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« Garrigue », tome 2, de Berlion et Corbeyran. Dargaud.

Parus à quelques mois d’intervalle à peine, les deux tomes de « Garrigue » prennent toute leur saveur à être lus d’un seul jet. Corbeyran a en effet parsemé le premier opus de nombreuses questions et intrigues sans réponses comme ce meurtre sans mobile apparent qui ouvre ce diptyque. Avec ce tome 2, qui achève l’histoire, les pièces d’un puzzle savant s’emboîtent peu à peu les unes dans les autres pour former un canevas peu reluisant, malgré le soleil plombant du Midi de la France.

On revient sur cette association de quatre copains, petits escrocs à temps perdu, autant par jeu - plumer un pigeon les fait doucement rigoler - que par intérêt financier. Mais leur dernier coup est dévoilé dans toute sa splendeur, dix ans plus tard par l’un des protagonistes du quatuor, un ancien gendarme un peu ripoux sur les bords, mais tourmenté par la découverte de papiers d’identité cachés. Saisi d’un pressentiment, puis de remords, il mène alors une enquête rétroactive sur l’ultime fait d’arme de ses anciens camarades, pour découvrir une réalité sordide. Le désir de rédemption fait surface, tout comme la révélation d’être passé à côté de la femme qui n’attendait que lui.
L’intrigue est soignée, magnifiquement illustrée par le trait réaliste de Berlion (également coloriste), qui parvient à nous faire entendre le chant de tristes cigales.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

24 septembre 2008 - Aucun commentaire
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« Garrigue », tome 1 par Eric Corbeyran et Olivier Berlion (Dargaud)

garrigue-1.jpgPour un nouvel épisode de Tony Corso, il faudra patienter une année de plus. Car Olivier Berlion a décidé cette année de travailler à nouveau avec son ami et complice de longue date, Eric Corbeyran (« Le cadet des Soupetard », « Sales mioches »…). Le résultat de ce nouveau travail en duo, c’est le premier tome d’un diptyque intitulé « Garrigue », un polar provençal sur fond de mystère et de règlement de comptes. Après « Lie-de-Vin » et le très réussi « Rosangella », les deux compères s’intéressent à nouveau à « un personnage de la vie ordinaire, de province, un antihéros en quelque sorte ». Il s’agit de Martial, gendarme à la retraite dans le sud de la France. La BD commence par un meurtre. Puis se poursuit par un enterrement. Rien de bien folichon, dans un décor en plus de Provence comme on ne l’aime guère (aride et hostile), mais notre curiosité, en même temps que celle de Martial va monter crescendo dans ce récit haletant et quelque peu stressant.

A la fin du T1, on se doute bien que le gendarme en question, fâché que ses amis l’aient trahi, va envoyer du lourd dans le tome suivant, prévu d’ici trois mois. Histoire de ne pas laisser retomber le soufflé et surtout l’envie des lecteurs de connaître la suite. Que l’on lira, pour notre part, cet été avec grand plaisir, allongé sur un matelas au bord de la plage du Lavandou et non pas dans un coin de garrigue sombre et inquiétante… Chacun son petit coin de Provence !

T1, 48 pages, 13 euros

Chronique de Christophe Berliocchi - http://berlio.skyrock.com

13 juin 2008 - Aucun commentaire
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« Rosangella », par Olivier Berlion et Eric Corbeyran, Dargaud (Long courrier)

Sept ans après le succès -aussi bien public que critique- de « Lie-de-vin », Olivier Berlion et Eric Corbeyran ont repris du service « pour le plaisir », et le nôtre, dans la collection « Long courrier » de Dargaud. Les deux amis -qui se sont rencontrés à Angoulême en 1992 et ont débuté ensemble avec « Le cadet des Soupetard »- signent avec le one-shot « Rosangella » un très joli portrait de femme battue, superbement dessiné, en couleurs directes, par Berlion qui joue ici la carte de l’impressionnisme. Les couleurs sont le point fort de cet album dense (90 pages) et poignant. « Je voulais que la couleur soit partie prenante du dessin, qu’elle sculpte elle-même ses propres contours. J’ai travaillé le dessin de l’intérieur », précise Berlion, qui « peint » de manière différente scènes actuelles, avec des contours bien encrés de noir, et flash-back, aux images plus floues. Le scénario de Corbeyran est à la hauteur, on sent ici que l’alchimie entre les deux compères est totale, le projet, fignolé, ayant été étalé sur plusieurs années. Ce portrait de femme était au départ une idée, une commande de Berlion ; Corbeyran lui a pondu un scénario très détaillé, digne du cinéma car il n’est jamais simple en BD, sur de tels sujets dramatiques, de ne pas sombrer dans la caricature ou le pathos. Rien de tout cela ici, « Rosangella » est un album marquant de la collection « Long courrier » à lire absolument avant de retrouver Olivier Berlion dans un nouveau tome de sa série fétiche, « Tony Corso » (Dargaud), un privé à Saint-Tropez, où là, il se lâche vraiment. Il est libre, Berlion !

Chronique de Christophe Berliocchi

6 février 2007 - Aucun commentaire
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