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Archive pour la catégorie 'Chroniques'

Roméo et Juliette bédéisés

MARTIGNAS (33). « Roméo et Juliette », avec le texte intégral de Shakespeare, en BD. Un défi que l’éditeur Vents d’Ouest a lancé au dessinateur David Amorin.

david_bd.jpgDavid n’est pas un dieu de la vague. Le tube, le spot, le snap d’enfer sont moins ses trucs que la table à dessin. Alors, dans le grand bain, il préfère y plonger ses personnages, des héros cools de la board, de la drague et des coups foireux. Les pages de « Crazy trip » les accueillent. Une histoire par page et 40 pages par album.

Quand David Amorin et son scénariste copain de collège et voisin de lotissement, Stéphane Margaria, envoient leurs premières planches à l’éditeur Vents d’Ouest, les garçons n’ont pas 25 ans. Banco. « Sur le moment, on n’a pas compris notre chance par rapport à tous ceux qui galèrent pendant des années. » David avait une certaine habitude des récompenses ; l’association culturelle de Martignas, le Clam, avait été la première à l’encenser. De là à partager les rayons des libraires avec « Joe Bar team » et « Peter Pan », les stars de Vents d’Ouest !

David a un coup de crayon dynamique, clair, fait pour le comique. Stéphane est gratifié lui aussi d’un talent certain pour le dessin, mais moins que son camarade - il le sait, il le dit. Alors il écrira le scénario, domaine où n’excelle pas David. Les équipiers rigolent : « normal : David = D comme dessin ; Stéphane = S, comme scénario ». Vents d’Ouest, ravi de compter dans son team ces deux petits gars talentueux et sympas, confie la réalisation des couvertures de sa série « Les prénoms » à David. Outre cette commande, il a trois prénoms à mettre en strips et bulles : Nicolas, Paul et Nathalie. Le succès d’édition est de nouveau au rendez-vous.

David, c’est de l’or pour l’éditeur. Un troisième album des aventures des surfeurs attend dans un tiroir à Vents d’Ouest. Mais l’éditeur nourrit une idée folle. Du jamais fait, du jamais vu, dans le vaste monde de la BD où il sort, en France, 4 000 albums par an. Roméo et Juliette en BD. Pas une évocation au cutter. Le texte intégral de Shakespeare, distribué sur 364 planches ! Un travail de titan. Dix heures par jour sur la table lumineuse, quinze mois de boulot, et le dessinateur envisage de quémander une rallonge.

Le texte de Shakespeare, ce n’est pas les blagues de potache de surfeurs de Stéphane. « Évidemment, je n’avais jamais lu Shakespeare. Là, je l’épluche phrase à phrase, mot à mot. À y regarder de si près, il y a des défauts dans le texte de ce gars-là. » Stéphane enrage : ce « Roméo et Juliette » est trop bouffeur de temps pour le dessinateur. Car lui, il a une autre idée en tête, une autre BD, très différente des surfeurs. Dès que les Montaigut et la Capulet seront morts.

Article de Hervé Pons

« Critique de la bande dessinée pure », par Didier Pasamonik. Berg International (collection Iceberg).

pasamonik.jpgNarquois. Le mot est lâché. En sous-titrant son recueil de textes « chroniques narquoises », Didier Pasamonik ne pouvait trouver meilleur qualificatif pour définir son propre style. L’homme est un touche-à-tout de la bande dessinée, connaisseur incontestable et incontesté du 9e art, tour à tour éditeur (rappelez-vous Magic Strip), libraire, directeur de collection, modérateur et/ou journaliste, éditeur adjoint d’Actuabd.com, site internet de référence s’il en est, cofondateur avec André Pitié de l’Agence BD. Un parcours riche d’une expérience difficilement égalable, que l’on retrouve sous sa plume, au fil de chroniques rédigées entre 2005 et 2007, destinées initialement – pour la majeure partie – aux besoins de Suprême Dimension, revue pilotée par l’éditeur toulonnais Soleil. Des chroniques, une approche, une écriture qui sont tout sauf neutres. Ces textes constituent autant de prises de positions qui ouvrent un débat dont l’homme est friand, mais font tout autant chauffer les feux de la polémique. Pasamonik a un point de vue et le défend. Il asticote, interpelle, aime à croiser la plume comme d’autres le fer. Il agace parfois par des prises de position tranchées, désarçonne de temps à autres, laisse en tout état de cause rarement indifférent. Sa Némesis reste Jean-Christophe Menu, éditeur de l’Association, dont les charges contre l’éditeur Soleil (entre autres) sont pour lui une inépuisable source d’inspiration. D’où la dédicace – narquoise, toujours – « à Jean-Christophe Menu, sans qui ce livre manquerait de sel. » Au-delà ce ces affrontements épistolaires, « Critique de la bande dessinée pure » s’offre comme un regard critique et lucide sur deux ans de création. Réécrites, ces chroniques s’articulent de manière plus pédagogique, mieux ancrées dans le contexte de plus en plus mouvant de l’édition BD. Un ouvrage sans doute déroutant pour le profane, sans doute critiquable selon la chapelle dont on se prévaut, mais sans aucun doute passionnant pour qui s’intéresse à l’actualité du medium, surtout mis en perspective des propres essais et pamphlets de Jean-Christophe Menu, tant dans « Plates-bandes » que dans « L’Eprouvette » (L’Association).

