« La voie et la vertu », Largo Winch 16, de Jean Van Hamme et Philippe Francq. Repérages Dupuis.
Suite et fin de la huitième aventure de Largo Winch, ouverte voici déjà un an et demi avec « Les trois yeux des gardiens du Tao ». Que faut-il en attendre ? De la grande aventure bien carrée, menée avec un savoir-faire consommé par Jean Van Hamme. « La voie et la vertu » semble malgré tout se différencier de ses prédécesseurs. Au terme d’une ouverture brillante qui permet à Winch de retrouver sa liberté de mouvement, l’aventurier milliardaire semble perdre en partie pied, subissant les événements plus qu’il ne les contrôle. « La voie et la vertu » se clôture comme un récit d’aventure classique. Certains trouveront qu’il y manque la « Winch touch », le petit tour de passe-passe machiavélique qui permettait au personnage de prendre malgré tout l’avantage sur ses adversaires. La contrepartie est de retrouver un largo Winch débarrassé de ses oripeaux de héros infaillible. Il perd tout autant – peut-être plus – qu’il n’a gagné et retrouve ses doutes. Largo Winch reste un titre de référence du récit d’aventure classique, dans la lignée de Greg et Charlier. La version cinéma du titre sort sur les écrans le 17 décembre.
Jeu concours organisé pour le lancement de l’album : www.winwithwinch.com
48 pages. 10,40 euros.
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Chronique de Philippe Belhache


Tout a été dit ou presque sur Jean Van Hamme, scénariste à succès, auteur de best sellers comme « Thorgal » ou « XIII » - série dont les deux derniers tomes sont attendus en fin d’année - sans même parler de sa reprise du classique « Blake et Mortimer ». L’homme a été parfois accusé de céder à la facilité, de tirer sur la corde du succès, ses détracteurs ont pu trouver matière dans l’un ou l’autre de ses feuilletons fleuves. « Largo Winch » échappe à cette critique. Adaptant ses propres romans écrits à la fin des années 70, Van Hamme s’est posé des limites salutaires. Chaque intrigue est ainsi développée sur deux tomes maximum. Et force est de constater que le format lui sied bien. Scénariste chevronné, narrateur madré passé maître dans la mise en place du suspense, Van Hamme prouve avec ce quinzième opus qu’il n’a nullement perdu la main.