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Un amour de cancre

ANGOULÊME. Zidrou et Godi  ont fait halte en Charente, le temps d’une dédicace. Entretien avec les papas de la série « Ducobu », aux éditions du Lombard 
     
zg2.JPGPas la peine de chercher le bonnet d’âne sur la tête de Zidrou. L’auteur du célèbre cancre « Ducobu » était, à sa grande honte, un excellent élève. Loin de son turbulent personnage, toujours prêt à trouver un amusement à la corvée scolaire. Ducobu, blondinet au pull jaune rayé de noir (à la mode carcérale), n’a pas son pareil pour faire le pitre à l’école. Véritable cancre, il entre en opposition avec Léonie Gratin, petite fille rousse à l’intelligence surdimensionnée. Là où l’une idolâtre l’environnement scolaire, l’autre le fuit de toutes ses forces.

Empathie. Un scénario de départ qui n’était pas gagné d’avance. « À la base, l’histoire venait d’une commande pour un magazine scolaire en Belgique, raconte Zidrou. On ne pensait pas faire un carton. Et puis, quand on a voulu arrêter, de nombreux lecteurs ont écrit pour que cela continue? et ainsi de suite. »
Voilà le parcours du petit « Encorvou Ducobu » qui fait tourner en bourrique la première de la classe et ses professeurs. Les cancres ont donc la cote ? « Tout le monde aime les cancres, les laissés-pour-compte, mais avec Ducobu, il y a comme une magie du cancre. L’empathie avec les lecteurs est magique, on ne s’attendait pas à ça », s’émerveille l’auteur. Preuve de son succès : dans un magazine chinois pour les petits, cet anti-école français atteint la deuxième place dans le coeur des enfants. « C’est très amusant et valorisant de voir un tel succès, poursuit Zidrou. Ces deux personnages, Léonie et Ducobu, ce sont nos enfants à Godi, le dessinateur, et moi. On a vraiment l’impression qu’ils existent et qu’on pourra les rencontrer un jour. »
Les papas de cette excellente série consacrent un temps particulier avec leurs lecteurs. « C’est essentiel de prendre le temps de leur parler, explique Zidrou. Même si ces séances sont épuisantes, on essaye d’avoir un petit moment particulier. Souvent on y puise une inspiration. » Les deux comparses poursuivent donc l’aventure du cancre avec passion et l’humour en toile de fond. Jamais à court d’idées, ils envisagent même différents projets autour de Ducobu. Sur les trois années à venir, quatre tomes devraient voir le jour (le tome 15 est en finition alors que le 13 est sorti), des produits dérivés mais aussi, pourquoi pas, un dessin animé.

ducobu13.jpgBest of. « On pense à toutes sortes de choses, mais tout en restant cohérent. On surfe sur l’image de Ducobu qui est loin d’être un antihéros. Au contraire, il ose dire et faire ce que de nombreux enfants n’osent pas. »
Le cancre courageux va donc continuer à user les bancs de l’école contre sa volonté. « C’est ce qu’on appelle une série fermée, décrit Zidrou. Nos personnages principaux ne changent pas et il faut créer de nouvelles dynamiques autour d’eux. » Pour les mordus, un best of sortira fin novembre avec les meilleures ou les pires suivant le point de vue « planteries » de Ducobu. 
   
Article d’Emmanuelle Chiron
  

30 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« Miss Endicott », tome 1, par Xavier Fourquemin et Jean-Christophe Derrien. Le Lombard, collection Signé.

miss-endicott.jpgNouvelle vie, nouvelle maquette, nouveau titre pour la collection « Signé », label de prestige des éditions du Lombard. L’éditeur belge met cette fois le pied à l’étrier à deux auteurs émergeants, Fourquemin et Derrien. Qui est Miss Endicott ? Une héroïne à mi-chemin entre Mary Poppins et Amélie Poulain, si l’on en croit le dossier de presse. De fait, la filiation avec la nurse la plus célèbre du cinéma américain est patente. Mais plus que dans le film de Jean-Pierre Jeunet, c’est dans l’imaginaire d’un Neil Gaiman que semble se nicher l’inspiration de Jean-Christophe Derrien. De nouveau, un ville qui pourrait être Londres dévoile ses dessous pour laisser s’échapper nombre de créatures mythiques qui ne veulent a priori aucun bien à l’Humanité. Une approche très « tendance », surtout chez l’éditeur belge qui a ouvert sa collection Portail sur un produit ouvertement référencé, « Wisher». 
  