114 pages, 14 euros.

Chronique (respectueuse) de Philippe Belhache
 

1 juillet 2008 - Lire la suite Tags: ,

« Le Chant des sabres », de Ozanam et Tentacle Eye. Casterman.

chant_des_sabres.jpgKSTR vient encore de nous pondre un Ovni, dont les deux auteurs sont encore relativement non identifiés (on manque d‘infos sur l’excellent dessinateur, notamment, le scénariste Ozanam ayant quant à lui déjà officié sur « Georges et moi » ou sur « Éclipse », chez d’autres éditeurs ), mais cette œuvre commune va alourdir considérablement leur cv. « Le Chant des sabres » apparaît d’entrée remarquable par sa maîtrise, emprunt de maturité et à point pour être dégusté.

Le récit a pour cadre la Chine médiévale, dont l’une des régions est gouvernée par un vieux mandarin qui n’a plus toute sa tête (ses ennemis non plus, d’ailleurs) et dont les folles décisions vont précipiter plus d’un homme dans sa chute. Autour du chef sur le déclin et assiégé dans son fief, gravitent deux personnages importants: son fils, qui sent venir un monde nouveau, mesure les lacunes de son père, et lui prendrait bien sa place, et le fidèle garde du corps, So-Eyon, aveuglé par un code de l’honneur déjà désuet, au point de déterrer un cadavre pour le flageller. La compagne de So-Eyon en pâtira, punie et hantée par un fantôme, perdant la raison au fur et à mesure que des ronces poussent sur son dos, comme les flèches des archers. Au dehors, les paysans, poussés par d’autres guerriers, assiègent la demeure du gouverneur : ambiance fin de règne…
Antoine Ozanam tire sa référence à Kurosawa, à juste titre. On retrouve dans sa narration le souffle épique du réalisateur japonais et un code guerrier sans pitié, tandis que Tentacle Eye fait rougeoyer les couleurs, tout en travaillant des scènes plus intimes dans des teintes - brunes ou vertes - beaucoup plus sombres. Le graphisme alterne de véritables tableaux, des planches à l’équilibre parfait qui peuvent se nourrir d‘un seul arbre, ou d‘un papillon, et des cases explosives qui font ressortir tout le sel de l’action.

Les thèmes, dont l’amour, l’obéissance aveugle, la folie d’un pouvoir vieillissant et l’émergence d’un monde moderne, peuvent transcender le cadre de cette histoire. D’ailleurs, les valeureux soldats chinois sont affublés d’un costume singulier qui les place hors du temps. Un temps poétique qui tient de la fable, et qui, malgré les apparences qui tiennent du crayonné, est issu d’une palette graphique. Comme quoi, si on a la magie dans sa tête, on l’a aussi au bout des doigts. Une bonne technique du dessin que l‘on retrouve également dans la narration, utilisée à bon escient, pour un très beau livre, qui laissera des traces.

144 pages, 13,75 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

1 juillet 2008 - Lire la suite Tags: , ,

« 30 Jours de nuit », tome 3, de Steve Niles et Ben Templesmith. Delcourt.

