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« Hanté », collectif, et « Mortemer » de Valérie Mangin et Mario Alberti. Soleil.

hante_1.jpg mortemer_hante.jpgLes éditions Soleil proposent une nouvelle collection baptisée « Hanté », dirigée par Christophe Bec. Le principe est d’explorer à travers le monde et les époques des lieux particulièrement malsains, pour tout dire maudits.

Le premier tome de la série se nomme naturellement « Hanté », un ouvrage collectif où l’on retrouve naturellement Bec, mais aussi Betbeder, Duphot, Lovinelli et Gourhant, Peynet, Gnoni et Biancarelli, Mottura, Marazano et Springer. Soit huit histoires courtes plus une illustration pleine page de Massimo Carnevale. Un collectif est souvent inégal et certains récits sortent lot, dont « les Cercueils ne danseront plus » de Stéphane Betbeder et Pierre Droal.

Le second volume de la série, « Mortemer » a été conçu par Valérie Mangin et Mario Alberti, et s’avère beaucoup plus malsain dans le bon sens du terme. Une abbaye hantée par des fantômes de moines et par une mystérieuse dame blanche, un trésor maudit, un mélange de réalisme et de surnaturel donnent du tonus à ce livre, bien dans l’esprit de cette collection. A noter que la fin de cet album est assortie de photos et de commentaires sur cette abbaye de Mortemer, dont subsistent les ruines.
Hanté annonce deux titres à paraître prochainement, « Fontainebleau » et « Loudun » et devrait publier plusieurs one-shot par an ainsi qu’un collectif.

« Hanté », 56 pages, 12,90 euros. « Mortemer », 56 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould.

1 septembre 2008 - Aucun commentaire
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A la rencontre d’Arleston superstar !

Le voyageur de TroyUn scénariste fêté au point d’être mis en avant sur le matériel promotionnel par son éditeur, c’est déjà rare. Le voir mis en situation avec ses propres créations sur des affiches placées en vitrine des diffuseurs de presse, c’est de l’inédit. Son nom ? Christophe Arleston, auteur vedette des éditions Soleil, heureux créateur de la saga Lanfeust et d’un certain nombre d’autres best-sellers. L’homme a de quoi être à la fête. Rien qu’en juin, cinq titres portant sa griffe sont sortis en librairies. « Léo Loden » 18 avec Nicoloff et Carrère, mais aussi « Trolls de Troy » 11 avec Mourier, ainsi que le deuxième volume de « Lanfeust Quest », adaptation manga par Ludo Lullabi de son titre phare, « Lanfeust de Troy ». Il signe également le premier tome d’une nouvelle série, « Sinbad », contre oriental superbement mis en image par Pierre Alary (« Belladone », également chez Soleil). Et pour découvrir l’homme derrière l’œuvre, ne pas manquer « Le voyageur de Troy », livre d’entretiens avec l’auteur menés par un spécialiste du genre, le journaliste belge Thierry Bellefroid (« Les éditeurs de bande dessinée », Niffle).

  
Un tchat est organisé avec Christophe Arleston par les éditions Soleil, sur
www.soleilprod.com, cet après-midi même, mercredi 2 juillet à partir de 17 heures. Les questions peuvent être posées une demi-heure avant.

2 juillet 2008 - Aucun commentaire
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« L’Ordre des dragons », tome 1 « la Lance », de Istin et Rodier. Soleil.

ordre_des_dragons.jpgJ’ai exprimé ultérieurement tout le « bien » que je pense des sous collections imaginées par des éditeurs en mal de marketing. Je met un bémol pour cet épisode de la série « Secrets du Vatican », sans ignorer pour autant qu’elle surfe sur la vague du « Da Vinci Code » et de portes de loges obscures déjà poussées par des auteurs comme Giroud et Convard. Mais cet air de déjà vu ne gêne pas la lecture de cette « Lance » bien aiguisée.

Le contexte - l’Allemagne nazie des années 30 - rappelle « les Aventuriers de l’arche perdue », avec, côté Europe, la montée des périls et la ségrégation qui s’organise. Côté exotique, des explorateurs au service d’Adolf sont à la recherche d’une sorte de Graal, perché sur les hauteurs tibétaines. Mettre la main sur une arme mythique serait bien sûr un atout décisif pour le Fuhrer, lequel pourrait être le jouet d’intrigants bien plus puissants.

