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« Le désert blanc », Climax 1, par Eric Corbeyran, Achille Braquelaire, Luc Brahy. Dargaud.

climax.jpgUne nouvelle série de l’inépuisable Corbeyran ? Oui et non. Les observateurs les plus avisés auront reconnu le trio d’auteur de la série « Imago Mundi », dont « Climax » est effectivement un spin off, traité comme un titre à part entière. Planifié en quatre tomes, le récit met en scène Leïa Lewis en pleine mission polaire, employée par une station scientifique étudiant les conséquences du réchauffement climatique. Une mission acceptée pour sortir l’agence Imago Mundi d’une bérézina financière faisant directement suite aux événements relatés dans le diptyque « La colline blessée » / « Le deuxième cercle ». Corbeyran et son complice scientifique Achille Braquelaire entendent bien entendu faire passer un message, sur fond d’Année polaire internationale. « Climax », à l’instar de ses aînés, reste cependant un thriller, avec ce qu’il faut d’enjeux de pouvoir et d’argent. Et des enjeux personnels pour Leïa Lewis, intriguent dont les auteurs dissimulent à peine les fils…  Luc Brahy met tout cela en scène avec sa patte habituelle, graphisme solide mis en valeur par le très beau travail de la coloriste Bérengère Marquebreucq.

48 pages. 10,40 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

23 avril 2008 - Aucun commentaire
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« Aïda à la croisée des chemins », par Vanna Vinci. Dargaud.

aida.jpgRevoilà enfin Vanna Vinci. Trop peu connue dans l’Hexagone, l’Italienne a pourtant un solide parcours, graphiste synthétisant des influences aussi diverses que le shojo manga ou Hugo Pratt, Yellow Kid 1999 du meilleur dessinateur au festival de Lucca. L’auteur de Lillian Browne (Soleil) nous revient par la case Dargaud avec un roman graphique d’une tonalité toute autre, travail personnel sur le thème de l’identité et de l’histoire. Une jeune femme en quête d’elle-même revient à Trieste, cette ville qui fut celle de ses grands parents. Elle se découvre alors une capacité à percevoir les fantômes, l’ombre des gens qui ont encore quelque chose à dire… Et s’attache à reconstituer l’histoire de l’un d’entre eux, jeune homme sombre et torturé qui s’avère être son grand oncle. Vanna Vinci s’est imprégnée de Trieste, sa « ville mentale », pour élaborer ce récit ancré dans l’Histoire, dans l’imaginaire des deux Guerres mondiales. Et y faire cohabiter, presque naturellement, le surnaturel et le réel.  On retrouve dans « Aïda » le trait caractéristique de Vanna Vinci, magnifié par le noir et blanc, ainsi que certains de ses tics narratifs : regards perdus, ambiances languissantes, fonds musical référencé…  Les héroïnes de Vanna Vinci sont rêveuses et romantiques. Et pourquoi pas ? Surtout quand ce spleen est moteur d’un récit émouvant et souvent intrigant. Aïda » est un récit sur le secret, le poids de l’histoire, la difficulté à vivre sa propre vie. Un récit attachant, au ton singulier, qui évite les excès de pathos et de grandiloquence malgré les nombreux pièges potentiels, disposés par l’auteur elle-même.

192 pages. 9,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache

30 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Agence Hardy », tome 5 « Berlin, zone française », de Christin et Goetzinger. Dargaud.

agence_hardy5.jpgLa sexy détective privée Edith Hardy poursuit son petit bonhomme d’enquêtes, cette fois en 1958 sur fond de Guerre d’Algérie (on parlait encore à l’époque « d’événements »…). Une sourde opposition entre militaires, partisans de la ligne et de la droite dures, contre ceux qui prônent une certaine conciliation, sert de prétexte pour s’envoler à Berlin, ville dispatchée entre quatre zones d’occupation (la rumeur d’un mur séparant l’est de l’ouest se profile). Edith doit protéger le fils du général Vesterman, un Français adepte d’une résolution du conflit par des méthodes plus « propres » que celles de Massu, les deux se disputant le commandement de la zone nord algéroise. Elle se verra soutenue par son jeune collègue Victor, lequel côtoie Rosa, une apprentie journaliste à « Combat », quotidien de gauche.

Christin sait comme d’habitude cerner une époque et évoquer son contexte politique et historique, mais, comme sur l’ensemble de cette série, l’intrigue manque de rebondissements. Le duo d’auteurs n’arrive pas à retrouver la verve et la pertinence de « la Demoiselle de la légion d’honneur » ou même de « la Voyageuse de la petite ceinture ». Une sensation accentuée par le dessin trop sage et classique d’Annie Goetzinger. Une reconstitution minutieuse ne suffit pas à faire rayonner ce cinquième volume, bien que Victor invente au passage le principe de la ceinture de sécurité… Il aurait peut-être mieux valu se débrider!

