« Le Territoire », tome 6 « Avènement », de Corbeyran et Espé. Delcourt.
C’en est donc fini. Fini de ce « Territoire », aux frontières de la vie et de la mort, aux frontières de la raison et de la folie. La série s’achève sur ce sixième volume, hantée par les peintures de Jean-Pierre Ugarte, cet artiste du sud-ouest qui a su semer le doute chez les autres créateurs que sont Corbeyran et Espé. On peut d’ailleurs admirer ses œuvres sur son site perso (http://perso.wanadoo.fr/ugarte), aussi puissantes qu’inquiétantes, tout comme les œuvres du Libournais Poumeyrol avec lequel il avait signé un ouvrage collectif.Mais cette fin n’est pas pour autant libératrice, car si l’Armaguedon se profile depuis les tomes 4 et 5, Corbeyran n’est pas du style à tirer un trait définitif sur des questions existentielles.
Dans ce sixième opus « l’équipe première » c’est réduite à la portion congrue. Exit Sarah, Kim, Kate et Sanders qui n’ont pas survécu au tome 5. Reste Nigel, à la recherche d’une mort-vivante, Kirstie, Helen la psychanalyste incrédule, Jo le chaman, et Wendy, l‘amie. Restent surtout les troublantes visions d’un autre monde chaotique vide de toute vie, lourd de cauchemars, qui s’imposera ou pas? A l’issue de cette série, les esprits cartésiens de cet univers ont du mal à reconnaître une autre réalité. La porte reste ouverte vers d’autres futurs, peu recommandables. Brrr…
48 pages, 12,90 euros.
Chronique de Jean-Marc Lernould


Pour un nouvel épisode de Tony Corso, il faudra patienter une année de plus. Car Olivier Berlion a décidé cette année de travailler à nouveau avec son ami et complice de longue date, Eric Corbeyran (« Le cadet des Soupetard », « Sales mioches »…). Le résultat de ce nouveau travail en duo, c’est le premier tome d’un diptyque intitulé « Garrigue », un polar provençal sur fond de mystère et de règlement de comptes. Après « Lie-de-Vin » et le très réussi « Rosangella », les deux compères s’intéressent à nouveau à « un personnage de la vie ordinaire, de province, un antihéros en quelque sorte ». Il s’agit de Martial, gendarme à la retraite dans le sud de la France. La BD commence par un meurtre. Puis se poursuit par un enterrement. Rien de bien folichon, dans un décor en plus de Provence comme on ne l’aime guère (aride et hostile), mais notre curiosité, en même temps que celle de Martial va monter crescendo dans ce récit haletant et quelque peu stressant.
Corbeyran continue d’amasser les albums, et ce n’est qu’un début puisque la série « Uchronies » comprendra au total 10 albums: 3 volumes pour New Byzance, autant pour New Harlem et New York, l’épilogue devant être dessiné par Chabbert. Pour ce premier tome de « New York », c’est Defali qui a pris le graphisme en main, prolongeant le réalisme de la saga. Cette fois le récit se déroule à notre époque, contrairement au futurisme des albums parallèles, et la fameuse uchronie ou histoire décalée, est absente.

etrouvé dérivant dans un tonneau dans le premier tome, Nelson Lobster, tout bébé, est protégé par un œil de sorcière enfermé dans un bocal. Ce qui ennuie bien la Grande Blême (la Mort en personne) qui sous un joli visage crève de haine pour venir à bout de ce Nelson. Bien obligée de sceller un pacte avec celui qui devient vite un brillant mousse adolescent, et qui vivra tant qu’il n’aura pas terminé la rédaction de ses mémoires… qu’il fait traîner.
L’insatiable Corbeyran remet le couvert avec une nouvelle série qui se déclinera en trois tomes, « Uchronie[s] » et qui vient de débuter avec « New Byzance » dessiné par Chabbert. Précision utile car chacune des trois histoires (composées de trois tomes, plus un dixième qui servira d‘épilogue) se verra confiée à un illustrateur différent: Defali prendra « New York » en main tandis que « New Harlem » sera dévolu à Tibery.
Décor baroque. Plans cinoche avec champ/contre champ, plongée/contre plongée. Scénario ciselé aux petits oignons par Corbeyran sur des lueurs de Paul Marcel en pleine bourre. Le tome deux du « Malvoulant » s’enfile finement dans les dédales du premier, avec secrets cachés et Bretagne côtière plus qu’entre les lignes de la marée.
Le trio d’auteurs bordelais s’attaque à une trilogie fantastique après que les deux premiers aient signé le célèbre « Chant des Stryges » tandis que le dessinateur s’est frotté à « la Loi des douze tables ».