donne une épaisseur bienvenue à un Tony Corso hâbleur, parfois même dilettante, volontiers cynique, que l’on découvre ici droit et affuté comme une lame. L’esprit de José Giovanni n’est pas loin… Côté graphique, le trait réaliste de Berlion et la mise en page dense, sans être révolutionnaires, participent pleinement à l’ambiance glauque de cet univers imbriquant les intérêts du sport et de la pègre. Surprenant.


mirage1.jpgMadame Mirage dans tout cela ? L’héroïne aux atours de pin-up vintage de Paul Dini et Kenneth Rocafort peut-elle se comparer au privé aux chemises à fleurs ? L’esprit, de fait, est le même, la vengeance par le glaive. L’univers de cet « Ecran de fumée » doit beaucoup aux expériences « Watchmen » et « Wanted » : un futur proche à la technologie avancée, des idéalistes la développant pour devenir des héros, des criminels en profitant pour opérer dans l’impunité… et au final une interdiction pure et simple de l’activité de ces « méga ». Les héros sont en prison et les criminels se sont acheté une vitrine légale… Jusqu’à l’arrivée de Madame Mirage. Rien de nouveau sous le soleil ? Le scénario de Paul Dini est heureusement bien plus malin que cela. Il explore les capacités de son « héroïne » avec une certaine roublardise, lui offre des origines solides et justifie même son apparence physique de bimbo années 20 - superbement rendue par Kenneth Rocafort - laquelle s’avère paradoxalement… fonctionnelle. Dini, en outre, ne tourne pas autour du pot. Madame Mirage mène une vendetta. Et pour arriver à ses fins, elle abat ses ennemis un par un, usant même de l’exécution sommaire. Le chapitre trois – ce volume regroupe les six fascicules parus aux Etats-Unis chez Top Cow – est à ce point de vue particulièrement éloquent. Dini ne fait heureusement pas l’économie d’une réflexion sur ce thème. L’héroïne, qui menace de virer doucement schizophrène, prend conscience d’être devenue une meurtrière. Elle n’en va pas moins au bout de sa vengeance, principal moteur de la narration. Les aventures de Madame Mirage pourraient d’ailleurs s’arrêter là, le chapitre 6 – publié en mai 2008 outre Atlantique - formant une conclusion tout à fait acceptable. Les éditions Delcourt, optimistes, tiennent la porte et la numérotation ouvertes. Top Cow, de son côté, n’a pas repris la parution.


« Vendetta », Tony Corso 5, par Olivier Berlion. Dargaud. 56 pages,

« Ecran de fumée », Madame Mirage 1, Editions Delcourt (collection Contrebande). 144 pages. 14,95 euros.

Chronique de Philippe Belhache

2 juillet 2009 - Aucun commentaire
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« Oh les filles! », deuxième partie, de Sophie Michel et Emmanuel Lepage. Futuropolis.

oh-les-filles.gifOn avait quitté nos trois filles, Chloé, Agnès et Leila, sur une agréable impression, impression confirmée avec ce deuxième tome qui clôt cette tranche de vie de copines indéfectibles. Bien sûr, les nenettes grandissent, et sont cette fois aux prises avec des problèmes d’adolescentes tout en cherchant leur trajectoire. Chloé persiste dans sa vocation de danseuse tandis que Leila travaille d’arrache-pied pour devenir sage-femme, comme un hommage à sa mère défunte alors qu’elle était en couche. Pour Agnès, gosse de riches parents trop égoïstes pour s’occuper d’elle, l’avenir est plus flou, perturbé par une fugue et une vie de saltimbanque qui n’est peut être pas sa tasse de thé. Toutes trois s’éveillent à l’amour, chacune avec son tempérament, depuis leurs premières règles jusqu’au premier baiser.

  Ce sont des portraits très sensibles qu’a échafaudé Sophie Lepage, sans aucune caricature mais avec beaucoup de nuances, forgeant trois caractères bien particuliers, trois lignes de vie qui s’entrecroisent. Emmanuel Lepage apporte quant à lui sa lumière habituelle, avec ses couleurs harmonieuses, propres aux atmosphères les plus intimes. Les deux auteurs ont bâti ensemble un univers plein de vérité, exprimé avec des mots justes. Une histoire très agréable à suivre, qui raconte simplement le parcours de filles qui deviennent femmes.

  64 pages, 15 euros.
 

