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Pedrosa va à l’Essentiel

Cyril Pedrosa (Photo Isabelle Louvier)ESSENTIELS D’ANGOULÊME. C’est pour un album plutôt personnel, « Trois ombres », que Cyril Pedrosa, natif de Poitiers, a décroché un des prix du Festival international de la bande dessinée. Un pari peu évident
 
Quand il était petit, il ne savait même pas que le Festival d’Angoulême existait. Pourtant, Cyril Pedrosa est né juste à côté, à Poitiers, il y a 35 ans. Aujourd’hui auteur de bande dessinée, il vit à Nantes, et le voilà primé à Angoulême pour un album qui compte beaucoup pour lui, « Trois ombres », publié cette année chez Delcourt dans la collection Shampooing.
 
Une belle fable sur la peur d’un père face à la mort d’un enfant, 248 pages d’un roman graphique en noir et blanc. Le dessin est superbe, le style nouveau chez son auteur, le projet très personnel. « Ça m’a rendu heureux comme aucun autre projet », raconte Cyril Pedrosa. Avec « Trois ombres », il passe un cap à la fois dans son travail d’auteur et dans sa perception vis-à-vis du public, de la critique, et des éditeurs. L’Essentiel reçu à l’occasion du Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême lui élargira encore des portes qui, déjà, s’ouvraient depuis l’accueil public et critique très élogieux de « Trois ombres ».
   
D’Astérix à Chauvel. Petit, à l’époque où « la planète BD (lui) paraissait tout à fait inaccessible », Cyril Pedrosa adorait déjà le dessin. Mais il a été déçu par le tout premier album qu’on lui a offert, « Tintin en Amérique ». « Il m’est tombé des mains. J’avais quoi ? Cinq ou six ans. En tout cas, ça a été une grande déception. » Son père était un fan d’Astérix, et lui s’attendait à quelque chose « d’aussi drôle, d’aussi vivant qu’Astérix. D’autant que le dessin d’Uderzo, on ne le dit pas assez, est fabuleux. Chez lui, chez Franquin, on sent du plaisir dans chaque dessin. Tandis que chez Hergé, tout est sous contrôle, et ça me met mal à l’aise. » 
 
L’amateur de dessin entame tout de même des études scientifiques, avant de décider, à 18 ans, de laisser ses envies guider sa réorientation. Direction l’école des Gobelins. Il est intervalliste chez Disney, assistant animateur sur la production d’Hercule. Il faut la rencontre avec David Chauvel pour que la bande dessinée se mette de la partie. « Je ressentais un désir de dessin, mais je n’étais pas au clair sur ce que je voulais dessiner ». Un ami commun montre son travail à Chauvel, qui va lui écrire et le pousser. De leur collaboration naissent deux séries, « Ring Circus » (4 albums chez Delcourt), et la « Brigade fantôme » (Dupuis), sur la suite de laquelle Cyril Pedrosa devient coscénariste. Et puis il s’enhardit à travailler seul, et son style visuel très coloré se transforme : « C’est normal, quand vous travaillez avec quelqu’un, vous êtes très perméable au désir de l’autre. Sur « Ring Circus », il y a des choses que je m’interdisais pour mieux servir son histoire. » 
 
Après un premier opus en solo, « Les Coeurs solitaires » (Expresso Dupuis), Pedrosa se lance dans l’aventure des « Trois ombres ». Il a appris à dédramatiser l’enjeu d’un livre. « Je ne serai pas maudit jusqu’à la fin des temps s’il est raté. Ça n’intéressera peut-être personne, mais je l’aurais fait. »
 
Trois OmbresLa perte d’un enfant. Et il se lance dans ce sujet délicat qu’est l’histoire de la perte d’un enfant. « Je ne l’ai pas vécu moi-même, mais ça me travaillait. Et du coup, ça m’a fait travailler. Je ne pouvais pas rester un père angoissé », sourit-il. Il en fait une fable, celle d’un père qui voit tourner autour de son fils trois ombres, et s’enfuit, le gamin sous le bras, les ombres après lui. La reconnaissance est au rendez-vous, et l’auteur rencontre des lecteurs si touchés qu’ils partagent avec lui leurs chagrins. « Je les écoute. C’est étonnant la façon dont le langage de la bande dessinée permet vraiment aux gens de s’accaparer un récit »
  
