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Hommage à Hergé

EXPOSITION. Le Centre Pompidou propose une exposition retraçant le parcours du dessinateur belge, qui aurait fêté ses 100 ans cette année

Les fans de Tintin jubilent : l’exposition au Centre Pompidou, sobrement intitulée « Hergé », présente quelque 300 planches et dessins originaux du père du petit reporter à la houpette, à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance. Centrée sur la personnalité d’Hergé (1907-1983), elle restitue le parcours d’un artiste reconnu comme l’un des grands créateurs du XXe siècle : Georges Remi, né le 22 mai 1907 près de Bruxelles, qui signe dès 1924 ses dessins de ses initiales inversées, RG, bientôt devenues Hergé. De ses premiers dessins dans la presse belge à sa rencontre, au milieu des années 70, avec le peintre américain Andy Warhol et à sa passion pour la peinture contemporaine. Hergé, c’est d’abord Tintin, apparu en 1929 avec son inséparable Milou à l’occasion d’un reportage « au pays des soviets », et à qui Hergé doit sa gloire universelle. Soixante-dix-sept ans après la naissance de son personnage, la lecture des aventures de Tintin reste un passage obligé de l’enfance, une initiation à l’histoire contemporaine, de conflits au Proche-Orient (« Tintin au pays de l’or noir ») en révolutions sud-américaines (« L’Oreille cassée »). Hergé décrivait dans ses albums le monde réel, secoué par les crises diplomatiques et les guerres.

Souci du réalisme. La genèse de l’album de Tintin « On a marché sur la Lune », les lettres, les planches originales et les couvertures présentées permettent de mieux comprendre le travail minutieux réalisé par le dessinateur belge. « Ce qui est important pour que je puisse croire à mes histoires, c’est qu’elles aient l’air d’être vraies. Mon réalisme m’est absolument indispensable pour travailler », expliquait-il en 1977. Un souci de vérité illustré par les lettres échangées avec le scientifique russe Alexandre Ananoff, qui marqueront le début de leur collaboration pour deux albums, « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune ». Le savant l’a aidé à concevoir la fameuse fusée rouge et blanc dont l’immense reproduction a été déployée sur la façade du Centre Pompidou. Autre pièce maîtresse de l’exposition, la totalité des 124 planches originales du « Lotus bleu » entraîne les lecteurs, parfois très jeunes, de fumeries d’opium en sabotages de voies ferrées. Né de sa rencontre, en 1934, avec un étudiant chinois - le jeune Tchang de l’histoire -, l’album marque une étape importante dans l’oeuvre d’Hergé, qui prend conscience de l’universalité de son personnage et défend dès lors des valeurs humanistes.

En proie au doute. L’expo Hergé montre aussi un créateur en proie au doute, qui hésite, abandonne, reprend différents projets. Hergé aussi, qui, dans une lettre de 1954 en réponse à un lecteur - reproduite dans le catalogue de l’exposition -, se défend d’avoir cédé à l’antisémitisme en caricaturant un personnage.

Autres curiosités présentées à Beaubourg : des notes manuscrites et enregistrements sonores du dessinateur, un « portrait de famille » des personnages et une série d’autoportraits.

Exposition Hergé au Centre Pompidou, à Paris. Du 20 décembre 2006 au 19 février 2007, tous les jours sauf le mardi, de 11 à 21 heures. Entrée gratuite.

3 janvier 2007 - Aucun commentaire
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Angoulême : de nouvelles bulles montées à Bourgines

BANDE DESSINEE. Le festival 2007 va s’agrandir au pied du plateau.
Le président Francis Groux en est persuadé : avec 12 000 m2 de nouvelles bulles à Bourgines, où seront regroupés tous les éditeurs, la 34e édition du Festival de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) aura fière allure.

Témoignage : « On ronronnait un peu. Nous ne suivions pas l’incroyable développement de la BD. A la dernière assemblée générale, j’avais parlé de festival du futur. Ce n’était pas des paroles en l’air. Aujourd’hui, vous en avez la preuve… » La preuve, c’est ce communiqué officiel, diffusé lundi après-midi, selon lequel « le FIBD dessine l’avenir et fait le choix d’une nouvelle implantation ».

Gigantesque librairie. L’idée est la suivante : séparer le côté « salon » du côté « festival », en créant « la plus grande librairie de bande dessinée au monde », au pied du plateau, à Bourgines.

Le délégué général Franck Bondoux explique : « Il est très difficile de trouver de nouveaux espaces en centre ville. En outre, nous devons proposer la même égalité de traitement à tous les éditeurs, qu’ils soient grands, moyens ou petits. Nous avons mené une longue concertation avec les intéressés. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord. L’offre éditoriale et commerciale sera concentrée à Bourgines, sous de grandes structures modulables où l’on trouvera des albums "traditionnels", des mangas, des fanzines, des objets de collection, etc. » A titre de comparaison, on notera que les principaux éditeurs n’occupaient autrefois qu’environ 6 000 m2 sous les bulles de l’« ancienne » place du Champ-de-Mars.

Pour autant, le centre-ville n’est pas déserté. Loin de là. « Avec ses expositions et ses animations-phares, la BD restera au centre-ville, où elle s’épanouira au coeur des rues, dans l’esprit qui a fondé l’âme de la manifestation et sa dimension festive », assure le communiqué du FIBD.

« La programmation culturelle sera renforcée sur un axe s’étirant de la place New-York au nouveau Champ-de-Mars », dit Franck Bondoux.

Hergé au Champ-de-Mars. C’est ainsi que des bulles de 2 500 à 3 000 m2 seront montées au Champ-de-Mars, où doit palpiter le coeur de la manifestation. « Pour la toute première fois, une grande expo y sera montrée, sur les 100 ans de Hergé », précise Francis Groux. Le président parle également de concerts, de conférences avec les dessinateurs et de projections de films d’animation.

Dans la rue piétonne, deux chapiteaux se dresseront place Saint-Martial et place Marengo. On y verra notamment une expo intitulée « les 7 merveilles de la BD » et les oeuvres du plasticienBernard Pras, qui s’inspire du 9e art et du pop art. La place de l’hôtel de ville sera réservée à la logistique et la place New York entièrement dévolue à la jeunesse et aux scolaires.

Evidemment, il est prévu que des navettes aillent d’un site à l’autre. « Bien sûr, tout cela a un coût supplémentaire. Nous allons nous tourner vers nos partenaires publics et privés », ajoute Francis Groux, qui refuse d’avancer le moindre chiffre.

Une certitude : les organisateurs affirment que « l’édition 2007 du FIBD sera la première d’une nouvelle ère ». Confirmation attendue les 25, 26, 27 et 28 janvier 2007.

Article d’Olivier Sarazin

6 septembre 2006 - Aucun commentaire
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