Chronique de Jean-Marc Lernould

24 juin 2009 - Aucun commentaire
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La vie d’une femme battue

Sujet sensible. Thème délicat, ô combien, puisqu’il traite des violences faites aux femmes, au sein d’un couple. Un sujet à laisser exclusivement entre les mains des femmes? Loïc Dauvillier, scénariste de BD bordelais, et Jérôme d’Aviau, illustrateur, ont osé transgresser ce tabou. Et réaliser un album sensible et révoltant.
« Inès », publié aux éditions Drugstore fin mars, a fait son petit bonhomme de chemin. Contrairement à toutes les prédictions, il a trouvé un bon écho auprès du public et le même accueil auprès des critiques. « On est pourtant partis perdants, admet Jérôme. Ce thème est très difficile. Un travail réalisé par deux hommes qui a priori n’ont pas leur mot à dire sur la question et… le parti pris artistique. Nous ne voulions être ni didactiques, ni psychologisants. Nous avions toutes les raisons de nous planter. »
Une espèce de défi

« Inès » à travers un scénario en quatre actes met en scène les dernières heures de la vie d’une famille, derrière les murs, avant une ultime scène tragique. « Loïc m’a envoyé le scénario. Mon travail a consisté à reprendre l’histoire image après image. Pas si simple. Pour moi, ce fut une espèce de défi et c’est pour cela que le sujet m’a intéressé. Loïc, lui, a été indirectement confronté à ce problème, c’est une question qui l’interroge beaucoup. Il avait envie d’en parler. Nous avions déjà travaillé ensemble auparavant et, lorsque l’éditeur m’a invité à partager cette aventure, je n’ai pas hésité. Le défi ? Il consistait à ne pas virer dans le larmoyant, mais à tenir mes personnages, comme un metteur en scène. Il fallait qu’ils accrochent, mais ne pas trop faire dans le pathos pour que tout ça reste crédible. L’un et l’autre nous ne nous posons pas en donneur de leçon. Dire “battre une femme ce n’est pas bien” ne sert à rien. En revanche, imposer un constat aussi tragique que sordide en s’appuyant sur des scènes quotidiennes peut avoir un impact fort. »


Ce soir à la Maison des femmes

Question d’équilibre. Le récit des quelques heures qui précèdent la violence de trop est symptomatique de ce que vivent au quotidien des milliers de femmes en France. Humiliation, impossibilité à quitter la maison et son bourreau, culpabilité, sentiment d’impuissance pour la femme. La peur aussi extrêmement présente avec le dessin très graphique, noir et blanc, où la violence passe par des coups de crayons salis. La BD « Inès » n’invente rien. Juste un morceau de vie, le reste on l’imagine. En France aujourd’hui, tous les trois jours, une femme meurt à la suite de violences conjugales. Autour, les voisins, les amis n’avaient rien vu. Ou pas voulu voir.

Ce soir, Loïc Dauvillier et Jérôme d’Aviau participent à une conférence-débat à la Maison des femmes, à 19 heures, sur ce thème.

Auteur : Isabelle Castéra

NOTA :
“Ines” fait partie des “20 indispensables de l’été” sélectionnés par l’ACBD, l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée.
24 juin 2009 - Aucun commentaire
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« Métamuta », Mutafukaz hors série, par Jérémie Labsolu. Ankama, Label 619.

metamuta.jpgRun enrichit l’univers « Metafukaz », série devenue culte en deux albums,  en l’ouvrant sous contrôle à de nouveaux auteurs. « It came from the Moon », numéro 0 réalisé avec Bicargo, opus déjà bien frappé, était l’occasion pour le directeur de collection du label 619, de poser les bases historiques de ce récit urbain déglingué qui voit deux jeunes loosers de la banlieue de Dark Meat City – Angelino, l’homme à la tête en boule de billard, et Vinz, le fils caché du Ghost Rider - devenir les piliers de la lutte armée contre l’invasion extraterrestre. « Métamuta » va encore plus loin. Cette variation sur le thème, sorte de 2 bis psychotique, est une plongée dans l’inconscient d’un Angelino aux portes de la mort, virée assumée au coeur d’un « cerveau malade ». Pour l’accompagner, l’auteur nous sort l’arme Labsolu, Jérémie Labsolu, dont la carte de visite se limitait jusqu’alors à « Wild west teeth », ovni autoproduit « complètement barré » (dixit Run). Le résultat de leur collaboration ? Une fusion pure et simple de leurs deux univers. Run définit Métamuta  comme rien une « vision brute, démente et aliénée de Mutafukaz. » Rien moins.

