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Festival BD des Hauts de Garonne : Coteaux à bulles

FLOIRAC (33). Le septième épisode du festival BD des Hauts de Garonne se déroule ce week-end. Expositions, débats dédicaces et éclectisme sont encore au menu.

Si d’aventure l’on cherche une des actions emblématiques intercommunales sur ces hauts de Garonne malmenés socialement et économiquement, on a les Bulles. Des bulles qui se baladent depuis quatre ans maintenant sur les quatre communes du Grand projet des Villes. Des bulles qui pétillent un peu plus le temps d’un week-end où plus de 5000 personnes viennent les goûter, mais qui se forment et se développent toute l’année, au fil de venues d’artistes, de résidences, de travail en milieu scolaire. De la vraie BD champagne pour tout le monde.

Après le gros succès de la sixième édition à Cenon, le festival poursuit son habitude nomade. Et c’est sur deux sites assez proches qu’il a installé ses planches à Floirac, afin de célébrer l’ouverture de la M270, maison des savoirs partagés qui complètera l’espace du gymnase Jean-Raymond-Guyon

Ici on respecte les fondamentaux : les dédicaces et les débats pour les fondus de la case enchantée. Mais d’autres exigences sont au menu de ces Bulles : un niveau professionnel chez les 90 auteurs invités sur les deux journées, un éclectisme revendiqué, assumé, valorisé. « Je tiens aussi à ce quel’on trouve des dessinateurs débutants à côté des grosses pointures », souligne Jean-Luc Peyroutet de Passage à l’art, l’association organisatrice.

L’homme est aussi conseiller pédagogique, version éclairée et partageuse. Alors un auteur en résidence depuis deux mois (Didier Millotte), alors des parcours BD proposés à toutes les classes ou associations des quatre communes du GPV. Alors des ateliers, des rencontres avec des dessinateurs, des scénaristes. Alors 90 groupes touchés d’octobre à aujourd’hui. Alors des expositions. « J’ai eu le déclic quand une élève m’a dit un jour « un auteur, je croyais que c’était mort », raconte Peyroutet. Tout est dit.

Autre maître-mot : les créations. Outre les expos scolaires, un auteur coup-de-coeur (le Bordelais Alfred cette année mais aussi Max Cabannes au forum de la BD au centre commercial Rive droite à Lormont jusque ce soir), de l’interactivité (le module Takachercher), de l’audiovisuel (une expo sur Oliver Twist). Un espace multimedia permettra de surfer sur le monde de la BD si d’aventure, les 90 auteurs présents ne suffisaient pas.

Pas de distingo dans les auteurs mais bon, citons quand même quelques tendances : l’univers de Dofus (éditions Ankana) avec les auteurs Crounchann, Ancestral Z, Mojojojo, Hiottin et Aris. Phénomène incontournable et c’est tant mieux : le manga sera représenté par plusieurs auteurs de la collection Shogun (Humanoïdes associés) : Lylian, Ueza, Dune, Ed Tourriol ou encore Shong. Il sera aussi intéressant de criser plusieurs auteurs de la collection Ex-Libris, dont les adaptations de « Oliver Twist » et du « Tour du monde en quatre-vingts jours » passionneront petits et grands.

Ajoutez un coup de projecteur sur la BD africaine (thème de l’année à Floirac), deux auteurs récompensés (David Prudhomme et Guillaume Trouillard) deux libraires, deux éditeurs, trous micro-éditeurs, un prozine, deux fanzines, trois libraires d’occasion et d’ouvrages de collections, un libraire spécialisé para-BD et vous aurez le deuxième salon BD après Angoulême.

Article de Yannick Delnest

A Bordeaux, avant-première de “Peur(s) du noir” en présence de Lorenzo Mattotti

Après l’avant avant-première du film “Peur(s) du noir” à Angoulême, c’est le cinéma Utopia de Bordeaux qui proposera le vendredi 8 février une avant-première de ce recueil de six films d’animation.

A cette occasion, le dessinateur-réalisateur Lorenzo Mattotti sera présent. Son travail fera parallèlement l’objet d’une exposition à la librairie BD Fugue Café de Bordeaux, du 8 au 29 Février.

