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« Le Guide du moutard pour survivre à 9 mois de grossesse », de Jul. Albin Michel.

guidemoutard.jpgAprès l’inénarrable carnet intime de Mme Ben Laden Jul s’attaque à la maternité, un sujet plus tendre qui n’empêche pas quelques cruautés ici et là. On retrouve tournés en ridicule les tics de tous les futurs parents, du choix du prénom à l’angoisse de la première échographie.

Jul suit mois par mois la grossesse, réussissant l’exploit à épingler Sarkozy (le bébé tenant l’affiche « la France qui se lève tôt »), à ridiculiser Françoise Dolto ou Laurence Pernoud en citant sa première édition de 1973 (« si vous avez l’habitude de fumer il n’y a pas de raison de vous en priver pendant la grossesse »).

Reste l’embarras de dégotter une crèche avant même la naissance, d’imaginer le moutard paré d’un bracelet électronique, et pendant ce temps là le bébé fait des longueurs de piscine dans le placenta ou bien lit « le particulier » car son développement entraîne une crise du logement…

Un album à offrir absolument aux copains qui attendent un môme, au moins ça les détendra de lire que tous les futurs parents sont passés par les mêmes questions existentielles.

100 pages, 12,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

7 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Bulles de campagne

Allons enfants de la graphie, la campagne électorale est arrivée. Le monde politique inspire un nouveau type de bande dessinée, de « La Face karchée de Sarkozy » à « Ségo, François, Papa et moi »

Voilà un album, best-seller depuis sa sortie à l’automne, proposé dans ses suggestions de cadeaux de Noël par le Parti socialiste. Mais Philippe Cohen, l’un des auteurs de « La Face karchée de Sarkozy » (Vents d’Ouest/Fayard) a rencontré aussi de jeunes militants UMP qui « s’étaient marrés comme des baleines en le lisant ». Le rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire « Marianne » est, avec l’avocat et scénariste de BD Richard Malka, à l’origine du projet né sous le trait de Riss. En 2000, « L’Enquête corse » de Pétillon avait même réussi à faire sourire les Corses. Parce que, pour les lecteurs, « ça sonne juste ». Philippe Cohen le reconnaît, Pétillon l’a inspiré pour cette « première BD-enquête ». Un hybride qui file vers les 200 000 exemplaires.

La politique s’inscrivait plutôt jusqu’ici dans la vieille tradition du dessin de presse, à travers recueils ou joyeuses satires telle la Mme Pompidou croquée par Cabu dans les années 70. La présidence de Georges Wolinski, l’année dernière, avait permis au Festival d’Angoulême de rendre hommage à un genre qui fleurit plus que jamais cette année. Ainsi Maester, le père de soeur Marie-Thérèse des Batignolles, révèle dans « L’actu tue » (Le Lombard) un talent méconnu de caricaturiste. « Je trouve que la bande dessinée n’est pas encore suffisamment utilisée dans cette optique, estime-t-il. Il y a un courant qui émerge, avec Jul. » Il aurait pu citer dans un autre genre Philippe Squarzoni. Avec « Dol » (Les Requins-Marteaux), cet auteur engagé dresse un portrait de la société libérale des années Raffarin.

« Pas de propagande ». Mais le tournant vient probablement de « La Face karchée de Sarkozy ». Philippe Cohen aurait pu écrire un pamphlet ou un pavé, il publie une BD. Derrière chaque case, il y a une enquête. La documentation de départ est la même, explique l’auteur de « La Face cachée du monde ». Seul le média change, avec ses contraintes d’ellipse parfois frustrantes. L’impact aussi : « Nous avons touché un public 40 fois plus large. » Pas négligeable pour faire partager son analyse du personnage. « C’est engagé, mais ce n’est pas de la propagande. Je ne crois pas que la BD soit tendre avec la gauche. Elle est dure pour Sarkozy, mais je le trouve dans la vie comme on le montre dans l’album : sans conviction, assez cynique, très narcissique. Même s’il est très dur à dessiner, Sarkozy se prête bien à la BD. On arrive finalement à faire davantage apparaître la vérité du personnage que dans un texte, fût-il aussi bien écrit que celui de Catherine Nay. »

Succès aidant, la formule fait école. La liste est longue, en effet, des albums annoncés d’ici le premier tour de la présidentielle. Soleil sort mercredi «Tout sur Sarko » et « Tout sur Ségo ». Le Seuil lance une collection Politics, avec « Soigne ta gauche », de Jean-Yves Duhoo, et « Objectif Elysée », de Samuel Robert et Guy Birenbaum. Et la fiction n’est pas en reste, avec l’apparition chez Casterman, en février, de « Secret présidentiel », premier volume d’une série de six « Elysée République ».