Aujourd’hui, le cap des « Trois ombres » franchi, il se sent plus libre. Il réfléchit à d’autres projets. Un dessin animé, avec Fabien Vehlmann, une sorte de grand jeu intergalactique dont il ne dira pas plus pour l’instant, mais qui semble l’amuser beaucoup. Et l’envie de travailler sur un sujet lui aussi assez grave, la filiation. « Ma famille vient du Portugal, mes grands-parents ont vécu l’immigration des années 30, mais mon père, qui est né Français et plus que Français, ne m’a rien transmis. » Un voyage au Portugal lui a renvoyé le pays et l’histoire familiale au coeur, comme un boomerang. « C’est ça qui m’intéresse : pourquoi les histoires se racontent ou pas dans les familles, et l’influence que ça peut avoir sur nous. »
  
Article de Haude Giret
  
Lire également notre chronique de “Trois ombres”  
  

3 février 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 : Besson sur le choc

Luc Besson est venu hier au FIBD raconter son soutien à la maison d’éditions Septième choc. Et évoquer l’adaptation d’« Adèle Blanc-Sec ». 
 
besson.jpgPetite incursion à Angoulême, au coeur du festival de la BD, hier, pour Luc Besson. Un détour rapide. Le cinéaste était surtout soucieux de répercuter l’aura médiatique qui l’entoure sur la maison d’édition Septième choc.

Car Besson a eu un coup de foudre pour le travail de son créateur, le dessinateur Dikeuss. Au point d’adosser Septième choc à sa société Intervista?


« Il n’est pas question pour moi d’intervenir dans les choix artistiques de Dikeuss. Notre suivi sera juridique et financier, souligne Luc Besson. Je ne veux pas cracher sur le monde de l’édition, mais ceux qui ont du succès ont le défaut de refermer les portes du temple une fois qu’ils sont entrés à l’intérieur. Et quand on s’enferme, on finit par manquer d’air. Cette aide à Septième choc, c’est un petit signal pour ses jeunes dessinateurs. Je n’ai pas oublié qu’à mes débuts, j’ai vu les 43 producteurs de la place de Paris et qu’ils ont tous refusé de produire mon premier film. Je me demande encore comment ils n’ont pas décelé le petit potentiel d’un jeune cinéaste qui a fait depuis plus de 50 millions d’entrées en France. »


Confirmation de Dikeuss : « Je ne connaissais personne dans le monde de la BD. À force de taper à toutes les portes et de ne pas avoir de réponses, j’ai fini par construire ma propre citadelle et chercher d’autres auteurs comme moi. J’ai bossé treize ans dans la sécurité, mais je n’ai jamais lâché l’affaire. »


Tardi. Dikeuss compte sortir quinze à vingt productions par an, « pas seulement sur la banlieue parce qu’on ne veut pas s’enfermer dans un carcan. Mais on est quand même soucieux d’intéresser un public urbain, qui se tourne vers les mangas ou les comics, parce que la BD franco-belge ne parle pas de son quotidien ». Quant à l’actualité BD de Luc Besson, elle a pour nom Adèle Blanc-Sec.


« J’adore ce personnage de femme moderne du début du XXe siècle qui fume dans sa baignoire. J’ai appelé Tardi il y a six ans, mais il était déjà lié avec quelqu’un. Trois ans plus tard, ça n’avait pas évolué. Tardi était déçu et j’ai dû montrer ma bonne foi pour le convaincre. On a signé pour trois films. On va développer le scénario du premier, que je ne compte pas réaliser, en 2008. La naissance des deux suivants dépendra forcément de l’accueil du public pour ce premier volet. »


Article de Bertrand Ruiz

26 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 en images : Francis Groux épinglé

francis_groux.jpg


Président et membre de l’équipe fondatrice du Festival International de la Bande d’essinée, Francis Groux a été épinglé hier par la ministre de la Culture, Christine Albanel. Une médaille de commandeur des Arts et des Lettres “pour un homme qui oeuvre avec finesse, talent et générosité à la réussite de ce festival”. Francis Groux a immédiatement précisé qu’il souhaitait partager cette distinction “avec ses complices du départ, Jean Mardikian, Claude Moliterni et sa femme”.

