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La sélection officielle du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême

36e Festival international de la bande dessinée d'Angouleme«3 déclinaisons» de Pierre Maurel, L’Employé du Moi
«American Elf» de James Kochalka, Ego comme X
«Les Amis» de François Ayroles, L’Association
« Mum Is Dead », The Autobiography Of A Mitroll, tome 1, de Bouzard, Dargaud
«Les Bidochon», tome 19, de Binet, Fluide Glacial
«Créatures», Big Foot 3, de Nicolas Dumontheuil adapté de Richard Brautigan, Futuropolis
«Bons mauvais grands et petits joueurs», de Anne Rouquette, Éditions Lito
«Bottomless Belly Button» de Dash Shaw, Éditions çà et là
«Cité 14, saison 1» de Gabus et Reutimann, Paquet
«De Gaulle à la plage», de Ferri, Poisson Pilote / Dargaud
«Esthétique et filatures», de Tanxxx et Lisa Mandel, Casterman
«Ferme 54» de Galit et Gilad Seliktar, Éditions çà et là
«Filles perdues» de Moore et Gebbie, Delcourt
«La Force des humbles» de Irata, Delcourt
«Le Goût du chlore» de Bastien Vivès, Casterman
«Le Goût du paradis» de Nine Antico, Ego comme X
«Les Gouttes de Dieu», tome 1, de Tadashi Agi et Shu Okimoto, Glénat
«La Guerre d’Alan», tome 3, de Emmanuel Guibert, L’Association
«Gus», tome 3, de Christophe Blain, Dargaud
«Harding Was Here» , tome 1, de Midam et Adam, Soleil-Quadrants
«L’Héritage du colonel», de Varela et Trillo, Delcourt
«La Jeune Fille et le nègre» de Judith Vanistendael, Acte Sud l’An 2
« Elle », Jonathan 14, de Cosey, Le Lombard
« La Métamorphose », Le Livre des destins 2, de Le Tendre et Biancarelli, Soleil
«Lock Groove Comix n°1» de Jean-Christophe Menu, L’Association
«Loin d’être parfait» de Adrian Tomine, Delcourt 
« Neptune », Long John Silver 2, de Dorison & Lauffray, Dargaud
«Toujours la banane », Lucien 9» de Frank Margerin, Fluide Glacial
«Lulu femme nue, premier livre» de Étienne Davodeau, Futuropolis
« La chambre de Kheops » , Le Marquis d’Anaon 5 de Bonhomme & Vehlmann, Dargaud
«Martha Jane Cannary», tome 1, de Blanchin et Perrissin, Futuropolis
«Marzi (1984-1987) : la Pologne vue par les yeux d’une enfant» de Savoia et Sowa, Dupuis
«Mattéo» de Jean-Pierre Gibrat, Futuropolis
«Max Fridman», tome 5, de Vittorio Giardino, Glénat
«Mon Frère nocturne» de Joanna Hellgren, Cambourakis
«Mon gras et moi» de Gally, Diantre
«Nage libre» de Sébastien Chrisostome, Sarbacane
«No comment» de Yvan Brun, Drugstore
«Oncle Gabby» de Tony Millionaire, Rackham
«Pauvres zhéros» de Baru, Pierre Pelot, Rivages/Casterman
«Le Petit Christian», tome 2, de Blutch, L’Association
«Pinocchio» de Winshluss, Les Requins Marteaux
«Pluie du paradis» de Yu lu, Casterman
« L’Origine du monde », Le Roi des mouches  2» de Mezzo et Pirus, Drugstore
«Salade de fluits», tome 2, de Mathieu Sapin, Les Requins Marteaux
«Séquelles» de Hugues Micol, Cornélius
«Shutter Island» de Christian De Metter, Dennis Lehane, Rivages/Casterman
« Le Journal d’un ingénu », Une aventure de Spirou et Fantasio par… Émile Bravo, Dupuis
 «Tamara Drewe» de Posy Simmonds, Denoël Graphic
 «Tout seul» de Christophe Chabouté, Vents d’Ouest
«Trésor» de Lucie Durbiano, Gallimard
«Le Tricheur» de Ruppert et Mulot, L’Association
«Undercurrent» de Toyoda, Kana
«Ushijima», tome 3, de Manabe, Kana
«Le Voleur de visages» de Junji Ito, Tonkam
«Wanted» de Millar, Jones et Mounts, Delcourt

Toutes les informations sur le site internet du FIBD : www.bdangouleme.com

22 octobre 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême ouvre son Master BD

EESI.  L’école européenne supérieure de l’image ouvre cette année son Master BD. Pour la première fois en Occident, la bande dessinée accède au prestige universitaire.

