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« La femme accident », tome 1/2 par Olivier Grenson et Denis Lapière (Aire Libre chez Dupuis)

femmeaccident.jpgTrès belle surprise de retrouver le talentueux Olivier Grenson dans un diptyque de la série Aire Libre avec une histoire plus intimiste et personnelle que les aventures ésotérico-érotiques de Niklos Koda (Dargaud). Pour ses 20 ans, Aire Libre sort cette année de très beaux albums (on vous conseille de lire ou relire « Le voyage en Italie » de Cosey) et cette « Femme accident » en fait partie. Normal quand deux auteurs belges de la trempe de Grenson et Denis Lapière se rencontrent, me direz-vous. Le résultat est là : le dessin en couleurs directes d’Olivier Grenson est magnifique, il retrouve les atmosphères flamboyantes de sa ville natale, Charleroi, ce qui donne une touche de chaleur bienvenue à son trait hyper réaliste parfois trop statique. Denis Lapière, un pilier d’Aire Libre, a concocté une belle histoire romanesque de femme que la vie n’a pas épargné, d’où le titre of course. Julie, jeune maman, est en prison et attend son procès ; elle est inculpée de meurtre. Au départ prévu en Bretagne, l’histoire se déroule donc en Belgique : des corons de la banlieue de Charleroi aux luxueux appartements du centre-ville, on suit le parcours chaotique de la belle Julie, entre le roman noir et la vie en rose. Les pages s’enchaînent sans temps-morts, le dessin est vraiment très beau. Ici, on découvre en fait l’histoire d’une femme qui voulait être riche et heureuse. Par tous les moyens. Le destin en a décidé autrement. Vivement la suite !

64 pages, 14 euros. Edition spéciale à 18 euros (tirage à 2500 exemplaires, sous jaquette avecun cahier supplémentaire de six hors texte et des dessins inédits).

Chronique de Christophe Berliocchi

1 juin 2008 - Aucun commentaire
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« La Porte au ciel », première partie, de Sicomoro et Makyo. Dupuis (Aire Libre).

porte-au-ciel.jpgNe frappez pas avant d’ouvrir cette porte. Elle mérite de la douceur et du ménagement, et le fait que l’on ignore sur quoi elle débouche ne la rend que plus tentante à pousser. C’est-ce que feront trois jeunes adolescentes, dont le point commun est d’avoir tenter le suicide, et surtout d’être confrontées à un monde d’adulte déplorable, privé de la moindre parcelle d’humanisme. Ces « Japonaises », comme on les a surnommé dans leur collège, because pulsions morbides, décident de fuguer ensemble. Leur point de chute sera une modeste maison perdue dans la campagne, un lieu où l’une d’entre elle a passé son enfance. C’est ici que le fantastique relaye l’aspect sociologique de l’histoire, avec caves obscures et cachées, ésotérisme, jumelles pointées sur les trois demoiselles, ce qui devrait nécessairement amener le lecteur au-delà de cette fameuse porte, dont on ignore dans ce premier tome si elle mérite de nous offrir le ciel, ou des horizons bien plus noirs. Mais ces trois ados n’ont plus rien à perdre, trahies par leur proches, par un quotidien qui pue la banlieue, ce qui nous renvoie à la face nos attitudes d’adultes, incompréhensifs par nature de tout ce qui concerne une personne à qui il manque quelques années pour nous en compter…

J’ai lu ici ou là que certains avaient du mal à entrer dans ce récit. Il faut pourtant en faire l’effort, puisque nous sommes tous des adultes. La maturité du récit montre que l’on a encore de la réflexion devant nous, alors que l’on se croyait arrivés. Nos enfants nous seront peut-être reconnaissant d’aimer cette BD.

Environ 60 pages (puisque que cette première édition offre un très joli bonus graphique, pour un tirage de 3 000 exemplaires), et 18 euros mérités.

Chronique de Jean-Marc Lernould

30 avril 2008 - Aucun commentaire
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Le 1er prix de la BD noire attribué à “Ce que le vent apporte” de Jaime Martin

Pour sa 8ème année, le Goéland Masqué, Festival de polar et noir de Penmarc’h (29), vient d’attribuer le Prix Mor Vran, 1er prix de la BD noire pour son édition 2008

Le jury est composé de 10 membres dont les deux coprésidents sont Alain Goutal et François Bourgeon, dessinateur, scénaristes.

Ce prix a été attribué à Jaime Martin pour son livre “Ce que le vent apporte”, édité chez Dupuis dans la collection Aire Libre.

« Zoo » tome 3, de Frank et Bonifay. Dupuis Aire Libre.

zoo_3_bonifay.jpgAprès huit années, les deux auteurs viennent de mettre un point final à « Zoo », œuvre découpée en trois albums. Le comédien et scénariste Bonifay et le dessinateur, sculpteur et concepteur de vrais espaces zoologiques (voir son très beau site ) ont finalement achevé cette œuvre dédiée aux hommes et à la nature.

Dans un paysage très art nouveau le zoo créé par le docteur Célestin se dégrade inexorablement depuis que celui-ci est part soigner les hommes sur le front en 1917. A l’image de cette guerre terrible le zoo dépérit, devient un mélange de grilles tordues et de branches cassées tandis que les animaux s’y font de plus en plus rares. Un gros blues pour la petite communauté qui y est restée: Manon sa fille adoptive et sauvageonne, Buggy le sculpteur aux mains d’or (Frank l’est également, inspiré par les bronzes de Rodin et de Bugatti) et Anna, Russe en exil qui a perdu son nez et son âme en Sibérie. C’est cette dernière qui partira à la recherche de Célestin sur les tristes champs de bataille, le docteur n’ayant plus donné de nouvelles.

Le déclin est réfléchi par des décors plus sombres, mélange de pastel et de gouache, le chaos du zoo renvoie à la boue du front, à sa noirceur et à sa nuit. La quête d’Anna va presque virer au noir et blanc et le scénario de Bonifay reste impitoyable malgré une fin ouverte. La clôture d’une belle aventure pour ce duo d’auteurs.

A noter des nouvelles couvertures pour la réédition en coffret des deux premiers tomes accompagnés du troisième volume et d’un cahier portfolio d’illustrations sur un court texte de Bonifay.

80 pages, 14 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

2 décembre 2007 - Aucun commentaire
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« Amère patrie », tome 1, de Blier et Lax. Dupuis (Aire Libre)

amerepatrie1.jpgQuel point commun entre le jeune Jean Gadoix, vivant en 1900 en Haute-Loire, et l’adolescent Ousmane qui vit en Afrique? Au fil de l’album on commence à se douter que leurs destins finiront par se croiser dans les tomes suivants. C’est que les deux gamins grandissent, la campagne française étant aussi rude que la savane, et la Seconde guerre mondiale se profile. Et comme Ousmane s’engage comme tirailleurs…

Côté Afrique on repère le poids des traditions et le racisme des Français. Côté Europe c’est ici l’inéquité sociale qui est montrée du doigt ainsi que le sexisme et la place réservée aux femmes dans la société tandis que les « « nègres » sont exposés au zoo de Boulogne.

Ce chassé-croisé est bien monté, servi par le dessin de Blier dont c’est le premier album.

56 pages, 13,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

4 novembre 2007 - Aucun commentaire
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