logo

Raymond Macherot est décédé

macherot.jpgRaymond Macherot est décédé cette nuit, annoncent les Editions Dupuis dans un communiqué de presse.
 
“Né à Verviers le 30 mars 1924, Raymond Macherot livre ses premiers cartoons à l’hebdomadaire satirique Pan sous le pseudonyme de Zara avant d’entrer en 1953 au studio de dessin des éditions du Lombard. Il se rode à la BD par quelques récits complets dans Le Journal Tintin des Editions du Lombard et projette une grande série réaliste médiévale, mais l’éditeur préfère confier la conception graphique de son “Chevalier Blanc” à Fred Funcken. Raymond Macherot se tourne alors vers le récit animalier avec “Chlorophylle” en 1956 et lance les aventures parodiques du marin “Le Père La Houle”, puis du détective très britannique “Clifton” (1959).
 
En 1964, il quitte Le Journal Tintin pour passer à Spirou où, selon son ami André Franquin « on s’amuse mieux… » à l’époque.  Il est définitivement classé comme humoriste animalier avec “Chaminou”, puis “Sibylline” (1965), ainsi que les chats “Pantoufle” (sur scénario de René Goscinny en 1966) et “Mirliton” (avec Raoul Cauvin en 1970). Tandis que ses personnages du Journal  Tintin sont repris par divers dessinateurs de cette publication, Raymond Macherot se concentre sur “Sibylline” et collabore un peu avec Yvan Delporte pour les scénarios du patron de remorqueur “Mulligan” (avec Berck en 1969) et sur les premières fantaisies fantastiques d’“Isabelle” (avec Will, André Franquin et Yvan Delporte en 1970).
  
chlorophylle.jpgCaricaturant la société des hommes à travers le petit monde des prés et des bois, Macherot a saupoudré toute sa production d’une poésie très personnelle. Il habitait sur les hauteurs de Verviers et préférait le rythme des saisons dans la nature au brouhaha intemporel des cités où il n’a jamais voulu s’acclimater. Ce grand classique unanimement apprécié a réalisé quelques-unes des meilleures pages de l’Histoire de de la BD belge. A l’occasion du soixantième anniversaire des Editions du Lombard, l’éditeur avait créé la collection Millésime qui remettait en valeur les plus grands classiques de l’Histoire du Journal Tintin. Chlorophylle avait été retenu par l’éditeur tout de suite derrière Blake et Mortimer et Corentin. Par ailleurs les Editions Dupuis et Le Lombard travaillent déjà à la réalisation d’un projet d’intégrale Macherot qui reprendrait l’ensemble de l’œuvre de ce maître du 9ème Art.”

26 septembre 2008 - Aucun commentaire
Classé dans : Actualités Tags: , ,

Quelques lectures pour la rentrée (2)

marziint.jpgDéjà lu ? Chaque nouvelle intégrale appelle la question. Surtout lorsqu’il s’agit d’une série en cours, portée aux nues par nos soins. En offrant une nouvelle jeunesse à la série « Marzi », chronique du quotidien d’une enfant  - Marzena Sowa elle-même – dans la Pologne des années 80, Dupuis va pourtant au delà de la simple opération commerciale. Ce « Marzi (1984-1987) » est bel et bien la reprise des trois premiers albums. Ces derniers, parus en format classique cartonné-couleur, étaient « trop vite assimilé aux albums jeunesse », dixit l’éditeur. Le titre est alors refaçonné pour lui donner une nouvelle identité. «  Marzi »  adopte aujourd’hui le format d’un roman graphique de 264 pages, redécoupé en, quatre cases par pages, en bichromie grise et rouge. L’effet est saisissant, renforçant l’idée de décalage, mais aussi le sentiment d’intemporalité qui se dégageait du récit. Profondément ancré dans l’actualité polonaise des années 80, ce dernier  semble pourtant issu de la réalité sociale des années 50. Marzena Sowa évoque ces années avec simplicité mais sans candeur, par les yeux de l’enfant qu’elle était alors. Le graphiste Sylvain Savoïa, adapte son style, jouant sur différents niveau réalistes ou semi-réalistes pour conserver toute sa fraicheur à cette chronique sociale  tout en lui conservant authenticité et crédibilité. A (re)découvrir d’urgence. En attendant la suite , retour sur les années 1987 à 1989, précédant juste la chute du mur de Berlin, à paraître en 2009.