Au début du mois d’octobre, la bande dessinée va entrer dans le cénacle des disciplines universitaires de premier plan? Après moins de trois ans de gestation, l’école européenne supérieure de l’image (EESI), sous l’impulsion de son directeur Hubertus Von Amelunxen, ouvre son Master BD (bac + 5). Un diplôme qui n’a pas d’équivalence en Europe ou aux États-Unis.

« Ce type de diplôme existe en Corée et au Japon, raconte Thierry Smolderen, professeur à l’EESI. Mais, en Asie, où les connexions économiques sont évidentes, on privilégie davantage la notion d’industrie culturelle? Or, on souhaite ici se démarquer de cette notion. On veut se situer clairement sur une zone plus ambitieuse d’un point de vue culturel et artistique. On tiendra évidemment compte de la réalité économique, mais, avec ce Master, on privilégiera le regard de l’auteur, expérimental et exploratoire, authentique et sincère ». Forcément distant des contraintes commerciales et donc en avance sur son temps jusqu’à faire école, comme cela fut le cas de « Maus » d’Art Spiegelman ou, plus récemment, de « Persepolis » de Marjane Satrapi?

Carcan. Concrètement, quelle forme va prendre ce Master ? Celle d’une promotion, basée à Angoulême, d’une vingtaine d’étudiants par an. Recrutés à bac + 3. Pas seulement issus de l’EESI, même si la première promotion, construite sans publicité, puisera dans les effectifs de l’école scindée sur les sites de Poitiers et Angoulême. « À l’avenir, avec un peu de publicité, le recrutement dépassera largement le cadre de l’EESI. On bénéficie sans difficulté de l’image d’Angoulême dans le monde de la BD, du prestige de la ville et de son festival. Nous avons déjà beaucoup d’étudiants asiatiques en premier cycle ». Le contenu ? Il a été validé sans sourciller par les instances de l’Éducation nationale.

Trois axes sont privilégiés : la pratique artistique pour les auteurs purs ; la recherche fondamentale pour former critiques et universitaires ; et le domaine éditorial pour les futurs fondateurs de maison d’édition ou directeurs de collections? Les étudiants devront opter pour deux axes particuliers.

Mais, la BD ne risque-t-elle pas gros à se laisser enfermer dans un carcan universitaire ? Thierry Smolderen balaie l’argument : « Il n’est pas question de mettre une chape de plomb sur la création. Au contraire? La BD est un langage graphique où la notion de plaisir est essentielle et qui résiste à tout, y compris à l’institutionnalisation? Avec ce Master, on a envie de définir une culture de l’auteur, de le mettre au centre. L’école doit d’ailleurs être un foyer de réflexion sur la question du statut de l’auteur ».

Article de Bertrand Ruiz

10 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Corto sur son socle

ANGOULEME (16). La statue de Corto Maltese, héros emblématique d’Hugo Pratt, a été installée sur la passerelle reliant la CIBDI aux chais Magelis. Un symbole fort pour la BD.

corto_statue.jpg«J’aimerais que Corto continue d’exister quand je serai mort. » C’est ce qu’avait déclaré en 1990 le dessinateur de BD Hugo Pratt au sujet de son héros emblématique, Corto Maltese. Il semblerait bien que Magelis ait entendu cet appel. Hier, vers 10 heures, une statue du marin maltais a été hissée sur la toute fraîche passerelle reliant la CIBDI (Cité internationale de la bande dessinée) aux écoles de l’image et aux chais.

C’est Pascal Richez, président de l’Association des amis du musée de la bande dessinée, qui a financé la réalisation de la statue avant de la rétrocéder à Magelis.

« Hugo Pratt enthousiasmé ».

Fondu à Clermont-Ferrand en 2003, l’objet est l’œuvre des sculpteurs Livio et son fils Luc Benedetti, amis proches d’Hugo Pratt. « Livio Benedetti avait présenté à Pratt un avant-projet de statue de 20 cm de haut juste avant la mort du créateur, et ça l’avait enthousiasmé », explique Pascal Richez.

