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« Vénus H », tome 3 « Wanda », de Dufaux et Renaud. Dargaud.

venus-h-wanda.jpgAprès Anja et Miaki, c’est à Wanda de servir de fil rouge au troisième opus de la série « Vénus H », dont chaque tome peut se lire indépendamment les uns des autres. Ils ont en commun cette invisible mais redoutable organisation, menée par Madame H, qui régente un réseau de prostitution de haut vol. Wanda est l’une de ses « membres », péripatéticienne de standing, qui sait opérer cependant en milieu trouble et dangereux, sans jouissance pour elle autre que l’argent. Soumise au glacial homme d’affaires Oleg Kozca, Wanda mène une vie compliquée, avec une fille , Dominique, abandonnée à l’âge de deux ans, et confiée à un couple, et qui s’avère perturbée par l’absence de sa mère, au point de fuguer. Simultanément, on comprend que les « affaires » d’Oleg sont d’ordre mafieux, et le monde des parents adoptifs de Dominique et celui du malfrat vont s’entrechoquer, alors qu’ils n’auraient jamais du se rencontrer.
« Il n’y a que la peau qui les intéresse. Personne n’écoute les battements d’un coeur » rappelle Wanda, qui se sent de plus en plus prise au piège. D’autant que des passerelles vont soudain s’établir entre la disparition de sa fille et les activités très louches du « protecteur » de la mère. Les divers protagonistes auront du mal à sortir indemne du scénario mis en place par Dufaux, et bien que l’on aie pas là le meilleur volume des trois « Vénus H » publiés, sa lecture reste agréable, surtout avec l’élégance des dessins de Renaud, sur des tons très doux pour ce monde de violence.

60 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

30 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Vénus H », tome 2 « Miaki », de Dufaux et Renaud. Dargaud.

venush2.jpgLe deuxième tome de « Vénus H » débute mal, avec un cadavre flottant sur la Seine, abattu par une femme. C’est que le réseau Vénus H, qui loue des putes de luxe aux « puissants » n’est pas tendre.

Dans un Paris dont l’Arc de Triomphe rougeoie au crépuscule la belle Miaki appartient pour six mois à un affairiste plus que douteux qui l’utilise pour satisfaire ses clients. Le secret de Miaki? Un mystérieux et rare poisson, le tikiti, qui amplifie le plaisir et entraîne une dépendance amoureuse. Mais pour cette jeune femme de 23 ans il est également difficile de trouver un brin d’indépendance, sauf peut-être brièvement avec un homme de main, ce qui offre à Dufaux ce très beau texte: « Les amants ont une fâcheuse tendance à oublier le reste du monde. Donnez-leur un lit, ils en feront une île. Donnez-leur une chambre, ils en feront un continent. Donnez-leur un corps, ils en font un livre. Donnez-leur une ville, ils en feront une chanson. » Dufaux a beau être un scénariste extrêmement prolifique il sait ciseler son ouvrage. Le dessin en couleurs directes de Renaud va comme un gant à cette histoire sordide qui se déroule derrière les riches tentures de l’hôtel Raphaël.

Le vrai plaisir reste cette série dont on peut lire chaque tome indépendamment, mais l’ensemble des volumes constituera in fine une ambiance très particulière et une œuvre à part entière.

60 pages, 13 euros. Chronique de Jean-Marc Lernould

5 juin 2007 - Aucun commentaire
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Enfin Libre vous salue bien

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David Barou et Philippe Renaut forment le collectif Enfin Libre, auteur d’une belle expérimentation parue il a quelques mois aux éditions du Cycliste. "Le Fluink" est un récit à plusieurs entrées de lecture se déroulant dans deux mondes opposés et superposés qui finissent fatalement par interagir. Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême était pour eux l’occasion de rencontrer leur lectorat, mais aussi de faire démonstration de leur savoir-faire à la palette graphique. Pour "Sud Ouest", ils ont aimablement accepté de jouer le jeu de la dédicace.

Pour en savoir plus, notre chronique et le site du collectif Enfin Libre

21 février 2007 - Aucun commentaire
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« Le Fluink », par Enfin Libre (David Barou et Philippe Renaut). Le Cycliste.

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Drôle d’objet que ce croisement improbable entre les « Shadoks » de Rouxel et les « Idées noires » de Franquin. Barou et Renaud, à l’image du duo Rivière-Pakulu pour « Missy » (La Boîte à Bulle), ont travaillé leur premier album sur une belle idée graphique. Le principe ? Deux mondes superposés, l’un blanc sur fond noir, l’autre noir sur fond blanc, deux univers en négatif l’un de l’autre, qui (au début) ne se connaissent pas. Pour chacun d’eux est développé une intrigue, un univers différent, qui finissent fatalement par interférer l’un avec l’autre. Le parti pris conditionne toute la narration, séparée en deux registres distincts, quand les compères n’insèrent pas une troisième ligne. L’ensemble pourrait se révéler rapidement indigeste, mais il n’en est rien. Au travail de ces deux auteurs passablement culottés s’ajoute celui des Editions du Cycliste. Le parti pris de publier le Fluink dans un beau (et aujourd’hui peu fréquent) format à l’Italienne offre aux deux auteurs l’espace nécessaire pour développer leurs intrigues parallèle tout en conservant une lisibilité étonnante. Une découverte.

Chronique de Philippe Belhache

5 décembre 2006 - Aucun commentaire
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