« Marzi, 1984-1987 », de Marzena Sowa et Sylvain Savoïa. Dupuis. 264 pages. 25 euros.

resistancesanglier.jpgUn coup de cœur, Monsieur ? « Stéphane Levallois. Graphiquement, c’est une tuerie… » Le compliment est sincère. Il l’est toujours, venant d’un auteur aussi exigeant que peut l’être Christophe Chabouté.  Encore peu connu du grand public pour son œuvre en bande dessinée, Stéphane Levallois est cependant loin d’être le premier venu. Graphiste, designer, strory-boarder mais aussi réalisateur de court-métrages, ce diplômé de l’Ecole supérieure d’art graphique de Penninghen nous avait laissés orphelins avec  « Noé », un premier roman graphique remarqué, paru en 2000 aux Humanos. Et ensuite ? Silence BD, l’homme se testant sur d’autres  formes de supports ou de médias.  « Le dernier modèle », récit en grande partie autobiographique,  a marqué en 2007 son entrée dans la maison Futuropolis. « La Résistance du sanglier » est leur seconde collaboration, après un petit détour par le catalogue jeunesse de Sarbacane. Et le résultat est toujours aussi parfait. Levallois y évoque la mémoire de son grand père, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, usant de la mémoire mais également du ressenti, portrait sensible d’un homme ordinaire pris dans l’engrenage d’événements extraordinaires. L’auteur a choisi d’évoquer la mémoire de cet homme qu’il n’a jamais connu en lui donnant les atours d’un sanglier, forme héritée d’un souvenir d’enfant, celui d’une table aux pieds en tête d’animaux.  Un choix assumé et parfaitement intégré qui donne au récit des allures de fable tragique. La finesse de son trait, le choix du lavis, le travail sur l’ombre et la lumière, l’expressivité des visages et des attitudes, les outils narratifs tels que les allez-et-retours dans le temps… Tout est maîtrisé, rien (ou peu) n’est laissé au hasard, l’émotion se nichant entre les silences. Une plongée sensible dans l’Histoire, faite d’héroïsme ordinaire, de faits avérés et drames suggérés. Et parallèlement une belle réflexion sur l’absence.

« La Résistance du sanglier », de Stéphane Levallois. Futuropolis. 120 pages. 23 euros.

climax2.jpgLe deuxième volume de la tétralogie « Climax », série dérivée d’Imago Mundi, est aujourd’hui dans les bacs. Après avoir suivi Leïa Lewis dans ses pérégrinations polaires, les auteurs s’intéressent à celles, durant le même temps, de son binôme d’Imago Mundi, Loïc Mellionec. Les deux amis se retrouvent au bout du monde dans des circonstances dramatiques,  au terme de trajectoires finalement plus convergentes que parallèles. Eric Corbeyran a suffisamment de métier pour nous faire digérer ses choix narratifs, ce dispositif d’allers-et-retours dans le temps qu’il impose. Le propos sur les recherches menées au pôle – qui prend toute sa valeur dans le cadre de l’Année polaire internationale – s’avère tout aussi passionnant, Achille Braquelaire restant garant de la bonne tenue du propos scientifique. Le thriller, par ailleurs conserve ses droits, courses-poursuites et retour d’anciens ennemis à la clef. Pas de très grandes avancées dans l’intrigue, donc, mais des informations distillées avec expérience au fil d’un album solide. Ce qui alimente d’autant la frustration des lecteurs. Il ne reste qu’à ronger son frein en attendant le troisième volume.

