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« Auto Bio » par Cyril Pedrosa. Editions Audie - Fluide Glacial.

autobio.jpgDire que Cyril Pedrosa a un temps douté de ses capacités d’auteur à part entière ! Le créateur inspiré de « Trois Ombres » (Delcourt) ou du moins connu (à tort) « Les cœurs solitaires » (Dupuis) démontre avec cet « Auto Bio » que non seulement il y arrive très bien mais qu’il peut aussi être très drôle, tout en restant pertinent. Et ce sur un créneau plutôt pointu, celle de l’autofiction militante. Cyril Pedrosa et sa petite famille, écolos convaincus, entendent mettre en pratique au quotidien les bons réflexes du développement durable. Ils s’y appliquent, avec plus ou moins de bonheur… Pedrosa puise dans sa propre expérience, mais recentre, retravaille, exagère, met en scène le tout avec une bonne dose d’autodérision. Tout y passe, du tri sélectif au vélo made in Amsterdam en passant par les achats bios ou le bilan carbone supposé du sorbet à la mangue. Pedrosa joue des grandes déceptions, du décalage entre la pratique et la théorie, de victoires plus ou moins morales et des petites lâchetés quotidiennes – dû pour part à une passion coupable pour les saucisses cocktail chimiques – pour croquer son quotidien avec l’humour et la distance nécessaire. Que du bonheur. Quoi que… Il est bio, le papier, là ??


48 pages, 9,95 euros.


Chronique de Philippe Belhache
 

9 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Pedrosa va à l’Essentiel

Cyril Pedrosa (Photo Isabelle Louvier)ESSENTIELS D’ANGOULÊME. C’est pour un album plutôt personnel, « Trois ombres », que Cyril Pedrosa, natif de Poitiers, a décroché un des prix du Festival international de la bande dessinée. Un pari peu évident
 
Quand il était petit, il ne savait même pas que le Festival d’Angoulême existait. Pourtant, Cyril Pedrosa est né juste à côté, à Poitiers, il y a 35 ans. Aujourd’hui auteur de bande dessinée, il vit à Nantes, et le voilà primé à Angoulême pour un album qui compte beaucoup pour lui, « Trois ombres », publié cette année chez Delcourt dans la collection Shampooing.
 
Une belle fable sur la peur d’un père face à la mort d’un enfant, 248 pages d’un roman graphique en noir et blanc. Le dessin est superbe, le style nouveau chez son auteur, le projet très personnel. « Ça m’a rendu heureux comme aucun autre projet », raconte Cyril Pedrosa. Avec « Trois ombres », il passe un cap à la fois dans son travail d’auteur et dans sa perception vis-à-vis du public, de la critique, et des éditeurs. L’Essentiel reçu à l’occasion du Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême lui élargira encore des portes qui, déjà, s’ouvraient depuis l’accueil public et critique très élogieux de « Trois ombres ».
   
D’Astérix à Chauvel. Petit, à l’époque où « la planète BD (lui) paraissait tout à fait inaccessible », Cyril Pedrosa adorait déjà le dessin. Mais il a été déçu par le tout premier album qu’on lui a offert, « Tintin en Amérique ». « Il m’est tombé des mains. J’avais quoi ? Cinq ou six ans. En tout cas, ça a été une grande déception. » Son père était un fan d’Astérix, et lui s’attendait à quelque chose « d’aussi drôle, d’aussi vivant qu’Astérix. D’autant que le dessin d’Uderzo, on ne le dit pas assez, est fabuleux. Chez lui, chez Franquin, on sent du plaisir dans chaque dessin. Tandis que chez Hergé, tout est sous contrôle, et ça me met mal à l’aise. » 
 
