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« Journal de la guerre », premier épisode, « 1914 », de Tardi et Jean-Pierre Vernay. Publié par Casterman.

tardi.jpgJe me rappelle mon entrée en sixième, à l’école Saint-Sulpice, Paris. Notre professeur d’histoire attaqua d’emblée le premier cours par l’étude de la « Grande Guerre », avertissant au passage : « cette étude de 14-18 va durer plusieurs mois, et ce sera long, pour que vous compreniez l’éternité qu’a duré cette tuerie. » Comme cet enseignant, Jacques Tardi et son ami et historien Jean-Pierre Vernay ont cette boucherie dans les tripes et poursuivent leur patient travail afin de saper toutes les illusions de gloriole qu’a pu engendrer cette période. Il y a eu « c’était la Guerre des tranchées », « Adieu Brindavoine », « la Fleur au fusil », « la véritable Histoire du soldat inconnu », mais Tardi remet sans cesse le couvert sans lasser, dénonçant les puissants qui ont réduit les hommes du peuple au rang de pantins ensanglantés.

Comme pour le récent « le Secret de l’Étrangleur », ce nouveau manifeste paraît sous forme de journal, soit trois exemplaires de 20 pages 30×42 centimètres, chacun paraissant mensuellement d’août à octobre, mois qui verra la publication de l’ensemble sous forme d’un album. On débute normalement par 1914 et cette naïveté des truffions des deux camps qui se voient déjà paradant dans la capitale adverse. A raison de trois strips par page, tout en largeur, un soldat lambda évoque d’emblée sa perplexité devant l’engouement de ses camarades. Un pessimisme renforcé par la première case, où s’étalent des cadavres bleus et vert de gris sur lesquels s’abattent des nuées de corbeaux. Une image récurrente tout au long de cette douloureuse narration, où la guerre de mouvement et la bataille de la Marne laissent rapidement la place à la guerre de position et aux premières tranchées, et où les couleurs clinquantes des uniformes virent peu à peu au monochrome crasseux et boueux.

Les quatre dernières pages de ce journal sont écrites par Jean-Pierre Verney qui résume efficacement et d’une façon aussi synthétique que pédagogique l’évolution de ce carnage, sans oublier d’énumérer les centaines de milliers de morts, civils ou militaires, tués durant les cinq premiers mois de ce conflit.

En parallèle à cette nouvelle œuvre, rappelons qu’un accord entre EuropaCorp (autrement dit Luc Besson) et les éditions Casterman prévoit l’adaptation de l’adaptation au cinéma de trois films relatant les aventures d’Adèle Blanc-Sec, dont le premier est prévu pour 2009. Une Adèle qui elle aussi naviguera dans les eaux troubles de ce véritable commencement d’un XXème siècle sanglant.

« Journal de guerre », 20 pages, 2,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

4 octobre 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 : Besson sur le choc

Luc Besson est venu hier au FIBD raconter son soutien à la maison d’éditions Septième choc. Et évoquer l’adaptation d’« Adèle Blanc-Sec ». 
 
besson.jpgPetite incursion à Angoulême, au coeur du festival de la BD, hier, pour Luc Besson. Un détour rapide. Le cinéaste était surtout soucieux de répercuter l’aura médiatique qui l’entoure sur la maison d’édition Septième choc.

Car Besson a eu un coup de foudre pour le travail de son créateur, le dessinateur Dikeuss. Au point d’adosser Septième choc à sa société Intervista?