« Vostok », Climax 2, de Brahy, Corbeyran, Braquelaire. Dargaud. 48 pages . 10,40 euros.

robin21.jpgUn petit dernier pour la route, dans un registre plus léger. Robin Dubois, pour beaucoup, c’est un plaisir « proustien ». Cette première collaboration de Turk et De Groot, bien avant « Clifton » ou « Léonard », conserve une saveur particulière, série à l’humour potache ne reculant devant aucun calembour ni aucun anachronisme, la légende de Sherwood n’étant que prétexte à délires et autres considérations (bien) frappées au coin du non-sens. La reprise graphique de la série, l’an dernier, par Diaz et Borecki lui a redonné un coup de jeune. Le travail des deux hommes, lesquels ont opté pour une stricte conformité avec les codes de Turk, semble avoir donné un nouvel élan à cette usine à gags qu’est Bob de Groot. Reste l’éternelle question de savoir si faire du neuf avec du vieux – de nombreux titres ont été repris ces dernières années - fait avancer la cause du Neuvième Art. Mais bon. Une petite madeleine, de temps à autres, ça ne peut pas faire pas de mal…

« La bourse ou l’habit ? », de Bob de Groot, Turk, Miguel  Diaz et Ludo Borecki. Le Lombard. 48 pages. 9,25 euros.

Chronique de Philippe Belhache

« France, terre d’asile(s) », par Maëster. Le Lombard.

maester.jpgLe Maître a remis ça. Alors que l’on attend désespérément le prochain opus des aventures avinées de Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, Maître Maëster sort un second volume de ses pensées couchées sur le Net, réflexion graphique sur les soubresauts d’une actualité malmenée, considérée avec cette commisération et cette sainte humilité qu’il a héritées du Maître des Maîtres, sir Marcel Gotlib. Bref, Maëster s’amuse au lieu de bosser sur ses albums, ouvre un blog et s’adonne à sa passion, la caricature. Et le bougre sait y faire. Depuis maintenant deux ans, il commente l’info à chaud, se montrant féroce, sans concession, critique sur la politique rêvée par la gauche, comme de celle menée par la droite. Oui, enfin surtout sur celle de la droite, Nicolas Sarkozy (sa vie, son œuvre) étant pour lui une perpétuelle source d’inspiration… Le Lombard exploite le filon en compilant ces dessins d’actualité en recueil. Un an après « L’actu tue », voici venir « France, terre d’asiles(s) ». Que du bonheur ! C’est toujours succulent et corrosif à souhait. Mais toujours aussi frustrant pour les adeptes du blog. L’album n’est de fait que la compilation de dessins déjà connus, réalisés au jour le jour, publiés à chaud sur internet. Et il n’en reproduit pas les petits à-côtés. Dieu que le bonhomme sait dessiner les femmes… 
     
64 pages. 11 euros. Le blog de Maëster : maester.over-blog.com

Chronique de Philippe Belhache

22 janvier 2008 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: ,

« Afrika », de Hermann. Le Lombard.

hermann_afrika.jpgHermann vient de signer une magnifique aventure qui arrive à point après des albums moyens comme « Sur les traces de Dracula » ou « Vlad l’Empaleur »: le bonhomme a des belles ressources.

Dans un pays non identifié du continent africain, un ancien mercenaire, Dario, s’est reconverti en tant que gardien d’une réserve naturelle. Pas de pitié pour les braconniers. Les animaux, surtout comme les dessine Hermann, sont toute sa vie. Le bonhomme, rustre à souhait, va devoir se coltiner une journaliste mais nous ne sommes pas là dans une comédie hollywoodienne. On tranche des gorges, un détachement étranger pilonne au mortier un pseudo nid de résistants. L’erreur de Dario sera d’avoir constaté le massacre et d’en identifier ses auteurs. Une « carte blanche », sorte de permis de tuer, est lancée contre lui, qui devient donc la proie dans cette nature sauvage.

Hermann serait-il aussi désabusé que son personnage? « L’Humanité, c’est beau comme un nid de scorpions, si vous voyez ce que je veux dire… » Exprime-t-il dans son dossier de presse.

Pourtant Hermann dessine fabuleusement une nature extrêmement sauvage, qu’il s’agisse des animaux comme des paysages. Et l’auteur n’a jamais mis les pieds en Afrique!

La fin peu sembler logique, elle est pourtant troublante, inattendue. Afrika reste un continent à explorer de toute urgence.

52 pages, 13,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

31 décembre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: ,

« Croisade », tome 1 « Simoun Dja », de Dufaux et Xavier. Le Lombard.

croisade.jpgBon, je vais me répéter, mais les gros éditeurs ont tendance à ronronner lorsqu’ils sélectionnent leurs thèmes favoris, et Jérusalem et l’Orient moyenâgeux font figure pour eux de Saint Graal avec un Saint-Sépulcre très convoité. Par de surprise donc à voir publier « Croisade » par ce touche-à-tout de Dufaux.