48 pages, 10,40 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould.

21 mars 2008 - Aucun commentaire
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“100%” de Paul Pope, publié chez Dargaud.

100_paul_pope2.jpg

Majestueuse claque graphique de plus de 250 pages en noir et blanc, « 100% » de Paul Pope dessine en vingt-cinq chapitres les destins entrecroisés de six furieux américains en mal d’amour, perdus en 2038 quelque part dans les rues glaciales de New York - mais ce pourrait être tout aussi bien Tokyo, Londres ou Bombay. Ambiance cyberpunk pour ce qui pourrait être le meilleur film d’anticipation du moment – plus besoin de DVD, nos seules projections mentales suffisent à sortir retourné de ce pavé ciselé par Paul Pope à qui DC Comics a eu l’occasion il n’y a pas si longtemps d’offrir une relecture moderne de Batman.


En quatrième de couverture, il n’y a pourtant rien de décapant à raconter : une femme et son fils qui n’attendent plus un père boxeur parti se faire défigurer autour du globe; un serveur enterré à faire la plonge dans les bas fonds de son club pendant que des go-go danceuses mal barrées viennent dévoiler leurs entrailles sur grand écran, façon salle Imax. On appelle ça le « Gastro », ce qui nous attend quand notre société de voyeurs se sera lassée du porno hard. « des viols télévisés sur fond de champ de bataille et de la baise avec des cadavres ».

 

Asséner que le trait de Paul Pope est aussi noir que son oeuvre serait faire injure aux éclats qui semblent illuminer ses pages sans même que l’on s’en aperçoive. Il y a comme une foi inébranlable en l’humanité, pas forcément dans ce qu’elle a de meilleur, cette humanité qui nous envahit et nous dépasse à chaque instant malgré la laideur d’un monde qui nous ramène toujours à notre point de départ. « 100% » a mis cinq ans pour traverser l’Atlantique. Il en faudra davantage pour le faire sortir de notre esprit. A lire avec ses tripes bien au chaud.


Chronique de Frédéric Sallet

15 mars 2008 - Aucun commentaire
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Du rififi en Sarkozie

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« Je préfère l’excès de caricatures à l’absence de caricature. » Les mots sont signés de Nicolas Sarkozy lui-même, soutien écrit au mensuel satirique Charlie Hebdo lors du fameux procès dit des « caricatures de Mahomet ». A ce compte-là, le garçon doit être servi. Déjà cible de nombre de dessinateurs de presse, le Président de la République en prend plein le gilet à longueur d’albums plus ou moins réussis. Emparons-nous du haut du panier pour en retirer le recueil des chroniques de René Pétillon dans le Canard Enchaîné, édité par Editions Dargaud. « Sarkorama », qui compile les dessins parus entre juin 2007 et juillet 2008, fait suite au « J’y suis » paru au sortir des élections présidentielles. Pétillon y croque avec son humour habituel les petits et grands faits de celui qui est devenu par les urnes le premier « people » de France. Le talent de chroniqueur politique du créateur de « Jack Palmer » y explose à chaque page.

« Sarkorama », par René Pétillon (Dargaud). 96 pages. 8,50 euros.

dicosarko.jpgPlus mordant encore dans son traitement, voici venir le Dico Sarko, « indispensable manuel de survie en Sarkozie » (12 bis éditions), signé de l’un des chroniqueurs les plus vachards de Charlie Hebdo et du Canard réunis, l’incontournable Charb. Pas de bande dessinée pour cette fois. Le créateur de « Maurice et Patapon » (Hoëbeke) ne reprend le pinceau que pour illustrer quelques-unes une des définitions de ce qui reste un dictionnaire. Un dico orienté, comme de juste. Le principe ? N’importe quel mot peut être détourné dans une acceptation relevant de la dialectique politique. Nicolas Sarkozy « ne se contente pas de piquer des références et des membres du PS à la gauche, il les transforme, stérilise, mutile pour en faire des idées au service de sa politique », estime Charb. L’homme a été tenté de pousser l’idée jusqu’à l’absurde, pour souligner ce qu’il considère comme une dérive. Ce « Dico Sarko » militant, préfacé par le linguiste Alain Rey, est de fait un jubilatoire exercice de mauvaise foi politique, destiné à prévenir des glissements sémantiques parfois douteux d’une phraséologie cédant à l’idéologie. Utile et défoulant.

« Dico Sarko », de Charb (12bis). 80 pages. 10,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

14 mars 2008 - Aucun commentaire
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Un petit tour d’horizon BD, par Christophe Berliocchi

Plusieurs semaines loin du blog BD, en raison d’un surplus de travail au journal et à la… maison, et me voilà de retour : histoire de ne pas surcharger la mule, je vous propose ici un petit condensé de récentes lectures qui tournent exclusivement autour de la BD franco-belge. Désolé, je n’ai pas profité de cette « pause » pour m’intéresser à autre chose !