« Il n’est pas question pour moi d’intervenir dans les choix artistiques de Dikeuss. Notre suivi sera juridique et financier, souligne Luc Besson. Je ne veux pas cracher sur le monde de l’édition, mais ceux qui ont du succès ont le défaut de refermer les portes du temple une fois qu’ils sont entrés à l’intérieur. Et quand on s’enferme, on finit par manquer d’air. Cette aide à Septième choc, c’est un petit signal pour ses jeunes dessinateurs. Je n’ai pas oublié qu’à mes débuts, j’ai vu les 43 producteurs de la place de Paris et qu’ils ont tous refusé de produire mon premier film. Je me demande encore comment ils n’ont pas décelé le petit potentiel d’un jeune cinéaste qui a fait depuis plus de 50 millions d’entrées en France. »


Confirmation de Dikeuss : « Je ne connaissais personne dans le monde de la BD. À force de taper à toutes les portes et de ne pas avoir de réponses, j’ai fini par construire ma propre citadelle et chercher d’autres auteurs comme moi. J’ai bossé treize ans dans la sécurité, mais je n’ai jamais lâché l’affaire. »


Tardi. Dikeuss compte sortir quinze à vingt productions par an, « pas seulement sur la banlieue parce qu’on ne veut pas s’enfermer dans un carcan. Mais on est quand même soucieux d’intéresser un public urbain, qui se tourne vers les mangas ou les comics, parce que la BD franco-belge ne parle pas de son quotidien ». Quant à l’actualité BD de Luc Besson, elle a pour nom Adèle Blanc-Sec.


« J’adore ce personnage de femme moderne du début du XXe siècle qui fume dans sa baignoire. J’ai appelé Tardi il y a six ans, mais il était déjà lié avec quelqu’un. Trois ans plus tard, ça n’avait pas évolué. Tardi était déçu et j’ai dû montrer ma bonne foi pour le convaincre. On a signé pour trois films. On va développer le scénario du premier, que je ne compte pas réaliser, en 2008. La naissance des deux suivants dépendra forcément de l’accueil du public pour ce premier volet. »


Article de Bertrand Ruiz

26 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 en images : Christine Albanel la bédéphile

christine_albanel.jpg

Une entrée en fanfare ? Pas le genre de la ministre de la Culture. Christine Albanel goûte plutôt à la suave musique argentine. Aux airs de tango plus exactement, distillés dans l’espace dévolu au président du 35e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, José Muñoz. Ce maître du noir et blanc s’improvise guide pour la ministre qui, docile, passe par la case CNBDI (Centre national de la bande dessinée et de l’image) pour ses premiers pas dans Angoulême.

Tardi, Pétillon et les autres. Avant de découvrir le travail du dessinateur argentin, petit rappel sur la création de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image par son directeur Gilles Ciment. Cet établissement public de coopération culturelle, regroupant le CNBDI et la Maison des auteurs, est voué à devenir le vaisseau amiral de la ville avec le festival. Impossible de faire l’impasse.

Puis Muñoz, Bottaro, Katchor captent le regard de la ministre, qui questionne. Tailleur noir, talons aiguilles et petit sac en main, elle maîtrise. Seule touche de fantaisie, un chemisier à fleurs et un sourire dont elle ne va pas se départir.

Christine Albanel est heureuse d’être là. Les officiels d’Angoulême ne sont pas mécontents non plus. Le maire en tête, Philippe Mottet, qui n’a pas manqué de faire un crochet au musée des Beaux-Arts.

Le bâtiment ouvrira ses portes en mars. « Il sera entièrement gratuit », n’a pas oublié de rappeler le chef de cabinet de la ministre, Jean-Bernard Bolvin, soulignant cette prédisposition angoumoisine qui colle à la volonté gouvernementale. Bonne élève, Angoulême ? Il faut croire, tant Christine Albanel fait preuve d’enthousiasme tout au long de sa visite. Direction l’épicentre du festival? « Et en plus, elle s’y connaît », glisse un éditeur. Au milieu de l’espace réservé aux publications alternatives, la ministre ne suit plus les conseils de Benoît Mouchart, directeur artistique du FIBD. Christine Albanel s’émancipe et vire de bord dès qu’une ?uvre l’attire.

