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Mardi 6 mai 2008 : Schuiten et Peeters

Après la série d’albums « Les Cités obscures » qui mettait en scène « le futur du passé », François Schuiten et Benoît Peeters se sont lancés un nouveau défi : rêver l’avenir de notre monde, se risquer à une véritable prospective, dans la lignée des visions de Jules Verne et de Robida…

Le mardi 6 mai, ils seront au théâtre d’Agen à 20 h 30 pour une « conférence-spectacle ».

La série “Les Portes du Possible” a été publiée en feuilleton dans Courrier International, ainsi que dans les journaux belges Le Soir et De Morgen, et est parue sous forme de livre aux éditions Casterman. Chaque page développe une anecdote, de manière à la fois ludique et informée. On ne cherche pas à décrire l’avenir de manière plausible, moins encore à dire à quoi il devrait ressembler, expliquent les auteurs. « Ce que nous voudrions, c’est intriguer, faire rêver, lancer des pistes de réflexion. »

Dans “Les Portes du Possible”, Schuiten et Peeters évoquent quelques scénarii plus ou moins fantaisistes pour les prochaines décennies : des Rochers habités aux Ecoles du Tri, de la Fracture Funèbre aux Pèlerins de l’Industrie, en passant par les Toitures Nomades, les Nouveaux Echassiers et les Voitures-Cocons…Un regard mi-sérieux mi-amusé sur un futur peut-être pas si lointain.


La conférence musicale que proposent François Schuiten et Benoît Peeters s’appuie sur ces images projetées sur grand écran et soutenu par les interventions musicales du compositeur Bruno Letort.

Angoulême 2008 : Les coups de coeur du Directeur

Quelques pistes à suivre, indiquées par un connaisseur, Benoît Mouchart!

Ne demandez jamais à un père de choisir entre ses enfants. Ou à un directeur artistique de vous donner ses préférences au sein de la programmation qu’il a soignée aux petits oignons. Tout de même, Benoît Mouchart avoue quelques coups de coeur parmi les dizaines d’événements qui vont se succéder durant ces quatre jours.

1- As de coeur : Moreau et Rabaté


« Entre eux, c’est une vraie rencontre », se réjouit Benoît Mouchart. Pascal Rabaté a déjà endossé le rôle de dessinateur du tournage de « Louise Michel », film dans lequel jouait Yolande Moreau. L’auteur d’« Ibicus » cernera la confession de la comédienne dans le rôle d’une femme qui vient de tuer son amant. Le dessin de Pascal Rabaté sera « filmé par en dessous à travers une plaque de verre dépolie ».

2 - As de pique : l’Argentine de Muñoz

« Un musée aurait mis deux ans à bâtir l’exposition qu’on a montée en neuf mois pour le CNBDI », estime le directeur artistique du FIBD, qui se réjouit de ce coup de projecteur sur l’école argentine. « On dit que les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens des Incas, et les Argentins du bateau », ajoute-t-il en souriant. L’expo raconte ce cosmopolitisme facteur de bouillonnement culturel. « La bande dessinée adulte existait déjà en Argentine dans les années 30 à 60, avec une ambiance à la Hollywood. Mais ce n’est pas seulement une rétrospective. » À côté de Breccia, de Pratt, de Quino, père de la célèbre Mafalda, la nouvelle génération pointe son trait.

3 - As de carreau : Villes du futur

« Voilà l’exposition la plus scénographiée de cette édition, l’équivalent de ce qu’a été Kid Paddle l’an dernier. Un vrai plaisir grand public. » (lire en page 2-24).

4 - As de trèfle : honneur aux Grands Prix

En consacrant pour la première fois une exposition aux 38 grands prix de son histoire, le FIBD défend une véritable politique des auteurs pour le 9e art. « On essaye de montrer le dessin d’une autre manière, à travers une expérience qui retranscrit la magie des concerts de dessin », explique Benoît Mouchart. C’est Benoît Peeters qui a concocté le film, coeur de l’exposition, qui ausculte chacun des auteurs, sur une musique originale spécialement composée par Bruno Letort.

