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« Cul nu dans la prairie », Lincoln 5, par Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray. Paquet

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Ceux qui craignaient voir les frères Jouvray se laisser distraire de leur personnage fétiche par leurs projets en cours peuvent souffler un peu. Le cinquième opus des (més)aventures de ce cow-boy rendu immortel par Dieu afin d’en faire un héros sur Terre est aujourd’hui dans les bacs, pour le plus grand bonheur de ses fervents adeptes. D’autant que « Cul nu dans la prairie » reste dans le ton irrévérencieux et cynique qui a fait le succès du titre. Toujours flanqué de Dieu et du Diable, Lincoln, anti-héros nonchalant, imperméable à toute forme de prosélytisme ou même d’autorité, débarque malgré lui au Mexique, en pleine révolution. Il y fait la connaissance de la Saldena, belle et intelligente cheftaine de bande, dont il prendra peu ou prou le parti. Aucune mièvrerie dans le ton – ce n’est pas le genre de la maison – mais une comédie enlevée menée rondement pas deux auteurs qui continuent à traquer sans relâche la connerie humaine, avec une prédilection pour tout ce qui porte flingue et/ou uniforme. Que du bonheur. Et quel plaisir de voir Dieu et le Diable se chamailler comme deux vieux gamins, avec pour seule morale cette répartie de Lincoln : « Quand je pense que ça doit faire plusieurs milliers d’années que vous avez cette discussion, j’en ai des frissons dans le dos… »

 

Chronique de Philippe Belhache

28 juin 2007 - Aucun commentaire
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« Châtiment corporel », Lincoln 4, par Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray.

Après « Playground », il était difficile d’imaginer ce que les frères Jouvray pourraient faire de leur personnage - ne parlons pas de héros - ce cow-boy particulièrement mal embouché que Dieu décide un jour de rendre immortel pour en faire un redresseur de torts. Lincoln semblait avoir échappé à l’influence tant du « Vieux » que de son alter ego à cornes. Il est ainsi devenu flic à New York, officier de police aussi cynique que pourri, d’autant plus sûr de son impunité qu’il ne craint rien physiquement. Dieu décide cependant de reprendre son poulain en main. Avec plus ou moins de bonheur…

Le résultat ? Du Lincoln pur jus. De fait, les ressorts comiques sont toujours les mêmes. « Tête de bois » Lincoln reste toujours aussi hermétique à la rhétorique, qu’elle soit divine ou satanique, et s’emploie avec un certain succès à ne pas faire ce qu’on attend de lui. Et lorsqu’il le fait, c’est contraint et/ou vexé, et surtout pas de la manière attendue. Les Jouvray s’en amusent, le plaçant cette fois face à un homme qui prétend lui agir au nom de Dieu… La parabole est lisible sans être appuyée, emballée de cet humour un poil désinvolte devenu la marque de fabrique des deux frères. Bref, la sauce prend une nouvelle fois, intronisant cette série savoureuse marquée au sceau de la dérision comme une référence du genre.

« Châtiment corporel », Lincoln 4, par Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray. Paquet.

5 mars 2006 - Aucun commentaire
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