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Angoulême 2008 : Les coups de coeur du Directeur

Quelques pistes à suivre, indiquées par un connaisseur, Benoît Mouchart!

Ne demandez jamais à un père de choisir entre ses enfants. Ou à un directeur artistique de vous donner ses préférences au sein de la programmation qu’il a soignée aux petits oignons. Tout de même, Benoît Mouchart avoue quelques coups de coeur parmi les dizaines d’événements qui vont se succéder durant ces quatre jours.

1- As de coeur : Moreau et Rabaté


« Entre eux, c’est une vraie rencontre », se réjouit Benoît Mouchart. Pascal Rabaté a déjà endossé le rôle de dessinateur du tournage de « Louise Michel », film dans lequel jouait Yolande Moreau. L’auteur d’« Ibicus » cernera la confession de la comédienne dans le rôle d’une femme qui vient de tuer son amant. Le dessin de Pascal Rabaté sera « filmé par en dessous à travers une plaque de verre dépolie ».

2 - As de pique : l’Argentine de Muñoz

« Un musée aurait mis deux ans à bâtir l’exposition qu’on a montée en neuf mois pour le CNBDI », estime le directeur artistique du FIBD, qui se réjouit de ce coup de projecteur sur l’école argentine. « On dit que les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens des Incas, et les Argentins du bateau », ajoute-t-il en souriant. L’expo raconte ce cosmopolitisme facteur de bouillonnement culturel. « La bande dessinée adulte existait déjà en Argentine dans les années 30 à 60, avec une ambiance à la Hollywood. Mais ce n’est pas seulement une rétrospective. » À côté de Breccia, de Pratt, de Quino, père de la célèbre Mafalda, la nouvelle génération pointe son trait.

3 - As de carreau : Villes du futur

« Voilà l’exposition la plus scénographiée de cette édition, l’équivalent de ce qu’a été Kid Paddle l’an dernier. Un vrai plaisir grand public. » (lire en page 2-24).

4 - As de trèfle : honneur aux Grands Prix

En consacrant pour la première fois une exposition aux 38 grands prix de son histoire, le FIBD défend une véritable politique des auteurs pour le 9e art. « On essaye de montrer le dessin d’une autre manière, à travers une expérience qui retranscrit la magie des concerts de dessin », explique Benoît Mouchart. C’est Benoît Peeters qui a concocté le film, coeur de l’exposition, qui ausculte chacun des auteurs, sur une musique originale spécialement composée par Bruno Letort.

24 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« Harry est fou », de Pascal Rabaté, d’après Dick King-Smith. Gallimard, coll. Fétiche.

harryfou.jpgLancé au premier rang de la collection Fétiche de Gallimard, adaptations d’œuvres d’auteurs maison par de belles signatures de la bande dessinée, « Harry est fou » a tout pour plaire. Pascal Rabaté s’est emparé pour l’occasion d’un classique de la collection Gallimard Jeunesse signé Dick King-Smith, auteur du célébrissime « Babe, le cochon devenu berger ». Le pitch ? Un jeune garçon reçoit un perroquet en héritage, lequel s’avère un incurable bavard qui tape l’incruste comme membre à part entière de la famille. Et devient le premier véritable ami d’Harry… Rabaté s’empare de cette histoire imprégnée d’un parfum d’Angleterre, la simplifie, la magnifie de son graphisme épuré et de couleurs lumineuses, qui rendent son travail plus proche que jamais de celui de son ami David Prudhomme, avec qui il a récemment signé « La Marie en plastique » (Futuropolis). Une adaptation de grande classe pour une histoire d’amitié singulière qui ne pouvait que séduire l’auteur des « Petits ruisseaux », lequel place toujours l’humain au cœur de ses textes. Une belle entrée en matière pour Fétiche dans un contexte de production effrénée en termes d’adaptation littéraire.

  
48 pages, 13 euros.


Chronique de Philippe Belhache
 

15 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« La Marie en plastique », seconde partie, de Pascal Rabaté et David Prudhomme. Futuropolis.

