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« Filles perdues », de Alan Moore et Melinda Gebbie. Delcourt.

filles_perdues.jpgEn parcourant le net,  on comprend que les amateurs de BD érotique ont eu chaud, puisque les Éditions Delcourt se sont réellement tâtées avant de publier ce petit chef-d’œuvre. D’éventuelles poursuites juridiques, au vu de certaines scène particulièrement crues, ont pu faire craindre une autocensure, heureusement balayée au final par l’éditeur, qui orne néanmoins cette intégrale d’un superbe macaron « réservé aux adultes, interdit aux mineurs ». Une précaution compréhensible, mais ce récit sulfureux vaut réellement la peine de s’y investir, avec la bagatelle de 318 pages hallucinantes.

Postulat de départ : Alice est vraiment passée de l’autre côté du miroir, en compagnie de la Wendy de « Peter Pan , et de Dorothy, héroïne du « Magicien d’Oz ». Réunies toutes trois au sein d’un hôtel très particulier, en Autriche, à la veille de la Première Guerre mondiale, elles vont expérimenter diverses pratiques sexuelles, au long d’un chemin initiatique très chaud. Mais cet imaginaire n’a rien de scabreux. Alan Moore offre une réflexion affinée grâce à un découpage et une narration au cordeau. L’auteur de « V pour Vendetta » ne doit cependant pas éclipser sa compagne, Melinda Gebbie (ils se sont mariés l’an dernier), dont le dessin montre une élégance rare, assorti d’un savoir-faire éblouissant dans l’utilisation des couleurs. Son style, volontairement rétro (victorien disent certains), sème des références à des artistes, comme Egon Schiele, dont le trait tourmenté a hanté la ville de Vienne des années 1900, voire à Van Gogh pour certaines teintes.

On a là en BD, l’équivalent d’un « Histoire d’O » pour la littérature, sans tabou, mais aussi sans vulgarité, dont la perversion transcende les demoiselles très sages des classiques de la littérature jeunesse. Rappelons que Melinda Gebbie voit toujours l’un de ses albums, « Fresca Zizis », interdit en Grande-Bretagne. Ce n’est pas une raison pour ignorer le genre érotique, décidément intelligent, avec par exemple la sortie récente de « Premières fois », un ouvrage collectif également publié par Delcourt, et qui traite des fantasmes féminins. Tout est question de talents…

318 pages, 49,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 juin 2008 - Aucun commentaire
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« Premières fois » (collectif), dix récits érotiques scénarisés par Sybilline (Delcourt,collection Mirages)

premieres-fois.jpgRegards chastes et âmes prudes, passez votre chemin. « Première fois » est un recueil de dix nouvelle érotiques écrites par une même scénariste – Sybilline, coauteur de « Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin » (Les enfants rouges), soucieuse de donner une vraie cohérence à l’ensemble – et mis en images par dix graphistes différents. Dix dessinateurs confirmés respectant la même consigne : ne rien cacher. « Première fois », par ses qualités,  leur permet  d’enfoncer de nombreuses portes, lesquelles étaient loin d’êtres toutes ouvertes. L’album est écrit, et plutôt bien. Et l’auteur en est une femme, laquelle raconte des histoires de femmes, du point de vue des femmes, témoignage de ces « premières fois », véritables passages à l’acte qui jalonnent des vies sexuelles souvent très différentes.

Sybilline apporte une certaine finesse dans son approche, même si l’ensemble, sous ses airs de confessions intimes en ligne, prend peu à peu des airs de catalogue des pratiques sexuelles les plus courantes : perte de la virginité, relation homosexuelle, triolisme, échangisme, sex toys, poupée gonflable, fantasme, film pornographique… L’auteur n’en prend pas moins des risques en poussant son exploration au delà des lignes les plus couramment admises, explorant la violence des sentiments découlant d’une relation de domination ou en s’insinuant dans l’intimité d’un couple qui a décidé d’échanger les rôles. Une approche parfois sensible, parfois analytique mais toujours sensuelle, radioscopie des sentiments ou de l’absence de sentiments, qui contrebalance la crudité des images. L’acte sexuel y est en effet représenté sans hypocrisie ni tabou, sans autre retenue que le choix esthétique du dessinateur. Un parti pris d’autant plus osé que les dix graphistes signataires ne sont pas priori familiers de l’univers de la bande dessinée érotique, mais plutôt issus du « mainstream ». Alfred, Capucine, Jérôme d’Aviau - par ailleurs auteur de la très belle illustration de couverture – Virgine Augustin, Vince, Rica, Olivier Vatine, Cyril Pedrosa, Dominique Bertail et Dave McKean se sont ainsi prêtés au jeu, apportant leurs sensibilités respectives aux récits qui leur ont été soumis, assumant leur propre part de risque.