25 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 en images : Christine Albanel la bédéphile

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Une entrée en fanfare ? Pas le genre de la ministre de la Culture. Christine Albanel goûte plutôt à la suave musique argentine. Aux airs de tango plus exactement, distillés dans l’espace dévolu au président du 35e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, José Muñoz. Ce maître du noir et blanc s’improvise guide pour la ministre qui, docile, passe par la case CNBDI (Centre national de la bande dessinée et de l’image) pour ses premiers pas dans Angoulême.

Tardi, Pétillon et les autres. Avant de découvrir le travail du dessinateur argentin, petit rappel sur la création de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image par son directeur Gilles Ciment. Cet établissement public de coopération culturelle, regroupant le CNBDI et la Maison des auteurs, est voué à devenir le vaisseau amiral de la ville avec le festival. Impossible de faire l’impasse.

Puis Muñoz, Bottaro, Katchor captent le regard de la ministre, qui questionne. Tailleur noir, talons aiguilles et petit sac en main, elle maîtrise. Seule touche de fantaisie, un chemisier à fleurs et un sourire dont elle ne va pas se départir.

Christine Albanel est heureuse d’être là. Les officiels d’Angoulême ne sont pas mécontents non plus. Le maire en tête, Philippe Mottet, qui n’a pas manqué de faire un crochet au musée des Beaux-Arts.

Le bâtiment ouvrira ses portes en mars. « Il sera entièrement gratuit », n’a pas oublié de rappeler le chef de cabinet de la ministre, Jean-Bernard Bolvin, soulignant cette prédisposition angoumoisine qui colle à la volonté gouvernementale. Bonne élève, Angoulême ? Il faut croire, tant Christine Albanel fait preuve d’enthousiasme tout au long de sa visite. Direction l’épicentre du festival? « Et en plus, elle s’y connaît », glisse un éditeur. Au milieu de l’espace réservé aux publications alternatives, la ministre ne suit plus les conseils de Benoît Mouchart, directeur artistique du FIBD. Christine Albanel s’émancipe et vire de bord dès qu’une ?uvre l’attire.

Vient le moment de l’aveu. La ministre n’est pas une novice. « J’ai grandi avec les Tardi, Bretécher, Pétillon. » L’ancienne prof de littérature ne dédaigne pas la nouvelle génération avec, en tête de liste, Sfar.

Équité. « Cela faisait longtemps que je souhaitais venir au festival, raconte-t-elle. En France, on trouve peu de capitales culturelles et rares sont celles qui se mobilisent entièrement dans une manifestation. » Le dynamisme d’Angoulême, ville phare de la BD et qui rayonne au niveau international, ne fait pas un pli. « La bande dessinée est un art qui n’est pas autiste, il est en pleine expansion et s’exporte. Enracinée dans nos sociétés, la BD fait passer des messages et arrive à parler à chacun d’entre nous. Le travail de Marjane Satrapi (NDLR : créatrice de “Persepolis”) reste un bon exemple. »

À la question du statut des auteurs de BD et de l’engagement de l’État dans le neuvième art, la ministre s’est montrée confiante : « Il faut conserver un équilibre entre le privé et le public dans le financement. Le Festival d’Angoulême a trouvé ce bon équilibre, et le ministère est intéressé pour voir si on peut aller plus loin. Pour les droits des auteurs, il y a encore des efforts à mener. Pendant longtemps, il y a eu un ostracisme vis-à-vis de la BD, il faut rétablir une forme d’équité. »

Quant aux projets de la ville, ils ont l’oreille de la ministre. « L’État sera là pour le musée de la BD, c’est un équipement qui reflète une vraie ambition dans ce domaine. » L’État s’engagera aussi dans le financement de la médiathèque, objet de débat pendant la campagne municipale.