Dans la tête d’un « hollandais ». Atypique, « Ségo, François, Papa et moi » (Hachette Littératures) est l’oeuvre d’Olivier Faure, jeune directeur adjoint du cabinet de François Hollande au Parti socialiste. Son album, né sur un blog anonyme, raconte en 224 pages deux ans de la vie interne du PS vu dans la tête d’un « hollandais », et à travers les yeux d’une adolescente fictive de 12-13 ans. « Le père de Nina est une synthèse de l’entourage de François Hollande. Il ressemble à Julien Dray parce que zéro plus zéro égale la tête à Julien », s’amuse Olivier Faure. Son trait est celui d’un amateur. Il évolue en même temps que les idées des personnages. Au lendemain du référendum européen qui a vu la défaite du oui défendu par le PS, ceux-ci se demandent comment remettre leur champion en piste avec l’Elysée pour objectif. L’album raconte l’émergence de Ségolène Royal, et le ralliement progressif des partisans de Hollande et des autres composantes du PS. « Ca n’a pas été simple, avoue Olivier Faure, car le 29 mai, Ségolène candidate, personne n’y pensait. »

Que ceux qui attendent de ce voyage dans les coulisses du PS des secrets d’isoloir ou d’alcôve tournent la page : « Je ne raconte pas leur vie privée. » Mais il le promet, il n’y a pas eu de censure. « Au PS, on n’a pas la religion du secret. » Ainsi, François Hollande, mis au courant de l’existence de cette BD peu avant sa publication, a décliné la proposition de la relire. Au PS, on a surtout réagi par l’étonnement : « Comment tu as trouvé le temps de faire ça ? » Ce qui explique qu’en ces temps de campagne, le directeur de cabinet adjoint va reprendre le pas sur l’auteur. Avec une fierté : « Il y a dix ans, pour un candidat aux législatives (en Seine-et-Marne), signer un album aurait été disqualifiant. Là, on a franchi un cap. La bande dessinée sort de son ghetto. »

Article de Haude Giret

22 janvier 2007 - Aucun commentaire
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“La Croisade s’amuse”, de Jul. Edité par Albin Michel.

Après avoir posé l’angoissante mais l’hilarante question " Faut-il tuer José Bové " Jul s’en prend cette fois à GW Bush et à la politique extérieure des Etats-Unis tout en ridiculisant monsieur et madame Ben Laden. Une mission mieux accomplie que celle des GI en Irak mis à part une fin en queue de poisson, mais ce n’est là que péché véniel tant le va-et-vient entre le journal intime de la fatma Ben Laden et l’abrutissement congénital de Bush sont d’une loufoquerie exemplaire, pire même que la satire de Michaël Moore, qui apparaît d’ailleurs dans l’album.

Il se trouve donc que Madame Ben Laden est en manque de news " people " et entreprend son journal intime comme Lady Di. C’est vrai que c’est pas facile tous les jours d’être femme du terroriste numéro 1 et que la dame ne se prive pas de signifier à son époux intégriste que " l’obscurantisme après 1 heure du matin ça me paraît explosif. " Bien entendu la burka est moquée à toutes voiles, dont une fameuse affiche présentant le film " la Dolce Charia ". Quant aux femmes dissimulées sous ces fameuses prisons de tissu ambulantes elles ne peuvent guère que se demander au cours d’une réunion tupperware si on peut mettre dans ces petites boîtes des armes de destruction massive.

Bush n’est pas mieux loti de son côté, persuadé que c’est un certain Al-Zheimer qui a descendu l’ex-président Reagan tout en lisant d’une main " la bible pour les nuls " avec la pétoche d’être ridiculisé par Bush Senior à thanksgiving si d’ici-là il n’a pas attrapé Ben Laden.

Et on ne résiste pas à citer cette réflexion d’un otage occidental offert par Omar et trouvant un petit crâne dans sa cellule : " ça devait être un journaliste sportif " Bref Jul sait aller très loin malgré un dessin hâtif. Mais on appréciera néanmoins les lèvres de Candy Rice gonflées au même collagène qu’Emmanuelle Béart.

Chronique de Jean-Marc Lernould

28 avril 2006 - Aucun commentaire
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