« Premières fois » est un album d’autant plus réussi qu’il évite la vulgarité, sauf quand il la dénonce. Il se confronte cependant aux écueils du genre. L’instrumentalisation du lecteur en voyeur, d’une part : Sybilline ne lui ouvre pas complètement la porte mais l’autorise à regarder par le trou de la serrure, lui donnant malgré tout matière à éprouver et à comprendre. La banalisation d’une certaine forme de pornographie d’autre part, atypique chez cet éditeur grand public, dans un contexte qui voit un adolescent sur deux confesser avoir déjà vu un film X. A méditer tout en cachant l’objet du délit sur l’étagère du haut…

112 pages. 14,95 euros.

Chronique de Philippe Belhache

8 juin 2008 - Aucun commentaire
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« Les Contes du boudoir hanté », de Yishan Li. Delcourt.

boudoir_hante.jpgLa collection « Ex-libris », pilotée par Jean-David Morvan, poursuit son petit bonhomme de li en explorant les traditions chinoises. « Les Contes du boudoir hanté » viennent rejoindre, entre autres, « Au bord de l’eau » et « le Dieu singe », premières pierres d’un temple dédié au passé de l’Empire du Milieu, avec son pesant de fantastique.
Cette fois le dessin est paradoxalement influencé par le manga, mais il est vrai que la Chinoise Yishan Li vit en Écosse et a déjà exploré cette voie. Son trait reste pourtant délicat, afin de relater l’équivalent asiatique des Contes des mille et une nuit, une somme écrite au XVIIème siècle par un certain Pu Songlin, que l’on découvre via une courte biographie en début d’ouvrage. Ici, deux fantômes féminins aux atours charmants, Quing et Nie, doivent se plier aux caprices d’une maîtresse sanguinaire, et lui ramener en guise de pitance quelques pauvres humains croisés çà et là. Mais l’amour s’en mêlera, faisant fi des barrières entre morts et vivants.

Ce premier volume est certainement moins dense que ceux cités ci-dessus, puisque l’on a davantage affaire à une nouvelle, à un conte. Cette légèreté n’est pas pour autant désagréable, et on verra par la suite (le second tome est prévu pour octobre 2008) si le scénario se resserre. Et rien ne sert d’attendre, puisque chaque conte a son existence propre. On apprécie en tous cas la cohérence de cette collection, qui apporte son lot de dessinateurs d’origine asiatique et qui ne sont pour l’instant pas très connus, bien qu’extrêmement talentueux. Bien joué m’sieur Morvan…

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

2 juin 2008 - Aucun commentaire
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« Le Céleste noir », tome 1 « De l’abîme, la lumière », de Sylvain Cordurié et Laci.

celeste-noir.jpgD’emblée, le récit du « Céleste noir » s’ouvre sur l’étrange. Car malgré le dessin très réaliste du Serbe Laci, ses ombres tranchées laissent se profiler d’obscures contrées. L’histoire débute aux States, de nos jours, dans un asile qui n’a rien à envier à celui d’Arkham où errent certains protagonistes de Batman. Ici, c’est Ramsey Ligorn qui séjourne dans cet établissement, placé par sa riche famille. En proie à des crises ultra violentes qui envoient valser tout ce qui l’entoure, il est finalement libéré par une étrange apparition. On comprendra plus tard que la découverte d’un temple colombien n’est pas sans rapport avec l’état végétatif de Ligorn. En parallèle, le département de la Défense réunit quatre experts en langues et écritures anciennes, avec pour objectif de décrypter l’Ex abysso lumen, un livre magique dont les symboles qui le composent se réagencent toutes les dix secondes… Et seul Cliff Bennett, atteint d’une maladie rare, est, capable d’en mémoriser les signes. Ces derniers, dans un climat de conspiration, sont en voie d’interprétation dans un mystérieux institut militaire, lui-même protégé par la magie.