Fidèle à Hermann, son one-shot « Afrika » au Lombard est une pure réussite (lire chronique du 31/12/207), plus féroce et innovante que le dernier Jérémiah en tout cas (« Esra va très bien », T28, Dupuis). Pour rester dans le lourd, j’ai bien aimé « La version irlandaise » de Jean Giraud (T18, XIII), moins le dernier Niklos Koda (« Arcane », T16, Lombard), je n’arrive plus trop à suivre les pistes de Jean Dufaux. Petite déception également avec « Destination goulag » (Dargaud), Insiders est une série qui a démarré sur les chapeaux de roue mais patine un peu du côté de la Sibérie. Vous connaissez Al’Togo (Dargaud), de Morvan et Savoia ? Là aussi, c’est pas mal, le dessin est excellent, mais « SMS Republik » ne m’a pas fait sauter au plafond. De chez Bamboo, j’ai lu le second tome de Gemelos, car j’avais aimé le T1, la suite est cependant sans surprise. Belle surprise par contre avec Conrad, l’héritier de Franquin, et Wilbur qui réussissent un excellent cocktail asiatique avec le tome 5 de Tigresse blanche, une série à découvrir. Rien de bien transcendant donc en cette fin d’année 2007 et début 2008, en attendant la suite.

Ah si, j’ai rencontré Georges Lautner à Biarritz fin janvier, j’en ai profité pour lui faire dédicacer « Lautner s’affiche » (Lombard), ses meilleurs films illustrés par une vingtaine d’auteurs (Dany, Achdé, Boucq, Tibet…) avec des textes… engagés de Philippe Chanoinat. Visiblement, il aime Lautner (nous aussi) et pas ceux qui l’ont critiqué. « Ne nous fâchons pas », « Le professionnel » ou « Flic ou voyou » ne sont certes pas des films d’auteur, mais furent de vrais cartons à leur époque. Au ciné, comme dans la BD, il y a toujours cette antinomie entre œuvre d’auteur et succès commercial. Heureusement, les deux peuvent parfois faire bon ménage..

Christophe Berliocchi

« Planter des clous », Le combat ordinaire 4, par Manu Larcenet (Dargaud).

combat-ordinaire-4.jpgFaut-il défendre à tout prix le dernier volet du « Combat ordinaire » ? Manu Larcenet signe là le quatrième opus de sa série phare, succès de librairie, succès (généralement) critique, couronnée du très convoité prix du meilleur album d’Angoulême, début 2004. Le dernier opus, programmé pour le 7 mars, devrait suivre la même voie. Une structure qui reprend celle des tomes précédents, un graphisme qui suit l’évolution amorcée avec « Ce qui est précieux », une réflexion sur la paternité plutôt dans l’air du temps, nouvelle et dernière parenthèse dans la vie d’un Marco finalement apaisé… Pourquoi rester en marge du choeur des louanges ? Question de sensibilité, sans doute. De cette même sensibilité que revendique l’auteur et que, de fait, on n’est pas obligé de partager.

 

Manu Larcenet ouvre l’album par une belle ellipse, décrit finement un Marco décalé dans son rôle de géniteur ébloui, remet les pas de son personnage principal dans ceux de son propre père en le renvoyant vers un chantier naval en fin de vie… Mais chausse finalement de gros sabots en multipliant les pères de substitution – de Mesribes à Pablo en passant par l’éditeur de ses livres – en offrant une vision caricaturale de la presse locale – la conversation avec un rédacteur en chef forcément gros et cynique prête à sourire (réflexe corporatiste, désolé) – ou même en assénant sur près de dix pages d’une soirée « cuite-élections » un discours politique désabusé et finalement un rien pontifiant. 

 

L’homme confie volontiers que son récit a évolué librement, qu’il s’est construit en même temps qu’il évoluait lui-même, qu’il y projette bon nombre d’éléments personnels en même temps qu’il gère sa « crise de la quarantaine » et la perte avouée de ses repères politiques (in Bo-Doï 116). Manu Larcenet fait ses choix en tant qu’auteur. Le lecteur, de son côté, est en droit d’en regretter certains. Celui de surligner lourdement les choix de vie de Marco en y opposant coup sur coup ceux de Mesribes et ceux d’un collègue journaliste au profil psychologique trop vite esquissé. Celui, également, de laisser de côté le personnage du frère de Marco au profit de celui de la mère. Des choix d’auteurs, certes – « Dans la vie comme dans les histoires, on perd parfois les gens de vue » (ibid) – mais des choix qui laissent un arrière goût d’inachevé alors même que Manu Larcenet annonce fermer définitivement la page.