Labsolu reprend de fait les personnages à la fin du tome 2 pour une virée dans l’inconscient d’un Angelino abattu à bout portant par un alien. Mort ? « Pas tout à fait », explique-t-on en cours de volume. Le récit est conçu comme une « near death experience », un trip permettant au lecteur d’explorer différentes facettes de Lino. Son attirance pour celle qui l’a trahi, son amitié avec Vinz, ses angoisses, ses phobies, son instinct de survie… Il permet également aux auteurs de poser de nouveaux jalons sur le personnage, ses origines, sa mère, sa nature propre. Autant d’éléments (de questions) qui retrouveront naturellement leur place dans la série mère. Labsolu y donne la démesure d’un graphisme sec et nerveux  aux antipodes de celui de Run ou même Bicargo, forme de synthèse entre la recherche plastique contemporaine et le manga expérimental. L’homme varie les techniques à l’envi, intègre la photo, joue de différents degrés de réalisme et de symbolisme, distille des références, intègre des aliens déshumanisés, pantins sans visage qui ne dépareraient pas un album de Rupert et Mulot, impose le sang, omniprésent sous forme d’éclaboussures, comme seul véritable fil conducteur du récit. « Metamuta », version « bien barrée » (on y revient) d’une série-mère déjà trash, peut emballer ou repousser. Il constitue cependant un maillon essentiel du mythe Mutafukaz. Une très belle prise de risque.

Le blog de Jérémie Labsolu : http://ulosbal.blogspot.com/

274 pages. 11,90 euros.

Chronique de Philippe Belhache

24 juin 2009 - Aucun commentaire
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Le neuvième art au sommet

Ségolène Royal entourée d'Ambroise Lassalle, conservateur du musée ; Gilles Ciment, directeur ; François Burdeyron, préfet de la Charente ; Philippe Lavaud, maire d'Angoulême, et Robert Richard, président du Pôle image Magelis.( photo Tadeusz Kluba)ANGOULÊME. Le nouveau musée de la BD a été inauguré hier sur les rives de la Charente

Les Pieds Nickelés, Little Nemo, Tintin, Zig et Puce, Corto Maltese ou encore Snoopy ont déménagé et s’exposent désormais sur les rives de la Charente sur près de 4 500 m². Des personnages célèbres aux auteurs actuels comme Zep, Tardi, Satrapi ou Trondheim, en passant par les revues mythiques, « Pilote », « Mad » ou « Métal Hurlant », les ont suivis dans le déménagement.

Ils constituent un fonds patrimonial riche et « unique en Europe » comme aiment le rappeler les responsables du musée. Environ 8 000 planches et dessins originaux d’artistes français ou étrangers, plus de 110 000 revues et illustrés et 200 objets dérivés le constituent.

Hier, les élus locaux ont fait le déplacement pour inaugurer le musée faisant partie de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI). Ségolène Royal, présidente de la Région, a découpé le ruban et en a distribué à François Burdeyron, préfet de la Charente, Philippe Lavaud, maire d’Angoulême, Robert Richard, président du pôle image Magelis, et à Gilles Ciment, directeur général du musée.

Banquettes pour s’évader

« Un livre sur huit achetés et un livre sur cinq en bibliothèque est une BD. C’est en Poitou-Charentes une activité qui génère 1 milliard de chiffre d’affaires et qui représente 1 700 entreprises et 14 000 emplois », a souligné la présidente de Région.

Comme en pareille circonstance, tous s’accordaient à dire que le musée était « réussi, magnifique, merveilleux et au service des oeuvres ». Les élus et les visiteurs, venus en nombre, ont été charmés par la scénographie sombre, la douceur des éclairages - pour préserver le papier - et les longues banquettes sinueuses invitant à l’évasion en compagnie de nombreux ouvrages.

Les travaux d’aménagement des anciens chais, dont le coût s’élève à 9,65 millions d’euros, ont été financés par l’Europe, l’État, la Région Poitou-Charentes et le syndicat mixte du Pôle image d’Angoulême (Magelis). « C’est une réussite d’avoir su faire d’un endroit traditionnel une ouverture des plus modernes » a apprécié le représentant de l’État dans le département, François Burdeyron.
 

Planches, figurines, albums ont rappelé à tous les héros de leur enfance. Ils retracent l’histoire de la bande dessinée des origines au XIXe siècle, avec Rodolphe Töpffer, et jusqu’à nos jours avec Titeuf ou les mangas japonais.
 

Trois salles, trois ambiances

« Maman, tu peux me porter ? » demande une petite blonde devant la vitrine de Bécassine qui évoque bien des souvenirs à sa mère. Un peu plus loin, son frère aîné est captivé par l’Atelier, qui expose les différentes techniques de la bande dessinée.

