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Angoulême 2008 en images : pendant la manif, on Schtroumpfe!

 

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Les manifestants qui arpentaient hier les rues d’Angoulême ont pu croiser quelques Schtroumpfs qui déambulaient en centre-ville. Aujourd’hui, un Schtroumpf-dirigeable doit survoler la cité charentaise et les deux auteurs du dernier album dédicaceront samedi sur le stand du Lombard!

25 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 en images : Christine Albanel la bédéphile

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Une entrée en fanfare ? Pas le genre de la ministre de la Culture. Christine Albanel goûte plutôt à la suave musique argentine. Aux airs de tango plus exactement, distillés dans l’espace dévolu au président du 35e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, José Muñoz. Ce maître du noir et blanc s’improvise guide pour la ministre qui, docile, passe par la case CNBDI (Centre national de la bande dessinée et de l’image) pour ses premiers pas dans Angoulême.

Tardi, Pétillon et les autres. Avant de découvrir le travail du dessinateur argentin, petit rappel sur la création de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image par son directeur Gilles Ciment. Cet établissement public de coopération culturelle, regroupant le CNBDI et la Maison des auteurs, est voué à devenir le vaisseau amiral de la ville avec le festival. Impossible de faire l’impasse.

Puis Muñoz, Bottaro, Katchor captent le regard de la ministre, qui questionne. Tailleur noir, talons aiguilles et petit sac en main, elle maîtrise. Seule touche de fantaisie, un chemisier à fleurs et un sourire dont elle ne va pas se départir.

Christine Albanel est heureuse d’être là. Les officiels d’Angoulême ne sont pas mécontents non plus. Le maire en tête, Philippe Mottet, qui n’a pas manqué de faire un crochet au musée des Beaux-Arts.

Le bâtiment ouvrira ses portes en mars. « Il sera entièrement gratuit », n’a pas oublié de rappeler le chef de cabinet de la ministre, Jean-Bernard Bolvin, soulignant cette prédisposition angoumoisine qui colle à la volonté gouvernementale. Bonne élève, Angoulême ? Il faut croire, tant Christine Albanel fait preuve d’enthousiasme tout au long de sa visite. Direction l’épicentre du festival? « Et en plus, elle s’y connaît », glisse un éditeur. Au milieu de l’espace réservé aux publications alternatives, la ministre ne suit plus les conseils de Benoît Mouchart, directeur artistique du FIBD. Christine Albanel s’émancipe et vire de bord dès qu’une ?uvre l’attire.

Vient le moment de l’aveu. La ministre n’est pas une novice. « J’ai grandi avec les Tardi, Bretécher, Pétillon. » L’ancienne prof de littérature ne dédaigne pas la nouvelle génération avec, en tête de liste, Sfar.

Équité. « Cela faisait longtemps que je souhaitais venir au festival, raconte-t-elle. En France, on trouve peu de capitales culturelles et rares sont celles qui se mobilisent entièrement dans une manifestation. » Le dynamisme d’Angoulême, ville phare de la BD et qui rayonne au niveau international, ne fait pas un pli. « La bande dessinée est un art qui n’est pas autiste, il est en pleine expansion et s’exporte. Enracinée dans nos sociétés, la BD fait passer des messages et arrive à parler à chacun d’entre nous. Le travail de Marjane Satrapi (NDLR : créatrice de “Persepolis”) reste un bon exemple. »

À la question du statut des auteurs de BD et de l’engagement de l’État dans le neuvième art, la ministre s’est montrée confiante : « Il faut conserver un équilibre entre le privé et le public dans le financement. Le Festival d’Angoulême a trouvé ce bon équilibre, et le ministère est intéressé pour voir si on peut aller plus loin. Pour les droits des auteurs, il y a encore des efforts à mener. Pendant longtemps, il y a eu un ostracisme vis-à-vis de la BD, il faut rétablir une forme d’équité. »

Quant aux projets de la ville, ils ont l’oreille de la ministre. « L’État sera là pour le musée de la BD, c’est un équipement qui reflète une vraie ambition dans ce domaine. » L’État s’engagera aussi dans le financement de la médiathèque, objet de débat pendant la campagne municipale.

Après d’autres visites dans les bulles du festival, la ministre s’en est allée, telle une festivalière, les bras chargés de BD? Enfin presque, un collaborateur zélé a porté les albums qui pleuvaient sur le cortège? Après tout, c’est la ministre.