Vient le moment de l’aveu. La ministre n’est pas une novice. « J’ai grandi avec les Tardi, Bretécher, Pétillon. » L’ancienne prof de littérature ne dédaigne pas la nouvelle génération avec, en tête de liste, Sfar.

Équité. « Cela faisait longtemps que je souhaitais venir au festival, raconte-t-elle. En France, on trouve peu de capitales culturelles et rares sont celles qui se mobilisent entièrement dans une manifestation. » Le dynamisme d’Angoulême, ville phare de la BD et qui rayonne au niveau international, ne fait pas un pli. « La bande dessinée est un art qui n’est pas autiste, il est en pleine expansion et s’exporte. Enracinée dans nos sociétés, la BD fait passer des messages et arrive à parler à chacun d’entre nous. Le travail de Marjane Satrapi (NDLR : créatrice de “Persepolis”) reste un bon exemple. »

À la question du statut des auteurs de BD et de l’engagement de l’État dans le neuvième art, la ministre s’est montrée confiante : « Il faut conserver un équilibre entre le privé et le public dans le financement. Le Festival d’Angoulême a trouvé ce bon équilibre, et le ministère est intéressé pour voir si on peut aller plus loin. Pour les droits des auteurs, il y a encore des efforts à mener. Pendant longtemps, il y a eu un ostracisme vis-à-vis de la BD, il faut rétablir une forme d’équité. »

Quant aux projets de la ville, ils ont l’oreille de la ministre. « L’État sera là pour le musée de la BD, c’est un équipement qui reflète une vraie ambition dans ce domaine. » L’État s’engagera aussi dans le financement de la médiathèque, objet de débat pendant la campagne municipale.

Après d’autres visites dans les bulles du festival, la ministre s’en est allée, telle une festivalière, les bras chargés de BD? Enfin presque, un collaborateur zélé a porté les albums qui pleuvaient sur le cortège? Après tout, c’est la ministre.

« Guerre et Poste , 1870-1945 », illustré par Tardi. Casterman (en collaboration avec le Musée de la Poste).

affiche-guerre-et-poste.jpgCet ouvrage a été initié par une exposition organisée par le Musée de la Poste cette année, sur le thème du quotidien des Français en temps de guerre et évidemment des difficultés d’acheminer le courrier. Une exposition illustrée par des dessins originaux de Tardi reproduits dans cet album. Ces illustrations sont dans la veine du « Cri du Peuple » et Tardi a été sollicité pour ses connaissances historiques.

Le livre est donc découpé au fil des trois guerres meurtrières. Celle de 1870 voit Paris assiégé envoyer des lettres en province par pigeons voyageurs, par simples ballons d’enfants ou par ballons « montés » comme celui qu’utilisa Gambetta pour quitter la capitale. Un moyen plus économique que celui des passeurs, trop souvent arrêtés par les Allemands. Même si elles furent inefficaces, on peut noter l’originalité des boules de Moulins, cylindres hermétiques jetés à la Seine et flottant entre deux eaux. Tardi dessine les longues files d’attente dans cette période de disette, où, les restaurants chics cuisinent les animaux des zoos tandis que les pauvres se contentent de chiens ou de rats.

Tardi s’en donne également à « cœur joie » avec l’horrible guerre de 14-18. S’il est plus facile de faire parvenir des lettres aux poilus la censure veille et retarde l’acheminement du courrier. Par contre la France se régale de cartes postales de propagande ridiculisant les « Boches ». Les objets abondent également dans cet album, tel ce vase réalisé dans une douille d’obus ou encore un jeu de quilles représentant des soldats.

Enfin la Seconde guerre mondiale verra s’amplifier les sabotages en coupant les câbles téléphoniques tandis que les FFI fabriquent des timbres « faux Pétain ». Tardi n’oubliera pas le sort des déportés en dessinant le départ d’un convoi dans une noirceur épouvantable.
On prend ici une bonne leçon d’histoire avec un livre très varié et bien sûr le trait de Tardi.

