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« Malone, faux pas », tome 2 « la Raison du monde », de Rio et Rovero. Casterman.

malone2.jpgCe deuxième et dernier tome du commissaire Malone est inspiré du personnage créé par le romancier Michel Rio, épaulé au dessin par l’Italien Pierpaolo Rovero.
Mieux vaut avoir lu le premier volume pour suivre ce dédale de rebondissements, où les cadavres tombent comme des mouches. Le milliardaire Alberti y passe très vite ad patres, accompagné de tout son personnel, et d’autres cercueils suivront.

Inutile d’essayer de résumer cette histoire complexe dont le mystère fait tout le charme, et même un as de la police comme Malone aura du fil à retordre dans ce récit imprégné de désespoir sous-jacent. A comparer avec le roman éponyme paru au Seuil.

48 pages, 9,80 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

14 février 2008 - Aucun commentaire
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« L’œil était dans la tombe », de Christian De Metter. Casterman.

oeil_tombe.jpgOn connaît notamment Christian De Metter en tant qu’ auteur du « Sang des Valentine », co-écrit avec Catel et Prix du public au 32ème Festival d’Angoulême. Cette fois l’auteur y va seul avec un récit dont le héros est un riche chef d’entreprise, fils d’un coureur automobile réputé et suicidé, lui-même compétiteur de second rang qui s’essaye aux 24 heures du Mans.

Mais voilà qu’une histoire de chantage va sérieusement dégénérer en boucherie sans prévenir. Une folie qui ira crescendo et dont on ne connaîtra les véritables raisons que dans les ultimes pages du livre.

Un polar bien épaulé par le dessin très particulier de Christian De Metter, aux contours estompés mais réalistes. Ceux qui craignent la cruauté peuvent passer leur chemin… Les autres profiteront de ce très bon one-shot.

72 pages, 14,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

13 février 2008 - Aucun commentaire
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« Guerre et Poste , 1870-1945 », illustré par Tardi. Casterman (en collaboration avec le Musée de la Poste).

affiche-guerre-et-poste.jpgCet ouvrage a été initié par une exposition organisée par le Musée de la Poste cette année, sur le thème du quotidien des Français en temps de guerre et évidemment des difficultés d’acheminer le courrier. Une exposition illustrée par des dessins originaux de Tardi reproduits dans cet album. Ces illustrations sont dans la veine du « Cri du Peuple » et Tardi a été sollicité pour ses connaissances historiques.

Le livre est donc découpé au fil des trois guerres meurtrières. Celle de 1870 voit Paris assiégé envoyer des lettres en province par pigeons voyageurs, par simples ballons d’enfants ou par ballons « montés » comme celui qu’utilisa Gambetta pour quitter la capitale. Un moyen plus économique que celui des passeurs, trop souvent arrêtés par les Allemands. Même si elles furent inefficaces, on peut noter l’originalité des boules de Moulins, cylindres hermétiques jetés à la Seine et flottant entre deux eaux. Tardi dessine les longues files d’attente dans cette période de disette, où, les restaurants chics cuisinent les animaux des zoos tandis que les pauvres se contentent de chiens ou de rats.

Tardi s’en donne également à « cœur joie » avec l’horrible guerre de 14-18. S’il est plus facile de faire parvenir des lettres aux poilus la censure veille et retarde l’acheminement du courrier. Par contre la France se régale de cartes postales de propagande ridiculisant les « Boches ». Les objets abondent également dans cet album, tel ce vase réalisé dans une douille d’obus ou encore un jeu de quilles représentant des soldats.

Enfin la Seconde guerre mondiale verra s’amplifier les sabotages en coupant les câbles téléphoniques tandis que les FFI fabriquent des timbres « faux Pétain ». Tardi n’oubliera pas le sort des déportés en dessinant le départ d’un convoi dans une noirceur épouvantable.
On prend ici une bonne leçon d’histoire avec un livre très varié et bien sûr le trait de Tardi.

104 pages, 16,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

8 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« Carnaval », de Lorenzo Mattoti. Casterman.

carnaval.jpgIl fallait bien que cela arrive. Comment l’Italien expatrié à Paris pouvait-il continuer à dessiner sans peindre les couleurs et les fastes du carnaval de Rio? D’ailleurs l’album est sous-titré « couleurs et mouvements », ce dernier substantif s’avérant parfaitement significatif quand on connaît le style Mattoti, flamboyant et souple.