La Marie en plastiquePrenez un édifice à l’équilibre précaire – une famille dont trois générations vivent sous le même toit, une rareté de nos jours – et soumettez là un événement imprévu, inexplicable, déstabilisant, à même de bousculer les certitudes et de redistribuer les cartes dans un jeu qui semblait immuable. Que peut-il se passer ? Rabaté et Prudhomme offrent leur réponse avec ce second volume de « Marie en plastique », chronique mitonnée par deux grands observateurs de la vie de quartier, histoires de riverains et chamailleries de voisins. De ces vies qui se déroulent dans l’indifférence générale, superbement ignorées du 20 Heures et des magazines « people »…

  

Le premier récit permettait aux deux complices de brosser le portrait familial dans son fonctionnement rituel, petites habitudes et coups de sangs, renoncements d’un soir, réflexions en coin et bonnes volontés en berne. Rien de méchant, juste le quotidien d’une famille lambda dont les différentes composantes tentent bon gré mal gré de vivre ensemble. Jusqu’à la petite révolte d’une petite grand-mère, qui décide un jour de ramener de Lourdes une statuette représentant la Vierge et de la poser sur la télé pour faire la nique à son mari, militant communiste aussi anticlérical qu’autoritaire. Et la Marie en plastique de pleurer des larmes de sang… Dans ce second volet, les narrateurs renversent le point de vue, étudient en ethnologues rigolards les conséquences de ce petit miracle sur la cellule familiale, son existence réglée comme du papier à musique se voyant mise à mal par une notoriété aussi subite qu’inattendue et, pour tout dire, inopportune. Pascal Rabaté raconte sans juger, porte un regard tendre et optimiste sur ses personnages tout en s’offrant quelques moments d’anthologie – les analyses, l’équipe de foot, l’accident du grand-père – et conclut l’album par un pied de nez de première classe. Le dessinateur bordelais David Prudhomme est au diapason, s’appropriant la petite musique de l’auteur des « Petits Ruisseaux » et d’« Ibicus », la traduisant en images de son trait sobre et sensible, avec une prédilection pour l’expressivité et l’émotion. Un album fin et souriant.

 

Chronique de Philippe Belhache

 

26 juin 2007 - Aucun commentaire
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“Les petits ruisseaux”, prix de la critique

Le Grand prix 2007 de la critique bande dessinée a été attribué à l’ouvrage de Pascal Rabaté « Les petits ruisseaux » (éditions Futuropolis). Avec ce prix, l’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bandes Dessinées, consacre, pour la 2ème fois, un auteur exigeant, spécialiste de la chronique villageoise Pascal Rabaté avait été honoré, en 1998, pour son album « Un ver dans le fruit ».

 

«Les petits ruisseaux» aborde, avec beaucoup d’humour et de tendresse, les amours du grand âge, l’un des derniers sujets tabous de la société française, sans jamais tomber dans la vulgarité et la paillardise. Outre la finesse de la narration, la saveur des dialogues et l’originalité du sujet, il faut aussi insister sur la vitalité du graphisme. Enfin, ce petit joyau de simplicité nous montre la vie telle qu’elle est, nous rappelant, avec une infinie délicatesse, que faire l’amour n’est pas réservé uniquement à ceux qui sont jeunes et beaux.

L’ACBD compte 77 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse écrite, audiovisuelle, nationale et régionale, et dans les nouvelles technologies. Cette année, le “Grand Prix de la Critique Bandes Dessinées” de l’ACBD a été choisi parmi quelque 3000 nouveautés publiées dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse), entre novembre 2005 et fin octobre 2006 : une production en augmentation constante depuis 11 ans maintenant.