La comparaison s’arrête là. Sur une pagination généreuse de quatre-vingt quatre pages, le scénariste Jean-Christophe Derrien prend le temps de développer un univers à la fois étrange et familier, peaufinant au fil des planches la psychologie de son héroïne, jeune femme volontaire et combattante que ses imperfections, son optimisme naturel, ses efforts pour sortir de l’ombre de sa mère, rendent attachantes. Les aventures de la jeune « conciliatrice » emportent l’adhésion sans problème aucun, narration rythmée et inspirée soutenue par le graphisme sans fausse note d’un Xavier Fourquemin converti avec bonheur au semi-réalisme. Une belle entrée en matière, pour le label comme pour les auteurs. Le second tome - bonne nouvelle - doit paraître dans les prochaines semaines. La jeune Miss devrait sans trop de peine trouver sa place dans cette fameuse collection « Signé », laquelle compte déjà quelques purs chef-d’œuvres.


peterpan.jpg84 pages, 15 euros.
 

A noter : Simultanément à Miss Endicott, paraît l’intégrale du splendide « A la poursuite de Peter Pan », œuvre magistrale devenue un classique, signée Cosey. Le titre est initialement paru en deux volumes, en 1984 et 1985, dans la collection « Histoires et légendes » du même éditeur. Il connaît là sa cinquième édition. 140 pages, 20 euros.



Chronique de Philippe Belhache

16 septembre 2007 - Aucun commentaire
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« La guerre du Pacifique n’aura pas lieu », T2 , n°43, Bob Morane par Henri Vernes et Coria (Le Lombard)

moranet2.jpg

Quel âge à Bob Morane ? A l’instar de James Bond, son illustre comparse au cinéma,  il n’en a pas. Henri Vernes, son créateur, a 89 ans, mais l’esprit toujours vif pour animer cette série éternelle qui traverse le temps, comme les bons vins, sans vraiment vieillir. Enfin c’est vite dit, car lorsque l’on tourne les pages d’un Bob Morane DL avril 2007, on a comme le sentiment d’être replongé 30 ans en arrière dans la lecture de l’hebdomadaire « Tintin »: même style d’histoire et de personnages, méchants très méchants, graphisme vintage, tendance William Vance période Bruno Brazil, Bruce J. Hawker ou… Bob Morane. Rien d’étonnant à cela puisque ce qui fait le succès de Bob Morane, c’est justement de ne pas changer.

La série sans doute la plus collectionnée de la BD franco-belge (Tintin est hors concours) a ses fans fidèles. Des irréductibles qui se retrouvent avec le trait de l’Espagnol Coria dans les heures glorieuses de la saga lorsque Vance était aux manettes (de 1968 à 1979). Ici, on reste en fait en famille : Coria (60 ans) est le beau-frère de Vance, il a débuté avec lui fin des années 1960 en dessinant les décors de Ringo, Brazil et Bob Morane. Il est aux commandes de la série depuis 1979 et sort un album par an. Difficile de suivre le rythme, même si la conclusion de ce diptyque, qui plonge Bob Morane et ses acolytes (Sophia, Bill Balantine) dans la Chine de l’entre-deux guerres aux prises avec le Japon, tient la route. Les purs et durs se jetteront donc sur le T2 de « La guerre du Pacifique n’aura pas lieu », sans être déçus, les autres, on va dire les plus jeunes, gavés de manga et de fantastiques héros, passeront leur tour. Et soudain surgit face au vent, le vrai héros de tous les temps, Bob Morane, contre tout chacal, l’aventurier contre tout guerrier (bis).

Chronique de Christophe Berliocchi

30 août 2007 - Aucun commentaire
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Comme un air de rentrée…

C’est de circonstance. La rentrée scolaire approchant, les professeurs, pions, bons élèves, cancres et autres piliers de préaux viennent hanter les bacs des libraires, spécialisés ou non. Un véritable rendez-vous. Car loin d’être des épiphénomènes, ces titres dédiés aux dates de parution calibrées sont désormais bien ancrés dans le paysage, le plus souvent garants d’excellentes ventes pour leurs éditeurs.
 

ducobu13.jpgHonneur aux vétérans. « L’élève Ducobu » (Le Lombard) souffle ses dix bougies avec un treizième album, « Pas vu, pas pris ». Les tribulations de ce cancre professionnel, pour qui l’incurie scolaire est élevée au rang de devoir sacré, voire même d’art premier - tous les moyens sont bons pour éviter de faire un devoir ou pour copier sur son amie Léonie - sont prépubliées sur nombre de supports, dont cette année les pages vacances du quotidien Sud Ouest. Pas de révolution, mais des gags souvent frais et souriants, dans la grande tradition du genre, pour ce jeune garçon qui rend fous professeurs et responsables de la discipline en compagnie de son meilleur ami… le squelette de la classe. En bonus, l’origine (au berceau) commune des vocations respectives de Ducobu et Léonie.


