« Magasin général », tome 3 « les Hommes », de Loisel et Tripp. Casterman.
Ô joie! La série prévue initialement en trois tomes se fera finalement en six volumes puisque les auteurs ont besoin d’air pour faire vivre des personnages qui s’étoffent. Une bonne nouvelle car le dessin combiné de Tripp et Loisel fonctionne toujours aussi bien. Loisel tire le premier avec ses crayonnés, Tripp peaufine l’ambiance et précise le trait avant que François Lapierre n’appose ses couleurs.Suite donc de cette saga dans le Canada français située dans un petit hameau, aux alentours du début du XIX ème siècle. On retrouve Marie, qui tient son magasin-épicerie désormais restaurant avec l’arrivée de Serge, « Français de France ». Mais en ce début de mois de mars, les « hommes » reviennent au village après avoir passé l’hiver dans la forêt à couper du bois. Ils découvrent subitement le nouveau restaurant et découvrent que leurs femmes ne tarissent pas d’éloges envers ce Monsieur Serge si élégant, surtout à côté de leurs rustauds de maris. Résultat, la jalousie va poindre envers le cuisinier et va prendre des proportions dramatiques. Un tome trois qui se clôture par une annonce étonnante faite à Marie…
La truculence du langage québécois, néanmoins adapté par Jimmy Beaulieu pour une meilleure compréhension, renforce cette atmosphère et on retrouve avec plaisir des personnages qui effectivement prennent de l’épaisseur.
80 pages, 13,95 euros.
Chronique de Jean-Marc Lernould


Cela dure depuis plus de 30 ans (rappelons qu’Adèle avait fait ses premiers pas en 1976 dans « Sud Ouest Dimanche ») et la belle Adèle n’a pas pris une ride dans cette première partie du « Labyrinthe » dont on va enfin pouvoir ranger l’album dans sa bibliothèque. Les amateurs peuvent également l’acquérir sous forme de feuilleton en format A3 (1,95 euro le numéro, trois numéros pour chaque tome).
« Merci Hannukah Harry » (appelons le HH) se définit lui-même comme « le premier polar polaire », ce qui est un peu prétentieux (et « Neige » alors?). On préfèrera le terme « manifeste environnemental » ou « écolo » puisque les dérèglements du climat sont au centre du récit. Nicolas Hulot y va également de sa préface qui, pour résumer, veut que l’on scie la branche sur laquelle on est assis, une évidence que nul ne peut contester.
Nous voici de retour dans la luxuriante île de la Pénitence située en Atlantique, probablement au large de l’Amérique Centrale, au milieu du XIX ème siècle. Deux peuples s’y opposent: les indiens autochtones, les Syyanas, et les conquistadors espagnols menés par le terrible capitaine Abatirso qui eu autrefois affaire à l’inquisition. Entre ces protagonistes, une maladie virulente et foudroyante dont ceux qui en sont atteints connaissent un sort effroyable d’un côté comme de l’autre.
Le retour du « Tueur » tient dans sa couverture : un caïman avec dans la gueule un chapelet et une croix. C’est que ce fameux tueur, doté d’un parfait sang-froid et en villégiature au Vénézuela va reprendre du service tant l’inactivité lui pèse. Et l’action se déroule en Amérique du Sud.
La co-signature de Christophe de Ponfilly n’intervient dans cet album qu’à titre posthume, l’auteur s’étant suicidé en mai 2006. Spécialiste de l’Afghanistan, ce journaliste audiovisuel a reçu le coup de grâce avec l’assassinat du commandant Massoud dont il était très proche, selon le blog de Pierre Assouline. L’Etoile du soldat aura d’abord été un reportage filmé, puis un livre avant d’être adapté en BD par René Follet.
La galerie Christian Desbois et Casterman proposent à ces deux auteurs qui se connaissent bien un grand format à l’italienne (30×24 cm) à lire à l’horizontale. En fait un ouvrage à double sens et à retourner pour lire soit « Panoramas » et ses scènes surréalistes, soit « Regards » qui traite essentiellement des nus.
Malgré son titre le dernier album du tandem Schuiten/Peeters n’a pas à souffrir du grain de sable, la machine des « Cités obscures » prolongeant son ombre sur l’horizon. Après « la Frontière invisible » on abandonne ici la couleur pour le noir et blanc auxquels il faut ajouter un beige clair susceptible de laisser apparaître des détails clefs.