Vernissage prévu le Vendredi 8 à partir de 19h – Mattotti sera en dédicace le Samedi 9 Février.

Pour tous renseignements : BD Fugue, 10 rue de la Merci – Tél 05 56 52 16 60. Les places pour la séance de l’Utopia seront en vente à l’accueil du cinéma dès le 29 janvier.

Angoulême 2008 : Le réveil du manhua

BANDE DESSINÉE CHINOISE. Des éditeurs de Shangaï et Pékin ont investi la cour de l’Hôtel de ville, transformée en pavillon chinois. Un espace de découverte.

manhua.jpgIci, on ne vient pas avec la liste de ses auteurs préférés, ceux dont on connaît par coeur les crobards et la trombine. Ici, la présence d’une interprète, d’habitude plus spécialisée dans les traductions judiciaires, est nécessaire pour échanger avec les auteurs. Mais le Pavillon de Chine, tout en rouge et transparences dans la cour de l’Hôtel de ville, attire pourtant bien des curieux, et certains viennent même en pays de connaissance.

Sur les stands, un éditeur de Shangaï voisine avec une maison de Pékin, et un quatuor de charme de jeunes femmes auteurs, qui sourient sous leurs affiches aux tons acidulés. Au centre, sous les oriflammes rouges qui affichent leur portrait et leur nom, douze auteurs chinois se succèdent pour les dédicaces. C’est le premier jour, l’un d’eux prend le temps de détailler ses interlocuteurs, et de leur dessiner leur propre portrait, avec le sourire.

Il y a aussi des fans, qui savent très bien ce qu’ils viennent chercher. Pocket Chocolate, par exemple, publie en France depuis deux ans, et s’est constitué un public d’amateurs.

Mascotte des JO. La plupart des visiteurs font le détour par la petite exposition d’affiches pour se faire une idée. Certains ont réservé, pour la fin du Festival, l’une ou l’autre des ?uvres exposées. Dont une planche de la mascotte des JO de Pékin, Fuwa, réalisé par le dessinateur Wu GuanYin, présent sur le stand.

On se laisse aussi guider dans ses choix par l’élégance d’une fresque au parfum de Chiné médiévale, la vivacité des couleurs, la douceur du papier « Xuan ». On déniche aussi sur les stands des traductions du chinois en coréen ou en japonais, des légendes vieilles de six siècles adaptées en bande dessinée. Bref, tout un monde, le manhua.

Article de Haude Giret

25 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Festival de la BD 2008 : week-end de bulles à Angoulême

La ministre de la Culture Christine Albanel va donner aujourd’hui le coup d’envoi du 35e Festival international de la bande dessinée.

angouleme_20081.jpgDu Champ-de-Mars aux allées de New-York, Angoulême vire à la BD d’aujourd’hui à dimanche. Pour sa 35e édition, le Festival international de la bande dessinée revient dans un centre-ville enfin débarrassé de ses pelleteuses.

Nouveau décor et nouvelle forme pour le grand barnum du dessin, inauguré aujourd’hui par la ministre de la Culture en personne, Christine Albanel. Avec, à chaque bout, deux mondes bien distincts : les maisons dites alternatives aux allées de New-York et les poids lourds de l’édition au Champ-de-Mars, où l’on prévoit des files d’attente interminables pour les séances de dédicaces.

Un changement qui colle avec l’évolution de la structure juridique qui porte désormais le festival : l’association originelle a laissé la place à une SARL à vocation culturelle. Professionnalisation affirmée et pari sur le long terme, disent les uns. Risque de voir le festival sortir des rails de l’Histoire pour s’enfoncer dans la tentation, commerciale, prétendent les autres. L’avenir dira qui a raison?

Manga. En attendant, pour ce 35e chapitre, les festivaliers, si boulimiques soient-ils, auront du mal à goûter à tous les ingrédients mitonnés par l’organisation. Au rayon « live », ça démarre fort ce soir avec un concert très ukulélé de Thomas Fersen dessiné par Joann Sfar. Samedi, Pascal Rabaté prêtera son crayon à la prestation scénique de Yolande Moreau.