Après d’autres visites dans les bulles du festival, la ministre s’en est allée, telle une festivalière, les bras chargés de BD? Enfin presque, un collaborateur zélé a porté les albums qui pleuvaient sur le cortège? Après tout, c’est la ministre.

Festival de la BD 2008 : week-end de bulles à Angoulême

La ministre de la Culture Christine Albanel va donner aujourd’hui le coup d’envoi du 35e Festival international de la bande dessinée.

angouleme_20081.jpgDu Champ-de-Mars aux allées de New-York, Angoulême vire à la BD d’aujourd’hui à dimanche. Pour sa 35e édition, le Festival international de la bande dessinée revient dans un centre-ville enfin débarrassé de ses pelleteuses.

Nouveau décor et nouvelle forme pour le grand barnum du dessin, inauguré aujourd’hui par la ministre de la Culture en personne, Christine Albanel. Avec, à chaque bout, deux mondes bien distincts : les maisons dites alternatives aux allées de New-York et les poids lourds de l’édition au Champ-de-Mars, où l’on prévoit des files d’attente interminables pour les séances de dédicaces.

Un changement qui colle avec l’évolution de la structure juridique qui porte désormais le festival : l’association originelle a laissé la place à une SARL à vocation culturelle. Professionnalisation affirmée et pari sur le long terme, disent les uns. Risque de voir le festival sortir des rails de l’Histoire pour s’enfoncer dans la tentation, commerciale, prétendent les autres. L’avenir dira qui a raison?

Manga. En attendant, pour ce 35e chapitre, les festivaliers, si boulimiques soient-ils, auront du mal à goûter à tous les ingrédients mitonnés par l’organisation. Au rayon « live », ça démarre fort ce soir avec un concert très ukulélé de Thomas Fersen dessiné par Joann Sfar. Samedi, Pascal Rabaté prêtera son crayon à la prestation scénique de Yolande Moreau.

Côté expo, le choix est plutôt large. Citons, entre autres, la vision du président José Munoz sur la BD argentine ; le triple hommage aux « strips » de Ben Katchor, aux « fumetti » de Luciano Bottaro et à l’incroyable anthologie de Sergio Toppi ; la scénographie autour de la science-fiction dans les ateliers Magelis et une installation audiovisuelle sur 35 ans de Grand Prix.

Particulièrement soigné cette année, le Manga Building qui occupe tout l’Espace Franquin. Ce grand immeuble au c?ur d’Angoulême abritera, notamment, une exposition du groupe Clamp, un collectif féminin adulé au Japon.

Quelques événements émailleront le rendez-vous angoumoisin. Les Schtroumpfs fêteront en fanfare leur cinquantième anniversaire, tandis que le cinéaste Luc Besson viendra annoncer qu’il prend sous son aile les éditions Septième Choc et qu’un match d’impro BD opposera les équipes de « Fluide glacial » et « Spirou »?

Moment très attendu du festival, la multitude de prix remis tout au long de la manifestation. Distinguons toutefois le Fauve d’or, prix qui couronne le meilleur album de l’année 2007, ou l’Essentiel Fnac-SNCF, prix du public invité à choisir, via Internet, son album favori parmi une liste de 50 prétendants. Dimanche, l’Académie des Grand Prix désignera le Grand Prix 2008, couronné pour l’ensemble de son ?uvre. Proclamation solennelle depuis le balcon du FIBD.

Festival international de la bande dessinée, du 24 au 27 janvier à Angoulême, de 10 heures à 19 heures avec nocturne samedi jusqu’à 20 heures. Tarif : un pass unique permet d’accéder à la plupart des expositions et animations. Valable sur un ou trois jours. Le prix varie selon l’âge (6 ou 13 euros de 7 à 12 ans, 11 ou 24 euros de 13 à 17 ans, 13 ou 29 euros au-delà, gratuit pour les plus de 76 ans -et non moins de 76 ans comme nous l’indiquions précédemment). L’accès aux concerts de dessins, impros BD et spectacles illustrés n’est pas couvert par le pass. Renseignements au 05 45 38 61 62.