Ce premier tome installe les principaux éléments, dont Eva (pas Braun !), l’amie d’un ethnologue assassiné devant sa porte, qui lui laisse cependant quelques indices afin de retrouver l’objet de sa quête. La jeune femme va devoir apprendre à esquiver les opportuns sur les toits et les balcons de Berlin, et surtout, elle va assimiler cette sentence léguée par son ami, ne faire confiance à personne… A elle enfin de décrypter les différents indices et de découvrir dans quelle serrure engager la « clef du Paradis ».
L’un des intérêts de cet album est aussi de laisser respirer le dessin de Denis Rodier, dont les cadrages prennent des libertés intéressantes, avec par exemple des double pages utilisées à bon escient. Elodie Jacquemoire, en poste pour les couleurs, complète ce tableau bien agencé.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

22 mai 2008 - Aucun commentaire
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« Dolls killer », de Pona et Bleda. Soleil.

dolls_killer.jpgFaut-il créer une sous collection thématique pour vendre de la BD? Si la réponse est oui, il va falloir courber l’échine, le temps que passe cette mode, car la qualité répond aux numéros absents. Entre les « sept machins » (un impair d’ailleurs…) publiés par Delcourt, et maintenant cette liste baptisée « Serial Killer » chez Soleil, on se contente d’établir un fil rouge. Une ligne de conduite ténue, incapable de masquer la platitude du résultat final.

Vous avez deviné que « Dolls Killer » ne va pas s’appesantir sur les rayons de ma bibliothèque, le seul avantage de ce tueur en série étant justement de s’arrêter au one-shot. Un tueur qui, à New York, sème des poupées sur les scènes de ses carnages, une inspectrice alcoolo, insomniaque, et dont les nuits ressassent une jeunesse violée, sont les arguments de départ. Cela est un peu court pour servir de base à un récit, d’autant que les personnages secondaires manquent terriblement d’épaisseur, évoluant dans un état réellement second. A quoi sert vraiment le rôle de l’assistant du procureur, qui n’influe pas sur l’histoire, ou encore la brève liaison entre la femme flic et l’une de ses indics? Le dessin marche à l’unisson, brouillon. Bref, un one-shot qui se tire une balle dans le pied. Mais même la quatrième de couverture avertit: « déconseillé aux moins de 16 ans ». On peut effectivement le déconseiller, sans barrière d’âge.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

21 mai 2008 - Aucun commentaire
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« La Tour sombre », tome 1. D’après Stephen King, scénario de Peter David, dessin de Jae Lee et Richard Isanove. Fusion Comics.

tour_sombre.jpgLa réunion de Soleil et Panini a débouché sur le label Fusion Comics, lequel vient de tirer l’une de ses plus grosse cartouche avec une trilogie dont le premier tome vient de paraître. Le projectile se dénomme « la Tour sombre », adapté de l’œuvre fleuve du romancier Stephen King, qui est d’ailleurs le directeur créatif et exécutif de la BD: on sait que le bonhomme n’aime pas trop que l’on triture sa progéniture… Il a néanmoins fallu aménager cette saga du « Pistolero », entamée en 1970 et achevée en 2005, rassemblant sept livres et 4000 pages.

La BD s’ouvre sur la jeunesse de Roland, le fameux  pistolero en quête d’une mystérieuse Tour sombre, dans un univers mi western/mi héroïc fantasy. Une « créature au service de ce que vous appelleriez destin », qui apparaît comme un chasseur à la poursuite d’une proie, dans la poussière d’un désert brûlant. Flash-back: l’histoire se poursuit dans la baronnie de Gilead, avec l’initiation de l’adolescent Roland qui gagne ses premiers galons, son premier colt. Il aura sur son chemin notamment le magicien Marten Largecape, assez maléfique sur les bords.

Avec des auteurs comme le scénariste Peter David (« Hulk-Futur » ) et le dessinateur Jae Lee (« Fantastic Four »), le style reste indéniablement celui des comics, avec alternance de cadrages ultra plats et de pleines planches, le tout sous une forme hyper réaliste, avec choc des couleurs et abondance de contre-jour.

Connaissant le « King », on se doute que le cheminement est complexe, et un topo assorti de cartes en fin de livre permet de débroussailler le terrain, en se gardant de tout défricher. L’Entre-Deux Monde y est décrit comme post apocalyptique, un univers où on entre et sort par d’énigmatiques portails qui encerclent la Tour Sombre. Et comme l’épopée de Tolkien, Stephen King a lui aussi créé son monde imaginaire et magique, avec pléthore de détails. Mieux prendre son temps pour en parcourir les méandres.

