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Au fil des planches

thorgal31.jpgYves Sente, investi sur « Blake et Mortimer », « Thorgal » et bientôt « XIII », serait-il le repreneur idéal ? Quoi qu’il en soit, force est d’admettre que le nouvel arc narratif développé par le successeur de Jean Van Hamme tient la route. Il développe la personnalité de Jolan - le fils de Thorgal - et des nouveaux personnages tout en maintenant le lien avec la mythologie développé durant la saga. Quelques choix peuvent malgré tout sembler faciles : la foi monolithique de Jolan dans l’exemple idéal de Thorgal, par exemple, ainsi que le recours, une nouvelle fois, au principe de la sélection par l’épreuve usé depuis les « Trois vieillards du pays d’Aran ». Il y manque le brin de perversité qu’avait insufflé Van Hamme depuis le cycle d’Ogotaï. Bref, il lui manque une Kriss de Valnor. « Le bouclier de Thor » n’en reste pas moins un album bien construit et agréable à lire, soutenu par le trait et les couleurs de Gregorz Rosinski.

« Le bouclier de Thor », Thorgal 31, par Gregorz Rosinski et Yves Sente. Le Lombard
48 pages. 10,40 euros. Sortie le 28 novembre.


2205060331.jpgSacré Bouzard. L’auteur underground le plus célèbre du Sud Deux-Sèvres avait fait une entrée remarquée dans la collection Poisson Pilote de Dargaud avec son « Football, football », recueil des illustrations parues dans le mensuel « So Foot ». Le revoici avec « The autobiography of a mitroll », album retenu avant même sa parution officielle dans la sélection officielle du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2009, dont les premiers exemplaires étaient exceptionnellement mis en vente à l’occasion de l’événement Rock & BD organisé à la Poudrière à Rochefort-sur-Mer (17). Le titre vous dit quelque chose ? Normal. Bouzard y reprend les personnages de son hilarante « Autobiography of me too », publiée aux Requins Marteaux. « Ce n’est pas vraiment une suite, assure l’auteur. Je reprends les personnages et le découpage. Pour le reste, je leur fais faire tout autre chose. » Et pour cause. A la mort de sa mère, l’auteur apprend que son père serait en fait un troll ! Le résultat est à la hauteur des attentes. L’humour décalé du bonhomme, toujours omniprésent avec quelques jolies séquences d’émotion en plus, fait mouche. Un bémol ? La frustration d’être confronté à un récit au long cours et donc à suivre. Une des grandes qualités de l’Autobiography tenait dans la densité des gags bouclés en quelques planches. Tant que cela ne gâche pas le plaisir…

« Mum is dead », The autobiography of a mitroll 1, de Bouzard. Dargaud, collection Poisson Pilote. 48 pages. 10,40 euros. Sortie le 21 novembre.


snoopyint6.jpgLes grands noms du strip américain ne sont pas si nombreux. Charles Monroe Schulz, disparu en février 2000 à la veille de la parution de son ultime strip, est incontestablement le plus célébré d’entre eux. Le créateur des Peanuts laisse une œuvre dense et homogène sur la durée, une petite merveille d’humour dont on saura jamais vanter suffisamment les qualités poétiques et humanistes. Les Peanuts ? Ceux qui ne connaissent pas ce titre – initialement baptisé Lil’folks – en connaissent les personnages principaux, Charlie Brown et son chien Snoopy. Cette intégrale « Snoopy et les Peanuts » a été réalisée aux Etats-Unis sous la direction du graphiste canadien Seth – auteur notamment de Wimbledon Green (Seuil) - pour les éditions Fantagraphics. Une entreprise de longue haleine - nous parlons de cinquante ans de création – relayée en France par les éditions Dargaud. Ce sixième volume repend les strips parus dans les années 1961 et 1962.
 