Festival de la BD 2008 : week-end de bulles à Angoulême

La ministre de la Culture Christine Albanel va donner aujourd’hui le coup d’envoi du 35e Festival international de la bande dessinée.

angouleme_20081.jpgDu Champ-de-Mars aux allées de New-York, Angoulême vire à la BD d’aujourd’hui à dimanche. Pour sa 35e édition, le Festival international de la bande dessinée revient dans un centre-ville enfin débarrassé de ses pelleteuses.

Nouveau décor et nouvelle forme pour le grand barnum du dessin, inauguré aujourd’hui par la ministre de la Culture en personne, Christine Albanel. Avec, à chaque bout, deux mondes bien distincts : les maisons dites alternatives aux allées de New-York et les poids lourds de l’édition au Champ-de-Mars, où l’on prévoit des files d’attente interminables pour les séances de dédicaces.

Un changement qui colle avec l’évolution de la structure juridique qui porte désormais le festival : l’association originelle a laissé la place à une SARL à vocation culturelle. Professionnalisation affirmée et pari sur le long terme, disent les uns. Risque de voir le festival sortir des rails de l’Histoire pour s’enfoncer dans la tentation, commerciale, prétendent les autres. L’avenir dira qui a raison?

Manga. En attendant, pour ce 35e chapitre, les festivaliers, si boulimiques soient-ils, auront du mal à goûter à tous les ingrédients mitonnés par l’organisation. Au rayon « live », ça démarre fort ce soir avec un concert très ukulélé de Thomas Fersen dessiné par Joann Sfar. Samedi, Pascal Rabaté prêtera son crayon à la prestation scénique de Yolande Moreau.

Côté expo, le choix est plutôt large. Citons, entre autres, la vision du président José Munoz sur la BD argentine ; le triple hommage aux « strips » de Ben Katchor, aux « fumetti » de Luciano Bottaro et à l’incroyable anthologie de Sergio Toppi ; la scénographie autour de la science-fiction dans les ateliers Magelis et une installation audiovisuelle sur 35 ans de Grand Prix.

Particulièrement soigné cette année, le Manga Building qui occupe tout l’Espace Franquin. Ce grand immeuble au c?ur d’Angoulême abritera, notamment, une exposition du groupe Clamp, un collectif féminin adulé au Japon.

Quelques événements émailleront le rendez-vous angoumoisin. Les Schtroumpfs fêteront en fanfare leur cinquantième anniversaire, tandis que le cinéaste Luc Besson viendra annoncer qu’il prend sous son aile les éditions Septième Choc et qu’un match d’impro BD opposera les équipes de « Fluide glacial » et « Spirou »?

Moment très attendu du festival, la multitude de prix remis tout au long de la manifestation. Distinguons toutefois le Fauve d’or, prix qui couronne le meilleur album de l’année 2007, ou l’Essentiel Fnac-SNCF, prix du public invité à choisir, via Internet, son album favori parmi une liste de 50 prétendants. Dimanche, l’Académie des Grand Prix désignera le Grand Prix 2008, couronné pour l’ensemble de son ?uvre. Proclamation solennelle depuis le balcon du FIBD.

Festival international de la bande dessinée, du 24 au 27 janvier à Angoulême, de 10 heures à 19 heures avec nocturne samedi jusqu’à 20 heures. Tarif : un pass unique permet d’accéder à la plupart des expositions et animations. Valable sur un ou trois jours. Le prix varie selon l’âge (6 ou 13 euros de 7 à 12 ans, 11 ou 24 euros de 13 à 17 ans, 13 ou 29 euros au-delà, gratuit pour les plus de 76 ans -et non moins de 76 ans comme nous l’indiquions précédemment). L’accès aux concerts de dessins, impros BD et spectacles illustrés n’est pas couvert par le pass. Renseignements au 05 45 38 61 62.

Article de Bertrand Ruiz

JOSÉ MUÑOZ : Tango en blanc et noir

Dans la famille du noir et blanc, l’Argentin est un maître. Il a aimé dès l’enfance la bande dessinée « d’un grand amour honteux » qui inspire toujours sa réflexion sur ce 9e art aujourd’hui reconnu.

