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« Jeronimus », première partie, de Dabitch et Pendanx. Futuropolis.

jeronimus.jpgC’est un voyage au long cours que propose « Jeronimus », le dernier bijou de Dabitch et Pendanx, qui rééditent l’exploit de  Abdallahi. Car on voit encore beaucoup de pays, et de paysages somptueux. L’action se situe au XVII ème siècle. L’apothicaire de Haarlem, Jeronimus, voit son enfant mourir de la syphilis, sans trouver la provenance du mal. C’est le début de la déchéance pour ce libre-penseur, qui sent se resserrer l’étau religieux autour de lui et ses amis, tandis qu‘on le soupçonne d‘avoir tué son fils. Il lui faut se résoudre à l’exil, en abandonnant ses biens et sa femme, et il s’embarque à bord d’un navire de la puissante Compagnie des Indes Orientales, destination Batavia, un comptoir bien loin de la Hollande et au cœur du commerce très lucratif des épices. On progresse lentement à bord de ce bateau, coupé socialement en deux (l’élite se réserve le château de poupe) et sur lequel la tension monte au fil des jours, tandis que les conditions de vie s’y dégradent. Jeronimus l’hérétique va y entrevoir un rêve de puissance et accepter l’idée d’un non retour en arrière, tandis que la belle Lucretia attise la convoitise des principaux personnages.

Le dessin de Jean-Denis Pendanx - ou plutôt sa peinture - agrippe les pages et le regard par sa densité. On y sent sous ses doigts le relief de la gouache, d’une épaisseur démoniaque et merveilleuse. Paysages ou portraits sont traités d’une façon extraordinaire, tel cette ville qui blanchit sous la neige.

Christophe Dabitch a pour sa part superbement scénarisé cette histoire vraie du drame de ce bateau, le « Batavia », qui n’atteindra jamais Java. On pressent une fin tragique, mais il faudra attendre encore deux tomes pour dénouer le fil de cette intrigue métaphysique. A noter qu’un très bel ex-libris est offert avec la première édition.

80 pages, 17 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 avril 2008 - 1 commentaire
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David B. succède à Dabitch et Pendanx

chemins-noirs.jpgLe 4e Prix de la bande dessinée historique Chateau de Cheverny - Les rendez-vous de l’Histoire a été décerné à :

« Par les chemins noirs », de David B., paru aux éditions Futuropolis.

dans le cadre des 10èmes « Rendez-vous de l’histoire » de Blois, quis e déroulera du 18 au 21 octobre. Il succède à “Adallahi”, de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx, également paru aux éditions Futuropolis.

Le prix, doté de 3 000 euros, sera remis le 20 octobre à midi au Château de Blois. La cérémonie de remise de Prix sera précédée d’un Café littéraire : <« Fabrique de l’opinion ? Le rôle du dessin de presse et de la caricature », avec : Cabu, Jean-Christophe Ogier et Pascal Ory, débat animé par Philippe Bertrand, à la Halle aux Grain, et de l’inauguration de l’exposition : « Abdallahi » (Dabitch et Pendanx), lauréat 2006 du « Prix de la Bande dessinée historique Château de Cheverny – Les Rendez-vous de l’histoire » (Château de Blois).

  
Informations : www.rdv-histoire.com - téléphone : 02 54 56 13 53
 

Le jury :
 
Président : Pascal ORY
Membres : Danièle ALEXANDRE-BIDON, Thierry CRÉPIN-LEBLOND, Christophe DABITCH, Sylvain GACHE, LAX, Jean-Denis PENDANX, Gilles RATIER, François RIGHI, Pierre SERNA, Claire SOTINEL, Laurent WIRTH

Albums nominés (par ordre alphabétique d’auteurs) :

Catel et Bocquet, Kiki de Montparnasse, Casterman
Christophe Chabouté, Henri Désiré Landru, Vents d’Ouest
Dufaux et Delaby, Murena, Dargaud
Jacques Ferrandez, Carnets d’Orient. Dernière demeure, Casterman
Kris et Etienne Davodeau, Un homme est mort, Futuropolis
Didier Tronchet et Frédéric Richaud, Le peuple des endormis, Dupuis

25 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« La ligne de fuite », de Christophe Dabitch et Benjamin Flao. Futuropolis.

ligne-fuite.jpg« La Lunette » ? De cette revue bordelaise d’investigation graphique, Christophe Dabitch est sorti nanti de solides amitiés et d’une féroce envie de bande dessinée. En deux temps, trois albums, le journaliste s’est mué en scénariste de talent, engrangeant le succès critique, les récompenses et une belle rencontre avec le public. « Abdallahi » n’a pas terminé sa carrière, que paraît déjà « La ligne de fuite », très bel album illustré par Benjamin Flao. Une variation autour du mythe Rimbaud.
   