104 pages, 16,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

8 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« Adèle Blanc-Sec », T9 « le Labyrinthe infernal » (première partie), de Tardi. Casterman.

adeleblanc.jpgCela dure depuis plus de 30 ans (rappelons qu’Adèle avait fait ses premiers pas en 1976 dans « Sud Ouest Dimanche ») et la belle Adèle n’a pas pris une ride dans cette première partie du « Labyrinthe » dont on va enfin pouvoir ranger l’album dans sa bibliothèque. Les amateurs peuvent également l’acquérir sous forme de feuilleton en format A3 (1,95 euro le numéro, trois numéros pour chaque tome).

Dans ce tome 9, on va retrouver un panel de personnages récurrents, ce qui implique de nombreuses notes en bas de page qui renvient à des albums précédents. On peut imaginer qu’un jour Tardi nous livrera une sorte d’arbre généalogique de ces différentes figures car vu l’écart entre chaque parution il n’est pas aisé de s’y retrouver.

Sous des couverts plutôt réalistes et le fameux décor parisien cette suite reste profondément dans la lignée fantastique de la série. Une main coupée, un minotaure, un complot d’assassins déjantés qui veulent éliminer l’héroïne (qui descend ses blancs secs sans respirer) et une bonne dose d’humour confirment que cette suite a bien sa place dans l’imaginaire de Tardi.

48 pages, 10,50 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 novembre 2007 - Aucun commentaire
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Tardirama: l’Adèle et la tête

Quand le meilleur hebdo TV croise le fer avec l’un des plus fameux plumitifs BD du moment (un long moment…) on savoure le retour du feuilleton. « Télérama » a en effet passé un deal avec Casterman pour publier cet été « Adèle Blanc-Sec » de Tardi. Cela dit rendons hommage à nos aînés de « Sud-Ouest Dimanche » qui voilà plusieurs dizaines d’années (en 1976 exactement) ont eu le courage et la pugnacité d’étaler dans nos colonnes le tout premier tome de la série, également en feuilleton.

N’empêche que ces « Télérama » sentent le collector, à commencer par celui paru mercredi dernier (27 juin) et qui outre le premier volet d’Adèle comprend une interview de Tardi qui a laissé passé 9 ans avant de se refaire un petit blanc sec. La parution devrait courir jusqu’au 28 août avant que Casterman ne propulse l’aventure colorisée cette fois en album fin octobre.

Bon, Adèle reste indéboulonnable malgré la terre entière qui veut sa perte. Le rocambolesque reste de mise et Tardi avoue « qu’entre Bécassine et Barbarella il y avait un vaste champ libre ». Un champ bien labouré pour créer une héroïne féministe de la première heure aux prises avec des ptérodactyles, des bestioles venues du fond des âges et surtout des flics bornés.

« Le Labyrinthe infernal » doit se conclure en deux volumes et débute avec une main découverte dans une poubelle. Il en faudra plus pour émouvoir Adèle qui évite lez curés, les églises et les bénitiers. A savourer aussi les banlieues céliniennes et les tueurs déjantés.

Télérama, 2 euros par semaine. A lire également sur http://www.telerama.fr/livres/M0706251450575.html
 
Article de Jean-Marc Lernould

3 juillet 2007 - Aucun commentaire
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“L’étrangleur”, de Tardi, d’après Siniac. Casterman.

Les fans de Tardi n’en ont pas fini d’investir puisque après les cinq numéros du feuilleton en grand format l’adaptation du roman de Pierre Siniac - dont le titre original " Monsieur Cauchemar " est devenu " le Secret de l’Etrangleur " - sort en album avec la possibilité d’acheter également une reliure capable de protéger le tout. Et encore on ne vous parle pas de l’édition de luxe à 29 euros avec quadri et DVD. Chacun y trouvera le format de son goût agrémenté des chroniques de Pierre Lebedel qui traite des actualités d’époque (l’action se situe à Paris en 1959), Dominique Grange (chroniques des petites résistances ordinaires) et de Michel Boujut, vieux collaborateur de Tardi pour le cinéma, qui critique " la Dolce Vita " ou " North by Norwest " d’Hitckock.