Côté expo, le choix est plutôt large. Citons, entre autres, la vision du président José Munoz sur la BD argentine ; le triple hommage aux « strips » de Ben Katchor, aux « fumetti » de Luciano Bottaro et à l’incroyable anthologie de Sergio Toppi ; la scénographie autour de la science-fiction dans les ateliers Magelis et une installation audiovisuelle sur 35 ans de Grand Prix.

Particulièrement soigné cette année, le Manga Building qui occupe tout l’Espace Franquin. Ce grand immeuble au c?ur d’Angoulême abritera, notamment, une exposition du groupe Clamp, un collectif féminin adulé au Japon.

Quelques événements émailleront le rendez-vous angoumoisin. Les Schtroumpfs fêteront en fanfare leur cinquantième anniversaire, tandis que le cinéaste Luc Besson viendra annoncer qu’il prend sous son aile les éditions Septième Choc et qu’un match d’impro BD opposera les équipes de « Fluide glacial » et « Spirou »?

Moment très attendu du festival, la multitude de prix remis tout au long de la manifestation. Distinguons toutefois le Fauve d’or, prix qui couronne le meilleur album de l’année 2007, ou l’Essentiel Fnac-SNCF, prix du public invité à choisir, via Internet, son album favori parmi une liste de 50 prétendants. Dimanche, l’Académie des Grand Prix désignera le Grand Prix 2008, couronné pour l’ensemble de son ?uvre. Proclamation solennelle depuis le balcon du FIBD.

Festival international de la bande dessinée, du 24 au 27 janvier à Angoulême, de 10 heures à 19 heures avec nocturne samedi jusqu’à 20 heures. Tarif : un pass unique permet d’accéder à la plupart des expositions et animations. Valable sur un ou trois jours. Le prix varie selon l’âge (6 ou 13 euros de 7 à 12 ans, 11 ou 24 euros de 13 à 17 ans, 13 ou 29 euros au-delà, gratuit pour les plus de 76 ans -et non moins de 76 ans comme nous l’indiquions précédemment). L’accès aux concerts de dessins, impros BD et spectacles illustrés n’est pas couvert par le pass. Renseignements au 05 45 38 61 62.

Article de Bertrand Ruiz

24 janvier 2008 - 1 commentaire
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JOSÉ MUÑOZ : Tango en blanc et noir

Dans la famille du noir et blanc, l’Argentin est un maître. Il a aimé dès l’enfance la bande dessinée « d’un grand amour honteux » qui inspire toujours sa réflexion sur ce 9e art aujourd’hui reconnu.

jose_munoz.jpg


Il est arrivé dès samedi soir à Angoulême, et se promet « un plaisir intellectuel fort, face à l’excitation et à la qualité des produits présentés cette semaine ». À 65 ans depuis le 10 juillet dernier, José Muñoz est le président de cette édition 2008. L’enfant argentin très tôt convaincu de sa vocation de dessinateur a grandi avec curiosité dans une ambiance culturelle cosmopolite. Sa famille venait d’Andalousie et des îles Canaries, « des îles très africaines », où il a voyagé au temps de l’exil. « J’y ai retrouvé de la famille, et rencontré mon double ».

En 1974, Carlos Sampayo, qui deviendra son scénariste, comprend comme lui « qu’on était des exilés, et plus des voyageurs. On a trouvé dans le travail et l’amitié une maison mentale. Dans notre pays, le ciel était couvert de sang. Nous étions curieux de l’Europe, de toutes ces langues étranges qu’on entendait autour de nous étant enfants. »

José Muñoz a nourri toute sa vie une réflexion sur ces images qui le fascinent. Des images qu’il voit par-dessus tout en noir et blanc, et qu’il décrit, avec l’accent sud-américain, en « blanc et noir ». Prononcer blank et noir. Aujourd’hui, entre les anciens et les modernes, il se définit comme « un bon passeur ».

Sud Ouest. En tant que président, vous êtes l’auteur de l’affiche de l’édition 2008, que l’on voit sur tous les murs d’Angoulême. Que représente-t-elle ?

José Muñoz. Cette affiche, c’est mon paysage intérieur. La maison que vous voyez à l’arrière-plan, c’est celle de Carlos Gardel, rue Jean-Jaurès à Buenos Aires. Devant, enlacés, il y a Alack Sinner (Ndlr : héros et figure centrale de l’?uvre de Muñoz et de son scénariste Carlos Sampayo) et Billie Holiday.