L’amateur de dessin entame tout de même des études scientifiques, avant de décider, à 18 ans, de laisser ses envies guider sa réorientation. Direction l’école des Gobelins. Il est intervalliste chez Disney, assistant animateur sur la production d’Hercule. Il faut la rencontre avec David Chauvel pour que la bande dessinée se mette de la partie. « Je ressentais un désir de dessin, mais je n’étais pas au clair sur ce que je voulais dessiner ». Un ami commun montre son travail à Chauvel, qui va lui écrire et le pousser. De leur collaboration naissent deux séries, « Ring Circus » (4 albums chez Delcourt), et la « Brigade fantôme » (Dupuis), sur la suite de laquelle Cyril Pedrosa devient coscénariste. Et puis il s’enhardit à travailler seul, et son style visuel très coloré se transforme : « C’est normal, quand vous travaillez avec quelqu’un, vous êtes très perméable au désir de l’autre. Sur « Ring Circus », il y a des choses que je m’interdisais pour mieux servir son histoire. » 
 
Après un premier opus en solo, « Les Coeurs solitaires » (Expresso Dupuis), Pedrosa se lance dans l’aventure des « Trois ombres ». Il a appris à dédramatiser l’enjeu d’un livre. « Je ne serai pas maudit jusqu’à la fin des temps s’il est raté. Ça n’intéressera peut-être personne, mais je l’aurais fait. »
 
Trois OmbresLa perte d’un enfant. Et il se lance dans ce sujet délicat qu’est l’histoire de la perte d’un enfant. « Je ne l’ai pas vécu moi-même, mais ça me travaillait. Et du coup, ça m’a fait travailler. Je ne pouvais pas rester un père angoissé », sourit-il. Il en fait une fable, celle d’un père qui voit tourner autour de son fils trois ombres, et s’enfuit, le gamin sous le bras, les ombres après lui. La reconnaissance est au rendez-vous, et l’auteur rencontre des lecteurs si touchés qu’ils partagent avec lui leurs chagrins. « Je les écoute. C’est étonnant la façon dont le langage de la bande dessinée permet vraiment aux gens de s’accaparer un récit »
  
Aujourd’hui, le cap des « Trois ombres » franchi, il se sent plus libre. Il réfléchit à d’autres projets. Un dessin animé, avec Fabien Vehlmann, une sorte de grand jeu intergalactique dont il ne dira pas plus pour l’instant, mais qui semble l’amuser beaucoup. Et l’envie de travailler sur un sujet lui aussi assez grave, la filiation. « Ma famille vient du Portugal, mes grands-parents ont vécu l’immigration des années 30, mais mon père, qui est né Français et plus que Français, ne m’a rien transmis. » Un voyage au Portugal lui a renvoyé le pays et l’histoire familiale au coeur, comme un boomerang. « C’est ça qui m’intéresse : pourquoi les histoires se racontent ou pas dans les familles, et l’influence que ça peut avoir sur nous. »
  
Article de Haude Giret
  
Lire également notre chronique de “Trois ombres”  
  

3 février 2008 - Aucun commentaire
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« Trois ombres », de Cyril Pedrosa. Delcourt, collection Shampooing.

trois-ombres.jpgCyril Pedrosa nous avait ébloui avec « Les cœurs solitaires » (Dupuis, Expresso), splendide one-shot imposant un auteur sensible là où on aurait pu ne voir qu’un graphiste fantasque, qu’un sens inné de la caricature condamnait au semi-réalisme dégingandé. « Trois ombres » le consacre, s’il en était encore besoin. Roman graphique de plus de 250 pages, ce nouveau titre est un ouvrage sur la douleur. La douleur d’un père qui sait que son fils va mourir et qui ne peut l’admette. Se succèdent en lui la peur, la colère, la révolte. Il tente de protéger sa progéniture avec ses moyens. Par la force, par l’amour, par la fuite.  Jusqu’à vendre son âme pour préserver la chair de sa chair. Survient l’inévitable dénouement, aux conséquences inattendues… « Trois ombres », rappelle le jeune auteur, était originellement une histoire courte de trente pages destinée aux enfants. Lewis Trondheim, directeur de la collection, l’a incité à en faire un roman graphique. Pedrosa s’est pleinement emparé de cette pagination généreuse. Il développe amplement son récit, évitant avec talent l’excès de pathos, osant même faire sourire, s’ouvrant au fantastique pour mieux porter le destin de Louis et Joaquim au rang de fable universelle. Une fable certes cruelle – elles le sont toutes – mais empreinte d’humanité, d’humanisme et même d’optimisme. « Trois ombres »  est tour à tour bluffant, impliquant, ébouriffant. Et finalement apaisant. Graphiquement, Pédrosa évolue encore, imposant une belle maîtrise du noir et blanc, variant les techniques, les faisant pleinement participer de la narration. Un indispensable.
 