92 pages, 14,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

« La XIème plaie », tome 1, « Et les eaux du fleuve se changèrent en sang », de Tackian et Urgell. Soleil.

xiplaie.jpgQuelle cette onzième plaie qui, en 2008, prend la relève des dix fléaux qui s’abattirent sur l’Égypte du temps de Moïse? D’où viennent ces sacs d’ossements humains et animaux découverts au fond de la Seine? De Londres à Paris les cadavres s’amoncellent, sans compter une porte qui s’entrouvre sur un enfer rougeoyant.

La profileuse Michèle, talentueuse au point qu’on lui donnerait des qualités de médium, va enquêter et s’enfoncer dans un monde d’horreur. A tel point qu’on peut déconseiller l’album aux âmes sensibles malgré un talent indéniable de Tackian, très à l’aise dans le gore, tout comme son collègue dessinateur Joan Urgell, le tout complété par les couleurs saignantes de Mambba. Décidément la collection Terres Secrètes (dirigée par Nicolas Tackian himself) s’ouvre sur des univers glauques, mais passionnants.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

10 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Corpus Hermeticum », tome 3 « les Larmes du désert », de Missoffe et Fino. Soleil.

corpus_3.jpgCréée et dirigée par Jean Wacquet et Nicolas Tackian, la collection Terres Secrètes (« Caïn », « la XI ème plaie », une nouveauté dont nous reparlerons) se poursuit avec la parution du troisième tome de « Corpus Hermeticum ».

On commence à connaître le principe: il s’agit d’une série ésotérique () dont chaque volume est confiée à deux auteurs différents. Après les couples Tackian/Brion et Gonzalbo/Palma, ce sont Mathieu Missoffe (scénario) et Serge Fino (dessin) qui s’y collent, avec l’aide de Nathalie Arilla aux couleurs.

Ici, il ne s’agit pas de mettre la main sur une sourate inédite du coran ou sur le tombeau du Christ, mais d’accéder à une mystérieuse cité située hors du monde, dans des limbes dangereux peuplés de dieux et de créatures que ne renierait pas Lovecraft et décrite dans un livre mythique, le « Corpus Hermeticum ». Bref, ça sent le retour des Grands Anciens à la Chtulu, incantations à l’appui, sans pour autant que cette épopée fantastique soit déplaisante.

Si le premier tome se déroulait dans le grand Nord russe de 2003, puis le second en 121 après J.C., la dernière mouture a pour cadre la guerre du désert en 1942. Mais qu’on les nomme hommes transparents, Pictes ou djinns, ceux qui viennent de l’autre côté restent toujours aussi terrifiants pour l’homo sapiens ordinaire. Et malheur à qui veut franchir la porte vers cet autre monde maléfique. Malgré cette absence de chronologie l’ensemble est cohérent et le troisième volume ne détonne pas, avec pour point commun une narration dynamique.

48 pages, 12,90 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

6 mars 2008 - Aucun commentaire
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« Les débuts de Jésus », En plein dans le mythe 1, de Bast et Matyo. Soleil.

pleinmythe.jpgQuelques semaines à peine après « Bordeaux, les Historiettes » (Sangam), Bast et Matyo reviennent sur le devant de la scène en prenant pied dans la maison Soleil. Ces deux échappés du Cycliste, éditeur chez qui ils avaient signé « Le gardien de la tour » et « Le gardien du zoo », ont pris l’habitude de travailler sur une idée de base, à la fois intellectuelle et graphique, et de broder à l’envi sur le thème. Le principe de « En plein dans le mythe » ? Chaque grand personnage de l’Histoire a vu un jour son destin basculer sur une scène bien précise. Les deux facétieux Bordelais ont imaginé qu’ils ne s’y étaient sans doute pas pris comme il faut du premier coup… et s’attachent à détailler les essais foirés. « Un peu comme si nous étions en face d’un film dont nous aurions retrouvé les rushes », expliquaient-ils récemment. Leurs premières victimes : Jésus faisant se lever le paralytique, Moïse tentant de séparer les eaux de la Mer Rouge, Roméo en bas du balcon de Juliette, Arthur tentant de tirer Excalibur du rocher. La structure est constante : une page d’introduction à la structure classique et pas moins de sept pages mosaïquées – onze pour Jésus – reprenant la scène clef sous divers angles, jouant sur le comique de répétition. Peut-être même trop. Tout l’humour des deux bonhommes s’y retrouve, mais cette l’accumulation – de 56 à 88 variations sur le même thème ! - demande un effort de lecture qui peut lasser. Paradoxalement, elle permet de reprendre régulièrement l’album en main pour y trouver de nouvelles choses. Un essai intéressant, à transformer comme de juste, avec cet espoir de ne pas voir l’idée de base devenir un simple tic de narration.


