
Peyraud et Alfred sur un projet commun. L’affiche n’était pas évidente mais l’association est belle. Le premier est un chantre de la chronique urbaine, des émois de la trentaine, ancré dans le réel et le contemporain. Le second est un graphiste haut en couleurs, imprégné des images de ce théâtre qui a baigné toute son enfance. Le tour de force de « La nuit des lucioles » ? Avoir fait se rencontrer ces deux là, sans que l’un ou l’autre ne sorte complètement de son registre. Ce « Désespoir du singe » se définit comme la rencontre entre deux sensibilités, adaptation du propos de chacun à une histoire d’amour contrariée sur fond de révolution. Pas de nation mentionnée, pas de date précisée… Mais une situation faisant appel à l’inconscient collectif, à l’imaginaire romantique du XIXe siècle.
Peyraud met en scène les émois de Josef, artiste contrarié qui a
sacrifié sa passion pour entrer dans le moule familial, quitte à
épouser une femme à qui il ne montre que de l’amitié. Et qui rencontre
la femme de ses rêves, forcément inaccessible, à l’heure où son monde
s’apprête à verser dans la guerre civile. Une fable sur la violence des
sentiments, la difficulté de faire des choix, sur l’engagement et la
folie des hommes, très bien servi par Alfred, dont le graphisme
expressif et baroque se met au service d’un récit réaliste flirtant
parfois avec le surnaturel, à la façon du Thierry Robin de « Koblenz ».
Un titre très attachant.
« La nuit des Lucioles », Le désespoir du singe 1, de Jean-Philippe Peyraud et Alfred. Delcourt, collection Conquistadore.
Chronique de Philippe Belhache
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Le BD Blog dit :
Photo Fabien CottereauÀ même pas trente ans - c’est pour mai - Alfred peut s’enorgueillir d’un joli parcours dans le monde de la bande dessinée. Cet autodidacte, qui a créé sa propre structure d’édition à 18 ans, Ciel Éther, a collaboré à plusieurs repris