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« La boucherie », de Thibaut Poursin et Loïc Dauvillier. Les Enfants Rouges.

laboucherie.jpgSurprenant Loïc Dauvillier. L’homme n’a cessé de travailler et de caser ses projets chez différents éditeurs, des mois durant, menant son combat sur plusieurs fronts. Le résultat ? Des albums qui voient le jour à un rythme effréné, tout au long de cette année 2007. A peine sort-il de « Ce qu’il en reste », aux Enfants Rouges, qu’il fait avec « Oliver Twist » la promotion de la collection Ex Libris de Delcourt. A peine bouclé le second volet de son adaptation du « Portrait » de Gogol, chez Carabas, le voici de retour sur un titre de plus de cent pages, de nouveau au catalogue développé par Nathalie Meulemans. Et « La Boucherie », c’est du Dauvillier comme on l’aime : tendre pour ses personnages, dont il porte les joies et les douleurs, décalé dans l’humour, précis dans l’enchaînement de situations apparemment anodines et dans le rythme qu’il leur applique… Le tout débouchant sur un récit attachant, sorte d’OVNI rural, chronique de la cohabitation et de l’isolement. Ou comment une petite vieille qui parle à la photo de son défunt mari se met en tête de dérider le boucher local, lequel se trouve également être le médecin de ce bled qu’on devine paumé. Les esprits s’échauffent vite dans ce vrai-faux huis clos où l’absurde transcende un quotidien miné par l’ennui, traversé par des personnages tout autant enfermés en eux-même que confinés au village. Le graphisme de Thibault Poursin, décalé dans la caricature, prend pleinement appui sur le récit de Dauvillier, amplifiant sa dimension poétique. L’homme joue des regards comme autant de textes additionnels, travaille l’expression, n’hésite pas à forcer le trait quand la pression monte. Le résultat ? De la belle ouvrage. Et au final, un album qui séduit par sa singularité.


128 pages. 13,50 euros.


Chronique de Philippe Belhache
 

2 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« Le portrait », deuxième partie, de François Ravard, Loïc Dauvillier et Myriam, d’après l’œuvre de Nicolas Gogol. Carabas.

portrait2.jpgFallait-il réellement deux albums pour adapter cette nouvelle de Nicolas Gogol ? La question était posée à la parution du premier volet de ce diptyque, lequel se diluait au fil des pages dans sa volonté de trouver une scission narrative appropriée. Le débat évacué, Loïc Dauvillier boucle aujourd’hui son projet avec un second volume consolidé, bel exemple d’adaptation d’une œuvre littéraire en bande dessinée, exercice dont il s’est fait spécialité avec son « Oliver Twist » d’après Dickens (Delcourt, collection ex-libris) et un projet autour du « Tour du monde en 80 jours » de Jules Verne (idem). La très belle couverture signée François Ravard - en perspective de celle du tome 1 - en est l’écrin idéal. Au fil des pages, les deux hommes retranscrivent le parcours de Tchartkov, artiste peintre qui accède à la notoriété dans le microcosme bourgeois de la Saint-Pétersbourg du XIXe siècle grâce à l’argent, à la corruption ordinaire, aux petites et grandes compromissions avec son art. Jusqu’à cette confrontation avec l’œuvre d’un compère perdu de vue, qui le place face à son véritable échec… Un cheminement psychologique inéluctable, de l’idéalisme à l’opportunisme, de l’ambition à l’orgueil jusqu’à la chute, la dépression et la mort. Les deux hommes font passer le message avec intelligence, évitant de surcharger le propos, laissant l’image suggérer l’essentiel, solidement appuyés par le travail de Myriam sur la couleur. Un bel album qui pousse à redécouvrir le texte original de Gogol. Et à relire au passage « Le chef d’œuvre inconnu », d’Honoré de Balzac.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Philippe Belhache

30 juillet 2007 - Aucun commentaire
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En vidéo : Loïc Dauvillier, les enfants rouges

Editeur, fondateur des éditions Charette, Loïc Dauvillier est également scénariste. Après des premiers pas remarqués aux côtés de Marc Lizano aux éditions Carabas, avec “La petite famille”, cet auteur devenu Bordelais est l’un des piliers de la toute nouvelle maison d’édition “Les Enfants Rouges”. Il y a publié avec Jérôme d’Aviau le récit “Ce qu’il en reste”, récemment primé au premier festival de Toulouse. “La boucherie”, avec Thibault Poursin, est attendu pour le mois de juin. Pour les éditions Delcourt, il a contribué au lancement de la collection Ex-Libris de Jean-David Morvan avec une adaptation du classique de Charles Dickens, “Oliver Twist”, dessiné par Olivier Deloye. Cette interview de Loïc Dauvillier a été réalisée en janvier lors du festival d’Angoulême 2007, au stand des Enfants Rouge.

