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« Commando Torquemada », tome 2 « Dominique, nique, nique… », de Xavier Lemmens et Philippe Nihoul. Fluide glacial.

commando_2.jpgA la demande unanime de Marie Bruneau, qui déclare sur le blog, « Ben… Pas de critique du tome 2 ? Il est encore plus fou, plus beau… », nous cédons à la pression. D’abord parce qu’elle n’a pas tort (même si je persiste à préférer le premier), ensuite parce que les éditions Fluide glacial ont l’intelligence de nous servir un Ovni.

On retrouve les personnages récurrents du tome 1. D’abord son éminence Juan Carlos Albuferque, chef cynique des services secrets de sa Sainteté et qui prie pour occuper la chaire de ce dernier. Il n’en faudrait d’ailleurs pas beaucoup, car le pape en question a tout du nabot et de la momie ambulante, bien qu’il patauge dans une piscine digne du Club Med. Mais il y a un problème au sein de cette sacro sainte religion: son égérie chantante, la Sœur Dominique, apprécie de plus en plus l’héroïne, passe sur scène pour la pire des punks et crache à la gueule des scouts les plus benêts. Bref, ça fait désordre, d’où l’obligation de rappeler le trio sous-marin du Vatican en guise de gardes du corps de la moralité dominicaine. Un trio composé d’une bonne sœur très sexy et de deux curetons timbrés qui tirent des balles au curare sur les passants pour rompre l’ennui. On verra que cette petite bande va avoir quelques difficultés à faire entendre raison à la chanteuse de cantiques, d’autant qu’ils ne son pas eux-mêmes des aficionados des Petits chanteurs à la croix de bois. Mais que l’on se rassure, le dénouement ne sera pas moralement chrétien.

Un plaisir de dérision dessiné au couteau. Alors, Marie, heureuse?

46 pages, 11,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

14 juillet 2008 - Aucun commentaire
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« Auto Bio » par Cyril Pedrosa. Editions Audie - Fluide Glacial.

autobio.jpgDire que Cyril Pedrosa a un temps douté de ses capacités d’auteur à part entière ! Le créateur inspiré de « Trois Ombres » (Delcourt) ou du moins connu (à tort) « Les cÅ“urs solitaires » (Dupuis) démontre avec cet « Auto Bio » que non seulement il y arrive très bien mais qu’il peut aussi être très drôle, tout en restant pertinent. Et ce sur un créneau plutôt pointu, celle de l’autofiction militante. Cyril Pedrosa et sa petite famille, écolos convaincus, entendent mettre en pratique au quotidien les bons réflexes du développement durable. Ils s’y appliquent, avec plus ou moins de bonheur… Pedrosa puise dans sa propre expérience, mais recentre, retravaille, exagère, met en scène le tout avec une bonne dose d’autodérision. Tout y passe, du tri sélectif au vélo made in Amsterdam en passant par les achats bios ou le bilan carbone supposé du sorbet à la mangue. Pedrosa joue des grandes déceptions, du décalage entre la pratique et la théorie, de victoires plus ou moins morales et des petites lâchetés quotidiennes – dû pour part à une passion coupable pour les saucisses cocktail chimiques – pour croquer son quotidien avec l’humour et la distance nécessaire. Que du bonheur. Quoi que… Il est bio, le papier, là ??


48 pages, 9,95 euros.


Chronique de Philippe Belhache
 

9 juillet 2008 - Aucun commentaire
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« Commando Torquemada », tome 1 « Pour la plus grande gloire de dieu », de Philippe Nihoul (scénario) et Xavier Lemmens (dessin et couleurs). Fluide Glacial.

torquemada1.jpgOn a ici un ouvrage beaucoup plus jovial que le « Janitor » sur un même thème, des agents secrets du Vatican. Mais ici l’humour triomphe à partir des dialogues savoureux et déjantés.

Postulat de départ: il faut récupérer la lance qui a percé le flanc du Christ et qui a pas mal bourlingué au fil des siècles. Pour cela on réunit le Commando Torquemada mis au ban du Vatican depuis une mauvaise manipulation: chargé de verser du LSD dans le vin de messe de monseigneur Lefébure afin de discréditer le commando en a inondé les hosties par erreur et 200 ouailles se sont retrouvés nus sur le parvis de Saint-Nicolas du Chardonnay.

Le fameux commando se compose de sœur Sarah, aussi bien roulée que fervente croyante, de frère Feargal, prompt à dégainer son colt, et d’un petit gros nommé frère Malache et spécialiste des plantes rares, si possibles euphorisantes. Ce dernier a d’ailleurs mis son grain de sel dans le très couru élixir du couvent dans lequel il est confiné. Extrait des résultats: « la reine mère des Pays-Bas a dû se faire placer un anus artificiel, ses sphincters ont lâché lors de la remise de lettres de créance de l’ambassadeur du Japon. » Quand au grand duc du Luxembourg, lui aussi grand amateur de l’élixir en question, il menace de se convertir à l’Islam.

Bref on a entre les mains un sacré trio lancé à la recherche de cette lance sacrée non sans un certain cynisme dans les dialogues et les situations. Le dessin correspondant parfaitement au scénario avec des tons pâles mais des silhouettes inoubliables. Attention à la crise de rire…

46 pages, 11,95 euros. Couverture souple mais papier costaud.

Chronique de Jean-Marc Lernould

20 août 2007 - 2 commentaires
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« Minimal » de Manu Larcenet

Dans un hommage collectif à Pierre Desproges paru il y a quelques mois (Jungle), Gaudelette se mettait en scène avec Manu Larcenet pour illustrer le fameux sketch du maître consacré aux juifs. Le dialogue aboutissait à la conclusion qu’aujourd’hui, « on ne pourrait plus le faire » Visiblement, du moins chez Larcenet, ce blocage n’existe plus. « Minimal », revue d’art graphico-narratif à phylactères incorporés à l’usage des cons et des mal nantis, se révèle un pilonnage intensif et jouissif de tabous de toutes sortes (nazisme, religion, sexualité), sous la forme de sept « revues » pré publiées dans les feuilles de Fluide Glacial, le journal. Une approche au vitriol jouant pour une bonne part sur l’autodérision. Larcenet n’hésite pas à se caricaturer en profiteur du système, le poing tendu, les valises pleines de billets. Ou même en toge et lauriers, hommage ostensible au maître Gotlib… Mais surtout, « Minimal » est l’occasion de refaire connaissance avec cet auteur polyvalent sur le plan graphique, qui use là de plusieurs facettes de son indéniable talent. Certains y verront inévitablement du pillage (les admirateurs de Blutch et de Winchluss ne sont pas tendres avec Larcenet), d‘autres simplement les expérimentations de l’artiste. Chacun jugera, rien n’est jamais si simple. D’autant que l’homme est porté par un succès populaire qui ne semble pas devoir se démentir. Les esprits chagrins devront s’y faire. Même rejetée par une certaine intelligentsia, l’oeuvre de Manu Larcenet reste une passerelle privilégiée du courant alternatif vers un public plus large.

« Minimal » de Manu Larcenet, Fluide Glacial.

Chronique de Philippe Belhache.

11 février 2006 - Aucun commentaire
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