On aura compris que l’on voisine ici avec des thèmes proches de « X-Files » (le scénariste Sylvain Cordurié a déjà donné dans le fantastique, avec par exemple « Salem la noire ») , naviguant de forces occultes en bastions gouvernementaux secrets, ce qui fait le sel du « Céleste », autre nom du Mal. Car des dieux anciens pourraient bien être de retour pour réclamer leur dû : une guerre vient de commencer, et l’humanité va devoir choisir des alliances inattendues.

La série est prévue en cycles de trois tomes.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

28 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Lettres d’Agathe », de Nathalie Ferlut. Delcourt.

lettres_agathe.jpgPeut-on écrire à la mère qui ne vous a jamais aimé, tout le bien que l’on pense d’elle? Exercice difficile, mais l’auteur, bien qu’il ne s’agisse pas d’une autobiographie, a le sang-froid de prendre le recul nécessaire, sans haine, même avec tendresse, mais sans oublier un passé et les blessures d’Agathe qui ne se refermeront jamais. Nathalie Ferlut met le doigt où ça fait mal, pour ce qui est quasiment son premier album de BD. Elle conte l’histoire d’une fillette née en 1946, toisée de haut par une mère dont la seule tendresse n’est accordée qu’à ses deux fils. Dès sa naissance, Agathe sera rejetée, juste une petite fille méprisée, qui prendra comme une baffe ses premières règles, tenue à l’écart des moindres rudiments éducatifs. Entre mère et fille, la tension est extrême, sans raison apparente autre qu‘une certaine forme de jalousie pour sa progéniture. « Ma petite maman chérie, je crois que tu ne m’as jamais aimé, n’est-ce pas? » affirme doucement Agathe en préambule d’un long et douloureux courrier. Le temps perdu ne se rattrape pas, pas davantage que le regard d’une mère. Mais il est des secrets que l’on découvre sur le tard et qui peuvent changer un jugement. Quant aux traits de la dessinatrice, ils sont parfaits pour évoquer ces sentiments très intimes.

95 pages, 14,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

26 mai 2008 - Aucun commentaire
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“L’homme à la tête de vis” (et autres histoires déjantées), par Mike Mignola. Editions Delcourt.

homme_tete_de_vis_p.jpgCette succession d’histoires courtes « de jeunesse » réalisées par Mike Mignola (l’auteur de Hellboy, ainsi que le rappelle de façon voyante un sticker apposé sur la couverture) offre une belle palette de son humour et de ses genres de prédilection. Parfois sans queue ni tête, certains récits tiennent en trois pages, d’autres s’étalent plus confortablement sur une vingtaine de planches comme cet « Homme à la tête de vis » qui donne son nom au recueil et propose une science-fiction guillerette jamais loin du non-sens. Les amateurs de Lovecraft trouveront nombre d’allusions à l’auteur et à ses romans alors que les deux dernières histoires du recueil (publiées en 2001-2002) révèlent une dimension plus poétique, finalement proche du conte traditionnel où les haricots magiques servent de perchoir à des diables rieurs un peu trop curieux. Une belle entrée en matière pour mieux connaître les univers graphiques et les inspirations de Mike Mignola avant de (re)plonger dans Hellboy.


78 pages. 12,90 euros.