1959, l’insécurité régnait déjà à Paris. Faut dire que les flics sont en grève et que profitant d’un épais brouillard un écrivain raté devenu libraire misanthrope étrangle à tour de bras, entraînant dans son sillage un jeune gamin comme pour l’initier à sa haine des autres.

Le dessin de Tardi reste toujours aussi ébouriffant, quasiment sans gris (des hachures en font parfois office) mais on a essentiellement un noir et blanc très contrasté.

Les chroniques plus des pubs de l’époque renforcent l’atmosphère et l’album présente la particularité de proposer trois fins différentes, dont " deux inacceptables et une apparemment explicable " selon l’auteur. Des fins dont les pages sont collées et qu’il faut séparer au coupe papier. Une originalité de plus sans compter que la reliure est vendue avec un jeu d’une dizaine de dessins cartonnés. Que du bonheur

Chronique de Jean-Marc Lernould

26 octobre 2006 - Aucun commentaire
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« L’étrangleur » 1 de Jacques Tardi.

Un feuilleton de Jacques Tardi vendu sous forme de véritable journal… Pour qui a suivi comme votre serviteur les premières aventures d’Adèle Blanc-Sec, « Adèle et la bête » dans les pages de Sud Ouest, « L’étrangleur » prend des allures de madeleine de Proust format A3. L’initiative est audacieuse. Ce chantre des rues de Paris a conçu dès l’origine son récit en vue de cette initiative de prépublication originale, qui n’a malheureusement pas pu trouver sa place en kiosques. Sa diffusion reste limitée en librairie. Cinq numéros sont prévus, avant parution d’un album classique, programmé en octobre.

Tardi adapte une nouvelle fois un classique du polar. Après Léo Malet (Nestor Burma) et Jean-Patrick Manchette (Le petit bleu de la côte Ouest), il s’attaque aujourd’hui à Pierre Siniac, décédé en 2002, en s’appropriant son très amoral « Monsieur Cauchemar ». Ou l’histoire d’un libraire spécialisé qui rêve du crime parfait et profite d’une conjonction d’événements favorables - un épais brouillard, une grève de la police - pour passer à l’acte. Et de Foncinet, orphelin d’un père assassin, qui devient peu à peu son disciple… Ce roman publié pour la première fois en 1960 est un modèle du genre, qui proposait à l’époque trois fins différentes. Il avait déjà fait l’objet en 1987 d’une adaptation en bande dessinée par André Benn (Glénat), qui en avait transposé l’action en Angleterre.

Tardi revient à la lettre du texte et réinvestit la capitale. Faisant sienne une idée de son éditrice Nadia Gibert, cet auteur inclassable a travaillé le récit en cinq épisodes de quatorze pages, publiés tous les mois. Un hommage avoué aux anciens feuilletons populaires - et aux bandes dessinées - dont on retrouvait quotidiennement un épisode dans la plupart des journaux. Jacques Tardi a réuni autour de lui une bande d’amis pour la mise en place des rédactionnels. Pierre Lebedel pour les actualités reprenant les faits divers du roman, Michel Boujut pour le cinéma. Et même Dominique Grange, la propre compagne du dessinateur, qui commente en « der » des faits d’actualité ancrés dans l’époque. Sans oublier l’indispensable annonce de l’épisode suivant, qui là encore n’est pas sans rappeler les aventures d’Adèle Blanc-Sec. Un exercice de style brillamment réussi par ses auteurs, même si à mon sens, le graphisme de Tardi souffre de l’agrandissement des pages. Il devrait retrouver toute sa densité lors de la parution en album.

« L’étrangleur » 1 de Jacques Tardi. Casterman.

27 mars 2006 - Aucun commentaire
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