« Le troisième œil d’Indra », Blue Space 2, par Marazano et Lamquet. Glénat.
Déception partielle que ce deuxième tome de « Blue Space », série au fondement scientifique bénéficiant de la caution des experts d’EADS Astrium, coréalisée par Richard Marazano et Chris Lamquet. Non que ce titre manque d’intérêt ou de qualités. Il développe au contraire de manière intelligente une thématique environnementale qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène dans les prochaines années – les cyclones – avec ce qu’il faut d’informations et d’anticipation scientifique et politique pour le rendre passionnant, à l’image de la série « Imago Mundi » de Brahy, Corbeyran et Braquelaire (Dargaud). Mais sa dramaturgie reprend, hélas presque point pour point, celle de « La fille du vent » de Roger Leloup (Dupuis), neuvième album de la série Yoko Tsuno, écrit il y a déjà… plus de trente ans !
« Blue Space » est à l’origine une collaboration de deux auteurs solides avec EADS Astrium : Richard Marazano, le créateur de « Cuervos » (Glénat), aligne à sa bibliographie des titres mêlant intimement les règles du thriller et de l’anticipation scientifique, à l’image des splendides « Complexe du Chimpanzé » (Dargaud) ou « Genetiks » (Futuropolis) ; Chris Lamquet est l’expérimentateur graphique inspiré de la série « Alvin Norge » (Le lombard) et de « IO Memories » (Kana). Le premier tome, « Tycho Incident », a été diffusé par Hachette, avant d’être republié par les éditions Glénat – partiellement redessiné – simultanément avec « Le troisième œil d’Indra ». La série met en scène les membres d’une agence spatiale multinationale placés dans des situations de crise. L’Unsa est cette fois mandatée pour intervenir sur des cyclones menaçant Jakarta. Les auteurs font évoluer deux groupes de scientifiques en parallèle, l’un perdu en pleine jungle indonésienne, l’autre travaillant à intervenir par l’espace. La plus-value de l’album ? Son réalisme contemporain, dans mise en œuvre de technologies qui n’ont plus rien à voir avec celles imaginées par Leloup – la question du nucléaire y est d’ailleurs tranchée – mais aussi dans la description des process de prise de décision scientifique et politique dont les protocoles sont parfois incompatibles avec le principe d’urgence. Et le graphisme de Chris Lamquet, qui nous en met plein les yeux, très inspiré par la jungle, l’espace et les cyclones, un peu moins par les bureaux et la machine à café. « Le troisième œil d’Indra » s’avère de fait tout à fait recommandable à condition de ne pas avoir le souvenir ébloui de son aîné collé aux neurones. Et montre en tout état de cause qu’il y a beaucoup à attendre de la collaboration entre Marazano et Lamquet. Toutes bonnes raisons d’attendre de pied ferme de « Orang Outan », premier tome de la série « Eco Warriors », à paraître en septembre chez 12 bis.
48 pages. 13 euros.
Chronique de Philippe Belhache





On avait quitté nos trois filles, Chloé, Agnès et Leila, sur une agréable impression, impression confirmée avec ce deuxième tome qui clôt cette tranche de vie de copines indéfectibles. Bien sûr, les nenettes grandissent, et sont cette fois aux prises avec des problèmes d’adolescentes tout en cherchant leur trajectoire. Chloé persiste dans sa vocation de danseuse tandis que Leila travaille d’arrache-pied pour devenir sage-femme, comme un hommage à sa mère défunte alors qu’elle était en couche. Pour Agnès, gosse de riches parents trop égoïstes pour s’occuper d’elle, l’avenir est plus flou, perturbé par une fugue et une vie de saltimbanque qui n’est peut être pas sa tasse de thé. Toutes trois s’éveillent à l’amour, chacune avec son tempérament, depuis leurs premières règles jusqu’au premier baiser.



