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« Le Cercle de Minsk », tome 3 « Au Nom du père », de Frank Giroud et Jean-Marc Stalner. Glénat.

minsk-3.jpgL’aventure a été lancée chez Albin Michel en 2006, via deux albums que l’on allait finir par croire sans suite. Heureusement, Glénat a récupéré le (beau) bébé, car il aurait été dommage de voir un scénario de Giroud se finir aux oubliettes. Avec son collègue Jean-Marc Stalner au dessin, et la coloriste Jocelyne Charrance, on peut donc poursuivre cette intrigue savamment orchestrée.

Tout avait débuté au Brésil lorsque le médecin Iannis apprend la mort « accidentelle » de ses parents, et rejoint sa sœur en Allemagne pour leurs funérailles. Mais derrière ce début banal apparaît une trame beaucoup moins innocente et empreinte d’ésotérisme, avec la découverte d’un pan de tissu énigmatique marqué d’une lettre hébraïque, « schin ». Iannis et sa frangine vont vite apprendre à leurs dépens que cette pièce appartient à un puzzle âprement convoité par de redoutables tueurs. Ce lambeau de tapisserie est en réalité l’une des clefs qui permet d’accéder à un précieux trésor dérobé aux nazis, par cinq soldats idéalistes qui ont effectué leurs premières armes au sein des brigades républicaines espagnoles. Dégoûtés du communisme stalinien, ils rêvent d’un monde utopique et fondent le « Cercle de Minsk » dont l’objectif est d’amasser une fortune suffisante afin de concrétiser leur rêve. Une charge que chacun transmettra à sa mort à la personne de son choix, Iannis recevant la clef de son père, 60 ans après la création du Cercle. Quelqu’un a-t-il trahi? Et ces héritiers malgré eux parviendront-ils à s’extraire de la forêt amazonienne? On en saura un peu plus avec ce troisième volet, qui ne sera pas le dernier. Tant mieux.

Au total la série doit comporter cinq tomes, et le passage chez Glénat nous vaut deux nouvelles couvertures pour la réédition des volumes 1 et 2.

48 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

16 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Les gouttes de Dieu, de Tadashi Agi & Shu Okimoto. Glénat.

gouttesdedieu_01.jpgOn trouve de tout sur la planète manga, c’est désormais chose admise. Mais toute en connaissant la passion que peuvent nourrir les Japonais pour le vin et son univers, le lecteur averti pouvait nourrir quelque appréhension à ouvrir « Les gouttes de Dieu ». Un titre énigmatique, de multiples références à l’œnologie de haut niveau, une mise en page classique, un graphisme élégant qui évoque plus les grandes heures du shojo des années 90 que les galipettes ninja du XXIe siècle… Ce manga, malgré ses très grandes qualités,  a tout du repoussoir pour un public mangavore européen encore adolescent. Son succès n’en est donc que plus méritoire.


Le scénariste Tadashi Agi, à vrai dire, s’en est donné les moyens. L’homme met en scène ses personnages dans un contexte de chasse au trésor sur fond de culture œnologique, avec ce qu’il faut de naïveté dans le comportement des personnages pour capter le néophyte et faire œuvre de pédagogie. Le pitch ? Shizuku Kanzaki est le fils d’un œnologue de renommée mondiale. Jaloux de l’amour de son père pour le vin, il s’en était éloigné, refusant même de goûter au divin breuvage. D’où l’idée de ce spécialiste vieillissant de mettre son fils à l’épreuve après sa mort. L’héritage de Yankata Kanzaki est subordonné à la résolution de douze énigmes, douze vins à retrouver. Plus un treizième, les « Gouttes de Dieu », le vin idéal selon le maître œnologue. Pour corser le tout, ce dernier a mis son fils en compétition avec un œnologue déjà bien implanté sur la place, brillant autant qu’ambitieux, mais dépourvu de sensibilité et de réelle qualité de cœur.