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Il est arrivé dès samedi soir à Angoulême, et se promet « un plaisir intellectuel fort, face à l’excitation et à la qualité des produits présentés cette semaine ». À 65 ans depuis le 10 juillet dernier, José Muñoz est le président de cette édition 2008. L’enfant argentin très tôt convaincu de sa vocation de dessinateur a grandi avec curiosité dans une ambiance culturelle cosmopolite. Sa famille venait d’Andalousie et des îles Canaries, « des îles très africaines », où il a voyagé au temps de l’exil. « J’y ai retrouvé de la famille, et rencontré mon double ».

En 1974, Carlos Sampayo, qui deviendra son scénariste, comprend comme lui « qu’on était des exilés, et plus des voyageurs. On a trouvé dans le travail et l’amitié une maison mentale. Dans notre pays, le ciel était couvert de sang. Nous étions curieux de l’Europe, de toutes ces langues étranges qu’on entendait autour de nous étant enfants. »

José Muñoz a nourri toute sa vie une réflexion sur ces images qui le fascinent. Des images qu’il voit par-dessus tout en noir et blanc, et qu’il décrit, avec l’accent sud-américain, en « blanc et noir ». Prononcer blank et noir. Aujourd’hui, entre les anciens et les modernes, il se définit comme « un bon passeur ».

Sud Ouest. En tant que président, vous êtes l’auteur de l’affiche de l’édition 2008, que l’on voit sur tous les murs d’Angoulême. Que représente-t-elle ?

José Muñoz. Cette affiche, c’est mon paysage intérieur. La maison que vous voyez à l’arrière-plan, c’est celle de Carlos Gardel, rue Jean-Jaurès à Buenos Aires. Devant, enlacés, il y a Alack Sinner (Ndlr : héros et figure centrale de l’?uvre de Muñoz et de son scénariste Carlos Sampayo) et Billie Holiday.

L’exposition qui vous est consacrée, au CNBDI, n’évoque pas seulement votre oeuvre.

Non, c’est une promenade à travers l’histoire de la bande dessinée argentine. Les Américains du nord parlent de comics, les Japonais de mangas, les Argentins d’historietas. Les années 40 et 50 ont été un des moments les plus créatifs de notre pays. Je voulais montrer les lumières qui ont illuminé alors mon adolescence.

Quels sont les albums qui vous ont marqué à l’époque ?

Le premier, c’était Bucky Bug, l’histoire d’un groupe d’insectes, écrite dans les années 30. C’était très écologique, puisqu’ils vivaient dans un terrain vague en recyclant tous les rejets des humains. J’avais cinq ans, et j’étais capturé par cette histoire, même si je ne savais pas lire. À 9 ans, j’ai découvert Breccia et Pratt, en achetant des magazines. Et quand j’avais 11 ans, mes parents m’ont inscrit à l’école panaméricaine d’art.

Vous avez très tôt eu envie de devenir dessinateur ?

Oui, j’étais totalement sûr que je voulais faire du dessin narratif, pas de la littérature dessinée. Dans ces années où l’abstraction régnait, la bande dessinée était le seul refuge du figuratif.

Je faisais de la bande dessinée de façon clandestine vis-à-vis de mes professeurs, et ça me donnait beaucoup de tristesse. C’était comme un grand amour, un peu honteux, que l’on ne pouvait pas exhiber en public. On me regardait comme un phénomène, en me disant : « Tu fais de la bande dessinée ? Mais tu as l’air intelligent, pourtant? »

D’où venait ce mépris pour la bande dessinée, selon vous ?

La bande dessinée a remis ensemble ce qui est né ensemble. Il y a un conflit entre l’image et les mots. Le mot vient de l’image et ne veut pas le reconnaître. La sacralité, c’est les mots, et l’image, elle, fait peur. Elle mange les mots.

Le cinéma vous a-t-il également influencé ?

À cette époque, on voyait quatre longs-métrages par jour, et la fenêtre du cinéma m’aidait à développer ma culture visuelle. J’admirais le néoréalisme italien, les films du réalisme poétique français des années 30 avec Gabin et Arletty, le Bergman du début, et l’expressionnisme allemand des années 20. Dans ces films muets, les corps faisaient la narration, tout ça formait le chaudron visuel de notre expérience.

Toujours du noir et blanc?