Mais le projet était resté dans les cartons jusqu’à l’intervention du mécène. À partir de cette petite figurine, Luc Benedetti a réalisé une large statue de 2,80 m de haut et de 300 kg représentant le marin debout, les mains dans le dos. Avant d’être rétrocédée à Magelis et de rejoindre la passerelle, la statue de Corto Maltese a sillonné le territoire. Avec notamment six mois passés sur les Champs-Élysées à l’occasion de la sortie d’une montre à l’effigie du héros de BD. Depuis, la statue a retrouvé Angoulême, sa destination d’origine, et a été exposée un temps à La Villa Corto Maltese , à L’Houmeau, avant de venir définitivement s’installer au-dessus de la Charente.

Pour éviter tous problèmes juridiques, un contrat de cession de droits d’auteurs a été signé entre Patricia Zanotti, dernière compagne et légataire universelle d’Hugo Pratt, Livio et Luc Benedetti, et le syndicat mixte de Magelis.

« Le projet de Pascal Richez nous a tout de suite emballés, raconte Anne Bourgeois, directrice de communication de Magelis, car Corto est un symbole fort de la BD, et la statue concrétise le lien entre dessin papier et animation 3D. » Le film d’animation « Corto Maltese, la cour secrète des alcanes » sera d’ailleurs projeté vendredi 4 juillet au cours de l’inauguration de la passerelle. Les films de l’Emca (École des métiers du cinéma d’animation), ainsi que des films produits à Angoulême, seront aussi projetés pendant la soirée d’inauguration.

Une plaque sera apposée le même jour aux pieds de Corto Maltese. Une manière d’éclaircir les badauds sur l’identité de ce grand marin élancé au regard porté vers la mer.

Que ceux qui ont la maladie des voyages, comme le héros de Pratt, ne soient pas surpris lors de leurs séjours en Europe : il existe en tout quatre exemplaires de cette œuvre. Les trois autres statues seront installées dans la propriété d’Hugo Pratt, dans la ville natale de l’auteur, à Rimini, en Italie, et en Espagne, à Saragosse, dans un complexe hôtelier à thématique BD.

Article de Marie Regnier

2 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Le FIBD recrute son jury junior

La prochaine édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême se tiendra du 29 janvier au 1er février 2009. Parmi les neuf prix du Palmarès Officiel du Festival, celui de l’Essentiel Jeunesse revêt une importance particulière : il est décerné pendant le Festival par un jury spécifique de sept jeunes de 9 à 14 ans, choisis par l’équipe du Festival.
  

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et la Caisse d’Epargne offrent aux jeunes lecteurs l’occasion de manifester leur passion pour la bande dessinée et leur intérêt pour l’actualité de celle-ci, en faisant acte de candidature par écrit, jusqu’au mardi 14 octobre. Les 7 membres du jury reçoivent la vingtaine d’albums sélectionnés par le comité de sélection dans la Sélection Jeunesse afin d’élire l’album lauréat, lors de la délibération du jury, qui se tiendra le jeudi 29 janvier 2009 à Angoulême.
 
Pour faire acte de candidature, jusqu’au 14 octobre 2008, écrire à :
  

Céline Bagot - Responsable Jeunesse

Festival International de la Bande Dessinée

74, rue de Rome – 75008 Paris
 

14 juin 2008 - Aucun commentaire
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Le festival de la BD d’Angoulême 2009 se prépare à quatre mains

dupuy_berberian.jpgFIBD. Le tandem Dupuy-Berberian, lauréats du Grand prix 2008, est revenu à Angoulême. L’édition 2009 se peaufine.

Cerbère en avait trois, l’hydre sept, Dupuy et Berberian en cumulent deux. Deux têtes pensantes et quatre mains pour présider le Festival international de la bande dessinée (FIBD) 2009. Un nombre bien suffisant pour animer une manifestation qui leur correspond. Hier, les deux quadras papas de « Monsieur Jean » sont revenus pour la première fois depuis leur couronnement à Angoulême, jouer les dignes ambassadeurs.