Cela dit cet ouvrage n’est pas qu’un simple rassemblement de phosphorescences, mais un véritable documentaire sur cet accès de fièvre qui emballe les Brésiliens. Les esquisses, mises en couleur, et leurs aboutissements arc-en-ciel rendent toute la magie de la nuit de Rio, notamment avec des parures à couper le souffle. Mais chaque chapitre est consacré à un thème savamment étudié, expliqué par des scénographes, danseurs ou musiciens. On est là dans le ventre de cette bacchanale unique en son genre avec en bonus une préface retraçant l’histoire du carnaval par Marilia Trindade Barboza, une femme spécialiste de la musique populaire brésilienne, et en postface un lexique très pédagogique.

On rêve d’une exposition de ces planches et de ces tableaux, particulièrement bien servis par un grand format carré. Ce n’est pas de la BD, mais de l’illustration de nuits fauves. Il est encore temps de prendre son billet d’avion.

120 pages, 24,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

24 décembre 2007 - Aucun commentaire
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« La Trilogie noire », tome 3 « Sueurs aux tripes », de Daoudi et Bonifay. Casterman.

sueursauxtripes.jpgDernier opus de la série, ce tome trois achève l’adaptation de ces polars très noirs et désespérés imaginés par Léo Malet. Bonifay, dont on attend avec grande impatience le troisième volet de Zoo (c’est la saison des triptyques…) a redécoupé ce récit ancré dans le Paris des années trente. Paulot est une petite frappe qui vivote grâce à de minables escroqueries lorsqu’il réussit à conquérir le cœur - et le corps - de Jeanne, une jeune beauté. Mais il découvrira rapidement qu’il n’est pas le premier Paulot à séjourner dans son lit et collaborera même avec son prédécesseur, d’une toute autre stature. Mais l’ascension ne cache-t-elle pas une chute sordide dont Léo Malet avait le secret?

Chaque album de la Trilogie peut se lire indépendamment les uns des autres, ce qui permet de tester avant d’acheter le lot.

56 pages, 9,80 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

30 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« La Marque du Chat », tome 14, de Philippe Geluck. Casterman.

geluck_14_la_marque_du_chat.jpgLe Belge loufoque et surréaliste revient en scène avec un nouvel exemplaire de son fameux Chat au manteau vert accompagné de son lot de vieilles gravures détournées. On retrouve de fameux aphorismes (« le borgne qui ne dort que d’un œil passe généralement une bonne nuit ») et des jeux de mots à foison (« un jour ma femme s’est emparée de ma flûte, alors, moi, je me suis mis à jouer avec son corps »). Mais Geluck épingle aussi les talibans, ses propres concitoyens et ressort des proverbes pleins de non sens: « celui qui se réveille avec la tête dans le cul risque de ne pas voir que le jour s’est levé ». Ce serait aussi dommage de ne pas ajouter ce quatorzième Chat dans sa bibliothèque.

48 pages, 9,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

22 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« Magasin général », tome 3 « les Hommes », de Loisel et Tripp. Casterman.

magasin_general_3.jpgÔ joie! La série prévue initialement en trois tomes se fera finalement en six volumes puisque les auteurs ont besoin d’air pour faire vivre des personnages qui s’étoffent. Une bonne nouvelle car le dessin combiné de Tripp et Loisel fonctionne toujours aussi bien. Loisel tire le premier avec ses crayonnés, Tripp peaufine l’ambiance et précise le trait avant que François Lapierre n’appose ses couleurs.

Suite donc de cette saga dans le Canada français située dans un petit hameau, aux alentours du début du XIX ème siècle. On retrouve Marie, qui tient son magasin-épicerie désormais restaurant avec l’arrivée de Serge, « Français de France ». Mais en ce début de mois de mars, les « hommes » reviennent au village après avoir passé l’hiver dans la forêt à couper du bois. Ils découvrent subitement le nouveau restaurant et découvrent que leurs femmes ne tarissent pas d’éloges envers ce Monsieur Serge si élégant, surtout à côté de leurs rustauds de maris. Résultat, la jalousie va poindre envers le cuisinier et va prendre des proportions dramatiques. Un tome trois qui se clôture par une annonce étonnante faite à Marie…

La truculence du langage québécois, néanmoins adapté par Jimmy Beaulieu pour une meilleure compréhension, renforce cette atmosphère et on retrouve avec plaisir des personnages qui effectivement prennent de l’épaisseur.