La pièce d’à côté, la Galerie suscite, elle, quelques sourires. L’exposition du moment est consacrée aux musées dans la Bande dessinée. L’humour est de mise.
 

Quant aux puristes, ils peuvent apprécier le Salon, qui propose une approche plus esthétique. Ce sont les seules planches du musée sous verre. Les oeuvres de Pratt, Eisner, Hergé, Saint-Ogan ou Tardi s’exposent comme dans un musée traditionnel.

Pour tous, le musée et les ateliers sont gratuits aujourd’hui.
 

Musée de la bande dessinée, CNBDI (Centre national de la bande dessinée et de l’image), quai de Charente, 16023 Angoulême Cedex. Tél. 05 45 38 65 65. Site internet : www.citebd.org

Auteur : aude boilley
a.boilley@sudouest.com
21 juin 2009 - Aucun commentaire
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« Dommy », Travis 9, par Christophe Quet et Fred Duval. Delcourt, label Série B.

travis9.jpgTravis serait-il en train de se faire chiper la vedette par Vlad Nyrki ? Ce ne serait pas la première fois qu’un personnage « secondaire » prend le pas sur le héros titre en bande dessinée. De fait, l’ex-mercenaire des Cyberneurs, au comportement toujours borderline bien que revenu du bon côté du miroir, est certainement plus charismatique que son ex-Némesis devenu alcoolique. « Dommy » poursuit l’arc narratif ouvert avec « L’or bleu », au coeur de cette excellente série d’anticipation. Une ancienne IA (intelligence artificielle) à vocation domotique, devenue indépendante et légèrement psychopathe, entreprend de prendre le contrôle du marché de l’eau avec l’aide de Harry Haussen, mercenaire issu lui aussi du groupe des Cyberneurs et du hacker surdoué Pacman, compagnon de route de Nyrki qu’ils tiennent sous leur coupe. Dans le même temps, elle joue au chat et à la souris avec Travis et Harker, enquêtrice d’une compagnie d’assurances, avec lesquels elle a quelques comptes anciens à régler. Tout paraît réglé comme du papier à musique, à commencer par la séquence d’introduction dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elle n’est qu’un leurre supplémentaire destiné à maintenir la pression. Les amateurs y trouveront tous les éléments qui font le charme de la série : énergie, action et virées cybernétiques avec un nouveau duo de bidouilleurs du réseau. Un bonus :  le retour au premier plan d’un personnage phare de la série, l’énigmatique Catherine Thunder, alias Thundercat, dotée cette fois d’une psychologie sommaire mais autonome, d’un passé et –espérons-le – d’un futur. La série, qui partage le même univers que l’autre hit de Fred Duval, « Carmen McCallum », dont le tome 9 est paru il y a quelques semaines - bénéficie toujours du graphisme impeccable de Christophe Quet. L’album a fait une rentrée remarquée dans le top 10 des ventes de bandes dessinées établi par Livre Hebdo.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Philippe Belhache

21 juin 2009 - Aucun commentaire
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L’ACBD dévoile sa sélection estivale

jemourraipasgibier.jpg yeux.jpg jeronimus.gif ines.jpg groomvertdegris.jpg

Les 20 indispensables de l’été

A partir de la liste de toutes les nouveautés bandes dessinées parues entre le 1er novembre 2008 et le 15 juin 2009 (2178 titres), chaque membre actif de l’ACBD, l’Association des journalistes et critiques de bande dessinée, a déterminé dix albums qui lui ont semblé incontournables. Celle liste a permis  afin de sélectionner vingt titres mis en avant pour l’été. Les auteurs originaires du Sud Ouest ou y travaillant, avec des signatures comme Dauvillier, D’Aviau, Alfred, Pendanx, Dabitch ou Winshluss, y sont largement représentés.


La sélection, présentée par ordre alphabétique des titres retenus :


- « Á bord de l’Étoile Matutine » par Riff Reb’s [d’après Pierre Mac Orlan] aux éditions Soleil (Noctambule)

- « Alpha …directions » par Jens Harder aux éditions Actes Sud (L’An 2)

- « Animal’z » par Enki Bilal aux éditions Casterman

- « Bottomless Belly Button » par Dash Shaw aux éditions Çà et là

- « Le Chant du pluvier » par Erwann Surcouf, Amandine Laprun et Joseph Béhé aux éditions Delcourt (Mirages)

- « Dans mes yeux» par Bastien Vivès aux éditions Casterman (KSTR)

- « Droit du sol» par Charles Masson aux éditions Casterman (Ecritures)