« Nous voulons une continuité pour l’édition 2009, commence Philippe Dupuy. Depuis quelques années, les changements apportés par nos prédécesseurs comme Zep et Lewis Trondheim, collent avec notre idée du festival. »

De grands noms. Ils souhaitent poursuivre les classiques bien ancrés comme les concerts de BD, les matches d’impro (dont nos deux auteurs sont friands) et les masterclasses. Éviter l’ennui des files d’attente lors des dédicaces, car « quand un festivalier repart en ayant le sentiment de ne pas avoir tout vu, on est sûr qu’il va revenir ! » Deux artistes gouailleurs qui, pourtant, tiennent leur langue. Pas question de dévoiler les détails de la programmation, ce n’est pas encore l’heure. « On aura de grands auteurs américains qui, d’habitude, déclinent l’offre, confie Benoît Mouchart du FIBD. Et des surprises venues de l’hémisphère sud. » Pour le reste, motus.

Non contents d’être le premier « couple » récompensé par le Grand prix, les deux compères signent aussi dans de nombreuses maisons d’édition. Les suivre tient parfois de la gageure, tant leur production est prolifique et disséminée. « En fait, on suit les gens qui travaillent avec nous depuis longtemps plutôt qu’une édition quelconque », rassure Charles Berberian. Et Philippe Dupuy d’enchaîner : « Je pense que c’est notre atout pour la présidence du jury au FIBD. On ne défendra pas une chapelle plus qu’une autre. La qualité des livres, voilà ce qui importe. »

Coup double. Doux comme des agneaux, ces assidus de « Fluide glacial » ? Leur air débonnaire s’envole devant la situation du marché de la bande dessinée. « On revient à l’étouffement de 1985, analyse Charles Berberian. Il y a des éditeurs qui font du tort à la profession en produisant à tour de bras sans lire les livres. » Philippe Dupuy enfonce le clou : « Ceux qui morflent dans ces arrangements mercantiles, ce sont les auteurs. » Coups de coeur et coups de gueule ne seront donc pas absents de cette double présidence, qui s’annonce piquante.

Pour l’exposition Dupuy-Berberian au CNBDI, pas de détails encore, mais « ça sera une exposition rétrospective ». Et… « On aura des invités surprises ». Bon, une assurance quand même, elle retracera cette longue amitié qui accouche de différents ouvrages. Les deux dessinateurs ne trempent pas leur plume que dans les bulles. Les affiches de film et carnets de voyage ont aussi obtenu leur faveur. Un éclectisme qui va être mis à profit pour l’affiche 2009 du festival. « On va collaborer avec Pierre Di Sciullo, un typographe qui crée ses propres caractères pour en imaginer un original pour la manifestation. » L’organisation du festival révèle également une meilleure communication. « Avec un usage plus développé d’internet », assure le binôme. La suite à leur prochaine bulle.

Dans l’actualité des deux trublions, « Bienvenue à Boboland », le 28 mai, chez Fluide glacial. En projet, un troisième volume, chez Dupuis, des aventures de « Monsieur Jean ».

Article de Emmanuelle Chiron

22 mai 2008 - Aucun commentaire
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Le prix de la liberté

Il y a un mois, Guillaume Trouillard remportait pour « Colibri » le prix des lecteurs de Libération mais cela n’a rien changé encore pour cet artiste libre.

guillaume_trouillard.jpgUn mois après avoir remporté le prix BD des lecteurs de Libération pour son album « Colibri » sorti en octobre 2007, Guillaume Trouillard est penché sur sa table dans l’atelier de la rue de la Rousselle, siège des Éditions de la Cerise. Pour sa première édition le Prix des lecteurs de Libération a frappé très fort du côté de l’exigence esthétique. Les auteurs en compétition pour le prix étaient tous poulains de grandes maisons d’édition comme Dargaud, Glénat où encore Delcourt. Or les suffrages sont allés droit vers l’outsider parfait, un album auto-édité par son auteur et distribué par le modeste Comptoir des Indépendants, « Colibri », made in Bordeaux?

Eric Loret, responsable de la rubrique BD et co-organisateur du prix avance une explication : « Le livre a bénéficié d’un bouche-à-oreille considérable sur internet, ses prosélytes ont été très actifs sur les forums et les sites de BD : or c’est uniquement par le net que les votes ont été recueillis ».

« Un miracle » sourit Trouillard. Au fait que rapporte un prix Libération ? « Rien, zéro euro » précise le lauréat en haussant les épaules. Il se contentera de quelques encarts dans le journal.

