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“La Conjuration d’opale”, tome 2 “La Loge”, de Corbeyran, Grun et Hamm. Dargaud.

On retrouve nos trois héros du tome premier, réunis car chacun est l’héritier d’une opale confiées à leurs parents par un certain Nostradamus. La belle africaine Walaya (que les pudiques se rassurent, elle a retrouvé son soutien gorge qui lui manquait parfois dans le tome 1), le guerrier géant Erik à la hallebarde redoutable et l’ex-médecin de Richelieu, Joachim poursuivent donc leur quête en tachant de reconstituer un puzzle ésotérique : ces prétendues opales pourraient elles servir à décrypter les textes de Nostradamus ?

Les amateurs d’histoire seront comblés bien que malgré ce que j’ai pu lire par ailleurs la Guerre de Trente ans (1618-1648) n’apparaît pas pour l’instant dans la trame du récit, en tous cas pas dans les deux premiers volumes. Par contre l’ésotérisme et la menace de la peste transpirent, et on savoure des représentations comme cette ferme saintongeaise qui ouvre " la Loge ". Le dessin de Grun s’inspire à merveille de ce XVIIème siècle avec en particulier des navires dont le trait rappelle celui du très exigeant François Bourgeon. Grun est également aux couleurs et passe sereinement de l’ocre aux scènes de nuit bleutées comme à Anvers par exemple. Anvers où on croise le peintre Rubens, membre éminent de la loge, mais aussi un certain Van Dyck plus qu’éméché.

Le décor est donc bien en place et on attend de connaître le rôle de cette fameuse loge Ars Magna qui dispute les trois opales au trio vedette de la série, avec peut-être cette fois une vraie descente aux enfers que fut la Guerre de Trente Ans qui ravagea surtout la vallée du Rhin. Vivement la troisième opale

Chronique de Jean-Marc Lernould

5 avril 2006 - Aucun commentaire
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“Le Malvoulant”, tome 1 “le Don” de Corbeyran et Paul Marcel

Le scénariste Corbeyran signe une nouvelle série avec Paul Marcel qui affiche déjà un dessin prometteur. Le décor est planté dans la Vendée du XIXème siècle près de Noirmoutier, avec pleine lune sur la lande brumeuse, où l’on assiste à de curieuses rencontres comme celle d’un bouilleur de cru occupé à tester lui même ses produits, avec un sorcier à tête de loup Ce dernier conduit également d’étranges cérémonies nocturnes (les pinailleurs de Bo Doï se régaleront de voir à cette occasion son monocle passer d’un oeil à l’autre) où il révèle à une femme enceinte que son enfant a " le " don. Mais la mère ne passera pas la nuit, égorgée au détour d’un chemin. 15 ans après son bébé a grandi et s’est entre-temps découvert un don de télékinésie, mais Clément supporte mal l’oppression du très austère pensionnat Saint-Gabriel d’où on le renvoie pour avoir lu " les Mystères de Paris ". De retour dans la maison familiale Clément subit les foudres de son beau-père (qui le crucifie pour lui apprendre à vivre !) et perçoit bientôt un autre mystère : qu’a fait sa mère cette fameuse nuit, il y a 15 ans ? Est-elle d’ailleurs bien sa mère ? L’enquête est lancée.

Le dessin très sombre de Paul Marcel s’illumine avec des ciels crépusculaires rougeoyants et le jeu des cadrages est assez bienvenu. A suivre

"Le Malvoulant", tome 1 "le Don" de Corbeyran et Paul Marcel. Delcourt.

Chronique de Jean-Marc Lernould

20 mars 2006 - Aucun commentaire
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« La Loi des 12 tables », volume premier, de Corbeyran, Defali et Pérubos

Corbeyran serait-il un bon appât ? On s’y est laissé prendre, du moins si on parle de la couverture de « la Loi des 12 tables », un « volume premier » qui n’aura peut-être pas de suite à domicile sauf si on a besoin de place sur ses étagères. Parce que du Sieur Corbeyran on attend surtout la suite du « Réseau Bombyce » avec Cecil ou du « Régulateur » avec Moreno, mais pas cette impasse « recommandée par 13ème rue, la chaîne action et suspense » dixit le stick apposé sur la couverture (on dirait que Delcourt aime bien ça ces temps-ci).

Il est question en cet hiver 2006 (l’histoire est définitivement datée) d’un éphémère second rôle, une demoiselle vite assassinée et qui fleure bon la réincarnation d’une sorcière brûlée sur le gibet. Comme quoi il n’y a pas de fumée sans feu, ce qui inquiète un cercle réunissant des férus de cabale. Suit une enquête pseudo-métaphysique avec amours éplorés entre deux massacres.

Mais l’épisode « Mandragore » suivi du « Cénacle » dans le même album souffre d’un dessin qui transpire l’assistance publique par ordinateur et des couleurs non moins douteuses, catégorie néon. Bref il n’y a pas de quoi fouetter un stryge, aucune densité ni dans le fond ni dans la forme. On peut espérer que les auteurs ont le temps de se refaire mais cinq autres albums sont déjà annoncés à raison d’un tout les deux mois, la livraison finale étant prévue en novembre 2006 avec un certain « Choc en retour ». Souhaitons que la fin ne soit pas bâclée pour respecter les délais de parution.

« La Loi des 12 tables », volume premier, de Corbeyran, Defali et Pérubos. Delcourt, collection Insomnie.

Chronique de Jean-Marc Lernould.

27 février 2006 - Aucun commentaire
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