« Snoopy & les Peanuts », 1961-1962, intégrale de l’œuvre de Chales M. Shultz, coordonnées par Seth. Dargaud. 328 pages, 29 euros.


village.jpgNouvelle collaboration du duo Rodolphe et Bertrand Marchal , déjà complices sur la série « Frontière » (Le Lombard). Et nouveau un titre abordant le thème de la manipulation mentale. « Le village » est un hommage ouvert de Rodolphe à la série culte de Patrick Mc Goohan, « Le Prisonnier », qui a marqué à vie plusieurs générations de téléphages. Rodolphe en reprend le principe expérimental – un village coupé de tout dont la fonction semble liée au monde du renseignement – sans pour autant effectuer un copier-coller. Le pitch ? 1961. Après un échange entre agents de l’Est et de l’Ouest, un homme se réveille dans un village dont il ignore tout. Tout le monde semble le connaître, mais lui ne sais pas ce qu’il fait là… « L’ingénieur » se révèle au fil des pages comme un récit solidement construit, original et finalement assez roublard. L’album est bien servi par le graphisme de Bertrand Marchal, dont le trait semble se rapprocher parfois de celui du vétéran Léo. Bonne pioche. D’autant que les auteurs envisagent la série sous forme de one-shots successifs, choix a priori pertinent.
 

« L’ingénieur », Le village 1, par Marchal et Rodolphe. Bamboo Grand Angle, collection Focus. 48 pages. 10,40 euros.

Chronique de Philippe Belhache


 

19 novembre 2008 - Aucun commentaire
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« Welcome to Hope », tome 3 « Inéquation », de Damien et Vanders. Bamboo (Grand Angle).

hope3.jpgCe troisième volume marque la fin de cycle de cette série dont le dessinateur Damien Vanders vient de recevoir le prix du salon Polar’Encontre (Lot-et-Garonne). Une récompense méritée pour avoir su adapter avec Damien Marie la nouvelle homonyme de ce dernier. Un petit roman de 120 pages qui est d’ailleurs joint à la vente avec le tome 3.

Hope est un petit bled américain, genre trou du cul du monde d’où la moindre serveuse veut s’enfuir avec n’importe quel homme de passage, du moment qu’elle échappe à cette cambrousse écrasée de soleil. Une bourgade dont les façades et les fermes environnantes cachent une crasse indécrottable, des combats de chiens sanguinaires aux brutes dangereuses façon « Délivrance ».

Les deux premiers livres traçaient les routes parallèles du flambeur de poker Scott (qui pour le coup brûle ses dernières cartouches) et de Cody, autre loser de service et mécano encroûté à Hope. Deux itinéraires qui finissent par se croiser dans la même banque, car l’argent est la seule ambition des différents protagonistes de ce récit très sombre et sans pitié. Mais la roue du destin tourne parfois dans le mauvais sens et d’autres peuvent tirer les marrons du feu, tandis que le FBI vient amener son grain de sel et brouille un peu plus les cartes.

Très réalistes, le dessin et les couleurs de Vanders s’attardent davantage sur les personnages que sur un décor souvent minimaliste, accentuant l’intérêt psychologique du récit. Bref, une bonne petite trilogie, un road movie en panne sèche sur un parking paumé de l’Amérique bien profonde. Un soleil de plomb sur fond noir, très noir, à déguster balle par balle.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

24 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Borderline », tome 1, « les Mots de la nuit », d’Alexis Robin et Nathalie Berr. Bamboo.

borderline.jpgLa collection Grand Angle poursuit son bonhomme de chemin et relève plutôt le niveau des éditions Bamboo, cette fois avec « Bordeline ». Alexis Robin a pondu un scénario dont le sujet n’est pas d’une originalité fracassante: un écrivain en panne d’inspiration se met à écrire à son insu un roman génial, avant de se rendre compte que son histoire n’a rien d’une fiction et met en scène un psychopathe qui existe peut-être réellement. Il est vrai que fumer une certaine herbe chilienne peut déclancher d’imprévisibles évènements… La nuit, Fernando Villa noircit une flopée de feuilles, et quand le papier ordinaire vient à manquer c’est le rouleau de PQ ou les murs qui sont couverts de sa prose. Une histoire que l’auteur ne découvre qu’à son réveil, mais dont le récit sordide l’amène à mener l’enquête. Désemparé, il pourra néanmoins se consoler de temps en temps en payant la prostituée Wanda, qu’il ne touche pas mais à qui il confie ses doutes et ses malheurs.