Ce personnage principal, doté pour sa part d’un palais hors pair, éduqué sans le savoir par son père à identifier les saveurs principales mais dépourvu de toute culture œnologique, est le Candide parfait pour Tadashi Agi. L’auteur peut ainsi avancer à pas comptés dans l’univers des amateurs de vin, entre considérations de base et commentaires de spécialistes. Ceci sans parti pris régionaliste, ni même nationaliste, quand bien même les vins français se taillent la part du lion dans les descriptions. Epaulé par une jeune (et jolie) sommelière en formation, un barman compatissant et un maître œnologue fantasque, le jeune Shizuku fait son apprentissage du vin et le lecteur avec lui. On en oublie presque que l’intrigue se déroule au Japon… Certains partis pris ou descriptions peuvent paraître outrées, mais Agi s’appuie sur une connaissance certaine des vins et une documentation solide. Il est efficacement épaulé dans ses descriptions par Shu Okimoto, lequel apporte à cette fresque classique élégance et fluidité, opposant la stylisation de certains plans à la précision presque maniaque des scènes de gastronomie et surtout de la présentation des différents crus.


Ce roman fleuve, initialement paru au Japon chez Kodansha, est l’une des valeurs montantes du catalogue Glénat. Il n’a certes pas fini de faire des adeptes dans nos régions. Le troisième tome est annoncé chez Glénat pour la fin août. La série en compte déjà seize au pays du Soleil Levant.

Chronique de Philippe Belhache

Les gouttes de Dieu, de Tadashi Agi & Shu Okimoto. Glénat. 8,99 par numéro.
Le tome 3 est programmé pour le 27 août.
  

17 août 2008 - Aucun commentaire
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« Flor de Luna », tome 2 « La Finca Don Diego », de Boisserie, Stalner et Lambert. Glénat.

flor-de-luna2.jpgAttention, fumer tue… Et l’on s’en est d’ailleurs aperçu dès les premières planches du tome 1. Il est d’ailleurs intéressant de comparer les goûts des différents amateurs de cigare de l’histoire : Antoine Chatel préfère un Flor de Luna du soir dans la première partie, tandis que l’impitoyable Kathryn Porter les savoure plutôt le matin, chacun avec son cérémonial bien particulier.

Donc nous sommes à Genève, de nos jours, et le dernier nabab du cigare, le sieur Porter, vient se faire occire. Son secrétaire, Antoine Chatel, que tout désigne comme le coupable idéal, s’insère dans l’ordinateur de son patron pour retrouver l’origine de cette lignée de cigariers, ce qui nous ramène - après une traversée maritime mouvementée - dans le Cuba de 1826, où les nègres sont traités comme du bétail. Don Diego, humaniste convaincu, créé sa propre exploitation, trafique avec des contrebandiers et cache les raisons de sa fuite d’Espagne. Son penchant pour la belle et riche Lucia va être contrecarré par l’officier Portero, ignoble au plus haut point.

Les auteurs sont exemplaires dans leur démarche et dépeignent à merveille ce Cuba cosmopolite où les rivalités de pouvoir en laisseront plus d’un sur le carreau. Stalner officie au scénario avec Pierre Boisserie, mais également au dessin avec Éric Lambert. Mention spéciale aux coloristes Bruno Pradelle et Rémy Langlois, qui donnent un surcroît de chair à cette saga, où l’on précise : « J’en suis venu à me dire, après toutes ces années, que cette île n’aimait pas les hommes et qu’elle le leur faisait chèrement payer ». Bienvenu en enfer.

48 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

22 juillet 2008 - Aucun commentaire
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« Uchronie(s) », « New York » tome 1, de Corbeyran et Defali. Glénat.

uchronies.jpgCorbeyran continue d’amasser les albums, et ce n’est qu’un début puisque la série « Uchronies » comprendra au total 10 albums: 3 volumes pour New Byzance, autant pour New Harlem et New York, l’épilogue devant être dessiné par Chabbert. Pour ce premier tome de « New York », c’est Defali qui a pris le graphisme en main, prolongeant le réalisme de la saga. Cette fois le récit se déroule à notre époque, contrairement au futurisme des albums parallèles, et la fameuse uchronie ou histoire décalée, est absente.