Oui, je l’avais découvert avec Pratt, j’ai continué avec les comics américains. La famille du blanc et noir a toujours été celle dans laquelle j’ai voulu rentrer. Pratt racontait la lumière, Breccia plutôt l’obscurité.

Et vous ?

J’aimerais penser que j’habite à la frontière. Tout comme je suis né à la limite de Buenos Aires, là où commence la pampa.

Et la couleur ?

J’ai passé plus de trente ans avec la bande dessinée en blanc et noir. Seulement l’encre, les plumes et les pinceaux à ma table à dessin. Les couleurs ont commencé à apparaître avec le désir de dessiner mon endroit natal. Buenos Aires me demandait le bleu ou le jaune, tandis que New York, la ville d’Alack Sinner, ne me demandait rien.

Dans ce monde d’images, quelle place occupe la musique ?

J’ai grandi entre le tango de ma mère et la musique classique de mon père. Puis à 12 ou 13 ans, j’ai commencé à écouter du rock anglo-saxon. Et j’ai découvert ensuite le jazz du début du 20e, toute cette famille des voix cassées, de Bessie Smith à Billie Holiday. Finalement, en musique, j’ai trouvé un équilibre binaire, entre une noire du nord, Billie Holiday, et un blanc du sud, Carlos Gardel.

Revenons à votre exposition. Que pourra-t-on y voir ?

Il y a 50 dessins de moi. Et des hommages aux maîtres qui sont encore en train de vivre en moi.

Et puis on découvrira de vrais bijoux de l’école argentine. Une ligne qu’on connaît moins ici. Dans la difficulté extrême du présent, il y a de bons auteurs et cette exposition est une façon de les montrer. On a des Trondheim et des Sfar, mais ils ne sont pas toujours traduits. C’est toujours le cas pour ce qui se développe dans une veine satirique liée à la réalité du pays, c’est plus difficile à traduire.

Propos recueillis par Haude Giret

24 janvier 2008 - 1 commentaire
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Angoulême 2008 : Les coups de coeur du Directeur

Quelques pistes à suivre, indiquées par un connaisseur, Benoît Mouchart!

Ne demandez jamais à un père de choisir entre ses enfants. Ou à un directeur artistique de vous donner ses préférences au sein de la programmation qu’il a soignée aux petits oignons. Tout de même, Benoît Mouchart avoue quelques coups de coeur parmi les dizaines d’événements qui vont se succéder durant ces quatre jours.

1- As de coeur : Moreau et Rabaté


« Entre eux, c’est une vraie rencontre », se réjouit Benoît Mouchart. Pascal Rabaté a déjà endossé le rôle de dessinateur du tournage de « Louise Michel », film dans lequel jouait Yolande Moreau. L’auteur d’« Ibicus » cernera la confession de la comédienne dans le rôle d’une femme qui vient de tuer son amant. Le dessin de Pascal Rabaté sera « filmé par en dessous à travers une plaque de verre dépolie ».

2 - As de pique : l’Argentine de Muñoz

« Un musée aurait mis deux ans à bâtir l’exposition qu’on a montée en neuf mois pour le CNBDI », estime le directeur artistique du FIBD, qui se réjouit de ce coup de projecteur sur l’école argentine. « On dit que les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens des Incas, et les Argentins du bateau », ajoute-t-il en souriant. L’expo raconte ce cosmopolitisme facteur de bouillonnement culturel. « La bande dessinée adulte existait déjà en Argentine dans les années 30 à 60, avec une ambiance à la Hollywood. Mais ce n’est pas seulement une rétrospective. » À côté de Breccia, de Pratt, de Quino, père de la célèbre Mafalda, la nouvelle génération pointe son trait.

3 - As de carreau : Villes du futur

« Voilà l’exposition la plus scénographiée de cette édition, l’équivalent de ce qu’a été Kid Paddle l’an dernier. Un vrai plaisir grand public. » (lire en page 2-24).

4 - As de trèfle : honneur aux Grands Prix

En consacrant pour la première fois une exposition aux 38 grands prix de son histoire, le FIBD défend une véritable politique des auteurs pour le 9e art. « On essaye de montrer le dessin d’une autre manière, à travers une expérience qui retranscrit la magie des concerts de dessin », explique Benoît Mouchart. C’est Benoît Peeters qui a concocté le film, coeur de l’exposition, qui ausculte chacun des auteurs, sur une musique originale spécialement composée par Bruno Letort.