30joursdenuit_3.jpgLe cauchemar continue à Barrow, minuscule ville paumée dans le grand nord de l’Alaska, où la nuit totale dure une trentaine de « jours ». Une aubaine pour les vampires, qui dès le premier volume on pris la bourgade par surprise, profitant de l’obscurité et croquant des citadins par centaines. Mais il est resté quelques survivants peu bavards, parce qu’ils savent l’histoire peu crédible, et ceux qui n’ont pas fuit attendent de pied ferme les monstres sanguinaires qui reviennent chaque année prendre leur part du festin, et qui cette fois ne veulent laisser aucun témoin derrière eux. Car si l’homme croyait à l’existence des vampires, l’existence de ces derniers serait menacée, d’autant que des croqueurs d’hommes dissidents complotent pour mettre en péril cette race d’outre-tombe. Et pour le nouveau shérif qui débarque avec son jeune fils dans ce pays de la nuit, il va falloir percer quelques secrets avant d’affronter la solidarité sordide, et l’assaut de ces morts-vivants. Il faudra donc tenir, dans un tout petit périmètre, durant trente longues nuits, forcément ensanglantées.

Le dessin de Templesmith reste pétrifiant, introduisant un homme surgit de nulle part, qui traîne dans la neige un sac ensanglanté. Les vampires possèdent des traits qui confinent à une horreur jamais vu, sans les crocs convenus mais avec une vraie dentition de requins. Les couleurs livides, le trait qui colle à ce climat neigeux et au froid qui glace les os achèvent une ambiance propice à créer un décor adéquat à ce huis clos perdu en pleine pampa, où l’on peut compter que sur soi. Le scénario, excellent, de Steve Niles, est admirablement servi.

Pour ceux qui apprécient ce climat d’horreur réellement original, le DVD signé David Slade, sera disponible le 16 juillet. De quoi passer 30 jours de grosse frayeur.

114 pages, 14,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

30 juin 2008 - Lire la suite Tags: , ,

« La chambre de Khéops », Le Marquis d’Anaon 5, de Vehlmann et Bonhomme. Dargaud.

anaon.jpgIl est quelques séries sur lesquelles on aime à revenir, épisode après épisode, sans contrainte. Juste pour le plaisir d’en vanter les qualités, quitte à en devenir redondants. Il devient difficile, de fait, de trouver de nouveaux mots pour exprimer tout le bien que l’on pense du travail de Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme sur « Le Marquis d’Anaon ». La lecture de « La chambre de Khéops », pourtant, a de quoi relancer la machine à commentaires. On y retrouve Jean-Baptiste Poulain en pleine possession de ses moyens après les heures sombres de « La Providence » et de « La bête ». Le Marquis des Âmes en Peine fait même un héritage qui le garantit financièrement pour quelques temps. Il reste cependant incapable de jouir sereinement de cette manne inattendue. Que peut bien faire un érudit curieux de chaque chose, lorsqu’il hérite d’un homme dont il ignore tout ? Se lancer sur ses traces, tout simplement, même si cela signifie traquer son fantôme en Egypte.


Les habitués des aventures de Poulain pourront se trouver désarçonnés par ce cinquième opus. Pas de monstres, de virus inconnu ou de fous meurtriers, juste l’avidité presque ordinaire de notables ivres de leur propre pouvoir, potentats aveugles à d’autres trésors que ceux qui se font monnaie sonnante et trébuchante. La quête de Jean-Baptiste Poulain, sur les traces d’Umberto Leone et de son Arcana Arcanorum – le Secret des Secrets – est pourtant d’une toute autre nature. L’homme est fasciné par la force de caractère d’un être capable de se dépouiller entièrement, d’abandonner tout ce qui faisait matériellement sa vie et son histoire, afin que rien n’entrave sa recherche d’absolu. Il s’avance ainsi sur un chemin qui n’est pas le sien. Là où traditionnellement le Marquis d’Anaon confronte l’esprit des Lumières aux peurs irrationnelles héritées d’un Moyen-Âge encore prégnant, le voici lancé dans une quête initiatique – dont les bases ne sont pas si éloignées de l’esprit maçonnique – tendant à l’élévation de l’esprit au dessus de toute autre contingence. Et quel meilleur endroit pour ce faire que l’Egypte, pays de tous les mystères ? D’autant qu’il offre à Matthieu Bonhomme une nouvelle occasion d’explorer graphiquement – avec la complicité du coloriste Delf – de nouveaux paysages, de nouvelles architectures, de nouvelles ambiances. Un album ouvert, d’une belle maîtrise, qui pose beaucoup plus de questions qu’il n’entend offrir de réponses.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

29 juin 2008 - Lire la suite Tags: , ,

« Prédiction », T2 « Statue vivante », de Makyo et Rotundo. Delcourt.