Article de Bertrand Ruiz

24 janvier 2008 - 1 commentaire
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Angoulême 2008 : Les coups de coeur du Directeur

Quelques pistes à suivre, indiquées par un connaisseur, Benoît Mouchart!

Ne demandez jamais à un père de choisir entre ses enfants. Ou à un directeur artistique de vous donner ses préférences au sein de la programmation qu’il a soignée aux petits oignons. Tout de même, Benoît Mouchart avoue quelques coups de coeur parmi les dizaines d’événements qui vont se succéder durant ces quatre jours.

1- As de coeur : Moreau et Rabaté


« Entre eux, c’est une vraie rencontre », se réjouit Benoît Mouchart. Pascal Rabaté a déjà endossé le rôle de dessinateur du tournage de « Louise Michel », film dans lequel jouait Yolande Moreau. L’auteur d’« Ibicus » cernera la confession de la comédienne dans le rôle d’une femme qui vient de tuer son amant. Le dessin de Pascal Rabaté sera « filmé par en dessous à travers une plaque de verre dépolie ».

2 - As de pique : l’Argentine de Muñoz

« Un musée aurait mis deux ans à bâtir l’exposition qu’on a montée en neuf mois pour le CNBDI », estime le directeur artistique du FIBD, qui se réjouit de ce coup de projecteur sur l’école argentine. « On dit que les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens des Incas, et les Argentins du bateau », ajoute-t-il en souriant. L’expo raconte ce cosmopolitisme facteur de bouillonnement culturel. « La bande dessinée adulte existait déjà en Argentine dans les années 30 à 60, avec une ambiance à la Hollywood. Mais ce n’est pas seulement une rétrospective. » À côté de Breccia, de Pratt, de Quino, père de la célèbre Mafalda, la nouvelle génération pointe son trait.

3 - As de carreau : Villes du futur

« Voilà l’exposition la plus scénographiée de cette édition, l’équivalent de ce qu’a été Kid Paddle l’an dernier. Un vrai plaisir grand public. » (lire en page 2-24).

4 - As de trèfle : honneur aux Grands Prix

En consacrant pour la première fois une exposition aux 38 grands prix de son histoire, le FIBD défend une véritable politique des auteurs pour le 9e art. « On essaye de montrer le dessin d’une autre manière, à travers une expérience qui retranscrit la magie des concerts de dessin », explique Benoît Mouchart. C’est Benoît Peeters qui a concocté le film, coeur de l’exposition, qui ausculte chacun des auteurs, sur une musique originale spécialement composée par Bruno Letort.

24 janvier 2008 - Aucun commentaire
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La levée des bulles du festival d’Angoulême 2008

bd_angouleme.jpgFESTIVAL DE LA BANDE DESSINÉE. Les décors du festival commencent à s’élever à travers Angoulême. Aujourd’hui, c’est le tour du pavillon chinois de l’hôtel de ville.

Depuis le 2 janvier, les hommes s’activent, les marteaux résonnent, c’est la levée des bulles. Objectif, offrir du 24 au 27 janvier un décor au 35e festival de bande dessinée. Comme chaque année, Jean-Luc Bittard, directeur technique du FIBD, dirige les grandes man?uvres. Il navigue entre les chantiers et les plans sur ordinateur. Le 2, les travaux ont commencé au Champ-de-Mars, aux allées de New-York, place du Palet, et aux Halles. Cette semaine, l’effervescence festivalière a gagné le Jardin des jumelages, la rue des Frères-Lumière, et la place Saint-Martial. Après le Pavillon chinois qui se bâtit dès ce jeudi dans la cour de l’hôtel de ville, il ne restera plus qu’à aménager une toute petite structure face à la cité administrative.