Nathalie Berr apporte sa touche avec un dessin ultra réaliste (couleurs de Christophe Lagrange) mais on reste un peu sur sa fin lorsque l’on referme ce thriller. Attendons la suite.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

7 mars 2008 - Aucun commentaire
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Un petit tour d’horizon BD, par Christophe Berliocchi

Plusieurs semaines loin du blog BD, en raison d’un surplus de travail au journal et à la… maison, et me voilà de retour : histoire de ne pas surcharger la mule, je vous propose ici un petit condensé de récentes lectures qui tournent exclusivement autour de la BD franco-belge. Désolé, je n’ai pas profité de cette « pause » pour m’intéresser à autre chose !


Fidèle à Hermann, son one-shot « Afrika » au Lombard est une pure réussite (lire chronique du 31/12/207), plus féroce et innovante que le dernier Jérémiah en tout cas (« Esra va très bien », T28, Dupuis). Pour rester dans le lourd, j’ai bien aimé « La version irlandaise » de Jean Giraud (T18, XIII), moins le dernier Niklos Koda (« Arcane », T16, Lombard), je n’arrive plus trop à suivre les pistes de Jean Dufaux. Petite déception également avec « Destination goulag » (Dargaud), Insiders est une série qui a démarré sur les chapeaux de roue mais patine un peu du côté de la Sibérie. Vous connaissez Al’Togo (Dargaud), de Morvan et Savoia ? Là aussi, c’est pas mal, le dessin est excellent, mais « SMS Republik » ne m’a pas fait sauter au plafond. De chez Bamboo, j’ai lu le second tome de Gemelos, car j’avais aimé le T1, la suite est cependant sans surprise. Belle surprise par contre avec Conrad, l’héritier de Franquin, et Wilbur qui réussissent un excellent cocktail asiatique avec le tome 5 de Tigresse blanche, une série à découvrir. Rien de bien transcendant donc en cette fin d’année 2007 et début 2008, en attendant la suite.

Ah si, j’ai rencontré Georges Lautner à Biarritz fin janvier, j’en ai profité pour lui faire dédicacer « Lautner s’affiche » (Lombard), ses meilleurs films illustrés par une vingtaine d’auteurs (Dany, Achdé, Boucq, Tibet…) avec des textes… engagés de Philippe Chanoinat. Visiblement, il aime Lautner (nous aussi) et pas ceux qui l’ont critiqué. « Ne nous fâchons pas », « Le professionnel » ou « Flic ou voyou » ne sont certes pas des films d’auteur, mais furent de vrais cartons à leur époque. Au ciné, comme dans la BD, il y a toujours cette antinomie entre œuvre d’auteur et succès commercial. Heureusement, les deux peuvent parfois faire bon ménage..

Christophe Berliocchi

« Les yeux de W », James Boon 07, tome 1. De Gabella et Audibert. Bamboo.

boon.jpgPastiche quand tu nous tiens ! Le genre a toujours eu sa place en bande dessinée. Il atteint cependant des sommets dans son exploitation systématiques, entre les multiples avatars d’Harry Potter et les non moins multiples titres de Pierre Veys (Baker Street, Philip et Francis ou plus récemment Malgret). James Boon 007 se démarque en ce sens qu’il se contente d’adapter les codes du mythe Bond à un univers de pirates. Pour le reste, c’est pur jus de cervelle et délire garanti. Gabella tricote sur son récit sur la base de quelques trouvailles de bon aloi – James Boon est le seul homme à avoir survécu à l’enfer d’une école de la marine… pour filles – pour bâtir une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Car ce qui prédomine à la lecture, c’est une impression de fouillis qui tend heureusement à s’estomper en fin d’album. L’excès et la profusion nuisent à la lisibilité du scénario. Gabella sait où il va, mais n’est pas toujours facile à suivre, loin s’en faut. Le graphisme d’Anthony Audibert est à l’unisson, dans une ligne proche de la démarche d’Alfred ou de Cyril Pedrosa. Ce premier opus refermé, il reste un ton et un univers qui peuvent être exploités, on espère pour le meilleur.


