
Ça y est, l’ersatz de Fantômas remet ça, dans un deuxième volume dont un logo entend faire la fin du diptyque tandis qu’une promo interne annonce « le Mystère du Lusitania » à paraître en novembre 2008. On sent donc venir la série au grand galop, où plutôt sur les drôles d’engins conçus par le génie du mal Tanatôs. Mais la reprise du concept vaut le coup pour les amateurs de Souvestre et Allain, sur un dessin très aguichant de Jean-Yves Delitte (le Paris de 1914 est très bien léché).
Rappelons que ce cruel personnage, habillé façon SM, déclenche à lui seul la première guerre mondiale en jouant sur la cupidité des marchands de canon français et allemands. Ses bases secrètes n’ont rien à envier aux repaires des méchants de James Bond, tandis que les détectives de l’agence Fiat Lux (sic) bénéficient également d’une technologie hors pair.
L’uchronie demeure (on trafique l’histoire pour en faire juste ce qu’il faut de SF), mais la présence d’une croix gammée en 1914 laisse songeur (Hitler n’était encore qu’un peintre raté).
La bonne vieille pègre survit cependant avec des sbires comme Tue-la-Peur ou Mort-en-Coin, et, malgré des emprunts multiples Tanatôs reste agréable à lire. D’autant que comme on le fait dire à Jean Jaurès à la veille du grand chaos, « l’or est un fonds de commerce ». Ça ne vous rappelle rien par les temps de guerre qui courent?
56 pages, 12,50 euros.
Chronique de Jean-Marc Lernould
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Pas de nouvelles de « Neige » en librairie plus depuis quatre ans… et dans le récit, depuis près de vingt ans ! Didier Convard relance cette série de science-fiction pour le moins atypique en focalisant son attention sur Baptiste, le fils de Neige et de Cueille-la-Mort, la reconstruction d’une Europe toujours isolée et le sempiternel conflit avec « l’extérieur ». Pour quel résultat ? Une demi-déception. Convard réalise là un épisode solide, histoire d’une vengeance menée froidement, entre anciens amis devenus ennemis mortels. Solide, mais finalement convenu, car il ne fait qu’effleurer la mythologie de Neige, sans relancer efficacement la machine. Le créateur du « Triangle secret » prend le temps de replacer ses pions sur l’échiquier mais pas d’en explorer la psychologie. Il semble s’ennuyer, chercher une échappatoire, une porte de sortie dans un récit qui a pourtant connu de si belles heures. Où est le souffle qui animait la série du temps des Douze, loge maçonnique menée par Northman, le père adoptif de Neige ? Où se niche la folie sous-tendant cette série peuplée de personnages hauts en couleurs, dans cette Europe ravagée par le mal d’Orion ? Et quel crédit accorder aux relations apparemment informelles entre personnages censés être de vieilles connaissances ? Bref, « Le mur » laisse sceptique. D’autant que Gine lui-même semble retenir son trait pourtant efficace, donnant à l’ensemble un aspect un peu éteint. A l’image de la couverture, au design épuré et à la titraille minimaliste, particulièrement fade au regard des splendides illustrations de l’ancienne maquette. Un épisode de transition, sans doute, en attendant le « Printemps d’Orion » annoncé.
48 pages. 12,50 euros.
Chronique de Philippe Belhache
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