On assiste au réveil de Zack Kosinski, un jeune homme plongé depuis dix ans dans le coma, qui va découvrir peu à peu sa véritable identité. Les mystères à percer sont en effets nombreux, depuis le rôle de son père, qui a provoqué ce long sommeil, à l’étrange et confortable compte en banque qui lui est attribué, en passant par l’étroite surveillance dont Zack fait l’objet. Il n’est guère assisté dans sa quête de vérité que par Tia, une infirmière qu’il a convaincu de travailler pour lui, et qui semble elle-même cacher quelques secrets. Il devra également élucider l’origine d’une certaine prescience qui fait surgir des visions, et un léger malaise. Quelle est la vraie réalité pour Zack, qui navigue entre trois mondes?

54 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

12 juin 2008 - Aucun commentaire
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« L’Ultime chimère », tome 1 « le Patient 1167 », de Bollée, Héloret et Griffo. Glénat.

ultime_chimere.jpgCela s’appelle « l’Ultime Chimère », et pourtant les six autres albums à venir sont déjà pourvus d’un titre et d’auteurs… C’est donc une série annoncée, concoctée par Bollée, et le plus souvent mise en dessin par Griffo. Ce dernier aura cependant quelques collaborateurs, par exemple Héloret pour ce premier volume, mais qui ne signe que les planches 1 à 3, introduisant un objet, ou plutôt un être non identifié, qui se crashe sur la planète Terre quelques millénaires avant Jésus-Christ. Puis Griffo récupère les commandes du vaisseau vers 2129 de notre ère, vaisseau dont les lignes pyramidales, « chef-d’œuvre d’architecture nouvelle » dans le récit, font fortement penser à une création pas si nouvelle que ça, celle qui traverse le Paris de Nikopol, dans l’univers de Bilal.

Nous avons donc une fondation, dirigée par le richissime Arthur Witzler, dont le but est de recenser les phénomènes inexpliqués. Or le big boss décide de la fermer (la fondation), alors que l’un de ses archéologues attitrés réalise une grande découverte en Australie, mettant la préhistoire en péril. Il semble d’autre part que le patient d’un asile psychiatrique (ce genre d’établissement a très bonne presse en BD…), un certain Morgan Shepherd, accapare l’attention, pour la simple et bonne raison qu’il serait interné ici depuis 162 ans. Bref, tout ce beau monde va converger dans la pyramide nomade, dans l’idée d’éclaircir quelques points de la genèse humaine, avec une conjonction de temps peu ordinaire. Il suffit d’y croire, mais là, c’est pas gagné.

48 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

3 juin 2008 - Aucun commentaire
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« Tanâtos » tome 2, « le Jour du chaos », de Didier Convard et Jean-Yves Delitte. Glénat.

tanatos2.jpgÇa y est, l’ersatz de Fantômas remet ça, dans un deuxième volume dont un logo entend faire la fin du diptyque tandis qu’une promo interne annonce « le Mystère du Lusitania » à paraître en novembre 2008. On sent donc venir la série au grand galop, où plutôt sur les drôles d’engins conçus par le génie du mal Tanatôs. Mais la reprise du concept vaut le coup pour les amateurs de Souvestre et Allain, sur un dessin très aguichant de Jean-Yves Delitte (le Paris de 1914 est très bien léché).
Rappelons que ce cruel personnage, habillé façon SM, déclenche à lui seul la première guerre mondiale en jouant sur la cupidité des marchands de canon français et allemands. Ses bases secrètes n’ont rien à envier aux repaires des méchants de James Bond, tandis que les détectives de l’agence Fiat Lux (sic) bénéficient également d’une technologie hors pair.