statue-vivante.jpgLe tandem Makyo/Rotundo continue sur la lancée, avec la deuxième étape de « Prédiction », une série fantastique et pour le moins inquiétante. Les deux auteurs poursuivent les tourments de David Lozowick, un funambule endeuillé par la mort accidentelle de sa mère, et dont l’épouse amnésique, Carole, erre dans un hôpital psychiatrique, poursuivie par l’horrible et imposante Mélodie, une malade mentale, incarnation du mal absolu, qui annonce à ceux qu’elle croise le jour de leur mort. Cette dernière se montre de plus en plus pesante dans ce second volume, et surtout très dangereuse. Elle obsède David au point qu’il la sculpte en vierge noire géante. Mais une autre vierge poursuit David, une statue qu’il a fracassé de rage dans une église, à la mort de sa mère. La destruction de cette icône aurait libéré un très mauvais sort, et sa reconstitution s’impose. Cette résurrection va de pair avec l’état de santé de Carole, qui retrouve peu à peu la mémoire. L’ambiance de ce livre plaira à ceux qui ont aimé des films comme « la Malédiction », avec curés assassinés à la clef, et secrets occultes en sus. Le personnage éléphantesque de Mélodie est angoissant à souhait, et sous le trait de Rotundo (mis en couleur par Emmanuelle Tenderini), Makyo nous emmène pour une balade au bout de l’immonde.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

« La Liste 66 », T3 « Kansas », d’Eric Stalner. Dargaud.

kansas.jpgLe road movie de Stalner poursuit son chemin sanglant, avec cette troisième étape sur les huit tomes que comportera la série. Après l’Illinois et le Missouri, la route 66 traverse le Kansas qui vient d’être frappé par une inondation, ce qui vaut de très beaux paysages et un décor hallucinant, où les Cadillac défoncées s’échouent sur les berges. On poursuit donc la fuite d’Alex Poliac, espion au service de la Russie au début des années soixante. Celui-ci doit échapper à la fois au KGB, qui veut éliminer une section entière de ses taupes américaines -basées justement le long de cette route 66-, et à la CIA, dirigée par le fameux Hoover. Alex et son fils, Rob, ont surtout à leurs trousses le Clown, un tueur psychopathe qui fout réellement les jetons par son cynisme. L’intrigue se double d’une chasse à l’agent double qui a infiltré la CIA. On voit qu’il y a donc du grain à moudre dans ce troisième volume, au dessin admirablement maîtrisé et au scénario au cordeau. On sent que Stalner prend un réel plaisir à esquisser les villes et les voitures de l’époque, et qu’il s’éclate à jongler avec les cadrages. Seul regret, la transition entre les tomes 2 et 3 est abrupte, et on a du mal à saisir de prime abord pourquoi on se retrouve dans une maison isolée par les crues. Une bagatelle au regard de cette très belle série qui a pour toile de fond les States de Kennedy, Marilyn Monroe et la guerre froide. Prochaine halte sur la route: l’Oklahoma.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

26 juin 2008 - Lire la suite Tags: , ,

« Coupures irlandaises », de Kris et Vincent Bailly. Futuropolis.

coupures.jpgInutile de revenir sur le phénomène « Un homme est mort » (Futuropolis), cosigné avec Etienne Davodeau. Ce seul titre avait imposé Kris dans le cercle restreint des auteurs de bande dessinée dotés d’une conscience politique militante, capables d’exposer sans imposer, de travailler l’Histoire contemporaine sans pour autant renoncer à débattre.  Il pose une nouvelle pierre avec ces « Coupures irlandaises », récit inspirée d’une histoire vécue. Celle d’un ado de 14 ans – Kris lui-même, en l’occurrence – plongé avec un ami dans le conflit armé opposant l’armée anglaise et les sympathisants de l’IRA, dans le Belfast des années 80, à l’occasion de ce qui ne devait être qu’un simple séjour linguistique. S’il n’est pas très difficile de savoir de quel côté le cÅ“ur de Kris balance – il n’y manque qu’un standard de U2 pour compléter l’ambiance – l’album n’en est pas moins précieux. Par le témoignage, par le ton adopté, mais aussi par la documentation et les contributions de différents auteurs et universitaires, la bibliographie et même la filmographie, placés en annexe pour étayer le sujet.  Kris ne méconnaît pas la complexité du dossier, non plus que la problématique religieuse, traditionnelles tensions intracommunautaires entre catholiques et protestants. Il ouvre le débat tout autant qu’il livre son point de vue. Mais surtout, il relate la construction d’adolescents, fussent-il Français ou Irlandais, brutalement confrontés à l’indicible. L’album ne parle rien d’autre que de ces enfances détruites, de ces drames qui ne laissent pour seul choix que dénoncer et/ou combattre. Le trait de Vincent Bailly s’approprie pleinement ce récit, chronique de la perte de l’innocence, accompagnant l’évolution d’ados jusqu’ici protégés dans leur apprentissage des aspects les plus sombres du « monde réel ». Le dessinateur de « CÅ“ur de sang » (Delcourt) et « Angus Powderhill » (Humanoïdes associés) adapte son graphisme au récit contemporain, donnant une belle énergie à ses personnages, le trait et la mise en couleurs de ces « Coupures irlandaises »  évoquant parfois le travail d’un Baru.