40 pages. 9,45 euros.
 

Chronique de Philippe Belhache
  

10 février 2008 - 1 commentaire
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« Paroles de Verdun », d’après l’ouvrage de Jean-Pierre Guéno. Collectifs de dessinateurs. Soleil.

paroles_de_verdun.jpgAprès « Paroles de poilus » les Editions Soleil persévèrent en adaptant « Paroles de Verdun » du même auteur Jean-Pierre Guéno qui a publié son ouvrage initial chez Perrin. Le premier essai était déjà très bon, celui-là le dépasse en excellence malgré l’horreur décrite au fil des pages.

Guéno a repris des lettres de poilus illustres ou inconnus, des extraits de textes de Charles Péguy ou de Jean Giono pour cet atroce « jeu du pas de l’oie ».

Verdun, 21 février 1916 - 18 décembre 1916 est un lieu et une période particulière sur lesquels s’est focalisée l’auteur et qui restent marqués dans les mémoires dès que l’on évoque « la Grande guerre ». Ce n’est pourtant pas ici que les poilus français connurent leurs plus grandes pertes (le mois d’août 1914 fut autrement plus meurtrier) mais des circonstances extrêmes ont laissé des traces indélébiles dans les mémoires. D’abord parce que les deux camps se sont battus comme des enragés dans un mouchoir de poche de 100 km², ensuite parce que comme le remarque Jean-Pierre Guéno « les Français estiment avoir gagné la bataille simplement parce qu’ils ont raccompagné les Allemands à leur point de départ… du 21 février de la même année. Dix mois de combat pour un résultat nul. Au final l’excursion sanglante a coûté 306 000 morts dans les deux camps ». Ajoutons-y l’imprévoyance de Joffre et l’incapacité des officiers du haut état major (qui ont désarmé le secteur, certains qu’il ne serait pas une cible) et le sacrifice de ceux qui comme Emile-Cyprien Driant ont averti sans être écoutés ou l’exécution sommaire du lieutenant Herduin pour « abandon de poste », c’est-à-dire pour s’être replié avec ce qui lui restait d’hommes, après avoir subi 80% de pertes.

Les phrases sont terribles, mises en images par des pointures comme Christian Rossi, François Boucq, Rabaté, David B., Bézian, Chabouté, etc. Soit 18 dessinateurs, plus Thierry Martin qui illustre chaque chapitre. Il leur a fallu beaucoup de talent pour représenter, chacun dans son style, une boucherie capitaliste, tant les mots des témoins sont pesés et ciselés dans cet enfer. Plus jamais ça disaient-ils.

115 pages, 14,95 euros.

Chronique de Jean-Marc Lernould

18 décembre 2007 - Aucun commentaire
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« Le Vampire de Sacramento », de Mosdi, Fino, Vitti et Kolle. Soleil.

vampiresa.jpgBien que n’étant pas démolisseur patenté force est de reconnaître ma grande erreur en achetant cet album qui appartient à la sous collection (mais vraiment sous) « Dossier tueurs en série » de Soleil. Un Soleil qui fait figure d’éclipse par ses choix éditoriaux. Comment expliquer que trois dessinateurs - Fino, Vitti et Kolle - (ce qui fait déjà pas mal de monde) soient asphyxiés par un texte surabondant?

L’histoire d’un éventreur en série a un parfum de déjà vu et revu et le vampire n’est que l’ombre de lui-même. Heureusement le récit est complet et n’aura pas de suite. Et de plus l’album est « déconseillé aux moins de 16 ans » selon la quatrième de couverture. Comme le veut la célèbre citation, on peut aussi le déconseiller de 7 à 77 ans…

48 pages, 12,90 euros.

21 octobre 2007 - Aucun commentaire
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