Un prix sans prix ? Mathieu Lindon, responsable du service culture de Libé et membre du jury de la présélection avec Moebius, Laurent Joffrin et Gérard Lefort, suppose que la publicité faite à l’auteur dans les pages du journal a valeur de prix. Même son de cloche chez Max Armanet, responsable du développement et créateur dans les années 80 de la rubrique BD du journal. « C’était un outsider, c’était celui qui en avait le plus besoin. Ce fut une surprise mais cela prouve que nos lecteurs ont une certaine exigence ».

Pour la publicité, trois encarts dans le journal, il semble que son effet soit réduit : « J’ai eu 100 commandes de plus peut-être de la part des libraires et puis c’est tout. Si les autres éditeurs en lice l’avaient remporté, ils auraient exploité le prix au maximum et auraient vendu 10 000 albums supplémentaires. C’est normal, c’est la faute à personne je suis une petite structure, je n’ai pas d’attaché de presse, personne pour les cocktails, je ne peux pas tout faire ».

Confirmation à BD Fugue, « pas de ventes particulière », et à la Fnac où Xavier, le responsable du rayon n’a pas constaté de frémissement non plus mais se souvient de ce dessinateur venu lui-même apporter les autocollants « Prix Libé » pour les coller sur ses albums.

L’avenir de la Cerise. A la Cerise, maison qu’il a fondé alors qu’il était encore étudiant au beaux-arts à Angoulême, Trouillard fait tout. Le noyau (la conception), la chair (le dessin), la peau (la promo). En ce moment, il prépare la sortie de « Bix » de Grégory Elbaz, inspiré par Bix Beiderbecke, l’un des premiers musiciens blanc de l’histoire du jazz. Ce sera le septième titre du catalogue.

Le dessinateur-éditeur-promoteur ne se plaint pas. Il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait : « Pour la liberté. J’ai toujours eu du mal avec les scénarios des autres. Sorti des Beaux-arts, j’ai été confronté aux directeurs de collection et, vite, j’ai compris que cela n’allait pas coller et qu’il me faudrait travailler pour moi. » Car ce qui compte pour ce libertaire tendance écologiste « trop pessimiste pour continuer à militer longtemps », c’est dessiner, rêver, créer. « Je ne fais jamais la même chose. Je ne peux pas m’en empêcher. Il faut que ça parte dans tout les sens ». Il montre des pastiches de Little Nemo de Windsor Mc Cay où il promène le rêveur le plus célèbre de la BD mondiale dans le monde de l’agroalimentaire. Histoire d’accorder deux choses qu’il trouve de plus en plus difficiles à assortir, ses luttes et son art.

« J’espère que j’y suis arrivé dans Colibri, c’est en tout cas ce que j’ai essayé. Mais c’est très difficile ».

Article de Joël Raffier

La Cerise aura un stand au prochaine “Escale du livre” du 4 au 6 avril 2008 dans le quartier Renaudel à Bordeaux

Dessinateur de la marge

David Prudhomme : « Dessiner ne bride pas l'imaginaire. J'avais la volonté d'utiliser tous les langages que je connais » (Photo Laurent Theillet)


BORDEAUX. Son dernier album, « La Marie en plastique », a été primé lors du Festival d’Angoulême par l’un des cinq Essentiels. Cette BD, dont le scénario est de Pascal Rabaté, est dessinée par David Prudhomme, qui vit et travaille à Bordeaux depuis quatorze ans

David Prudhomme est un contemplatif. Qui parle tout doucement et observe beaucoup. Son rapport au monde passe par le crayon, et toute son œuvre, particulièrement éclectique pour un artiste de bande dessinée, se fait le reflet d’un talent aussi sûr qu’original. L’attribution d’un prix Essentiel à Angoulême vient confirmer ce que beaucoup de ses confrères savaient depuis longtemps, le considérant comme l’un des meilleurs dessinateurs de sa génération.
  
Qu’il dessine les six tomes de « Ninon secrète » sur le scénario de Cothias, qu’il adapte le roman de Brassens « La Tour des miracles », illustre le texte de Christophe Dabitch dans « Voyages aux pays des Serbes » ou un écrit fondateur de la langue française comme « La Farce de Maître Pathelin », David Prudhomme traverse les styles, sublime la réalité, devine les personnages et révèle leur personnalité en quelques traits.
  