N.B. : Le carnet de croquis de Vincent Bailly, entraperçu dans les quelques pages du dossier de presse de l’album, en dit plus long sur son travail que bien des commentaires. L’artiste les a mis en ligne sur son blog : vincentbailly.canalblog.com.
 
80 pages, dont 16 pages de dossier. 16 euros.
 
Chronique de Philippe Belhache
 

24 juin 2008 - Lire la suite Tags: ,

A l’occasion de la sortie de “Saint-Seiya - The Lost Canvas”, gagnez un week-end au salon JAPAN EXPO de PARIS, des MANGAS et des FIGURINES

couverture-saint-seiya-t1.jpgSaint Seiya est une série que les téléspectateurs français et toute une génération élevée au Club Dorothée connaissent parfaitement sous l’intitulé “les Chevaliers du Zodiaque”. Publiée depuis 2006 au Japon et comprenant déjà sept volumes, “Saint Seiya - The lost Canvas” est une préquelle à la série apparue vingt ans plus tôt. Son scénario lève le voile sur le lien d’amitié entre l’incarnation d’Hadès et le Chevalier de Bronze de Pégase de l’époque, Tenma.

A l’occasion de la sortie en France des deux premiers tomes de “Saint Seiya - The Lost Canvas” le 26 juin dans les librairies, le journal Sud-Ouest en association avec Kurokawa organise un grand jeu concours !

Le premier prix est un week-end à Paris pour assister au prochain Salon JAPAN EXPO le samedi 4 et dimanche 5 juillet 2008 valable pour 2 personnes (voyage comprenant 2 billets TGV Bdx-Paris en 1ère classe, une nuit en hébergement hotel 3* (centre de Paris) et 2 x 2 entrées au salon) + les deux premiers tomes de Saint Seiya + une figurine papier pour une valeur totale de 700 € environ!

Les gagnants suivants (jusqu’au dixième) gagneront les deux premiers tomes “Saint Seiya - The Lost Canvas” ainsi qu’une figurine papier.

Enfin, tous les joueurs jusqu’au centième gagnant auront le plaisir de recevoir chez eux les deux premiers tomes de “Saint Seiya - The Lost Canvas”.

 

Pour participer au jeu-concours, rendez-vous vite sur notre site http://jeux.sudouest.com/

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20 juin 2008 - Lire la suite Tags: , , ,

Dofus et Wakfu : La déferlante Ankama

dofus.jpgDifficile d’ignorer le phénomène. « Dofus » est le nom d’un concept développé sur le Net pour devenir l’un des jeux de rôles massivement multi-joueurs (1) du moment – Ankama, la société éditrice, revendique sept millions de joueurs en ligne – avant d’être décliné pour une série manga-like signés essentiellement de Tot (le cofondateur d’Ankama, Anthony Roux) et Ancestral Z (Vincent Deruyck). Leur fonds de commerce ? Un univers d’héroïc fantasy extrêmement codifié, développé pour le jeu vidéo, doté d’une bible souple adapté à tous supports. Le manga ainsi scénarisé par Tot n’est jamais qu’une « adaptation » d’une partie rêvée faisant intervenir l’ensemble des classes de personnages aux caractères déjà bien définis. Et une tripotée d’autres pour l’occasion… Le résultat ? Un succès. Car Tot a l’intelligence de ne pas se prendre au sérieux dans l’écriture. « Dofus » la BD est respectueuse de la bible de « Dofus » le jeu. Mais la déconne y règne comme valeur maîtresse, les auteurs ne se refusant aucune digression ni aucun calembour, multipliant références et hommages aux classiques du manga et du cinéma comme à ceux du jeu vidéo. La ligne reste résolument libre dans son expression tout en conservant sa cohérence d’ensemble. Tot se plaît ainsi à reconstruire une véritable mythologie en contrepoint de l’univers du jeu. Un univers omniprésent au sein d’une présentation interactive incluant de multiples références au jeu - et à son extension Dofus Arena - et une sélection de nombreuses illustrations d’auteurs maison et de fan-arts de lecteurs et/ou internautes.