48 pages, 9,45 euros

Chronique de Philippe Belhache

14 septembre 2007 - Aucun commentaire
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La BD au diapason de la coupe du Monde de rugby

rugbymen_calendrier2.jpgLes éditeurs de bande dessinée surfent sur l’engouement tant populaire que médiatique pour le ballon ovale. Des titres plus ou moins inspirés font florès chez les libraires, assurés de bonnes ventes durant les semaines qui viennent, si l’équipe de France veut bien tenir son rang.

Honneurs aux anciens : les bêtes de combats du Paillar Athlétic Club sont nées il y a quelques années déjà sous la plume de Béka (pseudonyme collectif de Bertrand Escaich et Caroline Roque) et le pinceau de Poupard (alias Alexandre Mermin). Le cinquième tome de cette série estampillée “humour sports” chez Bamboo est sorti opportunément il y a quelques semaines, c’est de bonne guerre. L’humour y est épais comme une cuisse de All Black, mais ne faisons pas la fine bouche. La mécanique du gag est bien rodée, les amateurs y trouveront leur compte. L’album n’arrive d’ailleurs pas seul. Les auteurs se sont offert une parodie osée du célèbre calendrier des “Dieux du stade”, rebaptisé pour l’occasion “Les odieux du stade”. Attention les mirettes!

Spécialiste de l’humour corporatiste, Bamboo a longtemps occupé seul ce créneau laissé vacant par les Rubipèdes d’Itturia. L’opportunité représentée par la Coupe a changé la donne. L’éditeur a aujourd’hui affaire à une concurrence, féroc,  remotivée par l’actualité. Deux albums au moins vont tenter de convaincre les indécis,chacun pouvant y trouver son compte. Ci-devant “Top 15″, signé Gurcan Gürsel aux éditions Joker, qui donne ouvertement du crampon sur le même terrain de l’humour de vestiaire. Et le récit pour la jeunesse “Léo, passion rugby” de Nicoloff et Fenech, à paraître le 26 septembre, chez Soleil. Ce dernier label est, rappelons-le, dirigé par Mourad Boudjellal, par ailleurs président du Rugby Club Toulonnais. Il n’y a pas de hasard.

“On va gagner avec le lard et la manière”, Les Rugbymen 5, par Béka et Poupard. Bamboo. 46 pages. 9,45 euros.
“Les odieux du stade”, hors série Rugbymen (Béka et Poupard). Bamboo. 12,90 euros.
“Premier essai”, Léo passion rugby 1, par Nicoloff et Fenech. Soleil. 36 pages. 9,45 euros.
“Top 15″, tome 1, par Gürsel. Joker éditions. 46 planches. 9,95 euros.

top15.jpg rugbymen5.jpg leopassionrugbyt1_s_big_s_.jpg

8 septembre 2007 - Aucun commentaire
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Comme un air de rentrée…

C’est de circonstance. La rentrée scolaire approchant, les professeurs, pions, bons élèves, cancres et autres piliers de préaux viennent hanter les bacs des libraires, spécialisés ou non. Un véritable rendez-vous. Car loin d’être des épiphénomènes, ces titres dédiés aux dates de parution calibrées sont désormais bien ancrés dans le paysage, le plus souvent garants d’excellentes ventes pour leurs éditeurs.
 

ducobu13.jpgHonneur aux vétérans. « L’élève Ducobu » (Le Lombard) souffle ses dix bougies avec un treizième album, « Pas vu, pas pris ». Les tribulations de ce cancre professionnel, pour qui l’incurie scolaire est élevée au rang de devoir sacré, voire même d’art premier - tous les moyens sont bons pour éviter de faire un devoir ou pour copier sur son amie Léonie - sont prépubliées sur nombre de supports, dont cette année les pages vacances du quotidien Sud Ouest. Pas de révolution, mais des gags souvent frais et souriants, dans la grande tradition du genre, pour ce jeune garçon qui rend fous professeurs et responsables de la discipline en compagnie de son meilleur ami… le squelette de la classe. En bonus, l’origine (au berceau) commune des vocations respectives de Ducobu et Léonie.


