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Délires fantastiques (sans frontières)

fairy-tail.jpgVous connaissiez « Rave » (Glénat) ? Vous allez adorer « Fairy Tail » (Pika), également signé Hiro Mashima. Parce que l’auteur recycle les bonnes idées du premier titre pour former le second. Et que le ton adopté est celui d’un franc délire tel que les Japonais aiment à s’autoriser. Le fond ? Un monde peuple de magiciens regroupé en guildes, œuvrant à divers niveaux dans le tissu social. Et au sein de ces guildes, Fairy Tale, une guilde peuplées d’individualités fortes, personnages plus ou moins marginaux, grands mangeurs, grands noceurs, grands buveurs, incapables de rester longtemps l’un à côté de l’autre sans des taper dessus, mais doté d’un sens de l’honneur apparemment indéfectible. Les personnages principaux donnent le « la ». Entre Lucy, jeune « constellationniste », collectionneuse de clefs magiques désireuse de rentrer dans la guilde, qui expose ses formes généreuses à des situations improbables. Ou Natsu, véritable salamandre paralysé par le mal des transports. Ou même Happy, sorte de ludion félin volant dont le rôle n’est pas si éloigné de celui du Kélo de « Card Captor Sakura ». Ces personnages bien secoués sont embarqués sans préavis dans une série d’aventures pour le moins échevelées sans que pour l’heure se dégage un dessein bien précis. Un peu de fouillis et beaucoup de déjà-lu dans tous ces éléments, donc. Mais le tout est mixé de manière décomplexée avec un graphisme qui n’est pas sans évoquer  le « One Piece » d’Eiichiro Oda. Verdict ? Tout à fait consommable.

« Fairy Tail » 1 & 2, par Hiro Mashima. Pika. 6,90 euros par tome.


freakssqueele1.jpgEncore une académie de super héros ? Celle du professeur Xavier (X-men, Marvel) fait figure d’ancêtre face à celle de « Wonder City » (Gualdino & Turconi, Soleil)  ou les versions plus « déconnantes » de la « Héro Academy » (Debois & Olivares, Soleil) ou même « ASH » (Loran, Editions du Cycliste). Dans l’esprit, le « Freaks’ Squeele » de Florent Maudoux se positionne clairement dans la deuxième catégorie, forte d’un esprit potache plutôt bienvenu. L’auteur s’attache à un groupe d’étudiants formé d’un monstre maladroit, d’une démone écervelée et d’une surdouée… sans pouvoir – bref à une bande de bras (a priori) cassés – inscrits dans une université spécialisée. Un établissement dont le directeur a pour seul souci la médiatisation de « travaux pratiques » plus ou moins glorieux à des fins mercantiles. Les personnages se dévoilent petit à petit au cours d’actions aux conséquences le plus souvent calamiteuses. Le délire règne en maître dans cette pochade de série Z assumée, au graphisme exceptionnellement léché, sous influence manga. Loufoque et gentiment dévergondé. Du bonheur décomplexé..

« Freaks’ squeele », tome 1, par Florent Maudoux. Ankama, collection 619. 148 pages. 14.90 euros.
 

wormwood.jpgHumour encore, mais plutôt à froid. Wormwood est un ver habitant un corps zombie, bombardé chasseur de monstres, posté à la sortie d’une porte dimensionnelle dont la gardienne est la patronne d’une boîte de strip-tease… Wormwood boit, fume cause beaucoup. Et règle ses affaires façon Columbo, en parfait connaisseur de la gent démoniaque à tentacules incorporés, flanqués d’un robot flingueur, d’un policier fantôme et d’une « sœur » version punk. « Wormwood », issu du catalogue IDW, ressemble à du Lovecraft réécrit un soir de cuite, avec ses monstres chtoniens adeptes de la bière ou du téléphone portable. Graphiquement, Templesmith (« Fell ») se démarque de la production comics habituelle. Son trait s’inscrit dans la lignée expérimentale de Bill Sienkiewicz ou de Dave McKean, dont il détourne les codes pour mieux appuyer le grotesque des situations. Ludique, pour les amateurs d’humour trash et/ou morbide que le gore n’effraie pas


« Gentleman Zombie », Wormwood 1, de Ben Templesmith. Delcourt. 128 pages. 14.95 euros.