Le résultat ne s’est pas fait attendre. Dofus se pose en véritable phénomène de mode en milieu adolescent (et plus si affinités). « Le chevalier noir », troisième volume de la série parallèle Dofus Monsters – l’esprit Donjon n’est pas loin – cartonne en librairie (il y est joint une carte de loterie) et le tome 9 de la série mère est attendu comme on le dit du Loup Blanc. Ankama entend capitaliser sur ce succès. Dès le 3 juillet, apparaîtront dans les bacs deux nouvelles déclinaisons de l’univers Dofus. « Les Shushus de Rushu », signé de Tot lui-même, illustré par Ancestral Z, épaulé par Mojojojo et Brunowaro, est une plongée dans le temps, nouvelle étape dans l’histoire du guerrier maudit Vald-Goultard, qui voit dofus2.jpgs’opposer les favoris du démon Rushu aux gardiens des Dofus. Cette histoire violente et tragique qui dévoile de nouvelles facettes du personnage, est inscrite dans la droite ligne de la série-mère et profite de l’expérience du jeu. Elle devrait rapidement devenir indispensable aux accrocs de la série. Simultanément à ce one-shot, manga grand format publié en noir et blanc, paraît « Les mains d’Eniripsa », premier volume d’une nouvelle série parallèle, « Dofus Quest ». Cette histoire relativement courte, sans doute un peu plus gentillette, mais  traitée en format plus proche du classique franco-belge couleur, met en scène des personnages devenus les jouets d’un pari entre deux divinités, Rushu et Eniripsa. Le volume au graphisme léché signé Nicolas Devos (déjà scénariste de Dofus Arena) et Arnaud Dewaele, réalisé à l’aide de la technologie Flash, ouvre une collection consacrée à l’exploration des différentes classes de jeu. Complété par un art-book conséquent, il a pour ambition avouée de jeter de nouveaux ponts entre la bande dessinée et l’univers du jeu en ligne Dofus, mais aussi vers sa dernière déclinaison en date, pour ne pas dire son évolution, « Wakfu », complète refonte graphique débouchant sur une nouvelle plate-forme de MMORPG et un anime bientôt diffusé sur France 3.

Car rien n’arrive par hasard. La parution de ces deux volumes coïncide avec la nouvelle édition de Japan Expo, du 3 au 7 juillet, au parc des expositions Paris-Nord Villepinte, la présentation aux lecteurs (et joueurs) étant programmée pour l’Ankama Convention #2. Cette manifestation à a notoriété grandissante sera également l’occasion pour Ankama de lever le voile sur les premières productions de son nouveau label « 619 », animé par Run, auteur de l’OVNI « Mutafukaz », dans un esprit « rentre dedans » et « sans concessions ». Les deux premiers titres ? « Freaks’ Squeele » (Raf) et « Debaser » (Maudoux). Une effervescence éditoriale  qui fait écho à la campagne de promotion mise en place pour anticiper la diffusion, à l’automne sur France 3, de l’anime « Wakfu ». Un teaser télévisé alliant graphisme de dessin animé pur et design de MMORPG affûte les appétits des adeptes et un épisode est d’ores et déjà visible en ligne sur le site internet de l’émission TooWam de la chaîne publique. De quoi conforter dans sa ligne le groupe Ankama, société créée en 2001 à Roubaix, alors même qu’il joue par ailleurs la carte de la diversification. Ankama annonce en effet entrer dans le capital de Nolife, chaîne thématique (jeux vidéos, mangas, et musique japonaise) distribuée sur différents bouquets numériques, afin « de développer en commun de nouveaux contenus et de jeter de nouvelles passerelles entre télévision et internet. » 
  
(1) ou MMORPG pour Massively Multiplayer Online Role Playing Game.


Dofus (one-shot) : « Les Shushus de Rushu », 96 pages, 8,90 euros.
Dofus Quest : « Les mains d’Eniripsa », 64 pages, 13,90 euros.

Sites associés : www.ankama-editions.com ; www.manga-dofus.com/fr/ ; www.dofus.com/fr ; www.dofus-arena.com/fr ; www.wakfu.com/fr ; http://toowam.france3.fr ; www.nolife-tv.com/

Chronique de Philippe Belhache
  

19 juin 2008 - Lire la suite Tags: , ,
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