« Pas vu, pas pris », L’élève Ducobu 13, de Godi et Zidrou. Le Lombard. 48 pages. 8,70 euros.
 

profs10.jpgDe l’autre côté de la barrière, ci-devant « Les profs » (Bamboo), dont le dixième album sort également en librairie. Là encore, pas de révolution mais une série au profil bien rôdé. « Motivation : 10/10 » devrait prendre la suite de ses aînés dans le top des ventes de Bamboo, même si certains gags tendent à prouver non seulement que la série tend à ronronner, mais que les auteurs s’en sont aperçus. Pica et Erroc ne sont pas des débutants et travaillent à redynamiser leur titre en intégrant des planches aux attaques plus « pêchues ». Reste un tome toujours aussi documenté sur les us et coutumes de l’Education nationale, cette fois essentiellement tourné vers lesdits professeurs au détriment des élèves, notamment de leur cancre vedette, Boulard. Un presque classique.


« Motivation : 10/10 », Les Profs 10, de Pica et Erroc. Bamboo. 48 pages. 9,45 euros.
  

riss.jpgBref, si l’on veut de la nouveauté, autant se tourner vers Riss et son « J’aime pas l’école » (Hoëbeke BD). Mais disons-le tout net, cet album grinçant ne cible pas le même public. Le dessinateur des best-sellers « La face kerchée de Sarkozy » et « Sarko 1er » (Vents d’Ouest) ne fait pas dans la dentelle, assaisonnant l’institution au cocktail pitbull-roquette-vitriol, âmes sensibles s’abstenir. L’homme s’en tient à la ligne « Charlie hebdo », dont il est l’un des piliers. L’album ravira de fait les fidèles du mensuel satirique. Reste que cette série petit format créée par Hoëbeke, on pourra préférer le tout aussi corrosif  mais moins gratuit « J’aime pas la chanson française », signé Luz.
 
« J’aime pas l’école », par Riss. Hoëbeke BD. 64 pages. 10,50 euros.


Chronique de Philippe Belhache


27 août 2007 - Aucun commentaire
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« Le premier assassin », T1 Cassio par Stephen Desberg et Henri Reculé (Le Lombard)

cassio1.jpgLa nouvelle série de Stephen Desberg s’appelle Cassio, un thriller historique qu’il anime avec le dessinateur Henri Reculé. Question : comment fait-il ? Comment le scénariste américano-belge parvient-il à enchaîner les histoires, et les genres, avec un certain succès ? Réponse, Stephen Desberg est fort. Très fort. Son œuvre est à la fois complexe et prolixe. Desberg est un surdoué, un bourreau de travail, un touche-à-tout qui multiplie les collaborations (citons Le Scorpion, Black Op, IR$, Mayam, Rafales, Tosca) avec la fine fleur des dessinateurs franco-belges du moment. Ses scénarios sont fouillés, archi-documentés, et avec Cassio, Desberg touche à nouveau juste en nous plongeant dans les affres de l’Empire romain. Après « Le dernier livre de la jungle », quatre tomes chez le même éditeur, les deux hommes récidivent et placent l’action de leur nouvelle saga dans l’époque romaine, une période dont Desberg est un grand spécialiste. « Pour Cassio, j’ai volontairement choisi une période d’apogée de l’Empire, dit-il dans le luxueux dossier de presse. Antonin le Pieux est le dernier empereur à n’avoir pas dû consacrer une partie de son règne à guerroyer contre les Barbares. » Ici, Desberg s’intéresse davantage à l’aspect économique de l’Empire qu’aux grandes périodes de fracture sous Caligula ou Néron maintes fois exploitées. D’entrée, Lucius Aurelius Cassio, jeune romain, riche, doté d’un étrange pouvoir de guérison, jalousé, est assassiné sauvagement par quatre tueurs masqués un soir de 145 après JC. Ses meurtriers ne seront jamais arrêtés. Page 8, changement de couleurs et d’époque avec la découverte de l’archéologue Ornella Grazzi qui exécute des fouilles « aujourd’hui » du côté d’Ephèse en Turquie. Son obsession : Cassio, dont elle retrouvé trace dans des textes postérieurs à sa mort. Dans ce premier tome, ses fouilles lui permettent de voir apparaître le visage du premier des assassins, du temps de la jeunesse dorée de Cassio dans les tavernes d’Ephèse. L’intrigue est très subtile, Desberg se régale en mélangeant monde antique et époque actuelle pour relancer avec maîtrise les rebondissements de ce thriller palpitant. Son héros est typique de ses personnages « qui n’ont pas envie de se faire imposer une vision du monde ; ils veulent trouver leur propre chemin ». Au fil des tomes, le duo Desberg - Reculé, au trait dynamique et précis, lèvera progressivement le voile de mystère qui entoure la vie, la mort et la vengeance de Cassio !