En préambule l’auteur montre qu’il a bien assimilé l’historique des différentes croisades en se concentrant sur la troisième du nom (1189/1192) qui rassemble quelques grandes figures: Barberousse, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion et Saladin. Les faits d’armes sont sanglants mais peu glorieux de la part des Chrétiens malgré les enjolivures des trouvères.

Et puis il y a une neuvième croisade imaginée par Dufaux et Xavier, laquelle laisse apparaître la main du diable et la magie divine (le simoun dja est un vent ou une tempête imprévisibles déclenché par les entités islamiques). Il s’y mêle des intrigues de palais, des alliances traîtres.

On doit à Xavier d’avoir dessiner une double page de combat (en fait un ensemble de quatre planches lorsque tout est déplié, ce qui a posé un léger casse-tête à l’éditeur mais le procédé l’a fait craquer…) et à Jean-Jacques Chagnaud d’avoir plaqué de magnifiques couleurs sur le trait de son collègue, couleurs flamboyantes dans les affrontements, plus homogènes dans certains rares moments de répit. Dufaux a d’ailleurs tenu à des cadrages inspirés du cinéma. On verra ce que nous réservent les sables du désert et quelles alliances sortiront de ce chaos.

52 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

16 décembre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: , ,

« CH Confidentiel », tome 2 « Nom de code : Voltaire », de Ceppi. Le Lombard (Troisième vague).

ch2.jpgFini pour un temps le globe trotteurs Stéphane qui finissait souvent par se retrouver dans des situations inextricables en Inde ou dans divers pays exotiques. Depuis deux albums Ceppi rase plus large en mettant en scène une brigade des enquêtes réservées (BER), basée à Genève et dûment priée de mettre un peu d’ordre dans ce monde de brutes saturé de truands, d’hommes d’affaires et de politiciens sans scrupules. Bref, un panier de crabes peuplé de tout-puissants.

Après « Pandore », c’est « Voltaire » qui sert de nom de code (après tout Verlaine s’y est bien collé avec ses sanglots longs du débarquement). Objectif: l’éradication d’une menace terroriste dont la chasse a débuté dans le premier tome (le second album est cependant de meilleure facture, comme si Ceppi se rôdait à son nouvel univers).

Il pleut sur Genève un matin gris de juin et deux cadavres gisent dans une chambre d’hôtel (le nez par terre, c’est la faute à Voltaire…). Connaissant le réalisme de l’auteur on peut s’attendre à ce que la suite de l’histoire ne soit pas parfumée à l’eau de rose. La trame est plus cérébrale que révolvérisée, banquiers obliges et barbouzes à tous les étages, mais le récit est captivant malgré sa froideur.

Le prochain tome sera baptisé « Mata Hari »: verra-t-on un brin d’érotisme et de danse du ventre dans le dessin très sage de Ceppi?

48 pages, 9,80 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

15 décembre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: , ,

Capricorne 12, par Andréas. Le Lombard, collection Troisième Vague.