24 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Itinéraire d’un festivalier gâté au coeur d’Angoulême 2008

PRATIQUE. Le Festival retrouve le centre-ville. Les places du Champ-de-mars, New-York, du Palet, Bouillaud, Saint-Martial.

angouleme_2008.jpgSuivez le chat… La mascotte imaginée par Lewis Trondheim se balade d’oriflammes en panneaux indicateurs. Donc, si vous voyez le Fauve, le Festival de la BD n’est pas loin. D’autant que cette année, les travaux et les surprises sont finis, le monde de la BD se concentre au centre-ville.

À vol d’oiseau. La rue piétonne redevient l’axe principal de circulation, entre les deux pôles éditeurs, au Champ-de-Mars et aux allées de New-York. Sur ce trajet, on peut faire un pas de côté pour trouver l’Espace Franquin, la place des halles, la place Saint-Martial, l’hôtel de ville et le théâtre.

Au-delà des halles se concentre, entre place du Palet et jardin des villes jumelées, l’espace jeunesse, face à la Maison des auteurs. Et de celle-ci, il suffit de descendre l’avenue de Cognac pour rallier les derniers sites, ateliers Magelis et musée du papier, autour du CNBDI. Le tableau d’ensemble tracé, entrons dans les détails, et donc sous les bulles.

Le Monde des bulles. C’est le nom de l’espace où l’on retrouve les principaux éditeurs, sous l’immense bulle du Champ-de-Mars. Le Monde des bulles abrite aussi une plus petite structure, de bande dessinée alternative, à proximité de la Cité administrative.

Le Nouveau Monde. Comme son nom l’indique, il est installé aux allées de New-York (avec une extension pour l’espace para-BD place des Halles), et abrite les éditeurs indépendants.

Le meilleur des albums. Tous les albums de la sélection officielle se dévoilent aux lecteurs place Saint-Martial.

Manga Building. L’espace Franquin devient le temple du manga.

À l’ombre de l’hôtel de ville. Les Schtroumpfs partagent l’espace avec le Pavillon chinois.

En Scène nationale. En face de la bulle du Nouveau Monde, le théâtre accueille l’exposition sur 35 ans de Grands Prix d’Angoulême, les impros BD, les concerts de dessins, le concert de Thomas Fersen illustré par Joann Sfar, et le spectacle de Yolande Moreau illustré par Pascal Rabaté.

Tout pour la jeunesse. L’espace Jeunes Talents est installé place du Palet, le pôle jeunesse au jardin des villes jumelées. On y trouve l’exposition Lou, les rencontres jeunesses, l’exposition de la sélection jeunesse? Entre les deux, la Maison des auteurs et ses « Noces de papier ».

Autour du CNBDI. La cathédrale de la BD abrite l’exposition sur José Muñoz et la BD argentine, et celles consacrées à Ben Katchor et Luciano Bottaro. On y suivra aussi les rencontres internationales et les rencontres dessinées. De l’autre côté de la rue, le musée du Papier rend hommage à Sergio Toppi, et les ateliers Magelis à la SF avec l’expo « Villes du Futur ».

Le jour le plus Schtroumpf

schtroumpf_reporter.jpgLa dernière aventure des Schtroumpfs vient de paraître. Cette semaine, les petits hommes bleus fêtent leur 50e anniversaire, en vedette à Angoulême.

«Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez vos Schtroumpfs ? Vous avez failli me schtroumpfer ! » C’est par ces paroles historiques que les Schtroumpfs entrent officiellement dans l’histoire de la bande dessinée, le 23 octobre 1958. Le Grand Schtroumpf a beau avouer « 542 ans aux chanterelles » et le reste du village afficher uniformément 100 ans, 2008 est donc l’année des 50 ans des Schtroumpfs. À l’instar des plus grandes vedettes, les petits hommes bleus s’offrent un tour européen, dans une vingtaine de villes. Coup d’envoi des animations la semaine prochaine, en plein Festival de la bande dessinée à Angoulême. Vendredi sera le jour le plus Schtroumpf.

Ambassadeurs de l’Unicef. Aux plus fans, on conseille de se lever ce jour-là avant le soleil, et d’aller traîner autour de l’hôtel de ville. Le Festival y annonce des surprises. Il a plu ces jours-ci, il pourrait bien pousser des Schtroumpfs partout? Il en volera bien.