- « L’Enfant maudit T.1 : Les Tondues » par Arno Monin et Laurent Galandon aux éditions Bamboo (Grand Angle)

- « L’Épervier T.7 : La Mission » par Patrice Pellerin aux éditions Soleil (Quadrants)

- « L’Heure la plus sombre vient toujours avant l’aube» par Emmanuel Moynot aux éditions Futuropolis

- « Inès » par Jérôme d’Aviau et Loïc Dauvillier aux éditions Glénat (Drugstore)

- « Je mourrai pas gibier » par Alfred [d’après Guillaume Guéraud] aux éditions Delcourt (Mirages)

- « Jeronimus T.2 : Naufrage » par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch aux éditions Futuropolis

- « Jolies ténèbres » par Kerascoët et Fabien Vehlmann aux éditions Dupuis

- « Lulu femme nue T.1 » par Étienne Davodeau aux éditions Futuropolis

- « Paracuellos » par Carlos Gimenez aux éditions AUDIE (Fluide Glacial)

- « Pinocchio » par Winshluss aux éditions Les Requins Marteaux (Ferraille)

- « Putain de guerre ! T.1 : 1914-1915-1916 » par Jacques Tardi [avec Jean-Pierre Verney] aux éditions Casterman

- « Rosalie Blum T.3 : Au hazard Balthazar ! » par Camille Jourdy aux éditions Actes Sud

- « Spirou et Fantasio (Une aventure de… par) T.5 : Le Groom vert-de-gris » par Olivier Schwartz et Yann aux éditions Dupuis

123 autres albums ont retenu l’attention et le vote des membres actifs de l’ACBD, mais ces derniers n’ont pas eu assez de suffrages pour être retenu parmi « Les 20 indispensables de l’été ». Les votants : Nicolas Anspach, Julien Ausou, Philippe Belhache, Thierry Bellefroid, Hélène Beney, Jérôme Briot, Laurent Cirade, Philippe Corbou, Jérôme Dieuset, Clara Dupont-Monod, Patrick Gaumer, Philippe Guillaume, Antoine Guillot, Brieg F. Haslé, Boris Henry, Ariel Herbez, Yves-Marie Labé, Olivier Maltret, Gilles Médioni, Laurent Mélikian, Jean-Christophe Ogier, Frédérique Pelletier, Fabrice Piault, Manuel F. Picaud, Eric Potel, Gilles Poussin, Didier Quella-Guyot, Gilles Ratier, Jean-Pierre Rémond, Stéphane Rossi, Laurent Turpin et Pascal Vigneron.

Cette liste doit permettre d’opérer un premier tri pour le Grand Prix de la Critique 2010 qui sera décerné en décembre prochain.

20 juin 2009 - Aucun commentaire
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Influent « Pilote »

pilote.jpgFRANCE 5. Lancé par Charlier, Goscinny et Uderzo, le journal « Pilote » a été une pépinière de la bande dessinée française

Mâtin, quel cinquantenaire ! Disparu en 1989, « Pilote » aurait eu 50 ans cette année. Une aventure née de l’imagination de trois complices : Jean-Michel Charlier, René Goscinny, Albert Uderzo. Pour célébrer l’événement, les deux auteurs du documentaire sobrement intitulé « Pilote », Philippe Picard et Jérôme Lambert, ont choisi l’ineffable Achille Talon (« cerveau choc ») comme conteur. Et il y en a à dire sur ce journal initialement destiné aux « jeunes ». Car il a vu apparaître sous les plus grandes plumes de la bande dessinée (Goscinny, Gotlib, Giraud, Druillet, Bilal, Mandryka ou Fred) les Astérix et Obélix, Tanguy et Laverdure, Blueberry, le Concombre masqué, le Grand Duduche, Philémon, la Rubrique-à-Brac et son Professeur Burp, fameux désagrégé en biologie animale, etc. Leurs souvenirs, mis en scène dans des décors dessinés par Cabu, ressuscitent avec humour la vie de ce journal qui s’« amusait à réfléchir ».
Mais, bien au-delà du champ de la bande dessinée, « Pilote » a bouleversé notre façon de voir le monde. Aujourd’hui, on mesure encore mal l’influence que ces auteurs et leurs héros ont eue sur la culture populaire française. L’humour de Goscinny puis de Gotlib ont, par exemple, directement influencé le café-théâtre dans les années 70 puis le cinéma. Et qui se souvient que Patrice Leconte fut pendant de nombreuses années dessinateur pour « Pilote » ?

Sur France 5 ce soir à 21 h 30.
 
18 juin 2009 - Aucun commentaire
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