48 pages, 9,80 euros, sortie juin 2007

Chronique de Christophe Berliocchi

16 août 2007 - Aucun commentaire
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Cubitus et Robin Dubois, reprises certifiées conformes

Les héros ne meurent jamais, surtout quand ils ont eu du succès. Les figures emblématiques du neuvième art survivent souvent à l’abandon du titre par leur créateur d’origine, ou même au décès dudit auteur, les deux grandes exceptions restant pour l’heure « Gaston » (Franquin) et « Tintin » (Hergé). Les « Blake et Mortimer », « Lucky Luke », « Boule et Bill » et autres « Achille Talon » refleurissent dans les bacs avec des bonheurs variés. La question se pose moins aujourd’hui du bien fondé de ces opérations - qui tiennent plus souvent de la volonté commerciale que de la démarche artistique - que de la qualité du résultat obtenu. « Au bout du rouleau » (Robin Dubois 20) et « En haut de la vague » (Les nouvelles aventures de Cubitus 3), tous deux édités au Lombard, appartiennent à la catégorie des reprises respectueuses. 

cubitus3.jpgEn reprenant les rênes de « Cubitus » en 2005, cinq ans après la disparition brutale de son créateur Dupa, le scénariste Pierre Aucaigne a fait vœu d’assumer l’héritage tout en modernisant doucement le mythe. Force est de constater qu’il tient parole. L’homme a certes flanqué Cubitus d’un neveu-clone – dans la grande tradition de la famille Disney et/ou Scooby Doo (au choix) – et injecté un brin de technologie dans l’univers volontiers rétro du toutou bedonnant et de son marin à moustaches de maî-maître. Mais il sait gérer la nouveauté en restant dans la ligne, privilégiant tendresse et absurde bon teint. Certains gags n’auraient pu être reniés par Dupa lui-même. La production est de fait inégale mais souvent souriante, servie par Michel Rodrigue et son graphisme décidément protéiforme (ancien des Pieds Nickelés, il a également repris les aventures de Clifton). Ceux qui voudraient se faire une idée à moindre frais peuvent retrouver les planches de cet album dans les pages été du quotidien Sud Ouest, en alternance avec « Boule et Bill » et « Le retour à la terre » (Dargaud).

« En haut de la vague », Les nouvelles aventures de Cubitus 3, de Michel Rodrigue et Pierre Aucaigne, d’après Dupa. Le Lombard. 48 pages. 8,70 euros.  

robin20.jpgLe retour de « Robin Dubois », neuf ans après le dernier album, est d’une autre veine. Parce que Bob de Groot reste aux commandes, d’une part ; parce que le dessinateur Philippe « Turk » Liégeois en a surveillé l’élaboration de très près, d’autre part. Les deux complices, amis de quarante ans, avaient mis leur création en veilleuse après la parution de « Fritz la jungle », en 1998. Les scénarios étaient prêts depuis des années. Turk et Bob de Groot ayant privilégié leur série phare, le best seller « Léonard », le nouvel album se faisait attendre. L’impulsion est venue de Miguel Diaz Vizoso et Ludo Borecki, graphistes du studio Peyo. Les deux compères ont convaincu Bob de Groot de leur confier ses textes. Le résultat ? Copie conforme. Les nouveaux-venus sur la série se sont littéralement effacés derrière le style Turk dont ils ont parfaitement restitué les codes, sous l’œil attentif du maître. Et Bob de Groot reste fidèle à lui même, s’inscrivant plus dans l’exploitation d’un concept, aujourd’hui presque entièrement centré sur les relations du Shérif de Nottingham et de son opulente moitié, que dans le renouvellement du mythe. Du coup, ce nouvel opus est tout simplement… exempt de toute surprise. Sa lecture, pour les amateurs, reste malgré tout des plus confortables. Et pour tout dire agréable. A chacun sa madeleine de Proust.

