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« Le Complexe du chimpanzé », tome 2 « les Fils d’Arès », de Marazano et Ponzio. Dargaud.

complexe_chimpanze_2.jpgLe lendemain du jour où des hommes ont marché sur la lune, une vieille dame interrogée par l’ORTF de l’époque s’est mise en rogne, affirmant que l’on nous faisait croire ce que l’on veut, et sous-entendu, qu’à propos de marcher, ce serait plutôt sur la tête. Voilà un témoignage - réel - qui n’aurait pas déplu à Marazano et Ponzio, puisqu’ils revisitent allègrement la conquête de l’espace. Et si Gagarine était parti à la conquête de mars au lieu d’avoir trouvé la mort lors d’un vol, en tant que pilote d’essai? Et si Armstrong et Aldrin repointaient leur scaphandre 66 ans après leurs premiers pas sur la lune? Entre Américains et Russes, force et de constater que l’univers et son cortège de date se télescopent. On parle d’uchronie lorsque l’on revisite l’histoire officielle, mais on a ici un thème très classique en matière de science-fiction. Une histoire qui n’est pas rebattue pour autant, et qui prend de la consistance, avec par exemple les liens entre l’astronaute Hélène Freeman, en mission dans les étoiles, et sa fille Sofia, restée sur terre (le parallèle entre la sortie en scaphandre et la montée de Sofia dans un bus est éloquent). Et un voyage vers mars n’étant pas de tout repos (hibernation et tempêtes solaires…) la quête devient épique et dangereuse, avec des retours de guerre froide. A voir si elle finira dans un coma du style « 2001 l’Odyssée de l’espace », brûlant son vaisseau à la recherche des origines divines ou pas de l’humanité. Si Kubrick a effectivement tracé la voie (lactée?), cette BD n’est heureusement pas du copié/collé. Et le sable rouge de mars révèle quelques surprises.

Le dessin réaliste colle avec l’objectif de crédibiliser ce futur (l’intrigue se noue en 2035), un récit qui alterne le huis clos obligé de ce navire spatial et la politique qui se situe plus au ras de la Planète bleue. A nous de démêler les arcanes de l’espace-temps, ce qui se fait avec plaisir.

56 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

20 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Jazz Maynard », tome 2 « la mélodie d’El Raval », de Raule et Roger. Dargaud.

jazz_maynard_2.jpgAmis lecteur et dur de la feuille, cet album est pour toi. D’ailleurs je vais en résumer non pas une, ni deux, mais trois planches (37, 38 et 39), en en livrant le texte intégral (ce ne sera pas long). J’ouvre les guillemets (les rares mots écrits en français sont prononcés en roumain, précisent les auteurs): « Clic », « Crsh », « Pom » (fin de la première planche); « Crash », « Phum » « Pak », « Thum », « Crac », « Arrght! Je vais te démolir, fils de pute! », « Krsh », « Uuuurgh! » (la seconde planche vient de rendre l’âme); « Ecrase le et ramène moi les restes », « Uuuurgh! », « Umpf !», « Crash »; « Crac », « Krsh », « Thum » concluent les dernières images. On a du mal à réaliser que le premier tome de cet improbable thriller ait été nommé pour le Prix des libraires (une absence de traducteur roumain sans doute…), et on s’étonne que le dossier de presse cite Tarentino pour mentor (Bill doit se retourner dans sa tombe). On passera sur un récit qui met en scène un trafic de petites filles livrées à un cruel gangster d’Europe Centrale, des proies dont on ignore d’ailleurs le sort à la fin de l’album, dont le seul principe consiste en la récupération d’une pièce de monnaie rare, à coups de poing et autres (lire ci-dessus pour les mal entendants), voire par l’utilisation de gadgets sophistiqués égarés par les sbires de « Mission Impossible ». Reste que « Jazz Maynard » se présente comme une trilogie, et qu’il y a encore des dégâts à venir (pas collatéraux, mais frontaux…). Bref, ce n’est pas la meilleure corne de l’Espagne qui est entrée dans l‘arène de Dargaud.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