Moins d’espace. Au total, l’édition 2008 s’ébattra dans un espace plus réduit. « À Montauzier, on bénéficiait de 15 000 m2, aujourd’hui on revient à des 10 000 m² que l’on a connus jusqu’en 2005 ». Il suffit de voir le Champ-de-Mars et ses volumes tout en longueur pour comprendre pourquoi. Jean-Luc Bittard a quand même réussi à y installer des espaces dédicaces d’au moins 9 mètres autour des stands vedettes. Mais le Champ-de-Mars, avec ses 3 000 m2 d’un seul tenant, lui a causé moins de souci que les allées New-York. « C’est un assemblage de structures, relativement complexe ». Il s’agit à la fois d’égaliser les niveaux par rapport à la place Bouillaud, de caser des chapiteaux aux proportions hors normes entre des arbres qui grossissent avec les années et de doubler d’un couloir de circulation de 8 m la voie centrale embouteillée. Bref, un casse-tête chinois. Plus encore que le pavillon qui abritera la délégation de Shangaï. Même si l’arrivée des plans asiatiques a quelque peu déconcerté les ouvriers, qui avaient du mal à identifier l’emplacement du groupe électrogène à l’aide des idéogrammes chinois.

En 2008, le Festival retrouve ses sites traditionnels, après avoir campé en 2006 autour de l’hôtel de ville, puis émigré en 2007 à Montauzier. « Nous avons souhaité réinvestir la place du Palet et le jardin des jumelages, pour y installer un pôle jeunesse et un espace jeunes talents, cohérents avec la proximité de la Maison des auteurs », précise le directeur technique du FIBD. L’édition 2008 retrouve donc la concentration qui fait son charme pour de nombreux aficionados du 9e art.

Article de Haude Giret

La CIBDI, nouvel ovni culturel à Angoulême

cibdi.jpgIMAGE ET BD. Mardi 25 septembre, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image a officiellement vu le jour à Angoulême (16).

Le CNBDI et la Maison des auteurs ont vécu. Ils fusionnent (Les deux structures conservent néanmoins leurs actions et leurs locaux avec une extension aux chais Magelis pour le musée) et donnent naissance à la CIBDI : la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image. Un nom clinquant pour une structure qui aboutit enfin après cinq ans de construction et une difficile élaboration des statuts.

Hier (25 septembre), le préfet de la Charente a officiellement installé le conseil d’administration du nouvel organisme. La CIBDI prend le statut d’établissement public de coopération culturelle (EPCC). Elle sera lancée le 1er janvier 2008. Depuis hier, elle a son président : Michel Boutant.

« Un résultat logique, confie François Burdeyron, le préfet. Le Conseil général finance majoritairement le nouveau pôle et je pense que c’est une solution sage pour la mise en place d’une nouvelle institution. »

Ce qui ne change pas c’est d’abord le nom, déjà évoqué par le CNBDI courant mars. La CIBDI regroupe le CNBDI et la Maison des auteurs. Le Festival de la BD garde son indépendance avec des interrogations quant aux subventions (lire ci-dessus). La structure est donc gérée par un conseil d’administration composé de treize membres répartis au sein des collectivités. Chacune versera une contribution financière : 39 % pour le Département, 26,5 % par l’État, 24,5 % par la Ville et 10 % par la Région. Ce conseil n’affiche pas encore complet. « Il manque deux représentants du personnel et deux personnes qualifiées », explique le préfet. La Comaga désigne Benoît Peeters, auteur, scénariste et romancier tandis que le Conseil général choisit Gérard Balinziala. Manque un vice-président dont la candidature est reportée. Malgré un organigramme clairsemé, la structure deviendra officielle au 1er janvier et verra son siège trôner au CNBDI. « Mettre à une même table les partenaires de la BD, faire venir le financement au même endroit et définir des statuts précis va permettre de valoriser les actions sur la bande dessinée », conclut François Burdeyron.

