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« Bouncer », tome 6 « La Veuve noire », de Boucq et Jodorowsky. Les Humanoïdes associés.

bouncer_6.jpgLe tandem Boucq/Jodorowsky tient décidément la route et leur western très particulier s’affirme déjà comme un classique. Côté dessin, François Boucq confirme une maîtrise remarquable, qui n’est pas sans rappeler le Far-Ouest de Giraud et Charlier. La première planche de l’album, où chevauche cet Indien couronné d’un foulard rouge, n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’univers de Blueberry (voir par exemple la couverture de « Nez Cassé »), tout comme les sublimes paysages du Colorado, assommés de soleil. Décernons au passage une mention particulière aux couleurs, auxquelles Sébastien Gérard a collaboré.

On combine, avec « Bouncer », les codes magistraux du western, avec le grain de folie supplémentaire semé par Jodorowsky, scénariste impérial. Un coup de chapeau (stetson) adressé au passage au cinéma américains des années cinquante, et à ce souffle épique propagé par des auteurs comme John Ford : nous sommes ici devant une mise en scène époustouflante de virtuosité.

On retrouve le fameux manchot, propriétaire du saloon l’Infernio, mais également protecteur d’une tribu apache. Le métis, à la détente légendaire, va avoir affaire à de pseudos tuniques bleues, en fait des brutes sanguinaires, mais une autre menace plane, bien plus redoutable. Miss Harten, riche veuve dont le manoir est encastré aux confins d’un canyon, convoite les terres de toute la région. Sous ses ordres, Axe-Head, répand la terreur, avec son look de punk dont la crête est le fer d’une hache fichée à jamais au sommet de son crâne. Un redoutable et surréaliste tueur, dont la progéniture diabolique perpétue les méfaits. Ajoutons y une institutrice dont les jambes affolent la population mâle, et vous aurez un cocktail détonnant, de la pure dynamite dont on ne verra l’explosion finale que dans un prochain tome (« Cœur double » , à paraître).

Avec ce sixième volume, on a réellement envie de rejouer aux cow-boys et aux Indiens. Infos supplémentaires et interview de Boucq sur le mini-site http://www.humano.com/bouncer/.

56 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

« Mégalex », tome 3, « Le Cœur de Kavatah », d’Alexandro Jodorowsky (scénario) et Fred Beltran. Les Humanoïdes Associés.

Resituons le cadre: Mégalex est une giga

megalex-3.jpgntesque cité planétaire industrielle, vierge de toute vie animale, dans laquelle l’addiction à la drogue est obligatoire et où seule la procréation artificielle est autorisée. Selon son rang, on vit de 400 jours à 4 000 ans, voire plus. Seuls échappent à son emprise la Forêt de Chem et l’Océan Mort, et quelques rebelles remontant à la surface via des racines surgissant des profondeurs. Des rebelles qui ont pris sous leur coupe « l’Anomalie », un clone géant qui a pu échappé à son éradication, plutôt gaffeur mais bien utile.

Cette fois nous passons aux choses sérieuses, la guerre totale: rebelles vs Calam, le palais des méchants souverains de Mégalex. Mais les récalcitrants ne sont-ils pas eux-mêmes manipulés par l’architecte de l’immense monde souterrain où ils se terrent? Et quels sont les dessous de cette étrange affinité qui relie leur chef à son ennemi pourtant juré la princesse Kavatah?

Cette fin de cycle apportera quelques réponses sur l’origine de Mégalex et si les superlatifs abondent (supra, méga à toutes les sauces) il faut reconnaître que les deux auteurs ont su créer un univers original. On sent notamment que Beltran se fait de plus en plus plaisir sur son ordinateur pour illustrer cette fable de l’industrie contre la nature.

De la bonne SF que l’on peut approfondir sur le mini site www.humano.com/megalex/

56 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

13 mars 2008 - 1 commentaire
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Sur Arte samedi 27 octobre : Moebius Redux, une vie en images

« Le dessinateur est un enfant », confie avec malice son compagnon de route Jodorowsky, scénariste des BD les plus déjantées qui soient. À 67 ans, celui qui par deux fois a révolutionné le monde des bulles, d’abord sous la signature de Jean Giraud (avec Blueberry) puis sous celle de Moebius (avec Arzach ou L’Incal), semble toujours être possédé par le feu sacré.

Filmé dans son atelier ou sur les stands du festival d’Angoulême, dessinant directement à l’écran ou donnant à voir ses planches en cours, Jean Giraud retrace ici les étapes principales de son parcours, avec la passion sereine d’un démiurge aux doigts de fée et aux multiples visages.

Ce parcours, tout en ruptures créatrices et en fidélité à ses héros, donne à ses fans l’occasion de revisiter un demi-siècle d’histoire de la bande dessinée, et à ceux qui le découvrent aujourd’hui quelques clés de son univers en constante expansion.

Entrecoupé d’extraits de films (Alien, Tron) dont les décors ou les costumes portent la griffe Moebius, éclairé par les témoignages amicaux de Philippe Druillet, Alejandro Jodorowsky, Stan Lee ou Enki Bilal, ce portrait révèle à la fois le génie multiforme de l’artiste et la riche complexité de l’homme.

Sur Arte le samedi 27 octobre à 23h20, un documentaire de Hasko Baumann (Allemagne, 2007, 1h08).

26 octobre 2007 - 1 commentaire
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« Le pouvoir et l’inceste », Borgia 2, par Alessandro Jodorowsky et Milo Manara.

On se demande comment les deux lurons ont pu attendre si longtemps pour s’attaquer au mythe de la famille Borgia dont le destin avait tout pour les séduire : soif de pouvoir et d’argent, violence et bien sûr sexe à tout va. Ce dernier principe semble avoir pris le rôle principal dans le tome 2 au détriment de l’intrigue historique qui démarrait pourtant tambour battant dans le 1 (« Du Sang pour le pape »). Certes on ne mégotera pas sur les sublimes héroïnes de Manara, toujours très bien dévêtues mais certaines pages retombent dans les ornières du « Déclic » en oubliant de nous raconter une histoire ou en tombant dans le gore (une femme enceinte et son amant transpercés par une lance en plein orgasme ou encore une scène d’écartèlement).

Malgré ces réserves l’album montre que Manara sait aussi être virtuose lorsqu’il s’attaque au dessin d’architecture, sans parler des couleurs somptueuses. Du grand art rehaussé par le talent de Jodo qui sait plus que tout autre mettre en scène la perversité. De quoi faire oublier une interprétation très libre de la saga des Borgia, dont ceci dit la réalité dépassait peut-être bien des fictions

On est prié d’attacher sa ceinture pour le prochain tome 3 qui s’intitulera « Les Flammes du bûcher ».

« Le pouvoir et l’inceste », Borgia 2, par Alessandro Jodorowsky et Milo Manara. Albin Michel.

26 février 2006 - Aucun commentaire
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