19 mai 2008 - Aucun commentaire
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« La lance de Longinus », T7 de Wayne Shelton par Christian Denayer et Thierry Cailleteau (Dargaud).

shelton7.jpgLa sortie d’un nouvel album de Wayne Shelton engendre un double phénomène : ventes en béton et critiques acerbes. Ce tome 7 n’échappe pas à la règle. Thierry Cailleteau, qui a pris la place de Jean Van Hamme en cours de route, en prend pour son grade tandis que Christian Denayer sauve les meubles. C’est un peu vite résumé, mais c’est la tendance sur tous les sites réputés de BD. Nous avions adoré le diptyque d’ouverture de la série, avec un héros quinquagénaire, ce qui n’est pas courant dans la BD moderne, une vraie ambiance et des personnages secondaires à la hauteur. La suite fut moins palpitante, avec des tomes 5 et 6 très décevants au point de vue du scénario tant les ficelles du genre étaient un peu trop grosses pour être honnêtes. Dans ce nouvel album, les ficelles n’ont guère minci mais l’histoire est meilleure, elle renoue en tout cas avec l’aventure musclée des débuts. Wayne Shelton doit convoyer jusqu’à Jérusalem, via Milan et Istanbul, la lance de Longinus, une des reliques les plus précieuses du monde chrétien. Cette lance, qui a servi à un légionnaire romain pour achever Jésus sur la croix, est convoitée par un groupe néo-nazi, car on lui attribue un pouvoir mystique et miraculeux : celui de redonner la vie. On l’a dit, le scénario est prévisible, néanmoins la BD se lit sans déplaisir. Surtout pour les inconditionnels – comme nous – du dessin réaliste de Christian Denayer (1). Un dessinateur passé maître au cours de sa carrière dans le sens du dynamisme et de la mise en page. Ici, on retrouve une jolie plante (Mona) et une belle bagnole (une Mini Austin bleu ciel), deux types de dessin (les filles et les voitures) dans lequel Denayer excelle.

(1) Sa série phare, Les Casseurs devait revenir sur le devant de la scène puisque le Lombard s’apprête à la ressortir en intégrale. Il le mérite.

48 pages, 10,40 euros.

Chronique de Christophe Berliocchi

17 mai 2008 - Aucun commentaire
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« La vie et moi », T1 de Pico Bogue par Dominique Roques et Alexis Dormal (Dargaud)

picobogue.jpgDans les récentes sorties de BD pour la jeunesse, le tome 1 de Pico Bogue, qui relate le quotidien d’un petit garçon et sa famille, sort du lot. Ne serait-ce que parce que ses auteurs Dominique Roques (au scénario) et Alexis Dormal (au dessin) disent s’inspirer de Charly Brown, Calvin et Hobbes ou Malfada. La BD est d’autant plus réussie qu’elle découle des notes, réflexions et impressions relevées depuis des années par la maman (Dominique Roques) et superbement dessinées par son fiston. « Le monde de Pico est le nôtre », affirme la scénariste de ces gags le plus souvent autobiographiques, fins, frais et plein d’humour. Pico Bogue, avec sa tignasse rousse toute ébouriffée, est l’antithèse de l’insupportable Titeuf, qui jure à longueur de pages ; ici on nage dans la poésie, la tendresse et le « strip » de très bonne tenue. Pas d’humour gras, « au niveau du slip », comme dirait l’autre, de gags à deux balles ou de dessins bâclés ; à la fin de cet album très joliment mis en couleurs, on pense de suite à la poésie du Petit Nicolas, ce tome 1 pour tout public est une vraie bouffée d’air pur !