L’exposition qui vous est consacrée, au CNBDI, n’évoque pas seulement votre oeuvre.

Non, c’est une promenade à travers l’histoire de la bande dessinée argentine. Les Américains du nord parlent de comics, les Japonais de mangas, les Argentins d’historietas. Les années 40 et 50 ont été un des moments les plus créatifs de notre pays. Je voulais montrer les lumières qui ont illuminé alors mon adolescence.

Quels sont les albums qui vous ont marqué à l’époque ?

Le premier, c’était Bucky Bug, l’histoire d’un groupe d’insectes, écrite dans les années 30. C’était très écologique, puisqu’ils vivaient dans un terrain vague en recyclant tous les rejets des humains. J’avais cinq ans, et j’étais capturé par cette histoire, même si je ne savais pas lire. À 9 ans, j’ai découvert Breccia et Pratt, en achetant des magazines. Et quand j’avais 11 ans, mes parents m’ont inscrit à l’école panaméricaine d’art.

Vous avez très tôt eu envie de devenir dessinateur ?

Oui, j’étais totalement sûr que je voulais faire du dessin narratif, pas de la littérature dessinée. Dans ces années où l’abstraction régnait, la bande dessinée était le seul refuge du figuratif.

Je faisais de la bande dessinée de façon clandestine vis-à-vis de mes professeurs, et ça me donnait beaucoup de tristesse. C’était comme un grand amour, un peu honteux, que l’on ne pouvait pas exhiber en public. On me regardait comme un phénomène, en me disant : « Tu fais de la bande dessinée ? Mais tu as l’air intelligent, pourtant? »

D’où venait ce mépris pour la bande dessinée, selon vous ?

La bande dessinée a remis ensemble ce qui est né ensemble. Il y a un conflit entre l’image et les mots. Le mot vient de l’image et ne veut pas le reconnaître. La sacralité, c’est les mots, et l’image, elle, fait peur. Elle mange les mots.

Le cinéma vous a-t-il également influencé ?

À cette époque, on voyait quatre longs-métrages par jour, et la fenêtre du cinéma m’aidait à développer ma culture visuelle. J’admirais le néoréalisme italien, les films du réalisme poétique français des années 30 avec Gabin et Arletty, le Bergman du début, et l’expressionnisme allemand des années 20. Dans ces films muets, les corps faisaient la narration, tout ça formait le chaudron visuel de notre expérience.

Toujours du noir et blanc?

Oui, je l’avais découvert avec Pratt, j’ai continué avec les comics américains. La famille du blanc et noir a toujours été celle dans laquelle j’ai voulu rentrer. Pratt racontait la lumière, Breccia plutôt l’obscurité.

Et vous ?

J’aimerais penser que j’habite à la frontière. Tout comme je suis né à la limite de Buenos Aires, là où commence la pampa.

Et la couleur ?

J’ai passé plus de trente ans avec la bande dessinée en blanc et noir. Seulement l’encre, les plumes et les pinceaux à ma table à dessin. Les couleurs ont commencé à apparaître avec le désir de dessiner mon endroit natal. Buenos Aires me demandait le bleu ou le jaune, tandis que New York, la ville d’Alack Sinner, ne me demandait rien.

Dans ce monde d’images, quelle place occupe la musique ?

J’ai grandi entre le tango de ma mère et la musique classique de mon père. Puis à 12 ou 13 ans, j’ai commencé à écouter du rock anglo-saxon. Et j’ai découvert ensuite le jazz du début du 20e, toute cette famille des voix cassées, de Bessie Smith à Billie Holiday. Finalement, en musique, j’ai trouvé un équilibre binaire, entre une noire du nord, Billie Holiday, et un blanc du sud, Carlos Gardel.

Revenons à votre exposition. Que pourra-t-on y voir ?

Il y a 50 dessins de moi. Et des hommages aux maîtres qui sont encore en train de vivre en moi.

Et puis on découvrira de vrais bijoux de l’école argentine. Une ligne qu’on connaît moins ici. Dans la difficulté extrême du présent, il y a de bons auteurs et cette exposition est une façon de les montrer. On a des Trondheim et des Sfar, mais ils ne sont pas toujours traduits. C’est toujours le cas pour ce qui se développe dans une veine satirique liée à la réalité du pays, c’est plus difficile à traduire.