Chronique de Philippe Belhache
 

28 septembre 2008 - Aucun commentaire
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« Alive : last évolution », de Tadashi Kawashima & Adachitoka. Pika.

alive3.jpgComment qualifier « Alive : last evolution » ? Le terme de morbide affleure aux lèvres.  Pourtant, ce Shonen fraîchement débarqué en France est au-delà de ça. Le pitch ? Une entité venue de l’espace s’abat sur terre et provoque dans la population une vague de suicides sans précédent. Une sorte d’épidémie dont les survivants sortent passablement perturbés. Liés entre eux, s’appelant mutuellement « camarades », ils développent rapidement des aptitudes terrifiantes. Sur ce postulat, Tadashi Kawashima développe une intrigue plutôt singulière. Le premier tome, peuplé de jeunes gens mettant fin à leur vie avec le sourire, est volontairement dérangeant. L’auteur brosse rapidement la psychologie de Taisuke, lycéen orphelin, plutôt marginal, également saisi du trouble. De fil en aiguille, le jeune homme se trouve confronté à un groupe de camarades passés du « côté obscur ». « Alive : last evolution » est un manga sombre, qui joue sur le thème de la mort, sur la fascination qu’elle peut exercer sur les gens, sans tomber dans la simple complaisance. « Camarade » peu doué, Taisuke est l’archétype du jeune homme en apprentissage, qui va devoir travailler son don là ou d’autres ont spontanément appris à s’en servir. Son parcours prend forme de voyage initiatique, chacune de ses rencontres donnant lieu à la mise à nu d’un drame individuel, du rapport des protagonistes à la mort, véritable valeur ajoutée du récit. Pourvu que cela dure… Le danger est en effet de voir « Alive » dériver vers le Shonen de base, simple confrontation entre individus super doués. Pour l’heure (tome 3 paru fin août), le pari est plutôt bien tenu. Le graphisme d’Adachitoka, dynamique sans être révolutionnaire, y contribue grandement. Créée en 2003, la série compte déjà quinze tomes au Japon.

Trois tomes parus. 6,95 euros par titre.

Chronique de Philippe Belhache

19 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Girls Bravo, vol. 1, de Mario Kaneda chez Pika Edition.

bravo_girls_1.jpgSi le rythme de Girls Bravo suit les promesses du premier volume de ce manga publié chez Pika Edition, la série pourrait connaître un beau succès… surtout chez les jeunes ados masculins qui se régaleront sans doute à la vue des multiples jeunes filles aguicheuses et légèrement dénudées que l’on croise au fil des pages. C’est d’ailleurs bien là le problème de Yukinari, lycéen japonais à qui la proximité des femmes ne fait que donner de l’urticaire! Un handicap encombrant surtout lorsque l’on se retrouve rapidement accompagné d’une étrange jeune fille ramenée d’un monde parallèle, que l’on vit seul avec sa mère et que son principal camarade d’enfance et voisin est aussi… une fille.


Cette trame rapidement ébauchée, le lecteur a parfois l’impression de se retrouver dans ses vieux volumes de Video Girl Ai tant les similitudes scénaristiques et parfois graphiques (cette manière si particulière de dessiner les jupes et les fesses des héroïnes en contre-plongée) sont grandes. Pour autant, Girls Bravo ne se contente pas de plagier et affirme une bonne dose de caractère et d’humour. Le premier volume se dévore facilement… une bonne impression à confirmer dès la prochaine parution.


Chronique de Frédéric Sallet

16 mars 2008 - Aucun commentaire
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Hachette se lance dans le manga… en rachetant Pika

Appartenant aux derniers indépendants du secteur, l’éditeur Pika vient d’être racheté par Hachette Livre qui était absent jusqu’à ce jour du secteur du manga au sein duquel Pika excelle à la troisième place du podium! Il y a quelques années, c’est Dupuis qui avait courtisé cette maison créée en 2000, éditrice des célèbres "Love Hina" ou "GTO". Nous vous livrons ci-dessous le communiqué de presse transmis par Hachette le 28 février… « Lagardère annonce aujourd’hui la signature par Hachette Livre d’un protocole d’accord en vue de l’acquisition de PIKA, troisième éditeur français de mangas.

 En France, le marché du manga a connu une forte croissance (TCAM DE ±30%) sur les quatre dernières années, et représente, en volume, un tiers du marché de la bande dessinée.

PIKA, avec 12% du marché du manga et un catalogue de 600 titres comportant quelques créations européennes, a été créé en 2000 par Alain Kahn qui, avec l’éditeur Pierre Valls, l’a remarquablement développé pour en faire aujourd’hui le numéro 3.

 Cette acquisition, dont la réalisation devrait intervenir à court terme, représente une belle opportunité, tant pour Hachette Livre que pour PIKA, qui envisagent de développer ensemble des partenariats avec les éditeurs japonais, en particulier avec le support de la stratégie pluri-média que le groupe Lagardère peut offrir.

Pour Hachette Livre, cette acquisition constitue une nouvelle étape de son développement, dans un segment éditorial porteur de croissance, enrichissant ainsi son activité d’édition « illustrée » d’un genre éditorial très attractif pour les nouveaux publics du livre.

PIKA apportera également tout son savoir-faire aux maisons d’édition de mangas lancées ces derniers mois par Hachette Livre en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. »

12 mars 2007 - Aucun commentaire
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