48 pages. 10,40 euros
 
Chronique de Christophe Berliocchi
 

14 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Le désert blanc », Climax 1, par Eric Corbeyran, Achille Braquelaire, Luc Brahy. Dargaud.

climax.jpgUne nouvelle série de l’inépuisable Corbeyran ? Oui et non. Les observateurs les plus avisés auront reconnu le trio d’auteur de la série « Imago Mundi », dont « Climax » est effectivement un spin off, traité comme un titre à part entière. Planifié en quatre tomes, le récit met en scène Leïa Lewis en pleine mission polaire, employée par une station scientifique étudiant les conséquences du réchauffement climatique. Une mission acceptée pour sortir l’agence Imago Mundi d’une bérézina financière faisant directement suite aux événements relatés dans le diptyque « La colline blessée » / « Le deuxième cercle ». Corbeyran et son complice scientifique Achille Braquelaire entendent bien entendu faire passer un message, sur fond d’Année polaire internationale. « Climax », à l’instar de ses aînés, reste cependant un thriller, avec ce qu’il faut d’enjeux de pouvoir et d’argent. Et des enjeux personnels pour Leïa Lewis, intriguent dont les auteurs dissimulent à peine les fils…  Luc Brahy met tout cela en scène avec sa patte habituelle, graphisme solide mis en valeur par le très beau travail de la coloriste Bérengère Marquebreucq.

48 pages. 10,40 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

23 avril 2008 - Aucun commentaire
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« Aïda à la croisée des chemins », par Vanna Vinci. Dargaud.

aida.jpgRevoilà enfin Vanna Vinci. Trop peu connue dans l’Hexagone, l’Italienne a pourtant un solide parcours, graphiste synthétisant des influences aussi diverses que le shojo manga ou Hugo Pratt, Yellow Kid 1999 du meilleur dessinateur au festival de Lucca. L’auteur de Lillian Browne (Soleil) nous revient par la case Dargaud avec un roman graphique d’une tonalité toute autre, travail personnel sur le thème de l’identité et de l’histoire. Une jeune femme en quête d’elle-même revient à Trieste, cette ville qui fut celle de ses grands parents. Elle se découvre alors une capacité à percevoir les fantômes, l’ombre des gens qui ont encore quelque chose à dire… Et s’attache à reconstituer l’histoire de l’un d’entre eux, jeune homme sombre et torturé qui s’avère être son grand oncle. Vanna Vinci s’est imprégnée de Trieste, sa « ville mentale », pour élaborer ce récit ancré dans l’Histoire, dans l’imaginaire des deux Guerres mondiales. Et y faire cohabiter, presque naturellement, le surnaturel et le réel.  On retrouve dans « Aïda » le trait caractéristique de Vanna Vinci, magnifié par le noir et blanc, ainsi que certains de ses tics narratifs : regards perdus, ambiances languissantes, fonds musical référencé…  Les héroïnes de Vanna Vinci sont rêveuses et romantiques. Et pourquoi pas ? Surtout quand ce spleen est moteur d’un récit émouvant et souvent intrigant. Aïda » est un récit sur le secret, le poids de l’histoire, la difficulté à vivre sa propre vie. Un récit attachant, au ton singulier, qui évite les excès de pathos et de grandiloquence malgré les nombreux pièges potentiels, disposés par l’auteur elle-même.

192 pages. 9,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache

30 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Agence Hardy », tome 5 « Berlin, zone française », de Christin et Goetzinger. Dargaud.

agence_hardy5.jpgLa sexy détective privée Edith Hardy poursuit son petit bonhomme d’enquêtes, cette fois en 1958 sur fond de Guerre d’Algérie (on parlait encore à l’époque « d’événements »…). Une sourde opposition entre militaires, partisans de la ligne et de la droite dures, contre ceux qui prônent une certaine conciliation, sert de prétexte pour s’envoler à Berlin, ville dispatchée entre quatre zones d’occupation (la rumeur d’un mur séparant l’est de l’ouest se profile). Edith doit protéger le fils du général Vesterman, un Français adepte d’une résolution du conflit par des méthodes plus « propres » que celles de Massu, les deux se disputant le commandement de la zone nord algéroise. Elle se verra soutenue par son jeune collègue Victor, lequel côtoie Rosa, une apprentie journaliste à « Combat », quotidien de gauche.