Quel homme a été Arthur Rimbaud ? Dabitch ne répond pas, laisse parler l’époque, surprend ses personnages en flagrant délit d’idolâtrie. Nous sommes en 1888. Rimbaud a cessé d’écrire. Il a disparu quelque part en Afrique, esquissant malgré lui les contours de sa propre légende. Il s’est tu. Et pour ses admirateurs, ce silence se fait assourdissant. Verlaine distille au compte-gouttes les quelques inédits en sa possession. Le « Décadent », dirigé par Anatole Baju, publie des faux.. « Découvrir cette histoire a été un déclencheur pour moi, confesse Christophe Dabitch. Je cherchais comment aborder le mythe de Rimbaud. Mais le personnage m’intéressait moins que toute cette imagerie dont on fait commerce autour de lui. » Rimbaud éblouit, il envoûte. Cette fascination mène Adrien, auteur des faux Rimbaud, sur les traces de son modèle, avec Baju à ses basques. Une fuite en avant, une véritable quête initiatique.
 
Baju, « l’éléphantaisiste », a réellement existé. Adrien, lui, est sorti de l’imagination du scénariste. Le jeune homme incarne ces poètes à l’art paralysé, transis, fascinés par la mythologie rimbaldienne. « Il avance par à-coups vers son but. Mais il y a pour lui plus à apprendre au voyage que du but lui-même. » Sur cette base, Dabitch construit un récit en liberté, suivant sur quelque cent pages les pérégrinations d’Adrien, de Charleville à Aden en passant par Marseille. Une trame envahie par le verbe de Rimbaud, omniprésent jusqu’à envahir la case. Pour sa première bande dessinée, Benjamin Flao illumine cette ligne de fuite de son trait sensible, privilégiant l’esquisse et le crayonné propre aux carnets de route, ancrant l’album dans un imaginaire qui lui est cher, celui du voyage. Il donne à « La ligne de fuite » cette énergie particulière qui en fait l’un des albums clefs de la rentrée.
 
120 pages (dont un dossier de 10 pages), 19 euros
 
Chronique de Philippe Belhache
  

N.B. : Le diptyque « Abdallahi », de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx (Futuropolis), a été primé en 2006 aux Rendez-vous de l’histoire de Blois. Une exposition est organisée par l’association BDBoum du 8 octobre au 2 décembre dans la salle des Etats Généraux du château de Blois, dans le cadre de l’édition 2007.


 

25 septembre 2007 - Aucun commentaire
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VIDEO : Dabitch et Pendanx, la genèse d’Abdallahi

Christophe Dabitch est journaliste, Jean-Denis Pendanx dessinateur. Les deux hommes se connaissent depuis des années, travaillent dans le même atelier, collaborent au sein d’une revue de reportages graphiques, « La Lunette ». Ils se sont emparés des mémoires de l’explorateur René Caillié, premier Européen à ressortir vivant de la mythique cité de Tombouctou, qu’il visite en 1828. « Abdallahi » est une fresque de plus de 160 pages, publiée en deux volumes aux éditions Futuropolis. Découvrez l’interview vidéo des auteurs réalisée à Bordeaux en décembre 2006.


10 janvier 2007 - Aucun commentaire
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« Traversée d’un désert », Abdallahi 2, de Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch. Futuropolis.

« Abdallahi » ou le voyage de René Caillié, déguisé en musulman, vers Tombouctou, cette cité presque mythique dont aucun Européen n’était jusqu’alors ressorti vivant. L’histoire est connue, parfaitement authentique, mais sa relation était emprunte de l’aridité qui caractérise trop souvent les livres d’Histoire. Dabitch et Pendanx ont perçu son potentiel dramatique et choisi d’un porter leur version en bande dessinée. Les deux hommes assument complètement leurs choix, qu’ils précisent d’ailleurs en postface. « Abdallahi » est une « interprétation libre » des mémoires de Caillié, fils de bagnard devenu explorateur pour chercher à sa manière gloire et fortune en Afrique. Dabitch se détache de la narration descriptive de Caillié pour mettre en exergue, tout autant que son périple africain, le voyage intérieur qu’il se voit contraint d’accomplir. Il met face à face l’explorateur et son guide Arafanba, son « jumeau » dans le mensonge, avec qui il lui suppose une amitié. Et lui fait ainsi traverser toutes les épreuves, jusqu’à Tombouctou et même au delà. Pendanx fait sien ce récit, qu’il illustre en adaptant son graphisme. L’homme connaît l’Afrique, en a déjà travaillé une version avec ses « Corruptibles » (Glénat), et souhaitait en donner une image moins caricaturale. Il s’en est donné les moyens avec « Abdallahi », travaillant ses planches en grand format, optant pour une technique de couleurs directes en acrylique qui lui permet « de prolonger le dessin en peinture ». Le résultat est tout simplement superbe, restituant la vision colorée de Jean-Denis Pendanx, donnant tout son souffle à cette réécriture de l’histoire de René Caillié. Déjà reconnu et primé dans le cadre des rencontres de l’histoire de Blois, retenu dans le peloton de tête pour le Grand prix de la Critique 2007, « Dans l’intimité des terres » était porteur de splendides promesses. « Traversée d’un désert » fait mieux que les tenir.