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« Ce qu’il en reste », Théo 1, de Loïc Dauvillier et Jérôme d’Aviau. Les enfants rouges.

Les enfants rouges ? Une jeune maison d’édition basée à Juan les Pins, qui puise dans le vivier des talents bordelais pour sa première bordée : Anton, Loïc Dauvillier, les frères Moreno, Tanxxx, Jérôme d’Aviau, « Ce qu’il en reste », introduction à un second récit intitulé « Théo », est le fruit d’une collaboration entre l’homme orchestre des éditions Charrette, Loïc Dauvillier, et le dessinateur blogueur agité du pseudo qu’est Jérôme d’Aviau (alias Jéroda, alias Poipoipanda, alias). Ce roman graphique noir et blanc de quatre-vingt seize pages à la construction aérée, au découpage volontairement limité à quatre cases par planche sur un beau format carré, mène le lecteur dans les pas d’une jeune femme perdue dans sa vie de couple. Un courrier l’amène à se replonger dans ses souvenirs, à retrouver les sensations, les frustrations, des moments de désespoir et de bonheur fugace avec son compagnon Théo. Une plongée en elle-même avec en fil rouge cette tension sourde, caractéristique des jeunes gens qui sautent le pas de la cohabitation et peinent à faire coïncider leurs priorités, leurs univers ou même simplement leurs habitudes. Ca passe ou ça casse Loïc Dauvillier procède par chapitres courts, saynètes introduites par des objets référents, en prise directe du souvenir. Lesquels s’égrènent, ce qu’il en reste étant réuni sur le rabat de la première de couverture Jérôme d’Aviau s’approprie pleinement ce récit sensible, ses pleins et ses vides, ses éclats et ses silences, épurant son trait réaliste et la composition de ses planches, jouant des ombres pour gérer l’intensité des scènes. Le tout est entrecoupé de la prose de l’écrivain Joseph Incardona, qui prête sa plume au ténébreux Théo, l’espace de quelques pages. Une très belle entrée en matière pour ce nouveau label.

Chronique de Philippe Belhache

23 janvier 2007 - Aucun commentaire
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« Archipels », de Frédéric Bezian.

Assumer la charge d’éditeur est avant tout faire oeuvre de passionné. Pour ceux qui ont fait voeu de sauver de l’oubli quelques unes des petites perles du neuvième art, oubliées ou écartées des catalogues, cela relève du sacerdoce. Loïc Dauvillier est de ceux-là. Aujourd’hui Bordelais, ce touche à tout de la bande dessinée, tour à tour organisateur d’événements, scénariste, éditeur déjà à l’origine de la résurrection du « Myrtil Fauvette » de Riff Reb’s, s’attaque aujourd’hui à l’oeuvre de Frédéric Bezian. « Archipels », précédemment paru aux éditions PMJ, est une nouvelle noire pleine d’ironie, huis clos improbable mettant en scène deux hommes dans un terrain vague attendant le coup de fil de la complice invisible d’un coup dont on ne saura jamais rien. Une réflexion sur la différence, l’incommunicabilité, le temps et les cartes de téléphone magnifiquement soulignée par le graphisme sombre et nerveux de Bezian, auteur replacé sur le devant de la scène par le sublime « Ne touchez à rien » cosigné avec Noël Simsolo chez Albin Michel et « Des soldats d’honneur », one-shot de la série Donjon Monsters de Johann Sfar et Lewis Trondheim, aux éditions Delcourt. Le coût (10 euros) est un peu élevé, mais l’impression brillante renforce s’il en était besoin le contraste et l’intensité du traitement noir et blanc. A (re)découvrir.

« Archipels », de Frédéric Bezian. Editions Charette.

9 mars 2006 - Aucun commentaire
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