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« Après la Nuit », de Meunier et Guérineau. Delcourt.

apres_la_nuit.jpgOn va faire une petite entorse et « oublier » le coloriste Régis Lejonc, non qu’il soit mauvais, loin de là, mais pour savourer l’édition noir et blanc de « Après la Nuit ». Cette édition spéciale (2 500 exemplaire) permet de prendre en pleine poire le dessin de Richard Guérineau, qui sur un scénario de Henri Meunier, redonne ses lettres de noblesse au western.

Car on transige pas avec la quasi absence d’ombres, reflet du soleil de plomb qui assomme cette petite bourgade paumée de l’Oklahoma. Bartlesville, trou du cul du monde, est régie par la loi d’airain du shérif Jude Stanton: on laisse ses armes à l’entrée de sa juridiction, ou on meurt… Mais un visiteur aux allures de chasseur de primes passe outre. Jerediah Cooper, peu loquace trouble les « bons » citoyens, accroche l’œil d’une putain défigurée, et surtout, son nom est identique à celui d’une crapule abattue auparavant par Stanton. Le shérif invincible semble d’ailleurs plongé dans un malaise métaphysique en constatant ce retour, qu’il ne saurait tolérer.
Le récit est intense, grâce à une lenteur extrême, une attente d’un dénouement qui rappelle « My Darling Clémentine ». Un western très psychologique qui s’approche au plus des hommes, de leur cruauté, mais aussi de leurs échecs et de leurs espoirs, il est vrai peu présents ici. A déguster en plein soleil.

64 pages, 20 euros pour la version noir et blanc. 13,95 euros pour le standard couleur, également excellent.

Chronique de Jean-Marc Lernould

9 juillet 2008 - Aucun commentaire
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« Ruines », New Byzance 1, Uchronie(s), d’Eric Corbeyran et Eric Chabbert. Editions Glénat.

byzance1.jpgUn scénariste, plusieurs dessinateurs pour plusieurs aventures parallèles menant vers une conclusion unique… Jacques Glénat devient familier de ces opérations à tiroirs, performances scénaristiques faisant intervenir plusieurs dessinateurs sur une même saga, variations de styles et parutions rapprochées à la clef. Pierre Boisserie s’y est collé avec l’ambitieux « Voyageur », voici l’auteur bordelais Eric Corbeyran pour « Uchronie(s) », un trio de triptyques – New Byzance, New Harlem, New York – couronnés d’un album « Réponses ». Le postulat est malin, le slogan parlant : « une même ville, trois réalités ». Jouant  astucieusement sur le principe des réalités parallèles et celui du « what if ? » cher à l’uchronie – une bifurcation du cours de l’Histoire – il plonge un même groupe de personnages dans des contextes très différents, mais visiblement pas étanches. La technique, bien connue des amateurs de comics, reste peu usitée dans le domaine franco-belge. Corbeyran a visiblement pris du plaisir, tout autant qu’il entend en donner.  Le premier volume, qui trouve place dans une mégalopole régie par une religion à tendance fondamentaliste, est diablement intrigant. L’homme joue les sur le choc des cultures, ouvrant nombre de perspectives. Corbeyran a pu s’appuyer, pour la création de ce nouvel univers, sur le style classique mais solide d’Eric Chabbert (« Nova Genesis » avec Boisserie, Glénat), lequel a créé une architecture spécifique pour cet univers orientalisant. Les deux autres triptyques seront gérés par Tibery et Defali. De la belle ouvrage, qu’il faudra juger à l’aune de l’œuvre complète, les trois séries devant se compléter entre elles. A noter que les couvertures sont toutes signées de Richard Guérineau, complice de Corbeyran sur « Le chant des Stryges » (Delcourt).

48 pages. 12,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache
 

17 février 2008 - Aucun commentaire
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« Le Syndrome de Hyde », tome 1 « Traque », de Corbeyran et Guérineau (scénario) et Defali (dessin). Delcourt.

hyde1_traque.jpgLe trio d’auteurs bordelais s’attaque à une trilogie fantastique après que les deux premiers aient signé le célèbre « Chant des Stryges » tandis que le dessinateur s’est frotté à « la Loi des douze tables ».

Le récit se partage entre deux époques. L’album s’ouvre d’abord sur une équipée archéologique en Iran au XIX ème siècle. L’ouverture d’un tombeau dégage des gaz étranges et révèle un corps entravé, comme si on avait eu peur qu’il ne s’échappe. Premier mystère.

Vient alors la période quasi contemporaine dans le Paris de 2015 où un agresseur déroutant et pour le moins bestial provoque l’intervention d’un agent d’Europol. Ce premier tome navigue entre ces deux périodes.

On ne trouve pas ici de grande nouveauté et on peut regretter un dessin assez froid qui ne parvient pas à restituer une ambiance glauque propre à ce thème. La suite sera-t-elle plus dense?

56 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

21 novembre 2007 - Aucun commentaire
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