Christin sait comme d’habitude cerner une époque et évoquer son contexte politique et historique, mais, comme sur l’ensemble de cette série, l’intrigue manque de rebondissements. Le duo d’auteurs n’arrive pas à retrouver la verve et la pertinence de « la Demoiselle de la légion d’honneur » ou même de « la Voyageuse de la petite ceinture ». Une sensation accentuée par le dessin trop sage et classique d’Annie Goetzinger. Une reconstitution minutieuse ne suffit pas à faire rayonner ce cinquième volume, bien que Victor invente au passage le principe de la ceinture de sécurité… Il aurait peut-être mieux valu se débrider!

48 pages, 10,40 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould.

21 mars 2008 - Aucun commentaire
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“100%” de Paul Pope, publié chez Dargaud.

100_paul_pope2.jpg

Majestueuse claque graphique de plus de 250 pages en noir et blanc, « 100% » de Paul Pope dessine en vingt-cinq chapitres les destins entrecroisés de six furieux américains en mal d’amour, perdus en 2038 quelque part dans les rues glaciales de New York - mais ce pourrait être tout aussi bien Tokyo, Londres ou Bombay. Ambiance cyberpunk pour ce qui pourrait être le meilleur film d’anticipation du moment – plus besoin de DVD, nos seules projections mentales suffisent à sortir retourné de ce pavé ciselé par Paul Pope à qui DC Comics a eu l’occasion il n’y a pas si longtemps d’offrir une relecture moderne de Batman.


En quatrième de couverture, il n’y a pourtant rien de décapant à raconter : une femme et son fils qui n’attendent plus un père boxeur parti se faire défigurer autour du globe; un serveur enterré à faire la plonge dans les bas fonds de son club pendant que des go-go danceuses mal barrées viennent dévoiler leurs entrailles sur grand écran, façon salle Imax. On appelle ça le « Gastro », ce qui nous attend quand notre société de voyeurs se sera lassée du porno hard. « des viols télévisés sur fond de champ de bataille et de la baise avec des cadavres ».

 

Asséner que le trait de Paul Pope est aussi noir que son oeuvre serait faire injure aux éclats qui semblent illuminer ses pages sans même que l’on s’en aperçoive. Il y a comme une foi inébranlable en l’humanité, pas forcément dans ce qu’elle a de meilleur, cette humanité qui nous envahit et nous dépasse à chaque instant malgré la laideur d’un monde qui nous ramène toujours à notre point de départ. « 100% » a mis cinq ans pour traverser l’Atlantique. Il en faudra davantage pour le faire sortir de notre esprit. A lire avec ses tripes bien au chaud.


Chronique de Frédéric Sallet

15 mars 2008 - Aucun commentaire
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Du rififi en Sarkozie

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« Je préfère l’excès de caricatures à l’absence de caricature. » Les mots sont signés de Nicolas Sarkozy lui-même, soutien écrit au mensuel satirique Charlie Hebdo lors du fameux procès dit des « caricatures de Mahomet ». A ce compte-là, le garçon doit être servi. Déjà cible de nombre de dessinateurs de presse, le Président de la République en prend plein le gilet à longueur d’albums plus ou moins réussis. Emparons-nous du haut du panier pour en retirer le recueil des chroniques de René Pétillon dans le Canard Enchaîné, édité par Editions Dargaud. « Sarkorama », qui compile les dessins parus entre juin 2007 et juillet 2008, fait suite au « J’y suis » paru au sortir des élections présidentielles. Pétillon y croque avec son humour habituel les petits et grands faits de celui qui est devenu par les urnes le premier « people » de France. Le talent de chroniqueur politique du créateur de « Jack Palmer » y explose à chaque page.

