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« La Licorne », tome 2 « Ad Naturam », de Gabella et Jean. Delcourt.

ad_naturam.jpgLe premier tome avait enchanté, le second le surpasse. Qu’il s’agisse du scénario de Mathieu Gabella ou du dessin d’Anthony Jean, l’objet est superbe, qui plus est assorti de huit pages d’un cahier graphique réservé à cette édition.

L’univers des deux auteurs a pour cadre le seizième siècle et met en scène des pointures de la nouvelle médecine comme Ambroise Paré ou Paracelse, des Asclépiades menés par Nostradamus,et partisans d’exploiter l’ancien savoir médical, et enfin l’Église qui entend bien faire triompher la religion contre la science. Tout ce beau monde côtoie d’étranges créatures, les « primordiaux », sortes d’écorchés de légendes tels Cerbère ou le centaure Chiron, et d’autres infiniment plus petits, les « mycrobios ». Ces derniers sont au centre d’un complot qui transforme peu à peu le corps humain depuis un siècle.

Les références sont nombreuses. Les différentes tapisseries de « la Dame à la licorne » forment un puzzle dont il faudra à la secte des Asclépiades reconstituer l’énigme, l’Ad Naturam (ADN) voisine avec l’esquisse d’un mouvement perpétuel imaginé par Léonard de Vinci, dont le tableau « la Cène » est représenté, et une chimère à quatre bras crucifiée nous ramène à son fameux croquis du nombre parfait.

Dans le making of en bout d’album, les auteurs avouent leur goût du merveilleux, de l’histoire, et leur passion pour la science médicale. Une fusion dont le dessinateur Anthony Jean n’a pas voulu faire une énième héroïc fantasy en ne se contentant pas d’un unique travail sur ordinateur (seule la couleur y a droit) mais par le biais de l’aquarelle, d’un lavis qui installe de savants jeux de lumière. On a ainsi l’occasion d’admirer de magnifiques intérieurs d’édifices religieux, accentués par des cadrages appropriés, tel ce laboratoire secret dont le dédale rappelle le labyrinthe de la bibliothèque-donjon du « Nom de la rose ». D’autre part les traditionnelles pages de garde perdent avec bonheur leur virginité pour revenir sur la biographie des personnages de l’époque et sur l’histoire de la médecine et de ses techniques.

Vivement le troisième tome qui devrait débuter dans l’Italie de la Renaissance, et à Venise s’il vous plait. Un décor sublime pour cette bataille titanesque entre le scientifique et le religieux.

56 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

20 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Les yeux de W », James Boon 07, tome 1. De Gabella et Audibert. Bamboo.

boon.jpgPastiche quand tu nous tiens ! Le genre a toujours eu sa place en bande dessinée. Il atteint cependant des sommets dans son exploitation systématiques, entre les multiples avatars d’Harry Potter et les non moins multiples titres de Pierre Veys (Baker Street, Philip et Francis ou plus récemment Malgret). James Boon 007 se démarque en ce sens qu’il se contente d’adapter les codes du mythe Bond à un univers de pirates. Pour le reste, c’est pur jus de cervelle et délire garanti. Gabella tricote sur son récit sur la base de quelques trouvailles de bon aloi – James Boon est le seul homme à avoir survécu à l’enfer d’une école de la marine… pour filles – pour bâtir une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Car ce qui prédomine à la lecture, c’est une impression de fouillis qui tend heureusement à s’estomper en fin d’album. L’excès et la profusion nuisent à la lisibilité du scénario. Gabella sait où il va, mais n’est pas toujours facile à suivre, loin s’en faut. Le graphisme d’Anthony Audibert est à l’unisson, dans une ligne proche de la démarche d’Alfred ou de Cyril Pedrosa. Ce premier opus refermé, il reste un ton et un univers qui peuvent être exploités, on espère pour le meilleur.


48 pages, 9,45 euros

Chronique de Philippe Belhache

14 septembre 2007 - Aucun commentaire
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