Propos recueillis par Haude Giret

24 janvier 2008 - 1 commentaire
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Angoulême 2008 : Les coups de coeur du Directeur

Quelques pistes à suivre, indiquées par un connaisseur, Benoît Mouchart!

Ne demandez jamais à un père de choisir entre ses enfants. Ou à un directeur artistique de vous donner ses préférences au sein de la programmation qu’il a soignée aux petits oignons. Tout de même, Benoît Mouchart avoue quelques coups de coeur parmi les dizaines d’événements qui vont se succéder durant ces quatre jours.

1- As de coeur : Moreau et Rabaté


« Entre eux, c’est une vraie rencontre », se réjouit Benoît Mouchart. Pascal Rabaté a déjà endossé le rôle de dessinateur du tournage de « Louise Michel », film dans lequel jouait Yolande Moreau. L’auteur d’« Ibicus » cernera la confession de la comédienne dans le rôle d’une femme qui vient de tuer son amant. Le dessin de Pascal Rabaté sera « filmé par en dessous à travers une plaque de verre dépolie ».

2 - As de pique : l’Argentine de Muñoz

« Un musée aurait mis deux ans à bâtir l’exposition qu’on a montée en neuf mois pour le CNBDI », estime le directeur artistique du FIBD, qui se réjouit de ce coup de projecteur sur l’école argentine. « On dit que les Mexicains descendent des Mayas, les Péruviens des Incas, et les Argentins du bateau », ajoute-t-il en souriant. L’expo raconte ce cosmopolitisme facteur de bouillonnement culturel. « La bande dessinée adulte existait déjà en Argentine dans les années 30 à 60, avec une ambiance à la Hollywood. Mais ce n’est pas seulement une rétrospective. » À côté de Breccia, de Pratt, de Quino, père de la célèbre Mafalda, la nouvelle génération pointe son trait.

3 - As de carreau : Villes du futur

« Voilà l’exposition la plus scénographiée de cette édition, l’équivalent de ce qu’a été Kid Paddle l’an dernier. Un vrai plaisir grand public. » (lire en page 2-24).

4 - As de trèfle : honneur aux Grands Prix

En consacrant pour la première fois une exposition aux 38 grands prix de son histoire, le FIBD défend une véritable politique des auteurs pour le 9e art. « On essaye de montrer le dessin d’une autre manière, à travers une expérience qui retranscrit la magie des concerts de dessin », explique Benoît Mouchart. C’est Benoît Peeters qui a concocté le film, coeur de l’exposition, qui ausculte chacun des auteurs, sur une musique originale spécialement composée par Bruno Letort.

24 janvier 2008 - Aucun commentaire
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Itinéraire d’un festivalier gâté au coeur d’Angoulême 2008

PRATIQUE. Le Festival retrouve le centre-ville. Les places du Champ-de-mars, New-York, du Palet, Bouillaud, Saint-Martial.

angouleme_2008.jpgSuivez le chat… La mascotte imaginée par Lewis Trondheim se balade d’oriflammes en panneaux indicateurs. Donc, si vous voyez le Fauve, le Festival de la BD n’est pas loin. D’autant que cette année, les travaux et les surprises sont finis, le monde de la BD se concentre au centre-ville.

À vol d’oiseau. La rue piétonne redevient l’axe principal de circulation, entre les deux pôles éditeurs, au Champ-de-Mars et aux allées de New-York. Sur ce trajet, on peut faire un pas de côté pour trouver l’Espace Franquin, la place des halles, la place Saint-Martial, l’hôtel de ville et le théâtre.

Au-delà des halles se concentre, entre place du Palet et jardin des villes jumelées, l’espace jeunesse, face à la Maison des auteurs. Et de celle-ci, il suffit de descendre l’avenue de Cognac pour rallier les derniers sites, ateliers Magelis et musée du papier, autour du CNBDI. Le tableau d’ensemble tracé, entrons dans les détails, et donc sous les bulles.