Un zeppelin aux couleurs Schtroumpfs survolera Angoulême dans la journée. Un Schtroumpf de 1,20 m, « customisé par une célébrité », fera son apparition en ville, avant d’être vendu aux enchères, au profit de l’Unicef. Et des Schtroumpfs grandeur nature circuleront en ville. Le Festival d’Angoulême est en effet à l’origine d’un partenariat entre l’association et les lutins de Peyo, qui se feront à travers le monde les ambassadeurs des droits des enfants. Ils commencent en accueillant durant tout le week-end, du 25 au 27 janvier, les produits de l’Unicef à côté des leurs, dans les kiosques ouverts face aux halles et à la mairie d’Angoulême. Parents et enfants pourront y partager leurs connaissances sur le pays des Schtroumpfs. L’exposition se présente comme un livre ouvert, des panneaux posés sur des pieds de Schtroumpfs. Patrimoniale pour les parents, qui pourront découvrir le dessinateur Peyo et ses créatures ; ludique pour les enfants, qui s’amuseront à hauteur de môme, avec des jeux adaptés. Bref, un Schtroumpf anniversaire !

Il n’y manquera même pas les dédicaces. Pas celles de Peyo, disparu il y a quinze ans, mais celles de deux des dessinateurs du studio Peyo qui a repris la série.

Pascal Garray et Miguel Diaz ont travaillé sur le dernier album, en librairie aujourd’hui, « Les Schtroumpfs et le Livre qui dit tout ». Ils seront présents samedi prochain, toute la journée, sur le stand des éditions du Lombard (Le Monde des bulles, au Champ-de-Mars).

L’Unicef n’a pas choisi les plus anonymes des ambassadeurs. Si les Schtroumpfs sont entrés discrètement dans l’histoire du neuvième art, ils se sont rattrapés depuis.

En cette année 1958, le Bruxellois Peyo a 30 ans, et s’il est auteur de bande dessinée, c’est qu’il est arrivé en retard chez un dentiste. À 16 ans, sortant de l’école, il avait hésité entre deux offres d’emploi, illustrateur et assistant dentaire. Optant pour la seconde, il s’entend reprocher quinze minutes de retard. Il sera donc illustrateur dans le dessin animé, projectionniste de cinéma, avant d’imaginer pour “Le Journal de Spirou” les aventures de Johan et Pirlouit. Le premier est un page brun, le second un gnome râleur. Le duo évolue dans un cadre médiéval fantaisiste, et c’est au cours d’une de leurs aventures, « La Flûte à six Schtroumpfs », qu’apparaît le pays des Schtroumpfs.

Qui aurait pu promettre à ces improbables créatures bleues un avenir marketing aussi radieux il y a cinquante ans ?

Smurf, Pitufo, Lan-Shin-Ling. Personnages secondaires, ils évincent Johan et Pirlouit. Peyo, bientôt, se consacre avant tout à eux. Premier album grand format avec « Les Schtroumpfs noirs », en 1963. Leur figurine séduit la fille d’un des auteurs de « Tom et Jerry ». C’est de l’adaptation en dessin animé, en 1981, que viendra le succès mondial des albums. 25 millions diffusés à travers le monde en 25 langues, 3 000 produits dérivés, 300 millions de figurines, 6,5 milliards de bonbons à leur effigie?

Qu’on les appelle Schtroumpf en français, Smurf en anglais, Lan-Shin-Ling en chinois, Pitufo en espagnol, ils restent cette tribu pacifique et gourmande de salsepareille, menacée par le sorcier Gargamel et son chat Azraël, dominée par la figure du vénérable Grand Schtroumpf et séduite par la Schtroumpfette, seule femme de l’espèce.

S’ils portent tous pantalon et bonnet blanc (sauf le Grand Schtroumpf, en rouge), ils se distinguent par leurs goûts : coquet, farceur, musicien? sans oublier le Schtroumpf à lunettes, qui fait la morale à tout le village. Avec eux, Peyo aborde, mine de rien, des problèmes de société sur le mode de la fable. Les Schtroumpfs prouvent aussi que dire « Passe-moi le sel » n’est jamais anodin. C’est en effet à table, en réclamant la salière à son copain Franquin, que Peyo inventa ce mot, schtroumpfé au plus grand succès.