« Pas vu, pas pris », L’élève Ducobu 13, de Godi et Zidrou. Le Lombard. 48 pages. 8,70 euros.
 

profs10.jpgDe l’autre côté de la barrière, ci-devant « Les profs » (Bamboo), dont le dixième album sort également en librairie. Là encore, pas de révolution mais une série au profil bien rôdé. « Motivation : 10/10 » devrait prendre la suite de ses aînés dans le top des ventes de Bamboo, même si certains gags tendent à prouver non seulement que la série tend à ronronner, mais que les auteurs s’en sont aperçus. Pica et Erroc ne sont pas des débutants et travaillent à redynamiser leur titre en intégrant des planches aux attaques plus « pêchues ». Reste un tome toujours aussi documenté sur les us et coutumes de l’Education nationale, cette fois essentiellement tourné vers lesdits professeurs au détriment des élèves, notamment de leur cancre vedette, Boulard. Un presque classique.


« Motivation : 10/10 », Les Profs 10, de Pica et Erroc. Bamboo. 48 pages. 9,45 euros.
  

riss.jpgBref, si l’on veut de la nouveauté, autant se tourner vers Riss et son « J’aime pas l’école » (Hoëbeke BD). Mais disons-le tout net, cet album grinçant ne cible pas le même public. Le dessinateur des best-sellers « La face kerchée de Sarkozy » et « Sarko 1er » (Vents d’Ouest) ne fait pas dans la dentelle, assaisonnant l’institution au cocktail pitbull-roquette-vitriol, âmes sensibles s’abstenir. L’homme s’en tient à la ligne « Charlie hebdo », dont il est l’un des piliers. L’album ravira de fait les fidèles du mensuel satirique. Reste que cette série petit format créée par Hoëbeke, on pourra préférer le tout aussi corrosif  mais moins gratuit « J’aime pas la chanson française », signé Luz.
 
« J’aime pas l’école », par Riss. Hoëbeke BD. 64 pages. 10,50 euros.


Chronique de Philippe Belhache


27 août 2007 - Aucun commentaire
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« Leçon n°1 : sois romantique », T1 Plan Drague par Cazenove, Sulpice et Jitery (Bamboo)

plandrague.jpgDans la dernière fournée (très fournie) de la collection humour des éditions Bamboo (1), « Plan drague » a attiré notre attention ce mois-ci. Non pas parce qu’on a besoin de conseils pour draguer, encore que… mais plutôt parce que la BD est particulièrement bien dessinée par Jitery. Jitery ? Oui, ce nom sonne aux oreilles des accros de BD franco-belge puisque c’est lui qui a repris la série « Arlequin », créée fin des années 1970 par Dany et Van Hamme (trois albums au Lombard, puis la suite chez Joker). Jitery, qui habite Arles, partage ses activités entre l’illustration, la BD et surtout le story board pour des dessins animés à la télé. Jitery a du style, une patte qui fait mouche dans l’humour et dessine de sculpturales nanas taille mannequin qu’un trio de copains s’évertue à draguer avec plus ou moins de finesse. Le personnage de Gwénolé, le puceau, est marrant. Au scénario, rien de très original pour cette série de gags en une planche, mais de bonnes idées signées par deux auteurs prolifiques de la maison, Christophe Cazenove (« Les Gendarmes », « les Pompiers ») et Olivier Sulpice, le créateur, en 1997, de Bamboo Edition. Dix ans plus tard, plus de 210 auteurs sont référencés dans le catalogue Bamboo. Un vrai succès d’édition dans le monde impitoyable de la BD grand public.

(1) A noter la sortie du tome 2 des « Maîtres nageurs » avec d’excellents dessins du Biarrot Mathieu Reynès et des « Campeurs », signé Eric Maltaite, le fils de Will.

48 pages, 9,45 Euros

Chronique de Christophe Berliocchi

6 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Un ouvrage collectif sur la N7

wp-content/blogs.dir/sudouestb/52/files/N7_reynes.jpgLe talentueux dessinateur biarrot Mathieu Reynès (« Sexy Gun », « Lola Bogota ») est au coeur d’une actualité chargée : sa dernière BD, le T1 de la série « Les maîtres-nageurs » est sorti ce mois-ci chez Bamboo, toujours avec son compère Brrémaud. Dans cette BD de gags en une planche, Reynès relate ses souvenirs de bord d’océan, « c’est du vécu coco », avec un dessin du meilleur effet, le T2 suivra dans la foulée avant cet été.