Le Monde des bulles. C’est le nom de l’espace où l’on retrouve les principaux éditeurs, sous l’immense bulle du Champ-de-Mars. Le Monde des bulles abrite aussi une plus petite structure, de bande dessinée alternative, à proximité de la Cité administrative.

Le Nouveau Monde. Comme son nom l’indique, il est installé aux allées de New-York (avec une extension pour l’espace para-BD place des Halles), et abrite les éditeurs indépendants.

Le meilleur des albums. Tous les albums de la sélection officielle se dévoilent aux lecteurs place Saint-Martial.

Manga Building. L’espace Franquin devient le temple du manga.

À l’ombre de l’hôtel de ville. Les Schtroumpfs partagent l’espace avec le Pavillon chinois.

En Scène nationale. En face de la bulle du Nouveau Monde, le théâtre accueille l’exposition sur 35 ans de Grands Prix d’Angoulême, les impros BD, les concerts de dessins, le concert de Thomas Fersen illustré par Joann Sfar, et le spectacle de Yolande Moreau illustré par Pascal Rabaté.

Tout pour la jeunesse. L’espace Jeunes Talents est installé place du Palet, le pôle jeunesse au jardin des villes jumelées. On y trouve l’exposition Lou, les rencontres jeunesses, l’exposition de la sélection jeunesse? Entre les deux, la Maison des auteurs et ses « Noces de papier ».

Autour du CNBDI. La cathédrale de la BD abrite l’exposition sur José Muñoz et la BD argentine, et celles consacrées à Ben Katchor et Luciano Bottaro. On y suivra aussi les rencontres internationales et les rencontres dessinées. De l’autre côté de la rue, le musée du Papier rend hommage à Sergio Toppi, et les ateliers Magelis à la SF avec l’expo « Villes du Futur ».

Des bulles à gogo au CNBDI

ANGOULEME. Les amis du musée de la bande dessinée ont puisé dans leur collection personnelle quelques objets rares ou atypiques pour accoucher d’une exposition.

cnbdiete.jpgLes entichés de la bulle vont être gagas. Aujourd’hui s’ouvre au CNBDI « Fous de BD ! », une nouvelle exposition composée de collections personnelles, celles des amis du musée de la Bande dessinée. Sur deux étages, une foule d’objets, du plus commun à l’extravagant. Du pin’s d’une valeur de cinq euros à la planche originale estimée à 150 000 euros. Plaisir visuel assuré devant un troll de trois mètres de haut au rez-de-chaussée ou une collection de vinyles colorés au niveau supérieur. Des centaines de pièces, inconnues du grand public seront ainsi dévoilées.

Une première. Cette exposition, une première, a été rendue possible grâce au panache des collectionneurs. Tous ont un petit grain de folie. Tel Pascal Richez, le président des amis de la Bande dessinée. Le Chti, angoumoisin depuis 17 ans, est tombé dedans tout petit, « comme Obélix ». Il a appris à lire en parcourant les aventures de Bob Morane.

Dans le top 10 européen des plus grands fadas de la bd, il tient une place de choix, affichant 17 000 albums dans sa maison angoumoisine, 3 000 planches et des tonnes d’objets. Pour une fois, il a sorti ses ?uvres. « D’habitude, elles sont réservées au cercle familial. Là, nous avons vraiment envie de faire profiter les gens de nos trésors », confie-t-il, arborant une élégante chemise à l’effigie de Corto Maltese.

« Le petit nazi illustré ». Plusieurs membres de l’association ont ainsi prêté leurs richesses. Dans le lot, les visiteurs pourront découvrir quelques vestiges de l’Histoire, notamment des éditions du Coq Hardi, né après la deuxième guerre mondiale ou du Téméraire, surnommé « Le petit nazi illustré ».

Une surprenante collection de préservatifs, des plaques émaillées d’Hergé et une cinquantaine de planches, « le must pour les collectionneurs », seront également en place. Les Franco-Belges auront la part belle. Et pas des petites frappes? Hergé, Franquin, Tillieux, Jacobs, Bretécher, Tardi, Giraud, Pratt, Reiser ou Bilal seront notamment célébrés.

« Comme nous sommes en passe de déménager, c’était une bonne occasion d’organiser cette exposition avant le grand départ. Et puis, nous souhaitions absolument rendre hommage aux amis du musée », souligne Jean-Philippe Martin, des services culturels du CNBDI.