Un directeur ? Même discours du côté du nouveau président : « Nous avons la volonté d’amplifier, dans tout le département, l’image de la ville de la BD et de l’image animée. L’installer dans l’esprit des Charentais. » Qui dit ample structure, dit plus gros appétit : « Il faut également viser au-delà de nos frontières, rendre plus lisibles et visibles nos actions au niveau international. »

Angoulême, ville culturelle, deviendra grande. En attendant, le conseil d’administration a de quoi se mettre sous la dent. « Il nous faut en effet assurer tous les transferts du CNBDI et de la Maison des auteurs, énumère Michel Boutant. Mener à bien les chantiers du musée de la bande dessinée aux chais Magelis, discuter des conventions à passer avec le FIBD mais également étudier un rapprochement entre les Studios Paradis et l’EPCC. »

Un sujet brûlant puisque, selon les statuts précis de cet EPCC, le cinéma ne rentre pas en ligne de compte dans la structure. Une solution : trouver une convention ou un lien qui permettrait ce rapprochement sans parler d’intégration. La préfecture ne serait pas contre. La Direction des musées de France devrait se prononcer d’ici la fin de l’année.

Une réunion le 31 octobre finalisera le conseil d’administration qui sera appuyé par un conseil d’orientation constitué de professionnels de la BD.

Mais qu’en est-il du directeur de la CIBDI ? Michel Boutant réserve sa réponse. « Ce qui est sûr c’est que je vais quitter la présidence de Magelis pour ne pas cumuler. Quant au directeur, je ne me prononce pas pour l’instant ». Deux noms dans la balance. Gilles Ciment, président de la Maison des auteurs et Puria Amir Shahi, responsable de la circonscription médico-sociale de Confolens. Le conseil d’administration a placé Gilles Ciment, une solide référence dans le monde de la BD, en première position. Au nouveau président de trancher. « Je peux juste dire que je me déciderai très rapidement. »

Article de Emmanuelle Chiron

28 septembre 2007 - Aucun commentaire
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Les prud’hommes déboutent Jean-Marc Thévenet

thevenet.jpgFESTIVAL DE LA BD D’ANGOULEME. L’ancien directeur, remercié en mars 2006, jugeait son licenciement abusif. Le Conseil des prud’hommes d’Angoulême ne l’a pas suivi et l’a débouté hier de toutes ses demandes.

Hier, le conseil des prud’hommes d’Angoulême a débouté Jean-Marc Thévenet de toutes ses demandes. L’ancien directeur général du Festival international de la bande dessiné d’Angoulême (FIBD) avait été remercié en mars 2006. Il jugeait son licenciement abusif, contestait la notion de « faute grave » qui lui était reprochée, et demandait à ce titre plus de 230 000 euros de dommages et intérêts.

Hier, donc, les prud’hommes n’ont pas suivi Jean-Marc Thévenet. Ils ont jugé que le licenciement reposait bien sur une faute grave. En l’occurrence, le directeur général du FIBD n’avait pas à cumuler deux postes : celui pour lequel il était payé par l’association angoumoisine et celui qu’il exerçait pour la Biennale d’art contemporain du Havre.

Selon le FIBD, ces deux fonctions étaient incompatibles.

En outre, il était reproché à Jean-Marc Thévenet d’avoir utilisé du personnel du festival basé dans ses bureaux parisiens au profit de la Biennale du Havre.

Selon la déposition de Jocelyne Morin, l’une de ses collaboratrices, Jean-Marc Thévenet passait les deux-tiers de son temps à l’organisation de la manifestation havraise.

Selon Me Monique Pelletier, l’avocate de Jean-Marc Thévenet, cette « mission de consultant pour la Biennale était limitée dans le temps et de notoriété publique ». L’ancien directeur général ajoutait que son contrat avec Angoulême ne faisait état d’aucune clause d’exclusivité.

Toutes les tentatives de conciliation entre les deux parties avaient échoué.

Le jugement prononcé hier est susceptible d’appel.

25 septembre 2007 - Aucun commentaire
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Un secteur animé

IMAGE ET BANDE DESSINÉE. Ça bouge beaucoup du côté de Magelis, du CNBDI, de la Maison des auteurs et du festival de la BD. Un état des lieux s’impose

Le petit monde de l’image et de la bande dessinée ne bulle pas. Son actualité est riche mais complexe. Aujourd’hui, cela bouge beaucoup du côté de Magelis, du CNBDI, de la Maison des auteurs et du Festival international de la BD (FIBD).  
 