Chronique de Frédéric Sallet
  

13 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Le Dieu singe », de Morvan et Jian Yi. Delcourt.

dieu_singe.jpgL’un ne va pas sans l’autre, et « le Dieu singe » de Jian Yi trace la route nouvellement ouverte par Jean-denis Morvan en compagnie de « Au Bord de l’eau » illustré par Wang Peng. Les deux compères étaient d’ailleurs côte à côte au salon de Floirac, rivalisant d’encre de Chine pour la plus belle des dédicaces. Morvan leur a servi un beau trait d’union avec sa collection Ex-libris, nichée dans les alcôves de Delcourt, et qui semble d’emblée trouver un joli succès public (Hors Asie, cette collection publie également « Frankenstein » de Marion Mousse, ou « la Colonie pénitentiaire » de Ricard et Maël d’après Kafka, parmi les albums les plus réussis).

Le parti pris est d’illustrer les grands textes fondateurs de la littérature - et pas seulement celle du Matin Calme -, des sagas qui n’étaient au départ que des contes enjolivés au fil des siècles. « Le Dieu singe » est l’un des quatre indispensables de l’histoire littéraire chinoise selon Jean-Denis Morvan, digne de figurer parmi les textes séculaires emprunts de fantastiques qui marquent de leur sceau l’interprétation d’une certaine genèse du monde.

Notre ami singe est issu du chaos, très conscient de sa valeur et non dépourvu d’effronterie, voire d’insolence. Non seulement capable de tutoyer les dieux établis, il les utilise sans vergogne tout en propulsant son peuple singe vers la civilisation, pas toujours dénuée d’intérêts sournois. Une ascension surveillée de près par le seigneur qui règne sur son nuage, avide de connaître les tenants et aboutissants de cet être étonnant qui rêve d’immortalité.

Cette saga qui a enjolivé une histoire vraie, celle d’un alter ego chinois de Marco Polo à la découverte de contrées lointaines, figure comme un classique des contes et légendes d’Asie. Une histoire mainte fois reprise, tordue, manipulée ou simplement enjolivée le temps d’un rêve, qui trouve avec Jian Yi un merveilleux que certains pourraient trouver clinquant, faute de s’y abandonner. Certes le pastel n’est pas de mise, mais les couleurs s’ajoutent impeccablement à la finesse du trait (ce qui paradoxalement rend d’autant plus précieuses les dédicaces jetées au pinceau sur les pages de garde).

Ex-libris mentionne encore deux autres piliers de la littérature chinoise, « le Rêve dans le pavillon rouge », et « l’Histoire des trois royaumes », dont on verra s‘ils trouvent eux aussi leur plume.

PS: Pour revenir à l’album « Au Bord de l’eau », il est bien dommage que le dessinateur talentueux Wang Peng ait dû se contenter de dédicacer sur feuilles volantes, faute de page de garde dans l’album. Le syndrome de la page blanche, Monsieur Delcourt?

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

22 avril 2008 - Aucun commentaire
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« Groenland Manhattan », de Chloé Cruchaudet. Delcourt.

groenland.jpgDans un moyen format (26,5 x 20,5 cm) la collection Mirages de Delcourt donné carte blanche à Chloé Cruchaudet, une Lyonnaise surtout branchée sur le cinéma d’animation. L’auteur en a profité pour jeter un regard ethnologique sur un fait historique peu abordé en BD, la quête du pôle Nord par l’explorateur américain Robert Peary au début du XX ème siècle, et surtout sur les tribulations tragiques d’une famille d’esquimaux ramenée par ses soins à New York.

Le marin aventurier finançait en effet ses périples en acheminant aux Etats-Unis des pièces originales, dont des météorites, puis il décida de frapper un grand coup en y transbahutant le jeune Minik et une partie de son clan, sans se soucier des conséquences pour ces derniers. Le groupe, sans protections immunitaires, va s’étioler et périr sous les coups de boutoir de la tuberculose. Il ne restera que Minik, aux prises avec cette civilisation étrangère et à la curiosité souvent malsaine des Occidentaux. Ceux-ci payent pour satisfaire une curiosité malsaine et dévisager ces hommes du froid, sous fond de racisme latent, tout comme en Europe on allait comme au zoo se repaître des Africains arrachés à leur continent.