Article de Haude Giret

21 janvier 2008 - Aucun commentaire
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De croquis et de mots

capes_et_crocs_8.jpgL’Angoumoisin Jean-Luc Masbou est avec Alain Ayroles l’auteur de la première série de bande dessinée de cape et d’épée, « De Cape et de Crocs » dont le tome VIII est sorti.

Et le Maître d’armes pointa son nez au huitième acte? Sur la couverture du huitième tome de « De cape et de crocs », c’est la première fois qu’on ne voit aucun des deux héros, duellistes, bretteurs, premiers personnages de bande dessinée de cape et d’épée. Un homme en blanc salue sur fond d’azur et de nuages, galure de mousquetaire à plumet dans la main gauche, l’épée à la main droite, les cheveux balayant le visage penché.

Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou ont entretenu le suspense pour les fidèles de plus en plus nombreux d’une des séries vedettes des éditions Delcourt, qui guettaient depuis plusieurs épisodes l’apparition de celui dont on ne sait pas encore s’il est Cyrano de Bergerac. « Pour le premier tome, on a vendu 6 000 exemplaires en six mois. Avec les deux derniers, 40 000 en un mois et demi ».

Au départ de l’histoire, il y a les Beaux-Arts d’Angoulême, les années 80, deux copains de promo amateurs de jeux de rôle. Alain Ayroles est le maître de jeux, il deviendra le scénariste. Jean-Luc Masbou dessinera le loup qu’il incarnait. Don Lope de Villalobos y Sangrin, hidalgo ombrageux qui n’a peur de rien, fors des rats, Armand Reynal de Maupertus, gentilhomme gascon galant et frondeur, naissent sous leur forme définitive en 1995. Ils vont tant séduire qu’on ne va plus parler, pour leurs fans, de lecteurs, mais de capecrocistes, qui forment une communauté sur internet.

En alexandrins. On porte leurs aventures au théâtre, on s’arrache les dédicaces de leurs auteurs, ils entrent même dans les salles de classe de profs pas forcément amateurs de bande dessinée qui voient là l’introduction idéale au monde du théâtre classique.

Songez donc, ce monde du 9e art réputé pour ses onomatopées, capable de produire une série qui vous amuse en alexandrins. « Au départ, il s’agissait de vers de mirliton, avoue Alain Ayroles, puis c’est devenu une gymnastique ». Le duo s’est documenté, a appris à jongler avec les références historiques, littéraires. Leur plaisir est manifeste à ce jeu qu’ils pratiquent avec virtuosité (lire ci-contre). « J’essaye de faire des dialogues qui tiennent compte de l’image. On construit certaines scènes comme une chorégraphie ».
Jean-Luc Masbou reçoit les story-board à Angoulême où il vit toujours. À raison de « trois pages par mois, un an et demi pour un album », il bâtit des cases pleines de mouvements dans des décors somptueux aux détails ciselés. « En tant que dessinateur, c’est la couleur qui me permet de rentrer dans l’univers, d’accrocher le lecteur, puis le dialogue permet de définir, en deux cases si ça sonne juste, les personnages ».

Et ça sonne juste, oui. De Venise à la Lune, le rythme est de plus en plus enlevé, l’accord du duo plus parfait. Au bonheur du lecteur, il ne manque qu’une chose, le ou les prochains tomes. WUn ou deux, le débat reste ouvert entre Masbou et Ayroles.

Article de Haude Giret

12 janvier 2008 - Aucun commentaire
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La levée des bulles du festival d’Angoulême 2008

bd_angouleme.jpgFESTIVAL DE LA BANDE DESSINÉE. Les décors du festival commencent à s’élever à travers Angoulême. Aujourd’hui, c’est le tour du pavillon chinois de l’hôtel de ville.

Depuis le 2 janvier, les hommes s’activent, les marteaux résonnent, c’est la levée des bulles. Objectif, offrir du 24 au 27 janvier un décor au 35e festival de bande dessinée. Comme chaque année, Jean-Luc Bittard, directeur technique du FIBD, dirige les grandes man?uvres. Il navigue entre les chantiers et les plans sur ordinateur. Le 2, les travaux ont commencé au Champ-de-Mars, aux allées de New-York, place du Palet, et aux Halles. Cette semaine, l’effervescence festivalière a gagné le Jardin des jumelages, la rue des Frères-Lumière, et la place Saint-Martial. Après le Pavillon chinois qui se bâtit dès ce jeudi dans la cour de l’hôtel de ville, il ne restera plus qu’à aménager une toute petite structure face à la cité administrative.