« Au bout du rouleau », Robin Dubois 20, de Turk, Bob de Groot, Diaz et Borecki. Le Lombard. 48 pages. 8,70 euros.

Chronique de Philippe Belhache

28 juillet 2007 - Aucun commentaire
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« Love Song », tome 2 « Sam » , de Christopher. Collection Polyptyque (Le Lombard).

lovesong2.jpgSale chanson d’amour… Le flic Sam est détruit par le décès de sa femme lors d’une opération et l’album traduit l’histoire d’un deuil impossible, sinon difficile. Ce tome 2 débute sans surprise par l’enterrement de cette femme dont le fantôme ou les hallucinations de Sam prennent une grande place dans sa conscience.

Les références musicales sont légion (Sam est batteur dans un groupe) avec une prédilection pour les Stones dont les chansons marquent les chapitres: « Paint In Black », « Street Fighting Man », etc.

Mais Sam vit sa descente aux enfers. Lui qui était un chaud lapin se dissout dans l’alcool au point d’être brièvement interné. Son ex, Eléonore, lui serine à l’oreille « nous étions deux âmes seules… qui n’ont jamais réussi à former un couple ».

Le flic se fait tatouer un dragon, une étape souvent primordiale en situation de rupture, mais cela ne suffit pas à tirer un trait sur le passé. « Ca fait combien de temps de t’as plus souri? » lui demande t-on. Il faut se reconstruire mais « I’ve Got The Blues » domine chez Sam qui ne vivait que pour deux choses: l’amour et le rock.

Il reste une chance à Sam pour se refaire, un troisième tome à venir mais axé sur un autre personnage, « Boulette ». En attendant, la vie est dure.

48 pages, 13 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 juillet 2007 - Aucun commentaire
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« Le sang noir », intégrale par Stephen Desberg et Bernard Vrancken (Le Lombard).

sangnoir1.jpgAvant le carton « IR$ », Bernard Vrancken et Stephen Desberg ont signé « Le Sang noir », une série en quatre tomes sortis au Lombard (entre 1996 et 1998) où se mêlent romance, complots et piraterie. Pour être honnête, nous ignorions tout de cette saga romantique qui raconte l’histoire de Tristan, le métis, et Marc-Antoine, l’héritier de la plantation Pérolles, qui ont grandi comme deux frères dans les Antilles du 18e siècle. Et pour continuer dans l’honnêteté jusqu’au bout, nous avons avalé les 180 pages de l’intégrale en une soirée, pris dans la tourmente de l’histoire, digne des plus grands films de flibustiers des années 50 : sur le coup, maître Desberg a touché juste, en mêlant à l’action des scènes plus intimistes et une réflexion sur le racisme, pour ce qui est l’une de ses premières séries réalistes. Le thématique du métissage touchait, en plus, le scénariste de très près puisque sa femme est africaine. La trame de son scénario sur l’histoire de ces deux amis d’enfance qui vont se déchirer jusqu’à la mort est classique, c’est un peu Ben-Hur revisité à la sauce antillaise. Mais avec brio ! En fin d’intégrale, Desberg raconte, à l’époque, sa volonté de sortir de son image de « scénariste jeunesse de commande » héritée de son travail chez Dupuis. « C’était une époque où pas mal de choses se mettaient en place, mais Le Sang noir a été le premier à émerger », dit-il. Le Belge Bernard Vrancken, qu’il a rencontré un peu par hasard grâce à un libraire bruxellois, Yves Schlirf, directeur éditorial de Dargaud Benelux, assure dans ce récit de piraterie un dessin réaliste superbe, qui évolue positivement au fil des albums. « Le Sang noir est une forme d’enfance, dit-il, avec un trait clair et des couleurs pétantes. (…) Si je devais le refaire, il ne serait évidemment pas pareil. Je n’étais pas aussi audacieux à l’époque. Je faisais mes gammes. » « Le Sang noir » est une histoire romantique à lire avec grand plaisir où, les fans d’IR$ découvriront les premiers pas d’un duo star du Lombard.

