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Latour sur un rythme infernal

PAYS BASQUE. Sébastien Latour, scénariste biarrot en vogue, est également enseignant d’anglais à Garazi.

latour.jpgProfesseur d’anglais en lycée le jour, scénariste de bandes dessinées la nuit ! Sébastien Latour, Biarrot né à Bayonne, mène une double vie. À 100 à l’heure, comme ses héros de BD, qu’il développe dans ses deux séries phares au Lombard, « Ellis » et « Wisher ».

« Pour le moment, dit-il, j’arrive à mener mes deux activités de front, surtout que je suis revenu enseigner chez moi, au Pays basque. À Saint-Jean-Pied-de-Port certes, un peu loin de Biarritz, mais comparé à la situation que j’ai connue à Tourcoing, dans un collège classé en zone violence, ici, je respire! Et puis, pour être tout à fait franc, le métier de scénariste de BD ne me permet pas d’en vivre. Je ne suis pas Jean Van Hamme ! »

Sébastien Latour est en tout cas un sérieux espoir de la maison Lombard, l’un des poids lourds de l’édition de BD franco-belge, qui a fêté ses 60 ans récemment. Jeune scénariste, les responsables du Lombard l’ont tout de suite placé entre de bonnes mains : celles des dessinateurs Giulio de Vita et surtout Griffo, un cador de la BD réaliste (« Vlad », « Samba Bugatti », « Giacomo C. », « SOS Bonheur »).

Génération Goldorak. Avec Latour, le Lombard, vénérable institution franco-belge (Ric Hochet, « Bob Morane », « Chick Bill », « Michel Vaillant »), a tenté d’investir un marché juteux pour la BD : celui de « l’héroïc fantasy », cible préférée des adolescents. Que l’auteur basque partage de par son éducation bédéphile. « Moi, je suis de la génération du « Club Dorothée », les « Albator, Goldorak », « Capitaine Flam », même si j’ai lu petit « Tintin » et « Astérix ». Et puis à l’occasion de mes études d’anglais, j’ai découvert les comics, notamment Neil Gaiman, (NDLR. golden boy de la littérature fantastique, maître de l’urban fantasy). Je ne pouvais donc écrire que des scénarios de science-fiction ! »

Le déclic se produit en Angleterre, durant un an, où Latour passe une maîtrise de littérature. « J’avais du temps, j’ai dévoré tous les comics, j’ai appris les techniques d’écriture de scénario de BD, j’ai tout appris, tout seul, de A à Z. » Sa première affectation, à Tourcoing, lui laisse également du temps pour peaufiner son écriture. Écrire quelques récits courts. « Et puis, sourit-il, le contexte de la ZEP est propice à l’évasion… »

Sébastien Latour envoie ses premiers scénarios fantastiques au Lombard, à Bruxelles, qui se dit intéressé. Deux de ses dessinateurs (de Vita et Griffo donc) sont en recherche de scénaristes, et l’éditeur souhaite se lancer sur ce secteur juteux de la fantasy. Le Biarrot est tombé au bon moment et c’est ainsi qu’il a pu débuter dans le monde de la BD en pleine effervescence puisqu’il sort maintenant chaque année plus de 4000 titres, mangas compris !

Version chinoise. « Dans ce contexte de surproduction, c’est du coup difficile de se faire connaître, estime Sébastien. Les séries ont connu un démarrage correct, à 15 000 exemplaires pour « Wisher », mais ce n’est pas simple, le Lombard a changé le format et la maquette de mes seconds tomes en espérant toucher un nouveau public. On ne peut pas prévoir quel sera le prochain succès commercial de la BD, du coup, les éditeurs sortent tout ce qu’ils peuvent en espérant tirer le jackpot ! C’est assez bizarre, mais c’est ainsi. Je me suis lancé sur un autre projet, un “24 Heures” version chinoise, qui intéresse un éditeur. »

D’ici à ce que la BD franco-belge soit traduite en chinois et investisse un marché colossal, il n’y a qu’un rêve que seul un scénariste de science-fiction peut, pour l’instant, imaginer…

Christophe Berliocchi

17 novembre 2008 - Aucun commentaire
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« Fell », tome 1 « Snowdown », de Ellis et Templesmith. Delcourt.

fell1.jpgDans ce moyen format (17×26) c’est la ville qui détient la véritable vedette. Une ville contemporaine « qui se barre en sucette », qui semble morte et où les services municipaux ont déserté certains quartiers. Le flic Rich, muté « de l’autre côté du pont » découvre les bas-fonds d’un quartier glauque et le commissariat de la rue de la Lune dans lequel trois flics et demi (l’un est cul de jatte…) regardent plutôt qu’ils n’agissent monter la délinquance et flotter les cadavre dans le port.

Dès son emménagement Rich croise un cadavre emporté sur une civière. Un paumé qui absorbait l’alcool à coup de lavement! Le médecin légiste qui accueille tout ce beau monde envoyé ad patres à lui des allures de zombie peu liant tout droit sorti d’un film de Romero.

Dans cette ville sous éclairée, le flic ne se lie qu’avec une barmaid… qui le marque au fer rouge du signe du quartier. Les mystères s’accumulent, telle cette nonne au visage inquiétant qui rôde dans les rues ou cette vieille dame qui distribue des armes à ses voisins. Il n’y a pas un seul rayon de soleil à Snowtown, dessinée avec un trait énergique et avec beaucoup de mouvement.

144 pages, 14,95 euros;

Chronique de Jean-Marc Lernould

15 septembre 2007 - Aucun commentaire
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