« Un pas de côté ». « Par essence, en tant que dessinateur, je me suis toujours senti à un pas de côté. J’ai forcément un autre rapport au monde, avec un angle de vue décalé, qui dévoile le jeu des uns et des autres. J’ai une culture autodidacte, et une attirance pour les personnages à la marge de la société, sans misérabilisme. À travers des sujets comme Pathelin, Brassens et son côté anarchiste, Villon ou les personnages de “Port Nawak” (Vents d’Ouest), l’histoire de deux mecs incapables de faire face à une situation qui les dépasse, ce qui m’intéresse, ce sont les visages amochés, les petites gueules cassées de la société. J’adore les détails de la vie, les à-côtés qu’on snobe, je trouve que ça en fait le sel. »

  
À 17 ans, il gagne déjà sa vie avec la BD, et un journaliste attentif, qui a remarqué son talent, lui présente ses maîtres : Mœbius, Juillard, Liberatore… Après avoir tenté de trouver un métier « normal » et suivi des études en pharmacie et biologie, où, pendant les cours, il dessinait des truies pour faire rire les filles, David Prudhomme est finalement revenu à ce qui l’animait, la bande dessinée. Et c’est à l’école d’An-goulême qu’il a rencontré son clan, quelques copains, faux di-lettantes, comme lui, fondateurs du groupe de rock Les Potes Bolognaises (petites chroniques du quotidien, déjà) et artistes qui travaillaient sérieusement sans se prendre au sérieux.

  
« Ne rien abandonner ». « Dessiner ne bride pas l’imaginaire, c’est le vieux débat, et j’avais la volonté de ne rien abandonner, d’utiliser tous les langages que je connais. » Car, comme tout autodidacte, le dessinateur a une vaste culture et maîtrise les formes classiques comme les formes grotesques. Il s’amuse à décliner les styles, s’inspire de la réalité et développe une vraie force comique. La rencontre avec Pascal Rabaté a confirmé ce goût pour les gens que d’aucuns méprisent, cette capacité à conserver le rêve dans des situations plutôt banales.


BD de proximité. « Nous avons dix ans d’écart avec Pascal, ra-conte-t-il, et, dès l’âge de 20 ans, je connaissais son existence et son travail. Inconsciemment, je savais qu’on s’entendrait bien. C’est une sorte de Philippe Katerine avant l’heure. J’aime son écriture, rageuse et tendre, sa capacité à rendre drôles des situations qui pourraient sinon avoir un effet miroir pas terrible. ”La Marie en plastique” est un condensé des rapports humains, et nous avons repris, à travers trois générations de personnages d’une même famille, les vieux schémas familiaux qui ont une résonance dans les années 70, avec les communistes contre les cathos. Il faut les imaginer dans les années 50, à l’époque du communisme triomphant. Là, le grand-père pouvait fanfaronner. Et puis ils se sont pris un gros coup sur la cafetière en 1989… Je fais ce qu’on pourrait appeler de la bande dessinée de proximité. »
    
Ce que recherche avant tout David Prudhomme, c’est la complicité du lecteur, traverser plein de petites choses sans effet de loupe. Perfectionniste, il se voit comme un sismographe qui sans cesse règle son dessin sur l’échelle de réactions provoquées par le scénario.
Ses projets ? Un album sur le rébétiko, sorte de blues grec né dans les années 20 et joué dans des lieux où se retrouvaient les marginaux, les fumeurs de haschich.

Article de Céline Musseau

Lire également la chronique de la Rédaction, “La Marie en plastique”, tome 1
 - tome 2.

5 février 2008 - 1 commentaire
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Le Grand Prix en tandem

Charles Berberian et Philippe Dupuy savourent leur plaisir : ils viennent de se voir proclamés Grand Prix 2008 de la ville d'Angoulême au balcon du Festival de bande dessinée (Photo Tadeusz Kluba)  

FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BANDE DESSINEE. Pour la première fois à Angoulême, les  autorités du monde des bulles récompensent un duo, Dupuy-Berberian,  les chroniqueurs quadragénaires de « Monsieur Jean »
 
 
« Où est ton jumeau maléfique ? », lance en riant Lewis Trondheim à Charles Berberian qui entre dans les bureaux du Festival d’Angoulême. « Je l’ai laissé en bas, assailli par la foule », se marre le colauréat du Grand Prix de la ville d’Angoulême. Déjà, les deux futurs présidents de l’édition 2009 se partagent les rôles. Il n’y a pas une heure que Lewis Trondheim a passé un coup de fil à Charles Berberian pour lui apprendre la bonne nouvelle. Avec son complice Philippe Dupuy, ils ont été choisis, par leurs pairs auteurs déjà consacrés, pour succéder à José Muñoz. Douze voix contre sept.

