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Le Prix Asie-ACBD 2008 au “Visiteur du Sud”

visiteur.jpgRéunie dans le cadre du festival Japan Expo, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée a remis le Prix Asie-ACBD 2008 au “Visiteur du Sud, le journal de Monsieur Oh en Corée du Nord” par Oh Yeong Jin aux éditions Flblb.

Le Prix Asie-ACBD distingue une Å“uvre de bande dessinée d’origine asiatique adaptée en français au cours de la saison passée.

Le Visiteur du Sud est le carnet de route en bande dessinée d’un ingénieur sud-coréen appelé à diriger un chantier en Corée du Nord. Au fil des rencontres, le regard de Monsieur Oh se fait plus précis sur ces « cousins » dont les Coréens du Sud sont séparés depuis un demi-siècle. Tout en disséquant le système ubuesque imposé par le régime nord-coréen, il remet en question les clichés que la propagande de son pays natal lui a inculqués. Le lecteur en profite également pour interroger son propre conditionnement mental. « Aucune frontière, aucun douanier ne saura jamais censurer la mémoire et les émotions d’un ouvrier du bâtiment » commente Étienne Davodeau en préface.

Outre Le Visiteur du Sud, quatre autres titres étaient en compétition pour le Prix Asie-ACBD 2008 :

  • Les Fils de la Terre par Jinpachi Môri et Hideaki Hataji (Delcourt - Akata)
  • Le Fleuve Shinano par Kazuo Kamimura et Hideo Okazaki (Asuka)
  • La Forêt de Miyori par Hideji Oda (Milan - Kanko)
  • Shiori & Shimiko par Daijirô Morohoshi (Bamboo - Doki-Doki)


Les adhérents de l’ACBD qui ont participé aux délibérations pour l’attribution du Prix Asie-ACBD 2008 tiennent à conseiller l’ensemble de ces titres en tant qu’éventail de la qualité en matière de bandes dessinées d’origine asiatique.

5 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Le prix de la liberté

Il y a un mois, Guillaume Trouillard remportait pour « Colibri » le prix des lecteurs de Libération mais cela n’a rien changé encore pour cet artiste libre.

guillaume_trouillard.jpgUn mois après avoir remporté le prix BD des lecteurs de Libération pour son album « Colibri » sorti en octobre 2007, Guillaume Trouillard est penché sur sa table dans l’atelier de la rue de la Rousselle, siège des Éditions de la Cerise. Pour sa première édition le Prix des lecteurs de Libération a frappé très fort du côté de l’exigence esthétique. Les auteurs en compétition pour le prix étaient tous poulains de grandes maisons d’édition comme Dargaud, Glénat où encore Delcourt. Or les suffrages sont allés droit vers l’outsider parfait, un album auto-édité par son auteur et distribué par le modeste Comptoir des Indépendants, « Colibri », made in Bordeaux?

Eric Loret, responsable de la rubrique BD et co-organisateur du prix avance une explication : « Le livre a bénéficié d’un bouche-à-oreille considérable sur internet, ses prosélytes ont été très actifs sur les forums et les sites de BD : or c’est uniquement par le net que les votes ont été recueillis ».

« Un miracle » sourit Trouillard. Au fait que rapporte un prix Libération ? « Rien, zéro euro » précise le lauréat en haussant les épaules. Il se contentera de quelques encarts dans le journal.

Un prix sans prix ? Mathieu Lindon, responsable du service culture de Libé et membre du jury de la présélection avec Moebius, Laurent Joffrin et Gérard Lefort, suppose que la publicité faite à l’auteur dans les pages du journal a valeur de prix. Même son de cloche chez Max Armanet, responsable du développement et créateur dans les années 80 de la rubrique BD du journal. « C’était un outsider, c’était celui qui en avait le plus besoin. Ce fut une surprise mais cela prouve que nos lecteurs ont une certaine exigence ».

Pour la publicité, trois encarts dans le journal, il semble que son effet soit réduit : « J’ai eu 100 commandes de plus peut-être de la part des libraires et puis c’est tout. Si les autres éditeurs en lice l’avaient remporté, ils auraient exploité le prix au maximum et auraient vendu 10 000 albums supplémentaires. C’est normal, c’est la faute à personne je suis une petite structure, je n’ai pas d’attaché de presse, personne pour les cocktails, je ne peux pas tout faire ».

Confirmation à BD Fugue, « pas de ventes particulière », et à la Fnac où Xavier, le responsable du rayon n’a pas constaté de frémissement non plus mais se souvient de ce dessinateur venu lui-même apporter les autocollants « Prix Libé » pour les coller sur ses albums.

L’avenir de la Cerise. A la Cerise, maison qu’il a fondé alors qu’il était encore étudiant au beaux-arts à Angoulême, Trouillard fait tout. Le noyau (la conception), la chair (le dessin), la peau (la promo). En ce moment, il prépare la sortie de « Bix » de Grégory Elbaz, inspiré par Bix Beiderbecke, l’un des premiers musiciens blanc de l’histoire du jazz. Ce sera le septième titre du catalogue.

Le dessinateur-éditeur-promoteur ne se plaint pas. Il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait : « Pour la liberté. J’ai toujours eu du mal avec les scénarios des autres. Sorti des Beaux-arts, j’ai été confronté aux directeurs de collection et, vite, j’ai compris que cela n’allait pas coller et qu’il me faudrait travailler pour moi. » Car ce qui compte pour ce libertaire tendance écologiste « trop pessimiste pour continuer à militer longtemps », c’est dessiner, rêver, créer. « Je ne fais jamais la même chose. Je ne peux pas m’en empêcher. Il faut que ça parte dans tout les sens ». Il montre des pastiches de Little Nemo de Windsor Mc Cay où il promène le rêveur le plus célèbre de la BD mondiale dans le monde de l’agroalimentaire. Histoire d’accorder deux choses qu’il trouve de plus en plus difficiles à assortir, ses luttes et son art.

« J’espère que j’y suis arrivé dans Colibri, c’est en tout cas ce que j’ai essayé. Mais c’est très difficile ».

Article de Joël Raffier

La Cerise aura un stand au prochaine “Escale du livre” du 4 au 6 avril 2008 dans le quartier Renaudel à Bordeaux

Damien Vanders primé au salon Polar’Encontre (Lot-et-Garonne)

C’est-ce week-end que se tenait le salon Polar’Encontre (à Bon Encontre, proche banlieue d’Agen) avec un heureux mélange d’auteurs de romans policiers et de BD sur le même thème. A tel point que l’écrivain Romain Slocombe dédicaçait ses livres… avec des dessins.

Le prix du jury a été remis à Damien Vanders, le dessinateur de « Welcome to Hope » écrit par Damien Marie, et dont le troisième et dernier tome devrait sortir sous peu. « Welcome to Hope » était d’ailleurs une nouvelle à l’origine, qui sera prposée avec le tome 3. Et comme Damien m’a donné l’un des six exemplaires qu’il avait apporté avec lui, il m’est encore impossible de l’ouvrir pour ne pas découvrir l’épilogue. A moins que par sadisme je vous raconte la fin… A signaler la présence des deux co-auteurs sur le salon, qui avait également sollicité l’association agenaise « A toi de jouer » afin de faire découvrir des jeux basés sur le polar (je vous recommande « Petits meurtres et faits divers »).

Enfin l’encyclopédiste du polar, Claude Mesplède, a reçu évidemment… une boîte de pruneaux!

J-M L.

18 février 2008 - Aucun commentaire
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