Les gouttes de Dieu, de Tadashi Agi & Shu Okimoto. Glénat.
On trouve de tout sur la planète manga, c’est désormais chose admise. Mais toute en connaissant la passion que peuvent nourrir les Japonais pour le vin et son univers, le lecteur averti pouvait nourrir quelque appréhension à ouvrir « Les gouttes de Dieu ». Un titre énigmatique, de multiples références à l’œnologie de haut niveau, une mise en page classique, un graphisme élégant qui évoque plus les grandes heures du shojo des années 90 que les galipettes ninja du XXIe siècle… Ce manga, malgré ses très grandes qualités, a tout du repoussoir pour un public mangavore européen encore adolescent. Son succès n’en est donc que plus méritoire.
Le scénariste Tadashi Agi, à vrai dire, s’en est donné les moyens. L’homme met en scène ses personnages dans un contexte de chasse au trésor sur fond de culture œnologique, avec ce qu’il faut de naïveté dans le comportement des personnages pour capter le néophyte et faire œuvre de pédagogie. Le pitch ? Shizuku Kanzaki est le fils d’un œnologue de renommée mondiale. Jaloux de l’amour de son père pour le vin, il s’en était éloigné, refusant même de goûter au divin breuvage. D’où l’idée de ce spécialiste vieillissant de mettre son fils à l’épreuve après sa mort. L’héritage de Yankata Kanzaki est subordonné à la résolution de douze énigmes, douze vins à retrouver. Plus un treizième, les « Gouttes de Dieu », le vin idéal selon le maître œnologue. Pour corser le tout, ce dernier a mis son fils en compétition avec un œnologue déjà bien implanté sur la place, brillant autant qu’ambitieux, mais dépourvu de sensibilité et de réelle qualité de cœur.
Ce personnage principal, doté pour sa part d’un palais hors pair, éduqué sans le savoir par son père à identifier les saveurs principales mais dépourvu de toute culture œnologique, est le Candide parfait pour Tadashi Agi. L’auteur peut ainsi avancer à pas comptés dans l’univers des amateurs de vin, entre considérations de base et commentaires de spécialistes. Ceci sans parti pris régionaliste, ni même nationaliste, quand bien même les vins français se taillent la part du lion dans les descriptions. Epaulé par une jeune (et jolie) sommelière en formation, un barman compatissant et un maître œnologue fantasque, le jeune Shizuku fait son apprentissage du vin et le lecteur avec lui. On en oublie presque que l’intrigue se déroule au Japon… Certains partis pris ou descriptions peuvent paraître outrées, mais Agi s’appuie sur une connaissance certaine des vins et une documentation solide. Il est efficacement épaulé dans ses descriptions par Shu Okimoto, lequel apporte à cette fresque classique élégance et fluidité, opposant la stylisation de certains plans à la précision presque maniaque des scènes de gastronomie et surtout de la présentation des différents crus.
Ce roman fleuve, initialement paru au Japon chez Kodansha, est l’une des valeurs montantes du catalogue Glénat. Il n’a certes pas fini de faire des adeptes dans nos régions. Le troisième tome est annoncé chez Glénat pour la fin août. La série en compte déjà seize au pays du Soleil Levant.
Chronique de Philippe Belhache
Les gouttes de Dieu, de Tadashi Agi & Shu Okimoto. Glénat. 8,99 par numéro.
Le tome 3 est programmé pour le 27 août.


Saint Seiya est une série que les téléspectateurs français et toute une génération élevée au Club Dorothée connaissent parfaitement sous l’intitulé “les Chevaliers du Zodiaque”. Publiée depuis 2006 au Japon et comprenant déjà sept volumes, “


Le calendrier sera chargé ce week-end pour les amateurs de BD sur l’agglomération bordelaise. D’un côté, “Bulles en Hauts de Garonne” (rive droite) dont nous aurons l’occasion de reparler d’ici la fin de semaine; de l’autre, “Animasia 2008″ (rive gauche); festival manga et culture asiatique.
Si le rythme de Girls Bravo suit les
promesses du premier volume de ce manga publié chez Pika
Edition, la série pourrait connaître un beau succès…
surtout chez les jeunes ados masculins qui se régaleront sans
doute à la vue des multiples jeunes filles aguicheuses et
légèrement dénudées que l’on croise au
fil des pages. C’est d’ailleurs bien là le problème de
Yukinari, lycéen japonais à qui la proximité des
femmes ne fait que donner de l’urticaire! Un handicap encombrant
surtout lorsque l’on se retrouve rapidement accompagné d’une
étrange jeune fille ramenée d’un monde parallèle,
que l’on vit seul avec sa mère et que son principal camarade
d’enfance et voisin est aussi… une fille.
Du Champ-de-Mars aux allées de New-York, Angoulême vire à la BD d’aujourd’hui à dimanche. Pour sa 35e édition, le Festival international de la bande dessinée revient dans un centre-ville enfin débarrassé de ses pelleteuses.
Suivez le chat… La mascotte imaginée par Lewis Trondheim se balade d’oriflammes en panneaux indicateurs. Donc, si vous voyez le Fauve, le Festival de la BD n’est pas loin. D’autant que cette année, les travaux et les surprises sont finis, le monde de la BD se concentre au centre-ville.
Auteur de l’euromanga Zeitnot, traducteur, personnalité prolifique de l’univers comics / manga, Edmond Tourriol a répondu en décembre 2007 aux questions de la rédaction de Sud Ouest. Une interview-fleuve en trois parties qui débute aujourd’hui avec cette première vidéo consacrée au portrait d’Edmond Tourriol par lui-même, et se poursuivra dans les prochains jours avec une longue présentation de Zeitnot.