 

Manu Larcenet serait-il passé à côté de son sujet ? L’affirmer serait faire inutilement plaisir à ses détracteurs et faire un bien mauvais procès à cet auteur sensible, aussi prolifique que polyvalent. Il est cependant difficile d’apprécier pleinement « Le combat ordinaire », série précieuse à bien des égards, sans y projeter sa propre sensibilité, sa culture, son histoire personnelle. Ce qui constitue la force comme la faiblesse du titre. C’est particulièrement vrai pour ce dernier opus, le propos de Larcenet sur le doute et la valeur de l’engagement personnel prenant des voies simplement différentes, ses arguments y perdant leur portée universelle. A chacun, donc, d’y piocher ce qui peut le toucher. En attendant « Blast », prochaine production du bonhomme, série qu’il promet aussi sombre que le « Combat » a pu se montrer lumineux.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 


6 mars 2008 - Aucun commentaire
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« West », tome 4 « le 46ème État », de Rossi, Dorison et Nury. Dargaud.

west_4.jpg« West » reste plus que jamais un western moderne en débordant sur le XXème siècle et en s’affranchissant de la géographie nord américaine. Le quatrième tome clôt en effet le diptyque engagé à Cuba avec le troisième volume, à force de sorciers et envoûteurs en guise d’Indiens ou de Mexicains asservis, et zombies à la clef.
Il s’agit ici pour le Weird Enforcement Spécial Team (West) d’aider à la chute d’un dictateur dont les Etats-Unis et leurs grandes firmes ne rechigneraient pas à transformer l’île en un 46ème état. Le luxe côtoie la misère, les exécutions sommaires se succèdent et nôtre petite bande de mercenaires américains va devoir affronter la magie et la méfiance des autochtones révoltés.

Le dessin de Christian Rossi reste alléchant, s’emboîtant dans le scénario peaufiné par Dorison et Nury qui clôture le second cycle et laisse apparaître un nom dont on a beaucoup parlé ces derniers mois : Guantanamo…
Suite en 1903.

60 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

Lire également, la chronique de Philippe Belhache

8 février 2008 - Aucun commentaire
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« Les Voyages de He Pao », tome 4 « Neige blanche, chemin d’antan », de Vink. Dargaud.

heapo4.jpgVink, d’origine vietnamienne, poursuit une série qu’il a débuté en 1983 dans « Charlie Mensuel », « le Moine fou », qui se perpétue avec « les Voyages de He Pao ». He Pao, orpheline de parents italiens et élevée par des Chinois, puis par des nonnes bouddhistes au XIIème siècle, est devenue la seule détentrice d’un art martial invincible délivré par ce mystérieux Moine Fou.

Un pouvoir proche de la magie qui a toujours suscité bien des convoitises, et nous avions laissé He Pao dans le coma après avoir affronté les brigands de la Confrérie des mendiants. Dans les somptueux paysages du Tibet illustrés par Vink (avec la collaboration de son épouse Cine), une nouvelle page de sa quête d’identité se tourne, page teintée de combats mais aussi de moments de quiétude et de poésie devant cette magnifique nature.

Vink révèle encore quelques surprises de taille et, en 25 ans, il est loin d’avoir épuisé son sujet, développant au contraire une parfaite maîtrise de son trait. Dargaud prépare d’ailleurs une édition spéciale cette année pour célébrer ce quart de siècle. Un hommage mérité pour cette aventure qui est loin d’être terminée et qui compte au total 14 tomes.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« Beau bandit », Gus 2, Par Christophe Blain. Dargaud.

gus2v2.JPGAlleluïa, Gus est de retour. Ou plutôt devrait-on dire « La bande à Gus ». Tout à sa liberté d’écriture, Blain délaisse en effet rapidement le personnage titre – converti au poker – pour se concentrer sur d’autres personnalités. Clem le braqueur, omniprésent, tout à sa relation avec Isabella, dévoré par ses fantasmes d’honorabilité dans le crime. Mais aussi Ava, romancière de tempérament, ou même Isabella, dont le tempérament de feu frise l’explosion. Christophe Blain aligne les récits sans soucis ni réelle contrainte, variant les paginations, explorant diverses voies dans un univers sans cesse renouvelé, explosant les codes du western pour mieux faire ressortir l’étude de personnages. Tous ont un point commun : cette volonté féroce d’être un autre, d’exister pleinement dans cette autre vie, de se dépasser en faisant sauter ses propres verrous. Dixit Gus : « Je suis un outlaw, Clem. C’est pour être libre de faire ce qu’il me chante, quand ça me chante. » Tout est là, traité avec l’humour et ce talent graphique qui font du créateur du magnifique « Isaac le Pirate » un auteur incontournable. Une réussite. 

84 pages, 14 euros

Chronique de Philippe Belhache

15 janvier 2008 - Aucun commentaire
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