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« Aïda à la croisée des chemins », par Vanna Vinci. Dargaud.

aida.jpgRevoilà enfin Vanna Vinci. Trop peu connue dans l’Hexagone, l’Italienne a pourtant un solide parcours, graphiste synthétisant des influences aussi diverses que le shojo manga ou Hugo Pratt, Yellow Kid 1999 du meilleur dessinateur au festival de Lucca. L’auteur de Lillian Browne (Soleil) nous revient par la case Dargaud avec un roman graphique d’une tonalité toute autre, travail personnel sur le thème de l’identité et de l’histoire. Une jeune femme en quête d’elle-même revient à Trieste, cette ville qui fut celle de ses grands parents. Elle se découvre alors une capacité à percevoir les fantômes, l’ombre des gens qui ont encore quelque chose à dire… Et s’attache à reconstituer l’histoire de l’un d’entre eux, jeune homme sombre et torturé qui s’avère être son grand oncle. Vanna Vinci s’est imprégnée de Trieste, sa « ville mentale », pour élaborer ce récit ancré dans l’Histoire, dans l’imaginaire des deux Guerres mondiales. Et y faire cohabiter, presque naturellement, le surnaturel et le réel.  On retrouve dans « Aïda » le trait caractéristique de Vanna Vinci, magnifié par le noir et blanc, ainsi que certains de ses tics narratifs : regards perdus, ambiances languissantes, fonds musical référencé…  Les héroïnes de Vanna Vinci sont rêveuses et romantiques. Et pourquoi pas ? Surtout quand ce spleen est moteur d’un récit émouvant et souvent intrigant. Aïda » est un récit sur le secret, le poids de l’histoire, la difficulté à vivre sa propre vie. Un récit attachant, au ton singulier, qui évite les excès de pathos et de grandiloquence malgré les nombreux pièges potentiels, disposés par l’auteur elle-même.

192 pages. 9,50 euros.

Chronique de Philippe Belhache

30 mars 2008 - Aucun commentaire
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Lillian Browne 1, de Vanna Vinci. Soleil, collection Passage.

Rarement les adolescents auront été aussi courtisés. Et ciblés. La collection « Ng » des éditions Soleil regroupe des titres à même de plaire à un lectorat masculin consommateurs de bande dessinée d’action. « Passage » a visiblement pour vocation de trouver un lectorat féminin plus enclin à la rêverie qu’à la baston sauce ninja ou super héros. Lillian Browne se révèle pour l’occasion un titre idéal. Vanna Vinci, auteur de fumetti déjà célébrée d’un Yellow Kid au festival de Lucca, se fend là d’un récit sous influence. Celle d’Hugo Pratt, dont on sent l’influence au fil des pages. Dans le rythme parfois indolent de la narration, la capacité à sauter sans préavis de la réalité au rêve, ou même à faire voyager son héroïne sans véritable frontière… Lillian Browne est une adolescente attachante et rêveuse, toujours petite fille et déjà femme, qui cherche sa voie dans ses désordres sentimentaux et son rapport aux autres. Le graphisme épuré rend à reproduire certaines des mises en scène et postures du maître, en se les appropriant. Tout est dans l’attitude, le jeu des regards prenant une place de premier ordre. Les pages de Vanna Vinci étaient initialement publiées en noir et blanc. Les couleurs d’Angélique Césano pour la version française - réalisées sous contrôle de l’auteur, dixit la fiche jointe par Soleil - ne viennent cependant pas en perturber la lecture. Bref, un talent à (re)découvrir rapidement en France. Ce qui devrait être fait sans trop tarder. Son oeuvre déjà abondante en Italie autorise un rythme de parution plus soutenu dans l’Hexagone. Trois nouveaux tomes de Lillian Browne sont d’ores et déjà programmés.

14 juin 2006 - Aucun commentaire
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