L’uchronie demeure (on trafique l’histoire pour en faire juste ce qu’il faut de SF), mais la présence d’une croix gammée en 1914 laisse songeur (Hitler n’était encore qu’un peintre raté).

La bonne vieille pègre survit cependant avec des sbires comme Tue-la-Peur ou Mort-en-Coin, et, malgré des emprunts multiples Tanatôs reste agréable à lire. D’autant que comme on le fait dire à Jean Jaurès à la veille du grand chaos, « l’or est un fonds de commerce ». Ça ne vous rappelle rien par les temps de guerre qui courent?

56 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

22 février 2008 - 1 commentaire
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« Uchronie[s], New Byzance », tome 1 « Ruines », de Corbeyran et Chabbert. Glénat

new_byzance.jpgL’insatiable Corbeyran remet le couvert avec une nouvelle série qui se déclinera en trois tomes, « Uchronie[s] » et qui vient de débuter avec « New Byzance » dessiné par Chabbert. Précision utile car chacune des trois histoires (composées de trois tomes, plus un dixième qui servira d‘épilogue) se verra confiée à un illustrateur différent: Defali prendra « New York » en main tandis que « New Harlem » sera dévolu à Tibery.

L’uchronie est un style qui vise à réécrire l’histoire en en faisant dévier légèrement (franchement parfois…) certains éléments. Dans « New Byzance », les ultras musulmans ont pris le pouvoir (dans « New Harlem » Martin Luther King sera le premier président noir des USA). La ville restera cependant la même (New York) mais sous trois futurs et trois décors différents (Voir le mini site www.glenatbd.com/uchronies) et avec le même héros, Zack Rosinski.

Donc, sous cette nouvelle Byzance, il est particulièrement difficile d’échapper à un ordre établi d’une main de fer. Et l’un des personnages, Zack, un « prescient » chargé de soigner les déviants par ses propres rêves, va l’apprendre à ses dépens (ça ne vous rappelle un film récent?). Et si le voile se fait plus petit qu’une burkka, une femme qui sortirait sans cet accessoire passerait pour une moins que rien, et malheur à celles dont le mari est infidèle: ce sont-elles qui payent.
Mention très bien pour les dessins de Chabbert, notamment les décors, le tout enjolivé par les couleurs de Luca Malisan (précisons que toutes les couvertures seront réalisées par Richard Guérineau).

Bref, il faudra choisir au final entre trois univers parallèles, en notant que Glénat n’est pas près d’abandonner son filon: un scénariste et pléthore de dessinateurs pour sortir rapidement l’ensemble de la série (trois ans pour la totale d‘  « Uchronie[s] ». Jusqu’ici nous n’avons pas à nous en plaindre…

54 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

21 février 2008 - 1 commentaire
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« Ruines », New Byzance 1, Uchronie(s), d’Eric Corbeyran et Eric Chabbert. Editions Glénat.

byzance1.jpgUn scénariste, plusieurs dessinateurs pour plusieurs aventures parallèles menant vers une conclusion unique… Jacques Glénat devient familier de ces opérations à tiroirs, performances scénaristiques faisant intervenir plusieurs dessinateurs sur une même saga, variations de styles et parutions rapprochées à la clef. Pierre Boisserie s’y est collé avec l’ambitieux « Voyageur », voici l’auteur bordelais Eric Corbeyran pour « Uchronie(s) », un trio de triptyques – New Byzance, New Harlem, New York – couronnés d’un album « Réponses ». Le postulat est malin, le slogan parlant : « une même ville, trois réalités ». Jouant  astucieusement sur le principe des réalités parallèles et celui du « what if ? » cher à l’uchronie – une bifurcation du cours de l’Histoire – il plonge un même groupe de personnages dans des contextes très différents, mais visiblement pas étanches. La technique, bien connue des amateurs de comics, reste peu usitée dans le domaine franco-belge. Corbeyran a visiblement pris du plaisir, tout autant qu’il entend en donner.  Le premier volume, qui trouve place dans une mégalopole régie par une religion à tendance fondamentaliste, est diablement intrigant. L’homme joue les sur le choc des cultures, ouvrant nombre de perspectives. Corbeyran a pu s’appuyer, pour la création de ce nouvel univers, sur le style classique mais solide d’Eric Chabbert (« Nova Genesis » avec Boisserie, Glénat), lequel a créé une architecture spécifique pour cet univers orientalisant. Les deux autres triptyques seront gérés par Tibery et Defali. De la belle ouvrage, qu’il faudra juger à l’aune de l’œuvre complète, les trois séries devant se compléter entre elles. A noter que les couvertures sont toutes signées de Richard Guérineau, complice de Corbeyran sur « Le chant des Stryges » (Delcourt).

