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Corto sur son socle

ANGOULEME (16). La statue de Corto Maltese, héros emblématique d’Hugo Pratt, a été installée sur la passerelle reliant la CIBDI aux chais Magelis. Un symbole fort pour la BD.

corto_statue.jpg«J’aimerais que Corto continue d’exister quand je serai mort. » C’est ce qu’avait déclaré en 1990 le dessinateur de BD Hugo Pratt au sujet de son héros emblématique, Corto Maltese. Il semblerait bien que Magelis ait entendu cet appel. Hier, vers 10 heures, une statue du marin maltais a été hissée sur la toute fraîche passerelle reliant la CIBDI (Cité internationale de la bande dessinée) aux écoles de l’image et aux chais.

C’est Pascal Richez, président de l’Association des amis du musée de la bande dessinée, qui a financé la réalisation de la statue avant de la rétrocéder à Magelis.

« Hugo Pratt enthousiasmé ».

Fondu à Clermont-Ferrand en 2003, l’objet est l’œuvre des sculpteurs Livio et son fils Luc Benedetti, amis proches d’Hugo Pratt. « Livio Benedetti avait présenté à Pratt un avant-projet de statue de 20 cm de haut juste avant la mort du créateur, et ça l’avait enthousiasmé », explique Pascal Richez.

Mais le projet était resté dans les cartons jusqu’à l’intervention du mécène. À partir de cette petite figurine, Luc Benedetti a réalisé une large statue de 2,80 m de haut et de 300 kg représentant le marin debout, les mains dans le dos. Avant d’être rétrocédée à Magelis et de rejoindre la passerelle, la statue de Corto Maltese a sillonné le territoire. Avec notamment six mois passés sur les Champs-Élysées à l’occasion de la sortie d’une montre à l’effigie du héros de BD. Depuis, la statue a retrouvé Angoulême, sa destination d’origine, et a été exposée un temps à La Villa Corto Maltese , à L’Houmeau, avant de venir définitivement s’installer au-dessus de la Charente.

Pour éviter tous problèmes juridiques, un contrat de cession de droits d’auteurs a été signé entre Patricia Zanotti, dernière compagne et légataire universelle d’Hugo Pratt, Livio et Luc Benedetti, et le syndicat mixte de Magelis.

« Le projet de Pascal Richez nous a tout de suite emballés, raconte Anne Bourgeois, directrice de communication de Magelis, car Corto est un symbole fort de la BD, et la statue concrétise le lien entre dessin papier et animation 3D. » Le film d’animation « Corto Maltese, la cour secrète des alcanes » sera d’ailleurs projeté vendredi 4 juillet au cours de l’inauguration de la passerelle. Les films de l’Emca (École des métiers du cinéma d’animation), ainsi que des films produits à Angoulême, seront aussi projetés pendant la soirée d’inauguration.

Une plaque sera apposée le même jour aux pieds de Corto Maltese. Une manière d’éclaircir les badauds sur l’identité de ce grand marin élancé au regard porté vers la mer.

Que ceux qui ont la maladie des voyages, comme le héros de Pratt, ne soient pas surpris lors de leurs séjours en Europe : il existe en tout quatre exemplaires de cette œuvre. Les trois autres statues seront installées dans la propriété d’Hugo Pratt, dans la ville natale de l’auteur, à Rimini, en Italie, et en Espagne, à Saragosse, dans un complexe hôtelier à thématique BD.

Article de Marie Regnier

2 juillet 2008 - Aucun commentaire
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La CIBDI, nouvel ovni culturel à Angoulême

cibdi.jpgIMAGE ET BD. Mardi 25 septembre, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image a officiellement vu le jour à Angoulême (16).

Le CNBDI et la Maison des auteurs ont vécu. Ils fusionnent (Les deux structures conservent néanmoins leurs actions et leurs locaux avec une extension aux chais Magelis pour le musée) et donnent naissance à la CIBDI : la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image. Un nom clinquant pour une structure qui aboutit enfin après cinq ans de construction et une difficile élaboration des statuts.

Hier (25 septembre), le préfet de la Charente a officiellement installé le conseil d’administration du nouvel organisme. La CIBDI prend le statut d’établissement public de coopération culturelle (EPCC). Elle sera lancée le 1er janvier 2008. Depuis hier, elle a son président : Michel Boutant.

« Un résultat logique, confie François Burdeyron, le préfet. Le Conseil général finance majoritairement le nouveau pôle et je pense que c’est une solution sage pour la mise en place d’une nouvelle institution. »

Ce qui ne change pas c’est d’abord le nom, déjà évoqué par le CNBDI courant mars. La CIBDI regroupe le CNBDI et la Maison des auteurs. Le Festival de la BD garde son indépendance avec des interrogations quant aux subventions (lire ci-dessus). La structure est donc gérée par un conseil d’administration composé de treize membres répartis au sein des collectivités. Chacune versera une contribution financière : 39 % pour le Département, 26,5 % par l’État, 24,5 % par la Ville et 10 % par la Région. Ce conseil n’affiche pas encore complet. « Il manque deux représentants du personnel et deux personnes qualifiées », explique le préfet. La Comaga désigne Benoît Peeters, auteur, scénariste et romancier tandis que le Conseil général choisit Gérard Balinziala. Manque un vice-président dont la candidature est reportée. Malgré un organigramme clairsemé, la structure deviendra officielle au 1er janvier et verra son siège trôner au CNBDI. « Mettre à une même table les partenaires de la BD, faire venir le financement au même endroit et définir des statuts précis va permettre de valoriser les actions sur la bande dessinée », conclut François Burdeyron.

Un directeur ? Même discours du côté du nouveau président : « Nous avons la volonté d’amplifier, dans tout le département, l’image de la ville de la BD et de l’image animée. L’installer dans l’esprit des Charentais. » Qui dit ample structure, dit plus gros appétit : « Il faut également viser au-delà de nos frontières, rendre plus lisibles et visibles nos actions au niveau international. »

Angoulême, ville culturelle, deviendra grande. En attendant, le conseil d’administration a de quoi se mettre sous la dent. « Il nous faut en effet assurer tous les transferts du CNBDI et de la Maison des auteurs, énumère Michel Boutant. Mener à bien les chantiers du musée de la bande dessinée aux chais Magelis, discuter des conventions à passer avec le FIBD mais également étudier un rapprochement entre les Studios Paradis et l’EPCC. »

Un sujet brûlant puisque, selon les statuts précis de cet EPCC, le cinéma ne rentre pas en ligne de compte dans la structure. Une solution : trouver une convention ou un lien qui permettrait ce rapprochement sans parler d’intégration. La préfecture ne serait pas contre. La Direction des musées de France devrait se prononcer d’ici la fin de l’année.

Une réunion le 31 octobre finalisera le conseil d’administration qui sera appuyé par un conseil d’orientation constitué de professionnels de la BD.

Mais qu’en est-il du directeur de la CIBDI ? Michel Boutant réserve sa réponse. « Ce qui est sûr c’est que je vais quitter la présidence de Magelis pour ne pas cumuler. Quant au directeur, je ne me prononce pas pour l’instant ». Deux noms dans la balance. Gilles Ciment, président de la Maison des auteurs et Puria Amir Shahi, responsable de la circonscription médico-sociale de Confolens. Le conseil d’administration a placé Gilles Ciment, une solide référence dans le monde de la BD, en première position. Au nouveau président de trancher. « Je peux juste dire que je me déciderai très rapidement. »

Article de Emmanuelle Chiron

28 septembre 2007 - Aucun commentaire
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