L’association, qui compte près de 200 adhérents à travers toute la planète, cultive une grande complicité avec l’institution angoumoisine. Des dons dans un sens, une subvention dans l’autre. Près de 300 planches et des milliers d’objets ont ainsi été légués au musée ces dernières années. « Lorsqu’on tombe sur une belle pièce, on essaie de l’obtenir pour la collectivité, explique Pascal Richez. Nous entretenons des rapports privilégiés avec les auteurs, les éditeurs ou les marchands ».

L’exposition « Fous de BD ! » ne comprendra que des pièces personnelles, introuvables au CNBDI d’Angoulême. Elle dure jusqu’au 4 novembre.

Article de Jean-Charles Galiacy

20 juin 2007 - Aucun commentaire
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Hommage à Hergé

EXPOSITION. Le Centre Pompidou propose une exposition retraçant le parcours du dessinateur belge, qui aurait fêté ses 100 ans cette année

Les fans de Tintin jubilent : l’exposition au Centre Pompidou, sobrement intitulée « Hergé », présente quelque 300 planches et dessins originaux du père du petit reporter à la houpette, à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance. Centrée sur la personnalité d’Hergé (1907-1983), elle restitue le parcours d’un artiste reconnu comme l’un des grands créateurs du XXe siècle : Georges Remi, né le 22 mai 1907 près de Bruxelles, qui signe dès 1924 ses dessins de ses initiales inversées, RG, bientôt devenues Hergé. De ses premiers dessins dans la presse belge à sa rencontre, au milieu des années 70, avec le peintre américain Andy Warhol et à sa passion pour la peinture contemporaine. Hergé, c’est d’abord Tintin, apparu en 1929 avec son inséparable Milou à l’occasion d’un reportage « au pays des soviets », et à qui Hergé doit sa gloire universelle. Soixante-dix-sept ans après la naissance de son personnage, la lecture des aventures de Tintin reste un passage obligé de l’enfance, une initiation à l’histoire contemporaine, de conflits au Proche-Orient (« Tintin au pays de l’or noir ») en révolutions sud-américaines (« L’Oreille cassée »). Hergé décrivait dans ses albums le monde réel, secoué par les crises diplomatiques et les guerres.

Souci du réalisme. La genèse de l’album de Tintin « On a marché sur la Lune », les lettres, les planches originales et les couvertures présentées permettent de mieux comprendre le travail minutieux réalisé par le dessinateur belge. « Ce qui est important pour que je puisse croire à mes histoires, c’est qu’elles aient l’air d’être vraies. Mon réalisme m’est absolument indispensable pour travailler », expliquait-il en 1977. Un souci de vérité illustré par les lettres échangées avec le scientifique russe Alexandre Ananoff, qui marqueront le début de leur collaboration pour deux albums, « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune ». Le savant l’a aidé à concevoir la fameuse fusée rouge et blanc dont l’immense reproduction a été déployée sur la façade du Centre Pompidou. Autre pièce maîtresse de l’exposition, la totalité des 124 planches originales du « Lotus bleu » entraîne les lecteurs, parfois très jeunes, de fumeries d’opium en sabotages de voies ferrées. Né de sa rencontre, en 1934, avec un étudiant chinois - le jeune Tchang de l’histoire -, l’album marque une étape importante dans l’oeuvre d’Hergé, qui prend conscience de l’universalité de son personnage et défend dès lors des valeurs humanistes.

En proie au doute. L’expo Hergé montre aussi un créateur en proie au doute, qui hésite, abandonne, reprend différents projets. Hergé aussi, qui, dans une lettre de 1954 en réponse à un lecteur - reproduite dans le catalogue de l’exposition -, se défend d’avoir cédé à l’antisémitisme en caricaturant un personnage.

Autres curiosités présentées à Beaubourg : des notes manuscrites et enregistrements sonores du dessinateur, un « portrait de famille » des personnages et une série d’autoportraits.

Exposition Hergé au Centre Pompidou, à Paris. Du 20 décembre 2006 au 19 février 2007, tous les jours sauf le mardi, de 11 à 21 heures. Entrée gratuite.

3 janvier 2007 - Aucun commentaire
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