 

Chronique de Philippe Belhache

 

9 décembre 2006 - Aucun commentaire
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Le voyage intérieur de René Caillié

Il y a avant tout l’Afrique. Le continent, mais aussi son imaginaire, le mythe du territoire inexploré, l’invitation au voyage… Une vibration particulière perçue par deux jeunes auteurs bordelais investis dans le petit monde de la bande dessinée.
Christophe Dabitch est journaliste, Jean-Denis Pendanx dessinateur. Les deux hommes se connaissent depuis des années, travaillent dans le même atelier, collaborent au sein d’une revue de reportages graphiques, « La Lunette ». Ils se sont emparés des mémoires de l’explorateur René Caillié, premier Européen à ressortir vivant de la mythique cité de Tombouctou, qu’il visite en 1828. « Abdallahi » est une fresque de plus de 160 pages, publiée en deux volumes aux éditions Futuropolis. Moins caricatural. « Nous étions en Afrique pour un reportage destiné à "La Lunette", se souvient Jean-Denis Pendanx. Le projet a germé là-bas. Je souhaitais développer un nouveau projet de bande dessinée sur l’Afrique, quelque chose de moins caricatural que la série des "Corruptibles" sur laquelle j’avais travaillé. Christophe travaillait sur quelque chose en parallèle. Il m’a parlé du journal de Caillié. J’étais emballé. »

Le journal de René Caillié ? « Le voyage à Tombouctou » est paru en 1830, qui relate le périple de ce jeune homme natif de Mauzé-sur-Mignon (Deux-Sèvres), fils de bagnard parti reconnaître la mythique cité de Tombouctou, alors interdite aux Européens. Il y arrive au prix de deux années de clandestinité, travesti en musulman sous le nom d’Abdallahi. Caillé meurt le 17 mai 1838 à la Gripperie-Saint-Symphorien, dans ce domaine de l’Abadaire qu’il avait acquis à son retour. Il est inhumé à Pont-l’Abbé-d’Arnoult.

Interprétation.
L’adaptation est un vrai défi. « Le texte de Caillé est très descriptif, explique Christophe Dabitch. Presque photographique. Il recense tout ce qu’il voit… Nous n’avons jamais envisagé de l’adapter tel quel. Nous n’avions pas envie de faire cela. Ce qui était intéressant pour nous, c’est le voyage intérieur, ses souffrances. Hors, il n’y a dans cet ouvrage que très peu de choses sur lui. »
Le scénariste contourne la difficulté en extrapolant sur les difficultés rencontrées par Caillié, mais aussi sa personnalité, ses démons intérieurs. Il développe pour les besoins de l’ouvrage le personnage d’Arafanba, qui sera son guide, mais aussi son complice, son double, son miroir dans le mensonge. « Ce personnage est cité dans les textes, rappelle Christophe Dabitch. Mais, là encore, Caillé n’en dit presque rien. »
Sur cette libre interprétation du parcours de l’explorateur, Jean-Denis Pendanx a calqué sa vision de l’Afrique. La documentation est là pour éclairer les architectures, les barques, les vêtements… Mais le reste lui appartient. « Je souhaitais adopter un style différent, faire quelque chose de noir. »

Un univers coloré.
Le dessinateur de « Labyrinthes » et des « Corruptibles » (éditions Glénat) adapte son trait, s’ouvre au grand format, dompte cette technique des couleurs directes qui lui permet « de continuer à dessiner avec la peinture ». Avec un résultat simplement superbe. « Je souhaitais m’éloigner d’une vision photographique de l’Afrique et recréer sur le papier mes sensations, un univers coloré ».
Le pari est tenu par les deux hommes. La conclusion du diptyque sort en librairie alors même que le premier volume, unanimement salué, est coopté au sein des cinq albums concourant pour le Grand Prix de la critique 2007 de l’ACBD (1). Leur travail sur l’histoire dans l’Histoire leur a déjà valu une reconnaissance, celle du Prix BD 2006 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Article de Philippe Belhache

(1) Association franco-belge des critiques et journalistes de bande dessinée.

5 décembre 2006 - Aucun commentaire
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