1. La nouvelle stratégie de Magelis
 
  
À la mi-juin, le comité syndical de Magelis devait se pencher sur les conclusions d’une étude de positionnement et statuer sur son avenir. Las ! Le dossier fut reporté à l’automne. « La prospective attendra », disait en substance le président du Conseil général, Michel Boutant. Cela n’avait guère plu à François Bonneau, l’élu du canton de Rouillac, qui avait ouvertement parlé de « problèmes de gouvernance », s’interrogeait sur le départ de la directrice Hélène Djilas, et se demandait si le vaisseau ne tanguait pas ?
 
Hier matin, Michel Boutant organisait une conférence de presse, histoire de rappeler qu’il tenait bon la barre et que Magelis avait une réelle stratégie. En quelques mots : priorité au développement économique, avec toujours plus de films d’animation et de fictions TV réalisés à Angoulême. Par ailleurs, Magelis veut se faire connaître à l’étranger, notamment au Japon.
 
Certes, l’étude de positionnement ne sera examinée qu’en novembre, mais ce retard serait lié à l’analyse de nouveaux éléments, comme la prochaine création du fameux EPCC, l’Établissement public de coopération culturelle, qui va tout chambouler à Angoulême.
  
2. La fusion CNBDI Maison des auteurs

Des années qu’on en parle : au 1er janvier 2008, le CNBDI et la Maison des auteurs vont disparaître et se fondre dans l’EPCC, qui chapeautera également le futur musée de la BD, actuellement en construction sur les bords de la Charente. Le conseil d’administration de la nouvelle structure sera officiellement installé le 25 septembre, lors d’une réunion dans les grands salons de la préfecture. On y trouvera onze personnes : quatre représentants du Conseil général (Michel Boutant, Philippe Lavaud, François Bonneau et Franck Bonnet), deux représentants de l’État (le préfet et le directeur des affaires culturelles), deux représentants de la ville (Philippe Mottet et Jean Mardikian), un représentant du Conseil régional (Daniel Opic) et deux personnalités qualifiées (pour le Conseil général et la Comaga).
 
Le 25 septembre, le conseil d’administration de l’EPCC élira un président. On sait que Jean Mardikian, actuel président du CNBDI, se dit prêt à relever le défi, « afin d’assurer en douceur la transition entre la vie associative et la vie publique ». Dans un deuxième temps, l’EPCC se dotera d’un directeur. Vingt-quatre personnes ont postulé ; six restent sur les rangs. Pour l’heure, aucun nom ne filtre. Ici et là, on prononce celui de l’éditeur Thierry Groensteen, mais il ne s’agit que d’une rumeur. Une certitude, en tout cas : Jean-Marie Compte, l’actuel directeur du CNBDI, est sur le départ ?
 
Fut un temps, il avait été envisagé que le FIBD intègre l’EPCC. Cela n’est plus d’actualité. Le festival a choisi la voie du privé. Reste que toutes les subventions que l’État accorde à la manifestation transiteront par l’EPCC. Parmi les sujets sensibles, rappelons enfin que Magelis aimerait que la gestion des Studios Paradis (ce « musée » du cinéma en faillite) soit confiée à l’EPCC.

3. La nouvelle dimension du festival de la BD

Pendant ce temps, le FIBD se tourne donc vers le privé. L’association historique cède l’organisation de l’événement à une SARL à « vocation culturelle et à but non lucratif » dirigée par Franck Bondoux. La mairie d’Angoulême réfléchit à la rédaction d’une convention avec cette société. Le futur EPCC devra faire la même chose.
 
Avant-hier, on apprenait également que le FIBD s’était rapproché de deux nouveaux partenaires d’envergure nationale : la Fnac et la SNCF. Question : le lien affectif avec Michel-Édouard Leclerc (qui a sauvé la manifestation) est-il rompu ? Réponse le 23 octobre, lors d’une conférence de presse en présence d’Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, et de Denis Olivennes, le patron de la Fnac.
  
Article d’Olivier Sarazin

22 septembre 2007 - Aucun commentaire
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