C’est bien une œuvre que l’on récompense en ce dimanche plein de soleil, une seule œuvre, pour deux auteurs de 48 et 47 ans. C’est au duo que l’on doit les aventures d’Henriette ou de « Monsieur Jean », chroniques pleines d’humour des citadins d’aujourd’hui. Il aurait été impensable de récompenser Dupuy sans Berberian ou Berberian sans Dupuy. Capables d’emprunter en solo des chemins de traverse, ils ont imposé, depuis vingt-cinq ans, une seule signature autour de leurs deux noms.

Reflet de l’époque. A l’origine, c’est Charles Berberian qui propose un scénario à Philippe Dupuy. Les deux ont six mois d’écart et pas plus d’une vingtaine d’années. Berberian a vu le jour à Bagdad, en Irak, a grandi au Liban, Dupuy est Normand, né à Sainte-Adresse, en Seine-Maritime. Tous les deux gravitent dans le monde des fanzines. Dans le magazine « Plein la gueule pour pas un rond », ils commencent à travailler ensemble. Ils abandonnent vite le traditionnel partage des rôles : entre eux, il n’y aura pas de « moi-je-serai-le-scénariste-et-toi-tu-feras-le-dessin ».

Chacun fait tout, et inversement. De leurs deux noms devenus indissociables, ils font un être hybride : Dupuy-Berberian. Il y a encore des lecteurs pour imaginer qu’il s’agit d’un seul auteur au nom composé. José Muñoz, qui sait ce que duo veut dire, en bande dessinée, pour avoir fait œuvre commune avec le scénariste Carlos Sampayo, salue la façon si originale dont ses deux successeurs ont su coopérer. « Leur œuvre s’adresse autant aux adultes que nous sommes soi-disant, qu’aux gamins que nous sommes aussi », indique-t-il. Benoît Peeters, à qui l’on doit tout un travail de rétrospective sur les Grands Prix d’Angoulême, résume la situation : « Chacun d’eux est un auteur en tant que tel, et à eux deux, ils forment un auteur complet. »

Leurs premiers récits courts remontant au temps des fanzines sont réunis en 1991 dans le recueil « Les héros ne meurent jamais » à l’Association. En 1984, ils donnent vie dans «Fluide Glacial » à une ado au physique ingrat, Henriette. Ses complexes s’étaleront sur sept volumes. Suivront « Petit peintre », et surtout « Monsieur Jean », à partir de 1990. En huit tomes sur une quinzaine d’années, ce trentenaire qui leur ressemble et qui reflète si bien l’époque deviendra leur héros le plus connu. L’opus numéro quatre, « Vivons heureux sans en avoir l’air », sera consacré à Angoulême meilleur album de 1999. En 1994, le duo publie à l’Association « Journal d’un album », passionnant passage au crible de leur travail. Ensemble ou séparément, ils s’affirment comme illustrateurs. Cette année, ils se retrouvent, dans la collection Aire libre de Dupuis, pour « Un peu avant la fortune », en collaboration avec Jean-Claude Denis. Et les voilà, tous les deux encore, Grand Prix d’une manifestation où ils s’impliquent régulièrement. Quand Berberian a appris la nouvelle, ce matin, il écoutait Dupuy dissertant sur le reportage en bande dessinée. Et après leur apparition au balcon à 13 heures, ils ont filé au théâtre où ils officiaient parmi les crayons du concert de dessins. De chaleureux applaudissements ont salué leur prestation.

Tout voir en  double !  Benoît Mouchart, directeur artistique du festival, se réjouit de ce choix. Un détail l’amuse : « Philippe Dupuy m’a appelé il y a peu de temps pour me parler d’un projet destiné au prochain festival, en me disant : “Naturellement, le Grand Prix aura son mot à dire”. Quelqu’un corrige : “Le Grand Prix auront leur mot à dire”. » Eh oui, il faut tout voir en double, désormais.