cap12.jpgOn a beau s’y attendre, se prétendre blasé, se dire que c’est la dernière fois, Andréas réussit toujours à nous surprendre. Ce sacré bonhomme n’a pu s’empêcher de transformer « Capricorne », une de ses œuvres les plus accessibles à ce jour, en petit laboratoire d’expérimentation. Il enchaîne expériences et ruptures de tons, jouant de la forme, détournant le fond, élaborant depuis « Le Passage » des récits simples et solides sous forme de one-shots indépendants, tout en se payant le luxe de renouer les liens avec la mythologie du personnage. Qui d’autre que l’auteur inclassable de « Rork », « Cyrrus » ou « Arq » pouvait s’offrir ainsi, dans le cadre contraignant d’une série « classique » déjà bien avancée, qui plus est chez un éditeur meanstream, le luxe inouï d’un album entièrement muet, sans titre, à la couverture vierge de toute illustration ? Ce n’est guère trahir de secret de révéler ici que le récit se déroule en montagne, dans la neige, au sein d’un peuple qui a renoncé au bruit par crainte des avalanches… Une nouvelle réflexion sur l’isolement après deux huis-clos réalisés coup sur coup, dans un hameau avec « Les Chinois », en tête à tête avec « Patrick ». L’auteur promène son héros bien loin de New-York, de son officine d’astrologue pour grands de ce monde et de son équipe de super-comparses semblant sortir d’un roman de Jean Ray. Brent Parris se reconstruit petit à petit, confronté à une humanité expérimentant la décroissance, piégée sans moyens, machines ni informations après l’expérience des Trois et la dissolution du « Concept ». Vous avez dit Concept ? C’est là que tient la principale faiblesse de ce douzième opus de ce qui n’était au départ qu’un spin-off de « Rork » : une connaissance approfondie de la série est nécessaire pour en saisir l’intérêt et le sens, entre l’objet convoité – un disque contenant une étoile à sept branches, référence aux sept talismans ? – la découverte du ballon des Trois et le retour des Mentors. Mais si l’on adhère au principe, c’est un régal de se laisser balader.
    
48 pages. 9,80 euros.
    
Chronique de Philippe Belhache 

5 novembre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: ,

« Miss Endicott », tome 2, de Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin. Le Lombard.

miss-endicott-2.jpgEt de deux. Comme annoncé, le second tome de « Miss Endicott » sort quelques semaines après son aîné, diptyque inaugural d’une collection « Signé » new look. Cette nouvelle livraison tient ses promesses, improbable incursion d’une « Mary Poppins » ninja confrontée à un peuple de gnomes issus du ventre d’une ville anglaise qui ne dit pas son nom, poussés à la rébellion par un savant fou aux arguments mécaniques plutôt explosifs. La charmante Miss Endicott tente par tous les moyens de régler pacifiquement (si possible) le conflit en cours, toujours dans l’ombre d’une génitrice aux méthodes autrement plus radicales. Jean-Christophe Derrien mène tambour battant ce récit aux multiples rebondissements tout en explorant cette difficile relation mère-fille, s’offrant au passage une belle galerie de portraits, - beaucoup de trognes à fort potentiel  - mise en valeur avec talent par Xavier Fourquemin. Album fermé, toutes conclusions  digérées, on se prend à rêver d’un retour prochain de la très grâcieuse Miss, dont on se dit finalement qu’elle aurait fait une belle héroïne de série… 
  
80 pages, 15 euros.
  

Chronique de Philippe Belhache
  

14 octobre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: , ,

« Moi, Jolan », Thorgal 30, par Grzegorz Rosinski et Yves Sente. Le Lombard.

thorgal30.jpgRespect et prudence. Ces deux sentiments semblent avoir guidé Yves Sente dans sa reprise en main de « Thorgal », série créée il y a trente ans par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski. Van Hamme a bouclé avec « Le sacrifice » l’essentiel de la saga, ouvrant délibérément la porte à une exploitation plus poussée du personnage de Jolan, fils du héros-titre. Que pouvait en faire son successeur désigné ? Ceux qui attendaient la révolution en seront pour leurs frais. Les autres se régaleront à juste titre. Sente s’est appliqué à prendre en main les personnages, distillant ses choix personnels au fil d’un récit solide, profondément ancré dans la mythologie thorgalienne.
  
L’auteur conserve de fait le même ton, soumettant Jolan au classique parcours d’épreuves, auquel Van Hamme a maintes fois eu recours par le passé. Le parallèle est d’autant plus flagrant que le jeune homme ne fait à aucun moment appel à ses facultés particulières – s’identifiant à son père par son habileté au tir à l’arc – même placé face à la concurrence active d’autres compétiteurs. « Les trois vieillards du Pays d’Aran » ne sont pas loin, l’imaginaire du jeu de rôles non plus. Où trouver dès lors la « touche » Sente ? Dans la définition des membres de la troupe d’adolescents sans doute – Jolan en tête – moins monolithiques qu’il n’y paraît même si certains ne sont qu’en devenir. Dans l’ambiguïté de Manthor, plus certainement. Le second volet de « La vengeance du Comte Skarbek » a révélé le goût de ce scénariste plus roué qu’il ne le laisse paraître pour le renversement de perspective. Sa réécriture de l’histoire des Valnor, à ce titre exemplaire, donne tout son sel à cette reprise. Le graphisme aux couleurs somptueuses de Grzegorz Rosinski lui apporte par ailleurs légitimité et crédibilité, consacrant ce passage de témoin délicat au vu des enjeux artistiques et économiques. « Thorgal », rappelle le dossier de presse, est un « poids lourd » du Lombard : un tirage de 300 000 exemplaires à la nouveauté, 600 000 albums vendus par an. Ça en fait, du monde à ne pas décevoir.
  