80 pages, 13,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

19 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« Adèle Blanc-Sec », T9 « le Labyrinthe infernal » (première partie), de Tardi. Casterman.

adeleblanc.jpgCela dure depuis plus de 30 ans (rappelons qu’Adèle avait fait ses premiers pas en 1976 dans « Sud Ouest Dimanche ») et la belle Adèle n’a pas pris une ride dans cette première partie du « Labyrinthe » dont on va enfin pouvoir ranger l’album dans sa bibliothèque. Les amateurs peuvent également l’acquérir sous forme de feuilleton en format A3 (1,95 euro le numéro, trois numéros pour chaque tome).

Dans ce tome 9, on va retrouver un panel de personnages récurrents, ce qui implique de nombreuses notes en bas de page qui renvient à des albums précédents. On peut imaginer qu’un jour Tardi nous livrera une sorte d’arbre généalogique de ces différentes figures car vu l’écart entre chaque parution il n’est pas aisé de s’y retrouver.

Sous des couverts plutôt réalistes et le fameux décor parisien cette suite reste profondément dans la lignée fantastique de la série. Une main coupée, un minotaure, un complot d’assassins déjantés qui veulent éliminer l’héroïne (qui descend ses blancs secs sans respirer) et une bonne dose d’humour confirment que cette suite a bien sa place dans l’imaginaire de Tardi.

48 pages, 10,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« Caroline Baldwin », tome 13, « la Nuit du grand marcheur », d’André Taymans. Casterman.

baldwin13.jpgAndré Taymans a vaincu le signe indien en atteignant le fatidique tome 13 et la série devient plus que conséquente. Personnage atypique, Caroline Baldwin (séropositive) n’a rien d’une Wonder Women ou d’une karatéka à la Yoko Tsuno mais elle ne peut s’empêcher de fourrer ses tâches de rousseur et ses jolis yeux verts un peu partout.

Le jour où elle reçoit par la poste un livre destiné à feu son grand-père son sang ne fait qu’un tour: départ immédiat vers Ivulvik, un petit village perdu dans le grand nord canadien. Sur place, petite visite guidée et leçon sur le réchauffement de la planète qui fragilise le sol, érode inexorablement la côte, fait monter les eaux et engloutit peu à peu les bicoques. L’État décide donc de le démonter littéralement pour le reconstruire plus loin, ce qui suscite l’hostilité de ses habitants, comme s’ils avaient quelque chose à cacher…

L’héroïne reste attachante mais l’histoire manque un brin de densité malgré son originalité. Le dessin réaliste est efficace et méprise le spectaculaire, restant au service du récit. Un tome 13 donc très lisible pour un agréable moment de détente.

48 pages, 9,80 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

17 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« Merci Hannukah Harry » de Wolinski et Barkats. Jungle/Casterman.

hannukahharry.jpg« Merci Hannukah Harry » (appelons le HH) se définit lui-même comme « le premier polar polaire », ce qui est un peu prétentieux (et « Neige » alors?). On préfèrera le terme « manifeste environnemental » ou « écolo » puisque les dérèglements du climat sont au centre du récit. Nicolas Hulot y va également de sa préface qui, pour résumer, veut que l’on scie la branche sur laquelle on est assis, une évidence que nul ne peut contester.

L’histoire est conduite autour de ce fameux HH, sorte de Pierrot lunaire et gardien de la bonne santé de la planète bleue. Certains doutent de son existence, sauf son copain Julenisse, un elfe norvégien, et l’ethnologue Armelle Rose. Mais HH est gaffeur et lorsqu’il offre le feu à nos ancêtres préhistoriques, il ne se doute pas des futures conséquences climatiques ni qu’il créé au passage la première femme au foyer.

HH voudrait réparer ses erreurs mais son usine à climat rend peu à peu l’âme, ce dont certains se frottent les mains, des puissants en profitant pour prospérer davantage encore. « La Terre est une allumette, elle brûle. Le Monde a le feu au cul » prévient-on alors que se croisent un aréopage de personnages: Gandhi, Coluche, Al Gore, Bush, Chaplin, Marx, Moïse, Album de Manac, mécène depuis sa principauté de Cacao… Et HH devra choisir entre sauver l’homme ou la planète.

Wolinski sait faire rire avec son trait habituel, associé avec un avocat international, Pierre Philippe Barkats, lequel se fend à la fin de l’ouvrage d’un « précis harrycologie » dans lequel il démontre chiffres à l’appui que la réalité dépasse aujourd’hui la fiction.

De l’humour donc, mais aussi un pamphlet politique car « il y a ceux qui parlent écologie et ceux qui forent ». A l’heure du réchauffement du globe, ça fait froid dans le dos…

64 pages, 11,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

16 novembre 2007 - 1 commentaire
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