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« Tu vendras ton âme », Cliff and Co, T1 par Winoc et Thomas Mosdi, Bamboo Edition (Grand Angle)

Grand Angle, la BD comme au cinéma. Le slogan de la collection à suspense de Bamboo Edition n’est pas galvaudé ce mois-ci avec la sortie de deux séries (Cliff and co et Gémélos) dont les albums introductifs sont prometteurs. Scénariste émérite de séries esthétiquement très réussies (« Korrigans » chez Delcourt, « Chimères » chez ou « L’île des morts » chez Vents d’Ouest), Thomas Mosdi n’est pas tombé de la dernière pluie et signe avec ce premier tome de Cliff and Co un scénario à tiroirs en béton. Le personnage central, Cliff Turner, est un cas exceptionnel de personnalité multiple ; en lui cohabitent treize individualités distinctes. Arrêté pour avoir commis un quadruple meurtre, il a été acquitté pour cause de folie et placé dans un centre de sécurité au coeur du désert d’Arizona. Cliff est à la fois un type sensible, intelligent, imprévisible et dans certaines situations incontrôlable, qualités qu’il met désormais au service du FBI dans les affaires les plus difficiles. L’idée de départ -tirée d’un faits divers  réel- trottait dans la tête de Mosdi depuis un bon moment.

Ici, le héros n’est pas le psychopathe de service, qui neutralise ses victimes d’une balle dans la jambe avant de les brûler vives mais celui chargé de le neutraliser, peut-être tout aussi dingue que lui. Mosdi, en habitué du fantastique signe un scénario de facture classique, avec de nombreux flash-back pour alimenter son histoire à tiroirs, extrêmement bien ficelé. Le suspense monte crescendo au fil des pages et de la présentation des personnages pour finir sur une dernière planche qui tient son lecteur en éveil en attendant la suite. Le trait réaliste et dépouillé de Winoc Devos, formé à l’institut Saint-Luc de Bruxelles, tient lui aussi la route même si les visages peuvent être améliorés. L’autre sortie du mois chez Grand Angle, Gémélos, prévu en deux tomes, mérite également le coup d’oeil. Dans un tout autre univers, celui d’un bidonville colombien, où les adolescents se transforment en tueur à gages, Laurent Galandon signe un scénario astucieux sur le thème de la gémellité retrouvée, une histoire sombre et rythmée par le dessin semi-réaliste tout aussi noir que l’histoire de Michele Benevento. Du boulot de qualité en somme pour ce thriller musclé et plutôt violent, sur le fond comme sur la forme. Dans cette Colombie-là, ça ne rigole pas tous les jours…

Chronique de Christophe Berliocchi

27 novembre 2006 - Aucun commentaire
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« Battle Hymn, l’escadron des étoiles », de Clay Moore et Jérémy Haun. Bamboo Comics.

Cruelle impression de déjà vu. Non seulement parce que les relectures à l’acide du mythe du super héros sont monnaie courante depuis l’inégalé « Watchmen » d’Alan Moore et Dave Gibbons (Delcourt). Mais aussi parce que les caractéristiques de ces personnages recrutés en pleine Seconde Guerre mondiale évoquent sans coup férir leurs aînés du mythe Marvel : un pseudo Captain América aux identités interchangeables, un Submariner un peu autiste, un Whizzer obsédé, un homme artificiel qui pourrait rappeler aux étourdis que le Human Torch des origines était un androïde L’imagerie des principaux membres du All-Winner Squad est bien là, renvoyée  par le biais d’un miroir déformant. Clay Moore se défend d’avoir voulu simplement parodier les héros du Golden Age. Pour autant, la mini-série concoctée par ses soins avec son complice Jérémy Haun - ils signent ensemble « Leading man » chez Oni Press - pilonne avec soin le mythe, privilégiant les dissensions dans un groupe composé de personnalités névropathes, au détriment de combats par ailleurs quasi inexistants. Clay Moore nous parle de désinformation, d’apparences trompeuses, de manipulation au nom de l’intérêt supérieur de la nation Un propos ambigu et cynique, des personnages qui ne le sont pas moins - à l’exception notable de l’Anglais Mid-Nite - pour un récit qui laisse finalement sur sa faim. Sans doute trop court, trop abrupt, avec une ouverture minimale sur les enjeux réels de la constitution de ce fameux Escadron, pour emporter réellement l’adhésion. Intéressant mais frustrant.

Chronique de Philippe Belhache

17 octobre 2006 - Aucun commentaire
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“Groom Lake”, tome 1 “la Psychanalyse de l’oubli”, de Dzialowski et Richez. Série Grand Angle (Bamboo Edition)

La série a pour slogan " la BD comme au cinéma " et c’est vrai que Jean-Jacques Dzialowski n’est pas avare de plans larges et panoramiques. L’histoire est assez complexe et s’y perdre entre disparitions, réapparitions voire réincarnation dans ce thriller de SF, avec base secrète aux mains de militaires, amateurs d’ovnis, bref on sent l’inspiration X-File avec quand même quelques grosses ficelles comme ce brave espion de la CIA qui fuit l’ambassade américaine de Téhéran par les égouts et qui ne sera même pas inquiété par les Iraniens devant lesquels il sort de son trou. On y verra un peu plus clair avec le second album qui doit clore cette mini-série.

Chronique de Jean-Marc Lernould

9 juin 2006 - Aucun commentaire
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