180 pages, 38 euros

Chronique de Christophe Berliocchi

3 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Lester Cockney, intégrale volume 1, par Franz, au Lombard.

« Lester Cockney », un Irlandais têtu déserteur de l’armée des Indes, est la série culte du regretté Franz. Cette saga réaliste est l’un des grands classiques de la BD d’aventure franco-belge. Quatre ans après la mort de Franz Drappier, et donc la fin de la série (les deux derniers des 9 tomes sont parus en 2005 à titre posthume), Le Lombard a eu l’excellente idée de sortir ce mois-ci une première réédition intégrale luxueuse des cinq premiers albums (256 pages). Lester « le cockney » Mahoney est un lad irlandais enrôlé de force au 19e siècle dans l’armée anglaise pour échapper à la potence. Il se retrouve plongé dans l’enfer des guerres de colonisation en Afghanistan puis en Inde sans la moindre volonté de servir cette Albion qui lui a déjà pris son Irlande natale. Dans ce cadre épique, aux décors somptueux, Franz signe une oeuvre personnelle forte et anticonformiste, formidable synthèse de toutes ses inspirations, les chevaux, l’aventure et les femmes « Le personnage, c’était Franz lui même. Il était bien plus fascinant que ses propres héros », dit Derib dans les très belles pages d’introduction de l’intégrale. Franz était un dessinateur virtuose prolifique ; « il était toujours sur trois ou quatre séries en même temps, pour des éditeurs différents », poursuit son ami Derib, autre amoureux de chevaux et de grands espaces. « Il avait un talent immense. A côté de lui, on se sentait tous minables », dit encore Dany, copain de la « nouvelle génération » d’auteurs du journal « Tintin » dans les années 1970. Le cheval est omniprésent dans sa carrière, particulièrement dans cette série non dénuée d’humour ; rien d’étonnant quand on connaît l’amour inconsidéré de Franz pour le noble animal. « Quand il dessinait, c’était des chevaux ! Tout tournait toujours autour des chevaux », se souvient un autre copain, Christian Denayer. Normal, donc que Le Lombard ait repris en couverture de l’intégrale celle du T1, « Les fous de Kaboul », où Cockney monte un cheval. L’auteur, qui savait manier le crayon aussi bien que le sens de la dérision, signera, en plus des 9 tomes de la série, deux très beaux albums sur l’enfance de son héros, « Irish Melody » et « Shamrock Song », parus dans la collection « Signé ». Peut-être les retrouvera-t-on dans le second et dernier volume consacré à la série la plus personnelle de Franz.  

256 pages, 47 euros

Chronique de Christophe Berliocchi

3 avril 2007 - Aucun commentaire
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« Kinky & Cosy », T3 « Avec ou sans, ça dépend », de Nix. Le Lombard.

Troisième édition de cette série de strips farfelus réalisés par Nix, déjà primé au salon d’Angoulême en 2006, qui met en scène notamment deux jumelles infernales qui mettent le chambard parfois sans le vouloir. Lorsque le père prévient au téléphone « Je suis en pleine analyse financière » les jumelles transmettent à leur mère « Papa est en plein dans Anne-Lise, la financière ». Rien de graveleux mais pas non plus de politiquement correct et la famille est même fière que le père se saoule à la bière équitable dans un café altermondialiste !

A savourer au beau milieu des strips une planche entière représentant le tableau de surveillance électronique installé dans le bureau du proviseur du lycée avec des voyants croustillants : indice de patience des enseignants, manette « exécuter tous les étudiants », le tout encadrant une caméra filmant une classe en délire. Car outre le milieu familial l’enseignement est particulièrement visé par Nix. Ainsi lorsque le prof apprend l’introduction de nouvelles règles d’orthographe « Mes enfants, oubliez ce que je vous ai dit l’an dernier. » « Si vous croyez qu’on vous a attendu ! » rétorquent les jumelles.

Le dessin est simple, sans fioritures dans le décor et le gag prévaut, avec des répliques qui tuent : « Si tu étais un club de foot tu serais le PSG » dit le mari à sa femme. « Kinky & Cosy » est aussi kitch que rigolo, donc indispensable.

Chronique de Jean-Marc Lernould

27 février 2007 - Aucun commentaire
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