L’anthropologie d’alors n’est pas en reste, sans recul et sans préoccupations d’humanité. Le squelette du père de Minik finira dans un musée alors que son fils a cru assister à son enterrement. Il ne lui reste alors qu’à regagner sa banquise, mais comme beaucoup de déracinés, il peine à trouver sa place. Sauvage aux USA, déformé par la « civilisation » de retour parmi les siens: de quoi avoir le cul entre deux chaises…

Chloé Cruchaudet s’est abondamment documentée, en collaborant notamment avec Delphine Deloget qui a réalisé un documentaire sur le même sujet. Elle restitue également l’obsession de ces explorateurs, qui tel Peary, recherchent le graal du Nord comme un capitaine Achab son Moby Dick, avec tout ce que cette quête a de vain et d’égoïste.

128 pages, 16,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

21 avril 2008 - Aucun commentaire
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« Le règne digital », Météors 1, par Philippe Ogaki et Fred Duval. Delcourt, collection Néopolis, label Série B.

meteors.jpgUne couverture aguichante, un titre qui en dit déjà long, un sticker rappelant les précédents exploits scénaristiques de Fred Duval, « Travis » et « Carmen McCallum »… La mise en scène de ce premier album de « Météors » se donne les moyens de convaincre. Le contenu ? Sans déflorer l’intrigue, évoquons une terre futuriste mais pas trop - bienvenue en 2136 ! – dirigée par des intelligences artificielles légalement élues, des « mechas » - armures de combat, ndlr - venus d’on ne sait où, un cadavre de cosmonaute soviétique revenant des années 70 – les nôtres, hé si ! – découvert par un éboueur de l’espace, des robots écartelés entre intelligence et conscience…


C’est beaucoup, presque trop, pour un seul album. Duval, qu’on a connu plus direct, multiplie les personnages (parfois un peu convenus) et les angles d’attaques, prenant le risque de se disperser et le lecteur avec lui. Mais l’homme a du savoir-faire, manie l’action aussi bien que le bavardage, et emballe malgré tout son monde. Il lance surtout de nombreuses pistes. Et s’il n’est pas toujours aussi pertinent qu’un Denis Bajram (« Universal War One », Soleil, Quadrant Solaire) sur des thématiques « hard science » comme les fameuses « failles », il impose une réflexion éthique et politique sur le devenir d’une intelligence artificielle accédant à la conscience. On peut voir dans Météors une extrapolation de thématiques déjà développées dans la série « Travis », avec des références à des auteurs de sciences fiction comme Arthur C. Clarke, Isaac Asimov ou même William Gibson. Un propos ambitieux qui bénéficie du travail de Philippe Ogaki, graphiste sous influence manga, parfois excessif dans le rendu des expressions faciales, mais pertinent dans son approche d’un univers technologique. « Météors » se présente de fait comme une série pleine de promesses, à laquelle il manque certes un peu du « punch » des autres titres de Duval, mais qui augure du meilleur dans ses développements.

72 pages (dont un cahier technique). 13,95 euros.

Chronique de Philippe Belhache

 

9 avril 2008 - Aucun commentaire
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Nouvelles dédicaces à la Fnac de Bordeaux

chasseurs.jpegDeux rendez-vous annoncés dans les prochains jours à la Fnac de Bordeaux pour les fans de BD :

Dédicace de Mathieu Venant pour la série Chasseurs de dragons, mercredi 23 avril 2008 de 15h à 18h.
Le pitch de la Fnac : “Mélangez un gros baraqué (Lian-Chu) et un petit malin doué pour l’arnaque (Gwizdo) : vous obtiendrez les deux chasseurs de dragons les plus drôles de la création… mais pas les plus efficaces ! Une BD jubilatoire adaptée d’une série d’animation à succès.”

tourdumonde.jpegDédicace d’Aude Soleilhac pour le tour du monde en 80 jours, samedi 26 avril 2008 à 15h.
Le pitch de la Fnac : “Découvrez en bande dessinée l’adaptation du roman de Jules Verne le plus vendu depuis sa parution!Partez autour du globe à la rencontre des cultures et de la science aux côtés du flegmatique Phileas Fogg,véritable chronomètre vivant, et de son dévoué serviteur, Passepartout“.

8 avril 2008 - Aucun commentaire
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