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« Beau bandit », Gus 2, Par Christophe Blain. Dargaud.

gus2v2.JPGAlleluïa, Gus est de retour. Ou plutôt devrait-on dire « La bande à Gus ». Tout à sa liberté d’écriture, Blain délaisse en effet rapidement le personnage titre – converti au poker – pour se concentrer sur d’autres personnalités. Clem le braqueur, omniprésent, tout à sa relation avec Isabella, dévoré par ses fantasmes d’honorabilité dans le crime. Mais aussi Ava, romancière de tempérament, ou même Isabella, dont le tempérament de feu frise l’explosion. Christophe Blain aligne les récits sans soucis ni réelle contrainte, variant les paginations, explorant diverses voies dans un univers sans cesse renouvelé, explosant les codes du western pour mieux faire ressortir l’étude de personnages. Tous ont un point commun : cette volonté féroce d’être un autre, d’exister pleinement dans cette autre vie, de se dépasser en faisant sauter ses propres verrous. Dixit Gus : « Je suis un outlaw, Clem. C’est pour être libre de faire ce qu’il me chante, quand ça me chante. » Tout est là, traité avec l’humour et ce talent graphique qui font du créateur du magnifique « Isaac le Pirate » un auteur incontournable. Une réussite. 

84 pages, 14 euros

Chronique de Philippe Belhache

15 janvier 2008 - Aucun commentaire
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« Nathalie », Gus 1, de Christophe Blain. Dargaud

Le cocktail Gus ? Prenez trois hommes, collègues de travail, obsédés à divers niveaux par le beau sexe. L’un est épris d’une femme qu’il ne peut avoir, l’autre doute de ses capacités, le troisième - un homme marié - trouve une nouvelle jeunesse dans une liaison avec une jeune femme plutôt libre Classique ? Ce le serait sans la griffe de Christophe Blain. Lequel transpose cette comédie de moeurs pour trentenaires, traitée de manière tout à fait contemporaine, dans un far west fantasmé. Et fait de ses trois personnages, aussi « fleur bleue » dans leurs réactions que consommateurs de filles de bordels, d’impitoyables outlaws qui alignent braquages de banques et pillages de trains. L’auteur de l’excellent « Isaac le Pirate » (prix du meilleur album en 2002 à Angoulême) joue constamment sur le décalage, travaille les situations avec un sens du burlesque qui tient du slapstick, du cinéma de Keaton ou de Chaplin. Côté graphique, que du bonheur. Plusieurs années après « Hop Frog », Blain semble de délecter des retrouvailles avec lewestern. Pour « Gus », écrit entre 2004 et 2006, il a pris ses aises. Christophe Blain est un habitué du 48 CC, dont il sait jouer des contraintes pour donner corps et densité à « Isaac ». Il s’offre ici le luxe d’une pagination élargie, d’une narration « au fil de la plume », alignant les saynètes aux contenus inégaux et aux paginations variées. Un Blain en liberté, en quelque sorte. Et un album offrant quelques longueurs mais aussi (et surtout) un vrai ton. On s’en voudrait de le bouder.

Chronique de Philippe Belhache

 

15 février 2007 - Aucun commentaire
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