 

 

Le Bureau de l’ACBD :


Président : Jean-Christophe Ogier (France Info)

Vices-Présidents : Philippe Guillaume (Les Echos) et Marie-Pierre Larrivé
Secrétaire Général : Gilles Ratier (L’Echo du Centre)
Secrétaire adjoint : Laurent Turpin (bdzoom.com)
Trésorier : Brieg F. Haslé (auracan.com, La Lettre)
Trésorière adjointe : Virginie François (Virgin Hebdo)

Les titres de la sélections étaient :



- «Les petits ruisseaux» de Pascal Rabaté (Futuropolis)      
- «Abdallahi T.1» de Jean-Denis Pendanx  et Christophe Dabitch (Futuropolis) 
- «Pourquoi j’ai tué Pierre» d’Alfred et Olivier Ka (Delcourt)  
- «Le photographe T.3» d’Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre (Dupuis)
- «Lucille» de Ludovic Debeurme (Futuropolis)           

                      

Liste des votants (membres actifs de l’ACBD) pour le dernier tour du Grand prix de la critique 2007 :

Nicolas Adolphi, Anne et Julien, Nicolas Anspach, Philippe Audoin, Julien Ausou, Philippe Belhache, Thierry Bellefroid, Jean Bernard, Alain Bessec, Marie-Hélène Bonnot, Jérôme Briot, Hervé Cannet, Marc Carlot, Philippe Corbou, Olivier Delcroix, Joël Dubos, Clara Dupont-Monod, Yaël Eckert, Laurent Fabri, Virginie François, Nicolas Fréret, Laure Garcia, Patrick Gaumer, Gérard Girard, Philippe Guillaume, Antoine Guillot, Brieg F. Haslé, Boris Henry, Ariel Herbez, Patrick de Jacquelot, Michel Janvier, Yves-Marie Labé, Michel Litout, Philippe Loussouarn, Christian Marmonnier, Jean-Philippe Martin, Gilles Médioni, Laurent Mélikian, Michel Nicolas, Jean-Christophe Ogier, Pascal Ory, Stéphane Pair, Frédérique Pelletier, Dominique Petitfaux, Fabrice Piault, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Denis Plagne, Didier Quella-Guyot, Christophe Quillien, Gilles Ratier, Jean-Pierre Rémond, Benjamin Riot, Stéphane Rossi, Anh Hoà Truong, Laurent Turpin, Stéphane Vacchiani, Pierre Vavasseur, Pascal Vigneron et Monique Younes.

27 novembre 2006 - Aucun commentaire
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« La Marie en plastique », tome 1, de Prudhomme et Rabaté. Futuropolis.

« J’avais envie de voir comment peuvent évoluer les relations entre les membres d’une même famille, réunis sous le même toit » David Prudhomme confiait déjà vouloir explorer ce thème ancestral au sein du collectif « Japon » coordonné par Frédéric Boilet (Casterman). Faute d’avoir trouvé la bonne famille dans le laps de temps qui lui était imparti, il s’est laissé aller par défaut à une errance onirique. Le scénario de Pascal Rabaté, son complice sur « Petit Paul » (Charrette) ne pouvait dès lors que le séduire. Le thème de « La Marie en plastique » ? La vie de famille, justement, dont le bon déroulement tient à des équilibres parfois délicats, édifice fragile livrés aux coups de boutoir de l’égoïsme et des paroles irréfléchies.

Rabaté, orfèvre des petits riens, met en scène une de ces familles types, modelées sur le modèle ouvrier, mettant en présence trois générations qui n’ont plus suffisamment en commun pour réellement s’entendre. Les discussions orageuses entre le grand-père « Rouge » et son épouse confite dans le Seigneur atteignent leur point d’orgue. Cette dernière choisit de se révolter - à son échelle - en disposant sur la télévision familiale un souvenir de son pèlerinage à Lourdes, la fameuse Marie en plastique. Le ton monte au fil des petits et gros mots, grandes colères et petites lâchetés quotidiennes que Rabaté sait saisir comme personne. Les dialogues ciselés, frappés au coin du quotidien, esquissent les contours d’une réalité connue de chacun de nous, nichée quelque part dans un repli de la famille. Ce quotidien, David Prudhomme se l’approprie pleinement, adaptant son trait épuré à cette fiction contemporaine sensible. Il croque des trognes d’hommes de la rue, icônes de zinc et voisins fantasmés, avec un naturel et une économie de moyens que beaucoup peuvent lui envier. « La Marie » le confirme, si besoin était, parmi les dessinateurs les plus intéressants du moment.

Chronique de Philippe Belhache

5 octobre 2006 - Aucun commentaire
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