FLOIRAC (33). Le Festival Bulles en Hauts-de-Garonne, organisé à la Maison des savoirs partagés et au gymnase Jean-Raymond-Guyon, a attiré plus de 5 500 visiteurs.
Le Festival Bulles en Hauts-de-Garonne est terminé. Jean-Luc Peyroutet, directeur artistique et son équipe sont satisfaits car ils ont relevé le défi durant le week-end d’amener plus de 5 500 personnes vers les deux sites culturels du festival : la Maison des savoirs partagés et le gymnase Jean-Raymond-Guyon.
Les 90 auteurs présents ont pu faire connaître leurs oeuvres quelle que soit leur renommée. Les nombreux bédéphiles venus de nombreuses régions françaises, voire de Belgique en sont les témoins. A l’entrée de la maison des savoirs partagés, les auteurs de deux fanzines étudiants « Zymase » et « Lemmings » exposaient leurs travaux : des cartes et les trois premiers numéros de leur journal.
Historique et humoristique. Dans la salle de spectacle reconvertie en salle d’exposition, les bédéphiles arrivaient en direction de Philippe Caupenne, 65 ans, ancien agent du service communication de La Poste et dessinateur BD depuis 30 ans. Il vient de terminer sa dixième BD, « La chevauchée du Prince Noir » où le héros Sire Tristan aide le roi de France à récupérer le duché d’Aquitaine contre le roi d’Angleterre sur un ton historique accessible aux enfants mais aussi très humoristique.
Un peu plus loin, Bast et Matyo, deux trentenaires bordelais, dédicaçaient « Les Historiettes », BD où ils invitent le lecteur à visiter Bordeaux « à leur manière », avec humour, style « l’équation mathématique entre un rail de tramway et un pneu de vélo ».
Essai transformé. Au gymnase Jean-Raymond-Guyon, Philippe Bigotto, dessinateur, originaire de Sarlat, présentait « Carnet d’Ovalie », carnet de voyage publié avec Thierry Félix, historien. Cet ouvrage original concerne les peuples qui se sont approprié le rugby, non seulement sur le plan sportif mais aussi sur le plan culturel (maoris, argentins, irlandais, africains du sud). Ce livre est constitué d’aquarelles, de tableaux, de notes et de croquis ce qui lui confère son originalité.
Le dessinateur chinois, Jian Yi, pour « Dieu singe », a été très sollicité durant ces deux jours de salon afin de dédicacer « Les Aventures d’un sémillant roi des singes qui devint immortel ». Les dessinateurs belges AncestralZ et Mojojojo, « pères » des 8 tomes de Dofus, ont eu énormément de succès auprès des préados et adeptes du jeu Dofus sur internet, pour ce jeu mélange de japanimation, comics et BD européenne.
Article de Martine Guillot
Rendez-vous pour les huitièmes Bulles en Hauts-de-Garonne à Lormont, le dernier week-end de mars 2009.
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Quelques semaines à peine après « Bordeaux, les Historiettes » (Sangam), Bast et Matyo reviennent sur le devant de la scène en prenant pied dans la maison Soleil. Ces deux échappés du Cycliste, éditeur chez qui ils avaient signé « Le gardien de la tour » et « Le gardien du zoo », ont pris l’habitude de travailler sur une idée de base, à la fois intellectuelle et graphique, et de broder à l’envi sur le thème. Le principe de « En plein dans le mythe » ? Chaque grand personnage de l’Histoire a vu un jour son destin basculer sur une scène bien précise. Les deux facétieux Bordelais ont imaginé qu’ils ne s’y étaient sans doute pas pris comme il faut du premier coup… et s’attachent à détailler les essais foirés. « Un peu comme si nous étions en face d’un film dont nous aurions retrouvé les rushes », expliquaient-ils récemment. Leurs premières victimes : Jésus faisant se lever le paralytique, Moïse tentant de séparer les eaux de la Mer Rouge, Roméo en bas du balcon de Juliette, Arthur tentant de tirer Excalibur du rocher. La structure est constante : une page d’introduction à la structure classique et pas moins de sept pages mosaïquées – onze pour Jésus – reprenant la scène clef sous divers angles, jouant sur le comique de répétition. Peut-être même trop. Tout l’humour des deux bonhommes s’y retrouve, mais cette l’accumulation – de 56 à 88 variations sur le même thème ! - demande un effort de lecture qui peut lasser. Paradoxalement, elle permet de reprendre régulièrement l’album en main pour y trouver de nouvelles choses. Un essai intéressant, à transformer comme de juste, avec cet espoir de ne pas voir l’idée de base devenir un simple tic de narration.