272 pages. 17,50 euros.
  
Chronique de Philippe Belhache

21 octobre 2007 - Aucun commentaire
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Cyril Pedrosa

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« Sympathique rencontre avec Cyril Pedrosa, il y a quelques jours, dans le cadre d’un soirée "Expresso" organisée par la librairie Oscar Hibou. Le contexte? La table d’un restaurant des "Capus", autour d‘un verre et d‘une assiette de tapas largement entamée. Le dessinateur, aujourd’hui installé à Nantes, y dédicaçait "Les coeurs solitaires", très beau one-shot paru dans cette collection de prestige des éditions Dupuis. Ce diplômé de l‘école des Gobelins, qui a fait ses armes en BD sur "Ring Circus" (Delcourt), a aujourd’hui terminé le troisième tome de "Shaolin Moussaka" (encore Delcourt) sur un scénario de David Chauvel. Il s’attaque en solo - non sans excitation - à un petit format pour la collection Shampooing (toujours Delcourt) dirigée par Lewis Trondheim. »

Lire la chronique "Les coeurs solitaires".

15 avril 2006 - Aucun commentaire
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« Les coeurs solitaires », par Cyril Pedrosa

Changement d’éditeur, changement de ton. En prenant pied dans la très respectable collection Expresso de Dupuis, Cyril Pedrosa marque d’une pierre blanche, avec ce premier album solo, son entrée dans la fiction sentimentale contemporaine. Et impose une nouvelle facette de son talent, jusque là exprimé dans l’animation chez Disney, ou dans le récit fantastique comme « Ring Circus » ou « Shaolin Moussaka », ses deux collaboration avec David Chauvel chez Delcourt. S’attachant aux pas de Jean-Paul, jeune homme renfermé coincé entre un mère possessive et l’image d’un père défunt, Pedrosa compose un jolie fable sur le thème de la solitude et de l’incommunicabilité entre les êtres. Une solitude commune à la presque totalité des personnages. Une mère « amputée » d’un mari qu’elle continue à entendre, une jeune femme abandonnée par son homme, une ex-militaire dont l’amour n’est jamais rentré du front, une bombe sexuelle qui provoque son compagnon en multipliant les aventures… Engoncé dans un carcan familial trop rigide, miné par ses fantasmes inassouvis, Jean-Paul pense trouver son bonheur dans la fuite, sur un paquebot pour célibataires. Et finit par y réaliser son apprentissage sentimental, avec ses rejets, ses demi-succès, ses humiliations… Et sommes toutes, gérer malgré tout son passage à l’état d’adulte. Cyril Pedrosa amène le tout en finesse, mettant tout son talent graphique au service des personnages, dans une alternance de scènes intimistes, de superbes séquences de visages et de passage quasi-hallucinatoires. Avec cette morale qui pourrait résumer l’album. « Il n’y a pas d’amour à trouver ici, mon garçon. » Hautement recommandable.

« Les coeurs solitaires », par Cyril Pedrosa. Dupuis, collection Expresso.

Chronique de Philippe Belhache

10 février 2006 - Aucun commentaire
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