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David B. succède à Dabitch et Pendanx

chemins-noirs.jpgLe 4e Prix de la bande dessinée historique Chateau de Cheverny - Les rendez-vous de l’Histoire a été décerné à :

« Par les chemins noirs », de David B., paru aux éditions Futuropolis.

dans le cadre des 10èmes « Rendez-vous de l’histoire » de Blois, quis e déroulera du 18 au 21 octobre. Il succède à “Adallahi”, de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx, également paru aux éditions Futuropolis.

Le prix, doté de 3 000 euros, sera remis le 20 octobre à midi au Château de Blois. La cérémonie de remise de Prix sera précédée d’un Café littéraire : <« Fabrique de l’opinion ? Le rôle du dessin de presse et de la caricature », avec : Cabu, Jean-Christophe Ogier et Pascal Ory, débat animé par Philippe Bertrand, à la Halle aux Grain, et de l’inauguration de l’exposition : « Abdallahi » (Dabitch et Pendanx), lauréat 2006 du « Prix de la Bande dessinée historique Château de Cheverny – Les Rendez-vous de l’histoire » (Château de Blois).

  
Informations : www.rdv-histoire.com - téléphone : 02 54 56 13 53
 

Le jury :
 
Président : Pascal ORY
Membres : Danièle ALEXANDRE-BIDON, Thierry CRÉPIN-LEBLOND, Christophe DABITCH, Sylvain GACHE, LAX, Jean-Denis PENDANX, Gilles RATIER, François RIGHI, Pierre SERNA, Claire SOTINEL, Laurent WIRTH

Albums nominés (par ordre alphabétique d’auteurs) :

Catel et Bocquet, Kiki de Montparnasse, Casterman
Christophe Chabouté, Henri Désiré Landru, Vents d’Ouest
Dufaux et Delaby, Murena, Dargaud
Jacques Ferrandez, Carnets d’Orient. Dernière demeure, Casterman
Kris et Etienne Davodeau, Un homme est mort, Futuropolis
Didier Tronchet et Frédéric Richaud, Le peuple des endormis, Dupuis

25 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« Les prologues », Par les chemins noirs 1, de David B. Futuropolis.

David B. poursuit son aventure chez Futuropolis avec cette série thématique évoquant quelques grandes destinées de l’entre-deux guerres, période de tous les possibles. Il ouvre le bal en mettant en scène les amours d’une espionne chanteuse de cabaret et d’un soldat bandit revenu de tout dans l’état libre de Fiume - Rijeka dans l’ancienne Yougoslavie - fondé par Gabriele d’Annunzio, héros de guerre, écrivain, aventurier un rien mégalomane. Ces deux personnages, Mina et Lauriano, semblent vivre en marge de cette cité assiégée, traversée par la folie des hommes et les errements d’une dictature anarchiste, tout en subissant les événements. En parallèle, le poète « décadentiste », dont les positions ont ouvert à la voie au fascisme de Benito Mussolini, vit pleinement son utopie et sa violence, ses moments d’exaltation et de démence politique.

 

Nul est besoin de chercher ce qui a attiré David B. dans le personnage. L’auteur se passionne pour ces destins hors du commun, ces personnages à l’énergie indomptable, icônes de l’Histoire qui inspirent les légendes. D’Annunzio est bien réel, son aura s’est éteinte. Mais il y a quelque chose en lui, dans le portrait qu’en dresse l’auteur, du forgeron Rohan du « Jardin armé », son précédent ouvrage. Tout comme le fondateur des Adamites, D’Annunzio porte en lui son rêve et l’impose aux autres, fusse au prix du sang. Tout comme lui, il mène ce combat voué à l’échec avec une armée d’adorateurs, tribu qu’un charisme indéniable et un prosélytisme adapté ont convertie à sa cause. Tout comme lui, le Jardin d’Eden prend finalement des allures d’enfer sur terre. David B. s’empare de l’histoire, de la légende, de l’époque et leur impose la singularité de son parti graphique. Comme de coutume, l’homme privilégie une dimension onirique, la mort restant au centre de sa symbolique. Ouvertement par un défilé de squelette dans les brumes, ou dans de grandes évocations pleine planche de l’Histoire avec une grande hache. Indirectement dans ces scènes de lutte de rue qui ouvrent et referment le récit, mêlées sans espace, suffocantes, menaçant toute beauté.

 

David B. se définit en exergue du dossier de presse comme un « chroniqueur des petites et grandes histoires qui agitèrent ce monde et ses locataires. » Ces « Prologues » le posent de fait en observateur attentif des mythes modernes, dont il se fait l’exégète inspiré, assumant ses engagements et la subjectivité de son point de vue. Tout comme sa référence assumée, Hugo Pratt, l’auteur fait sienne l’histoire dans l’Histoire, développant sur soixante planches une trame toujours aussi intellectualisée, sans doute moins dense et intense qu’à l’accoutumée, mais également plus directement accessible au lecteur profane. Une excellente porte d’entrée pour ceux qui découvrent l’art de David B.

 

Chronique de Philippe Belhache

22 avril 2007 - Aucun commentaire
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« Le jardin armé » et autres histoires, par David B. Futuropolis.

David B. a quitté l’Association pour le Futuropolis new look, non sans emporter sous son bras quelques-unes unes de ses bonnes feuilles. Notamment « Le prophète voilé » et « Le jardin armé », initialement publiés dans la revue Lapin, et réunis ici avec un troisième récit inédit, « Le tambour amoureux ». Un bien ? Un mal ? Les amateurs de polémique en débattront, les lecteurs se réjouiront simplement du très bel objet qui leur est présenté. David B. explore ici l’imaginaire des récits orientaux et des thèmes bibliques médiévaux, s’inspirant de l’imagerie profane et sacrée pour mieux faire passer son propos, avec pour thèmes récurrents la guerre, la mort, la vie après la mort Il reste dans la veine de l’excellent Lénora (avec Pauline Martin, Denoël Graphics), adoptant ici un mode de narration plus resserré, plus direct, tout en conservant une haute valeur symbolique. Il convoque le rêve et l’imaginaire pour compenser l’aspect cérébral de sa démonstration, limitant le nombre d’informations par planche, jouant sur le format et la pagination pour poser sa narration. David B. adapte son traitement graphique au conte philosophique, s’inspirant de l’iconographie romane - peinture, mais aussi sculpture -  flirtant avec les expériences symbolistes d’un Jan Toorop. Ce nouveau tome est une réussite, même s’il souffre d’un léger déséquilibre, lié à la juxtaposition d’un conte oriental indépendant et de deux autres textes intimement liés, tant par le personnage principal (Zizka) que par leur environnement culturel. Ce qui est finalement peu de choses.

Chronique de Philippe Belhache

15 octobre 2006 - Aucun commentaire
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