48 pages, 9,80 euros

  
Chronique de Philippe Belhache
  

8 octobre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Chroniques Tags: , , ,

Un amour de cancre

ANGOULÊME. Zidrou et Godi  ont fait halte en Charente, le temps d’une dédicace. Entretien avec les papas de la série « Ducobu », aux éditions du Lombard 
     
zg2.JPGPas la peine de chercher le bonnet d’âne sur la tête de Zidrou. L’auteur du célèbre cancre « Ducobu » était, à sa grande honte, un excellent élève. Loin de son turbulent personnage, toujours prêt à trouver un amusement à la corvée scolaire. Ducobu, blondinet au pull jaune rayé de noir (à la mode carcérale), n’a pas son pareil pour faire le pitre à l’école. Véritable cancre, il entre en opposition avec Léonie Gratin, petite fille rousse à l’intelligence surdimensionnée. Là où l’une idolâtre l’environnement scolaire, l’autre le fuit de toutes ses forces.

Empathie. Un scénario de départ qui n’était pas gagné d’avance. « À la base, l’histoire venait d’une commande pour un magazine scolaire en Belgique, raconte Zidrou. On ne pensait pas faire un carton. Et puis, quand on a voulu arrêter, de nombreux lecteurs ont écrit pour que cela continue? et ainsi de suite. »
Voilà le parcours du petit « Encorvou Ducobu » qui fait tourner en bourrique la première de la classe et ses professeurs. Les cancres ont donc la cote ? « Tout le monde aime les cancres, les laissés-pour-compte, mais avec Ducobu, il y a comme une magie du cancre. L’empathie avec les lecteurs est magique, on ne s’attendait pas à ça », s’émerveille l’auteur. Preuve de son succès : dans un magazine chinois pour les petits, cet anti-école français atteint la deuxième place dans le coeur des enfants. « C’est très amusant et valorisant de voir un tel succès, poursuit Zidrou. Ces deux personnages, Léonie et Ducobu, ce sont nos enfants à Godi, le dessinateur, et moi. On a vraiment l’impression qu’ils existent et qu’on pourra les rencontrer un jour. »
Les papas de cette excellente série consacrent un temps particulier avec leurs lecteurs. « C’est essentiel de prendre le temps de leur parler, explique Zidrou. Même si ces séances sont épuisantes, on essaye d’avoir un petit moment particulier. Souvent on y puise une inspiration. » Les deux comparses poursuivent donc l’aventure du cancre avec passion et l’humour en toile de fond. Jamais à court d’idées, ils envisagent même différents projets autour de Ducobu. Sur les trois années à venir, quatre tomes devraient voir le jour (le tome 15 est en finition alors que le 13 est sorti), des produits dérivés mais aussi, pourquoi pas, un dessin animé.

ducobu13.jpgBest of. « On pense à toutes sortes de choses, mais tout en restant cohérent. On surfe sur l’image de Ducobu qui est loin d’être un antihéros. Au contraire, il ose dire et faire ce que de nombreux enfants n’osent pas. »
Le cancre courageux va donc continuer à user les bancs de l’école contre sa volonté. « C’est ce qu’on appelle une série fermée, décrit Zidrou. Nos personnages principaux ne changent pas et il faut créer de nouvelles dynamiques autour d’eux. » Pour les mordus, un best of sortira fin novembre avec les meilleures ou les pires suivant le point de vue « planteries » de Ducobu. 
   
Article d’Emmanuelle Chiron
  

30 septembre 2007 - Aucun commentaire
Classé dans : Actualités Tags: , ,
Fermer
Envoyer à l'email