Roméo et Juliette bédéisés
MARTIGNAS (33). « Roméo et Juliette », avec le texte intégral de Shakespeare, en BD. Un défi que l’éditeur Vents d’Ouest a lancé au dessinateur David Amorin.
David n’est pas un dieu de la vague. Le tube, le spot, le snap d’enfer sont moins ses trucs que la table à dessin. Alors, dans le grand bain, il préfère y plonger ses personnages, des héros cools de la board, de la drague et des coups foireux. Les pages de « Crazy trip » les accueillent. Une histoire par page et 40 pages par album.Quand David Amorin et son scénariste copain de collège et voisin de lotissement, Stéphane Margaria, envoient leurs premières planches à l’éditeur Vents d’Ouest, les garçons n’ont pas 25 ans. Banco. « Sur le moment, on n’a pas compris notre chance par rapport à tous ceux qui galèrent pendant des années. » David avait une certaine habitude des récompenses ; l’association culturelle de Martignas, le Clam, avait été la première à l’encenser. De là à partager les rayons des libraires avec « Joe Bar team » et « Peter Pan », les stars de Vents d’Ouest !
David a un coup de crayon dynamique, clair, fait pour le comique. Stéphane est gratifié lui aussi d’un talent certain pour le dessin, mais moins que son camarade - il le sait, il le dit. Alors il écrira le scénario, domaine où n’excelle pas David. Les équipiers rigolent : « normal : David = D comme dessin ; Stéphane = S, comme scénario ». Vents d’Ouest, ravi de compter dans son team ces deux petits gars talentueux et sympas, confie la réalisation des couvertures de sa série « Les prénoms » à David. Outre cette commande, il a trois prénoms à mettre en strips et bulles : Nicolas, Paul et Nathalie. Le succès d’édition est de nouveau au rendez-vous.
David, c’est de l’or pour l’éditeur. Un troisième album des aventures des surfeurs attend dans un tiroir à Vents d’Ouest. Mais l’éditeur nourrit une idée folle. Du jamais fait, du jamais vu, dans le vaste monde de la BD où il sort, en France, 4 000 albums par an. Roméo et Juliette en BD. Pas une évocation au cutter. Le texte intégral de Shakespeare, distribué sur 364 planches ! Un travail de titan. Dix heures par jour sur la table lumineuse, quinze mois de boulot, et le dessinateur envisage de quémander une rallonge.
Le texte de Shakespeare, ce n’est pas les blagues de potache de surfeurs de Stéphane. « Évidemment, je n’avais jamais lu Shakespeare. Là , je l’épluche phrase à phrase, mot à mot. À y regarder de si près, il y a des défauts dans le texte de ce gars-là . » Stéphane enrage : ce « Roméo et Juliette » est trop bouffeur de temps pour le dessinateur. Car lui, il a une autre idée en tête, une autre BD, très différente des surfeurs. Dès que les Montaigut et la Capulet seront morts.
Article de Hervé Pons



KSTR vient encore de nous pondre un Ovni, dont les deux auteurs sont encore relativement non identifiés (on manque d‘infos sur l’excellent dessinateur, notamment, le scénariste Ozanam ayant quant à lui déjà officié sur « Georges et moi » ou sur « Éclipse », chez d’autres éditeurs ), mais cette œuvre commune va alourdir considérablement leur cv. « Le Chant des sabres » apparaît d’entrée remarquable par sa maîtrise, emprunt de maturité et à point pour être dégusté.
Le cauchemar continue à Barrow, minuscule ville paumée dans le grand nord de l’Alaska, où la nuit totale dure une trentaine de « jours ». Une aubaine pour les vampires, qui dès le premier volume on pris la bourgade par surprise, profitant de l’obscurité et croquant des citadins par centaines. Mais il est resté quelques survivants peu bavards, parce qu’ils savent l’histoire peu crédible, et ceux qui n’ont pas fuit attendent de pied ferme les monstres sanguinaires qui reviennent chaque année prendre leur part du festin, et qui cette fois ne veulent laisser aucun témoin derrière eux. Car si l’homme croyait à l’existence des vampires, l’existence de ces derniers serait menacée, d’autant que des croqueurs d’hommes dissidents complotent pour mettre en péril cette race d’outre-tombe. Et pour le nouveau shérif qui débarque avec son jeune fils dans ce pays de la nuit, il va falloir percer quelques secrets avant d’affronter la solidarité sordide, et l’assaut de ces morts-vivants. Il faudra donc tenir, dans un tout petit périmètre, durant trente longues nuits, forcément ensanglantées.
Le tandem Makyo/Rotundo continue sur la lancée, avec la deuxième étape de « Prédiction », une série fantastique et pour le moins inquiétante. Les deux auteurs poursuivent les tourments de David Lozowick, un funambule endeuillé par la mort accidentelle de sa mère, et dont l’épouse amnésique, Carole, erre dans un hôpital psychiatrique, poursuivie par l’horrible et imposante Mélodie, une malade mentale, incarnation du mal absolu, qui annonce à ceux qu’elle croise le jour de leur mort. Cette dernière se montre de plus en plus pesante dans ce second volume, et surtout très dangereuse. Elle obsède David au point qu’il la sculpte en vierge noire géante. Mais une autre vierge poursuit David, une statue qu’il a fracassé de rage dans une église, à la mort de sa mère. La destruction de cette icône aurait libéré un très mauvais sort, et sa reconstitution s’impose. Cette résurrection va de pair avec l’état de santé de Carole, qui retrouve peu à peu la mémoire. L’ambiance de ce livre plaira à ceux qui ont aimé des films comme « la Malédiction », avec curés assassinés à la clef, et secrets occultes en sus. Le personnage éléphantesque de Mélodie est angoissant à souhait, et sous le trait de Rotundo (mis en couleur par Emmanuelle Tenderini), Makyo nous emmène pour une balade au bout de l’immonde.
Le road movie de Stalner poursuit son chemin sanglant, avec cette troisième étape sur les huit tomes que comportera la série. Après l’Illinois et le Missouri, la route 66 traverse le Kansas qui vient d’être frappé par une inondation, ce qui vaut de très beaux paysages et un décor hallucinant, où les Cadillac défoncées s’échouent sur les berges. On poursuit donc la fuite d’Alex Poliac, espion au service de la Russie au début des années soixante. Celui-ci doit échapper à la fois au KGB, qui veut éliminer une section entière de ses taupes américaines -basées justement le long de cette route 66-, et à la CIA, dirigée par le fameux Hoover. Alex et son fils, Rob, ont surtout à leurs trousses le Clown, un tueur psychopathe qui fout réellement les jetons par son cynisme. L’intrigue se double d’une chasse à l’agent double qui a infiltré la CIA. On voit qu’il y a donc du grain à moudre dans ce troisième volume, au dessin admirablement maîtrisé et au scénario au cordeau. On sent que Stalner prend un réel plaisir à esquisser les villes et les voitures de l’époque, et qu’il s’éclate à jongler avec les cadrages. Seul regret, la transition entre les tomes 2 et 3 est abrupte, et on a du mal à saisir de prime abord pourquoi on se retrouve dans une maison isolée par les crues. Une bagatelle au regard de cette très belle série qui a pour toile de fond les States de Kennedy, Marilyn Monroe et la guerre froide. Prochaine halte sur la route: l’Oklahoma.
Saint Seiya est une série que les téléspectateurs français et toute une génération élevée au Club Dorothée connaissent parfaitement sous l’intitulé “les Chevaliers du Zodiaque”. Publiée depuis 2006 au Japon et comprenant déjà sept volumes, “