José Muñoz encadre de ses deux bras ses cadets, avant de siffler un tango d’oiseau de la pampa à Berberian qui plaisante sur son désir d’abandonner toutes les responsabilités à Dupuy pour fuir en Argentine. « On va diviser les honneurs, et doubler le travail. »
 L’un commence une phrase, l’autre lui donne la réplique. En tout cas, les deux sont d’accord. Ils se voient en relais, dirigeant les projecteurs vers les auteurs qui leur tiennent à cœur.

Article de Haude Giret


28 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 : Le film qui joue à faire peur

peur.jpgPEUR(S) DU NOIR. Première projection publique française pour la production angoumoisine hier. Et très beau succès à l’applaudimètre. On attend maintenant la sortie nationale programmée le 13 février.
 
On a dû refuser du monde hier soir à l’entrée de la salle Nemo. Produit par la société angoumoisine Prima Linea, « Peur(s) du noir », le film d’animation collectif en noir et blanc, a vécu hier sa première projection publique française, salle Nemo à Angoulême. En présence de tous les auteurs et du directeur artistique Étienne Robial.


Succès incontestable à l’applaudimètre. Grâce à un montage habile, parfaitement ordonnancé pour rester dans le ton du film, les univers graphiques fascinants de six auteurs se mélangent avec insolence, sans aucune rupture.


« Peur(s) du noir » fonctionne parce qu’il joue avec les peurs communes à tous les spectateurs. Peurs castratrices, peurs animales, peurs claustrophobes? Toutes soulignées par une ambiance sonore finement choisie. On sursaute, on sourit, on se laisse embobiner par le second degré de certaines scènes? « Peur(s) » du noir », c’est le film qui joue à vous effrayer, sans que vous n’y preniez garde.

26 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Angoulême 2008 : Besson sur le choc

Luc Besson est venu hier au FIBD raconter son soutien à la maison d’éditions Septième choc. Et évoquer l’adaptation d’« Adèle Blanc-Sec ». 
 
besson.jpgPetite incursion à Angoulême, au coeur du festival de la BD, hier, pour Luc Besson. Un détour rapide. Le cinéaste était surtout soucieux de répercuter l’aura médiatique qui l’entoure sur la maison d’édition Septième choc.

Car Besson a eu un coup de foudre pour le travail de son créateur, le dessinateur Dikeuss. Au point d’adosser Septième choc à sa société Intervista?


« Il n’est pas question pour moi d’intervenir dans les choix artistiques de Dikeuss. Notre suivi sera juridique et financier, souligne Luc Besson. Je ne veux pas cracher sur le monde de l’édition, mais ceux qui ont du succès ont le défaut de refermer les portes du temple une fois qu’ils sont entrés à l’intérieur. Et quand on s’enferme, on finit par manquer d’air. Cette aide à Septième choc, c’est un petit signal pour ses jeunes dessinateurs. Je n’ai pas oublié qu’à mes débuts, j’ai vu les 43 producteurs de la place de Paris et qu’ils ont tous refusé de produire mon premier film. Je me demande encore comment ils n’ont pas décelé le petit potentiel d’un jeune cinéaste qui a fait depuis plus de 50 millions d’entrées en France. »


Confirmation de Dikeuss : « Je ne connaissais personne dans le monde de la BD. À force de taper à toutes les portes et de ne pas avoir de réponses, j’ai fini par construire ma propre citadelle et chercher d’autres auteurs comme moi. J’ai bossé treize ans dans la sécurité, mais je n’ai jamais lâché l’affaire. »


Tardi. Dikeuss compte sortir quinze à vingt productions par an, « pas seulement sur la banlieue parce qu’on ne veut pas s’enfermer dans un carcan. Mais on est quand même soucieux d’intéresser un public urbain, qui se tourne vers les mangas ou les comics, parce que la BD franco-belge ne parle pas de son quotidien ». Quant à l’actualité BD de Luc Besson, elle a pour nom Adèle Blanc-Sec.


« J’adore ce personnage de femme moderne du début du XXe siècle qui fume dans sa baignoire. J’ai appelé Tardi il y a six ans, mais il était déjà lié avec quelqu’un. Trois ans plus tard, ça n’avait pas évolué. Tardi était déçu et j’ai dû montrer ma bonne foi pour le convaincre. On a signé pour trois films. On va développer le scénario du premier, que je ne compte pas réaliser, en 2008. La naissance des deux suivants dépendra forcément de l’accueil du public pour ce premier volet. »


Article de Bertrand Ruiz

26 janvier 2008 - Aucun commentaire
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