40 pages. 9,45 euros.
Chronique de Philippe Belhache
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Nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter sur ce blog les “Historiettes” de Bordeaux racontées et dessinées par Bast et Matyo. Le passage des deux auteurs à la rédaction de Sud Ouest a également été l’occasion de réaliser une interview vidéo que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui!
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Avant de se rendre à la librairie Mollat où ils dédicaçaient samedi 08 décembre, Bast et Matyo ont fait un détour par la rédaction du journal Sud Ouest à Bordeaux. Le temps de donner une interview et de réaliser cette petite dédicace que nous vous invitons à découvrir en vidéo!
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BORDEAUX. Tous deux graphistes et surtout Bordelais, Bast et Matyo livrent avec leurs « Historiettes » un album décalé sur les dessous de la Belle Endormie
Ils n’en sont pas à finir les phrases de l’autre, mais tout juste. Bast et Matyo – ils se retranchent derrière leurs noms de plume – c’est de la déconne à quatre mains et deux voix. Une partition que ces deux auteurs de bande dessinée maîtrisent naturellement, se comprenant à demi-mot, s’interpellant, se relançant la balle sans se départir d’un apparent sérieux. Sur le papier, leur collaboration s’est déjà traduite par deux albums parus aux éditions du Cycliste, mettant leur sens de l’humour à froid et du… non-sens. Ils récidivent en prenant pour cible leur ville fétiche, Bordeaux. Le résultat ? « Les historiettes », ouvrage récemment paru aux éditions Sangam.
Inutile de sortir les encyclopédies. « Les historiettes » en omettent complètement les références, les auteurs préférant donner libre cours à une imagination qu’on ne peut que qualifier de fertile. « Cela fait des années que je note mes observations, des petites choses amusantes, des détails visuels sur la ville, sourit Matyo. Je ne pensais pas en faire un album l’origine. Puis nous avons eu l’idée de les mettre en forme avec des explications… décalées. Nous ne voulions pas faire quelque chose de pontifiant. Il y a des ouvrages sérieux et très bien fait pour ça… » Le scénariste des historiettes revendique dès lors légendes approximatives, observations contestables et sources historiques « personnelles ». Le résultat est surprenant, tant par la somme des connaissances accumulée sur la ville que par la capacité de l’auteur à en faire abstraction, et toujours drôle.
Pour les Bordelais. Graphiquement, l’album prend plusieurs directions selon les besoins, Bast prenant plaisir à brouiller les pistes. Ce diplômé des Beaux-arts passé à la bande dessinée, enseignant à École supérieure des métiers de l’image (ESMI) de Bordeaux, aime à se glisser dans le franc délire de son complice. « Il a un humour que je n’ai pas et que j’apprécie. Je recherchais ça. J’ouvre suffisamment mon dessin pour qu’il puisse y trouver ce dont il a besoin. » Matyo renchérit : « Il ajoute des petites choses graphiques auxquelles je n’ai pas pensé. Et nous pouvons repartir là dessus. » Il est au moins une chose avec laquelle ils ne transigent pas. Les pigeons à lunettes restent la spécialité de Matyo. « Je ne sais pas combien j’ai dû en photographier pour obtenir le bon », rigole-t-il. Reste une question angoissante. Ont-ils voulu faire rire les Bordelais ou faire rire des Bordelais ? « L’album s’adresse avant tout aux Bordelais, assure Matyo. Maintenant, nous avons des retours positifs de gens vivant à l’extérieur. » Leur prochaine cible ? « Il nous reste bien quelques idées pour Bordeaux, cela pourrait faire un tome 2. Maintenant, nous avons envie de faire quelque chose sur Acapulco. Nous en avons parlé à l’éditeur. Il a blêmi, mais nous sommes sûrs qu’il sera d’accord (rires). Sinon, nous pouvons nous contenter du Bassin d’Arcachon. »
Et le Christ ? En attendant, les deux trublions préparent la sortie – aux éditions Soleil – de leur toute nouvelle série : « En plein dans le mythe ». Le concept ? « L’idée est de Matyo, comment Bast. Nous sommes partis du principe qu’avant les grandes réalisations qui les avaient rendus célèbres, les grands hommes avaient tous fait des essais… foirés. C’est comme si nous avions retrouvé les rushes. » Le premier tome, « Les débuts de Jésus » doit paraître en janvier, pour le Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême.
Editions Sangam. 19 euros.
Article de Philippe Belhache
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