« Sarkorama », par René Pétillon (Dargaud). 96 pages. 8,50 euros.

dicosarko.jpgPlus mordant encore dans son traitement, voici venir le Dico Sarko, « indispensable manuel de survie en Sarkozie » (12 bis éditions), signé de l’un des chroniqueurs les plus vachards de Charlie Hebdo et du Canard réunis, l’incontournable Charb. Pas de bande dessinée pour cette fois. Le créateur de « Maurice et Patapon » (Hoëbeke) ne reprend le pinceau que pour illustrer quelques-unes une des définitions de ce qui reste un dictionnaire. Un dico orienté, comme de juste. Le principe ? N’importe quel mot peut être détourné dans une acceptation relevant de la dialectique politique. Nicolas Sarkozy « ne se contente pas de piquer des références et des membres du PS à la gauche, il les transforme, stérilise, mutile pour en faire des idées au service de sa politique », estime Charb. L’homme a été tenté de pousser l’idée jusqu’à l’absurde, pour souligner ce qu’il considère comme une dérive. Ce « Dico Sarko » militant, préfacé par le linguiste Alain Rey, est de fait un jubilatoire exercice de mauvaise foi politique, destiné à prévenir des glissements sémantiques parfois douteux d’une phraséologie cédant à l’idéologie. Utile et défoulant.

« Dico Sarko », de Charb (12bis). 80 pages. 10,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

14 mars 2008 - Aucun commentaire
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Un petit tour d’horizon BD, par Christophe Berliocchi

Plusieurs semaines loin du blog BD, en raison d’un surplus de travail au journal et à la… maison, et me voilà de retour : histoire de ne pas surcharger la mule, je vous propose ici un petit condensé de récentes lectures qui tournent exclusivement autour de la BD franco-belge. Désolé, je n’ai pas profité de cette « pause » pour m’intéresser à autre chose !


Fidèle à Hermann, son one-shot « Afrika » au Lombard est une pure réussite (lire chronique du 31/12/207), plus féroce et innovante que le dernier Jérémiah en tout cas (« Esra va très bien », T28, Dupuis). Pour rester dans le lourd, j’ai bien aimé « La version irlandaise » de Jean Giraud (T18, XIII), moins le dernier Niklos Koda (« Arcane », T16, Lombard), je n’arrive plus trop à suivre les pistes de Jean Dufaux. Petite déception également avec « Destination goulag » (Dargaud), Insiders est une série qui a démarré sur les chapeaux de roue mais patine un peu du côté de la Sibérie. Vous connaissez Al’Togo (Dargaud), de Morvan et Savoia ? Là aussi, c’est pas mal, le dessin est excellent, mais « SMS Republik » ne m’a pas fait sauter au plafond. De chez Bamboo, j’ai lu le second tome de Gemelos, car j’avais aimé le T1, la suite est cependant sans surprise. Belle surprise par contre avec Conrad, l’héritier de Franquin, et Wilbur qui réussissent un excellent cocktail asiatique avec le tome 5 de Tigresse blanche, une série à découvrir. Rien de bien transcendant donc en cette fin d’année 2007 et début 2008, en attendant la suite.

Ah si, j’ai rencontré Georges Lautner à Biarritz fin janvier, j’en ai profité pour lui faire dédicacer « Lautner s’affiche » (Lombard), ses meilleurs films illustrés par une vingtaine d’auteurs (Dany, Achdé, Boucq, Tibet…) avec des textes… engagés de Philippe Chanoinat. Visiblement, il aime Lautner (nous aussi) et pas ceux qui l’ont critiqué. « Ne nous fâchons pas », « Le professionnel » ou « Flic ou voyou » ne sont certes pas des films d’auteur, mais furent de vrais cartons à leur époque. Au ciné, comme dans la BD, il y a toujours cette antinomie entre œuvre d’auteur et succès commercial. Heureusement, les deux peuvent parfois faire bon ménage..

Christophe Berliocchi

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