24 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« La Théorie du grain de sable », tome 1, cycle « les Cités obscures », de Schuiten et Peeters. Casterman.

theoriegrain.jpgMalgré son titre le dernier album du tandem Schuiten/Peeters n’a pas à souffrir du grain de sable, la machine des « Cités obscures » prolongeant son ombre sur l’horizon. Après « la Frontière invisible » on abandonne ici la couleur pour le noir et blanc auxquels il faut ajouter un beige clair susceptible de laisser apparaître des détails clefs.

On retrouve Brüsel, des passerelles entres bâtiments qui ne sont pas sans références aux arrêtes du cube dans « la Fièvre d’Urbicande » (on mentionne un « style post Urbicande ») un sable envahissant l’appartement d’une mère de famille tandis que son voisin voit surgir chez lui des pierres qui serviront à lester Maurice, le restaurateur qui perd du poids au point de léviter. Le tout sous un ciel sillonné comme d’habitude par d’improbables dirigeables.

« L’insolite à Brüsel, ce n’est pas ça qui manque » confie un protagoniste à un détective de phénomènes inexpliqués qui n’est autre que Mary la Penchée, centre d’intérêt d’un livre précédent. Au fil de petits évènements la ville se dissout dans le fantastique sans oublier la réalité architecturale (la maison « Autrique » conçue par Horta dans le style art nouveau existe réellement et sera le cadre d’une exposition de planches originales de septembre à mars à Bruxelles).

Côté dessin Schuiten s’avoue davantage expressionniste: « Je voulais revenir au pinceau et casser le rapport aux hachures qui était peut-être une façon de biaiser mon rapport au noir et blanc. Je me suis dit que cette fois il fallait l’affronter ». Quant au format à l’italienne (horizontal), inhabituel chez ces deux auteurs, il découle directement des propositions picturales du dessinateur et de ses carnets de croquis. Comme quoi Peeters et Schuiten ne s’ensablent pas.

112 pages, 17,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

3 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« Riyad-sur-Seine », RG 1, de Pierre Dragon et Frédéric Peeters. Gallimard, collection Bayou.

riyad.jpgSurprenante rencontre que celle d’un policier des Renseignements Généraux (RG, donc) et de l’auteur des « Pilules bleues ». Surtout quand elle a pour bonne fée Joann Sfar en personne, qui a fait la connaissance de Pierre Dragon sur le seuil du palais de justice de Paris, à l’occasion du procès de Charlie Hebdo. Le premier a la tête pleine d’histoires à raconter, fictions dont Sfar, directeur de la collection Bayou, souhaite qu’elles puissent être prises pour la réalité. L’autre entend « parler du réel », ausculter le ventre de la cité, mettre en images l’ordinaire d’un vieux routier du sordide. Leur première collaboration, « Riyad-sur-Seine », est tout cela et bien plus. Une enquête menée de rien par un enquêteur qui fait part en voix off de ses espoirs, de ses doutes, de la réalité d’une enquête de terrain. Le nom de cet enquêteur ? Pierre Dragon, tout simplement. Preuve de la volonté affichée de l’auteur de réaliser, à défaut d’une autobiographie, une autofiction « si proche de la réalité de ce que je vis qu’on pourrait s’y méprendre. » Le résultat ? Plus de cent pages (petit format) d’un roman graphique dense et passionnant qui n’a rien à envier à ses aînés littéraires, télévisuels ou cinématographique. Une plongée en apnée dans le quotidien des plombiers du renseignement qui dénote par son réalisme de la production récente de la collection Bayou, nouvelle preuve de la volonté d’éclectisme et de l’exigence de qualité de son directeur.

 

Chronique de Philippe Belhache

 

25 juin 2007 - Aucun commentaire
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