Mathieu Reynès participe également au collectif « Nationale 7, route du Soleil », qui regroupe les illustrations originales de 33 auteurs de la bande dessinée sous le parrainage de Sébastien Loeb.

Ce livre portfolio regroupe des dessins, entre autres de Franck Margerin, Hermann, Serge Carrère, Achdé, Thierry Dubois, Sanz & Nico, Pierre Seron, Tibet et donc Mathieu Reynès. Chacun d’entre eux a choisi une étape, entre Paris et Menton, de 1936 à 1970 en dessinant leurs héros et un véhicule d’époque.

Il s’agit d’un beau travail, unique, enrichi de plusieurs bonus : la préface exceptionnelle de Sebastien Loeb et Daniel Elena, un scénario humoristique de Georges Lautner et Philippe Chanoinat, une présentation historique et humoristique de la borne kilométrique par Christophe Cazenove, et le dos de l’ouvrage est dédicacé par tous les auteurs.

Le format du livre portfolio est de 24 x 30 cm. Il est imprimé à 2000 exemplaires uniquement, ce qui en fait un objet de collection. La BD est à l’initiative d’Idées +, une association créée par des passionnés bénévoles qui réalisent des projets en relation avec la bande dessinée et diverses personnalités. L’objectif est toujours de rétrocéder une part des bénéfices au profit d’associations en vue d’actions humanitaires ou dirigées vers la jeunesse.

Cet ouvrage collectif est disponible au prix de 40 euros (10 euros sont reversés au profit de la Prévention routière) auprès de l’association Idées +, 100 rue du Pigeonnier 30320 Bezouce (http://www.ideesplus.fr).

Pour tout renseignement, 08 72 97 62 58 ou 06 22 12 22 57. Mail : contact@ideesplus.fr
Christophe Berliocchi
6 mai 2007 - Aucun commentaire
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« Dimanche prochain, on jouera samedi ! », Les Rugbymen, par Béka et Poupart (Bamboo)

En cette année de coupe du Monde, le rugby va être décliné à toutes les sauces. La BD n’y échappera pas ! Chez Bamboo, on n’a pas attendu que la France récupère l’organisation du mondial pour lancer une série sur ce « sport de brutes pratiqué par des gentlemen », comme l’épelle le dicton. Enfin c’est vite dit, surtout si on lit la série « Les Rugbymen », qui ne fait pas dans la dentelle. Les clichés de l’Ovalie ont la vie dure et les auteurs les déclinent ici sans chichis : dans ce club de village, dénommé Paillar, perdu au fin fond d’une cambrousse incertaine, on est adepte des Trois B (bière, bouffe et baffes). Les gars du PAC préfèrent boire, manger, draguer plutôt que de se passer le ballon. Quand ils ne se font pas ratatiner par un adversaire visiblement plus bête que méchant. En tout cas, La Couane, La Teigne, Bourrichon, l’Anesthésiste ou Loupiote (« car ce n’est pas une lumière », d’après le scénariste), ne risquent pas de concurrencer les Robocop sur-vitaminés du XV de France. Si le dessin est assez plaisant, les gags eux sont inégaux et s’adressent surtout à un public ciblé, celui du rugby des champs. Difficile pour un non-initié de comprendre les vannes qui n’ont guère d’intérêt si l’on n’a pas un minimum de pratique de ce « sport délicieusement absurde par ses règles » (Jean Rochefort). Reste que cette série a trouvé son public puisque le tome 4 a tout de même été tiré à 270 000 exemplaires. Et que sa sortie a été accompagnée d’une solide campagne de publicité dans des journaux spécialisés (Rugby hebdo, XV Rugby). Il est vrai que ces rugbymen-là auraient difficilement trouvé leur place dans « Maisons et décors » ou « Télérama ».  

Chronique de Christophe Berliocchi

21 mars 2007 - Aucun commentaire
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