48 pages. 12,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

17 février 2008 - Aucun commentaire
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« Sherlock », tome 1 « Révélation », de Didier Convard, Eric Adam et Jean-Louis Le Hir. Glénat.

sherlock_revelation.jpgOn savait le scénariste Convard (ici épaulé par Adam) très productif mais le dessin de Le Hir ne tremble pas non plus puisque après « Une Nuit chez Kipling », album très réussi paru cet automne chez Vents d’Ouest il profile - cette fois en couleur - les débuts du futur grand détective Sherlock Holmes. Quant à Adam il a aussi scénarisé « la Tranchée » il y a peu, toujours chez Vents d’Ouest.

Ici Convard s’attaque au jeune Sherlock en ciselant un personnage à peu près incapable de tout mis à part son penchant pour l’aventure et son sens aigu de l’observation. Il s’essaie à l’archéologie en Égypte en 1877 mais le suicide de sa mère l’oblige à regagner précipitamment le manoir familial. Or le limier en devenir démontre rapidement qu’il s’agit d’un meurtre et engage l’enquête avec son frère, finissant par tomber sur un certain Moriarty dont la vraie personnalité en surprendra certains.

On trouve déjà chez Sherlock junior le sens de la déduction et bien qu’il ne fume pas encore la pipe apparaissent déjà le violon et la cocaïne, ainsi que la fameuse casquette.
Le Londres du XIXème siècle s’impose largement ces derniers temps comme décor BD, mais il faut admettre qu’il y a encore de quoi y implanter quelques mises en scène.
Au final « Révélation » est un premier tome agréable pour les amateurs de polars victoriens, mais qui gagnerait sur ce tableau à se montrer un peu plus cérébral et complexe.

48 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

« Tanatos », tome 1 « L’Année sanglante », de Didier Convard et Jean-Yves Delitte. Glénat.

tanatos_1.jpgNon, malgré les apparences, il ne s’agit pas de l’adaptation d’une aventure de « Fantômas ». N’empêche que l’influence est criante entre l’infâme Tanatos et le Génie du mal créé par Souvestre et Allain. On trouve de fortes similitudes entre les costumes masqués, les machines extraordinaires en avance sur leur temps (nous sommes en 1914 en France), des cachettes secrètes, et meurtres horribles, des plans machiavéliques et même un tandem inspecteur/journaliste qui se réfère au couple Juve/Fandor.
Il ne s’agit pour pas d’un plagiat car le scénario reste original, avec l’accent mis sur Jean Jaurès et les socialistes qui, opposés aux nationalistes, essaient d’éviter la guerre contre l’Allemagne.

Avec Tanatos, les marchands de canons en prennent pour leur grade car cet as du déguisement ne souhaite que prendre leur place pour faire fortune. « Je bâtirai mon empire sur un monceau de cadavres » prévient le fourbe. Mais cela n’a-t-il pas été vraiment le cas avec nos chers industriels?
Le dessin de Jean-Yves Delitte est magnifique de détails et rehaussé par les couleurs de Frédérique Avril. Bref, un très bon divertissement, et encore merci à Fantômas…

48 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

31 janvier 2008 - Aucun commentaire
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