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« Le règne digital », Météors 1, par Philippe Ogaki et Fred Duval. Delcourt, collection Néopolis, label Série B.

meteors.jpgUne couverture aguichante, un titre qui en dit déjà long, un sticker rappelant les précédents exploits scénaristiques de Fred Duval, « Travis » et « Carmen McCallum »… La mise en scène de ce premier album de « Météors » se donne les moyens de convaincre. Le contenu ? Sans déflorer l’intrigue, évoquons une terre futuriste mais pas trop - bienvenue en 2136 ! – dirigée par des intelligences artificielles légalement élues, des « mechas » - armures de combat, ndlr - venus d’on ne sait où, un cadavre de cosmonaute soviétique revenant des années 70 – les nôtres, hé si ! – découvert par un éboueur de l’espace, des robots écartelés entre intelligence et conscience…


C’est beaucoup, presque trop, pour un seul album. Duval, qu’on a connu plus direct, multiplie les personnages (parfois un peu convenus) et les angles d’attaques, prenant le risque de se disperser et le lecteur avec lui. Mais l’homme a du savoir-faire, manie l’action aussi bien que le bavardage, et emballe malgré tout son monde. Il lance surtout de nombreuses pistes. Et s’il n’est pas toujours aussi pertinent qu’un Denis Bajram (« Universal War One », Soleil, Quadrant Solaire) sur des thématiques « hard science » comme les fameuses « failles », il impose une réflexion éthique et politique sur le devenir d’une intelligence artificielle accédant à la conscience. On peut voir dans Météors une extrapolation de thématiques déjà développées dans la série « Travis », avec des références à des auteurs de sciences fiction comme Arthur C. Clarke, Isaac Asimov ou même William Gibson. Un propos ambitieux qui bénéficie du travail de Philippe Ogaki, graphiste sous influence manga, parfois excessif dans le rendu des expressions faciales, mais pertinent dans son approche d’un univers technologique. « Météors » se présente de fait comme une série pleine de promesses, à laquelle il manque certes un peu du « punch » des autres titres de Duval, mais qui augure du meilleur dans ses développements.

72 pages (dont un cahier technique). 13,95 euros.

Chronique de Philippe Belhache

 

9 avril 2008 - Aucun commentaire
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« L’or bleu », Travis 8, de Christophe Quet et Fred Duval. Delcourt, collection Néopolis, label Série B.

travis8.jpgComment faire rebondir la saga Travis après « La tarentule » ? Duval faisait donner le tempo par Vlad Nyrki dès la fin de l’album : « Tuer Harry, sauver Pacman… Une sorte de fausse routine. » Il a de cela et beaucoup plus dans « L’or bleu ». Fred Duval, qui n’entendait visiblement pas tomber dans la complaisance d’une simple course-poursuite au gros calibre avec carnage à la clef dans les rangs des anciens employés des Cyberneurs, a concocté un de ces récits à tiroirs dont il a le secret. Replaçant de fait un Vlad Nyrki vengeur et un Steve Travis dépressif face à leur ennemi commun, le mercenaire Harry Haussen, Duval s’ouvre de nouveaux champs d’expérimentation. La puissance destructrice du réseau terroriste de Haussen est désormais au service d’une intelligence artificielle aussi pure que cintrée qui s’attaque à l’or bleu, autrement dit l’eau, avec des conséquences mortelles.

Comme de juste, l’action est omniprésente. Elle n’exclut pas pour autant la réflexion et parfois même une pointe d’humour, dans un univers technologique tout à fait crédible. Ce nouvel opus permet par ailleurs aux auteurs de développer la psychologie jusqu’ici sommaire d’un des personnages les plus énigmatiques de la série, Miss Thundercat. Une approche bienvenue, d’autant que les bad boys (and girls)  entourant Steve Travis - au premier rang desquels le scientifique-flingueur Vlad Nyrki et le hacker surdoué Pacman - se révèlent beaucoup plus intéressants et charismatiques que le héros-titre lui-même. « Travis », dix ans après les débuts de la série, reste donc un thriller d’anticipation de très grande classe, servi par un Christophe Quet apparemment très à l’aise dans l’action, précis et inventif dans la création de cet univers technologique, jusque dans le délire des univers virtuels de Pacman. Mention spéciale à la couverture, faussement classique et parfaitement anxiogène.
   

48 pages. 12,90 euros.
  

Chronique de Philippe Belhache

26 septembre 2007 - Aucun commentaire
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