Moins d’espace. Au total, l’édition 2008 s’ébattra dans un espace plus réduit. « À Montauzier, on bénéficiait de 15 000 m2, aujourd’hui on revient à des 10 000 m² que l’on a connus jusqu’en 2005 ». Il suffit de voir le Champ-de-Mars et ses volumes tout en longueur pour comprendre pourquoi. Jean-Luc Bittard a quand même réussi à y installer des espaces dédicaces d’au moins 9 mètres autour des stands vedettes. Mais le Champ-de-Mars, avec ses 3 000 m2 d’un seul tenant, lui a causé moins de souci que les allées New-York. « C’est un assemblage de structures, relativement complexe ». Il s’agit à la fois d’égaliser les niveaux par rapport à la place Bouillaud, de caser des chapiteaux aux proportions hors normes entre des arbres qui grossissent avec les années et de doubler d’un couloir de circulation de 8 m la voie centrale embouteillée. Bref, un casse-tête chinois. Plus encore que le pavillon qui abritera la délégation de Shangaï. Même si l’arrivée des plans asiatiques a quelque peu déconcerté les ouvriers, qui avaient du mal à identifier l’emplacement du groupe électrogène à l’aide des idéogrammes chinois.

En 2008, le Festival retrouve ses sites traditionnels, après avoir campé en 2006 autour de l’hôtel de ville, puis émigré en 2007 à Montauzier. « Nous avons souhaité réinvestir la place du Palet et le jardin des jumelages, pour y installer un pôle jeunesse et un espace jeunes talents, cohérents avec la proximité de la Maison des auteurs », précise le directeur technique du FIBD. L’édition 2008 retrouve donc la concentration qui fait son charme pour de nombreux aficionados du 9e art.

Article de Haude Giret

« Boule de neige », collectif. Delcourt, collection Shampooing.

En retard, en retard ! Je suis en retard, en retard...Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2008 s’approche à grand pas et avec lui la deuxième édition des « 24 heures de la bande dessinée », happening initié par Lewis Trondheim, lui-même inspiré par l’expérience de Scott McCloud. Le lieu : la Maison des Auteurs d’Angoulême. La date : le 22 janvier. La « mission-si-vous-l’acceptez » : vingt-quatre heures pour réaliser une bande dessinée sur un thème imposé dévoilé au moment ultime, véritable exercice de style doté – tenez-vous bien ! – d’un début, d’un milieu et d’une fin. Plus sérieusement, le format de cette performance d’auteur est logiquement de… vingt-quatre pages, soit une couverture, vingt-deux pages de développement et une quatrième de couverture. Que donnera cette seconde édition, dont le logo est dessiné cette fois par l’excellent Boulet ? boule-neige.jpgMystère et boule de neige.  En attendant le top départ, 15 heures pétantes, mieux vaut se replonger – justement – dans « Boule de Neige », recueil de morceaux choisis par Trondheim, publiés dans sa collection Shampooing (Delcourt). Un ouvrage fin et délicat au sein duquel figurent moult informations indispensables sur les vies et mÅ“urs des auteurs de bande dessinée – pâté, vin et chips semblent constituer leur alimentation de base – ainsi que les contributions de Dominique Boostopoulet, Boulet, Lisa Mandel, Jonvon Nias, Aude Picault, Mathieu Sapin, Natacha Sicaud, Erwann Surcouf et Lewis Trondheim. Un volume souriant – l’humour est omniprésent – et rassurant sur le potentiel de créativité d’une jeune garde du neuvième art propulsée par la blogosphère.

224 pages. 12,90 euros.

Chronique de Philippe Belhache

Des liens à cliquer. Hop !
Le Festival international de la bande dessinée (FIBD) : http://www.bdangouleme.com/
Les 24 heures de la bande dessinée : http://www.24hdelabandedessinee.com/
Révélation blog : http://www.prixdublog.com/

5 janvier 2008 - Aucun commentaire
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