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Retrouvailles avec XIII en octobre

9782505004721.jpgIl n’y a jamais de hasard. Le premier tome de « XIII Mystery », série parallèle permettant à différents auteurs de se pencher sur la personnalité des personnages secondaires de la série créée par William Vance et Jean Van Hamme, sortira dans les bacs à l’heure de la première diffusion, sur la chaîne cryptée Canal +, de la minisérie signée Duane Clark, deux épisodes de 90 mn avec Stephen Dorff dans le rôle titre et Val Kilmer dans celui du tueur à gages surnommé La Mangouste. De quoi remettre durablement sur les rails la très rémunératrice franchise XIII, la série phare éditée par Dargaud ayant connu sa conclusion (temporaire ?) l’an dernier avec deux albums-événements, « Le dernier round » (Vance et Van Hamme) et « La version irlandaire » (Giraud et Van Hamme).

Jean Van Hamme a abandonné les rênes de la série, mais conserve un œil sur ses personnages avec fonction de directeur de collection. Il reste garant de la cohérence du titre quand bien même son mot d’ordre reste « Messieurs, étonnez-moi ! ». La règle de « XIII Mystery », simple et ludique – mais pas sans risque – n’est pas sans évoquer l’expérience éditoriale menée par les éditions Dupuis sur le personnage de Spirou : un one shot par personnage, des auteurs différents pour chaque titre, à charge pour chacun d’apposer sa patte au mythe. Pour ce premier jet, honneur à la Mangouste, personnage clef dont les destinées ont été confiées à un duo de choc, le scénariste Xavier Dorison (Le Troisième Testament, Sanctuaire, WEST, Long John Silver) et le dessinateur Ralph Meyer (Berceuse assassine, IAN). Des retrouvailles avec un « méchant » d’anthologie présent dès les origines de la série, définitivement abattu dans l’album « Le jugement ».

XIII Mystery - le planning

1.       « La Mangouste », par Xavier Dorison et Ralph Meyer (parution 3 octobre)

2.       « Irina », par Eric Corbeyran et Philippe Berthet (deuxième semestre 2009)

3.       « Little Jones » par Yann et Eric Henninot (date non déterminée)

4.       « Amos » par Alcante et François Boucq (date non déterminée)


2 août 2008 - Aucun commentaire
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« La version irlandaise » et « Le dernier round », XIII tomes 18 et 19, par Jean Van Hamme, Jean Giraud et William Vance. Dargaud.

Deux albums pour la clôture d’une série aussi populaire que « XIII », voilà qui fleure bon le coup éditorial mâtiné de marketing, d’autant que le personnage pourrait bien connaître de nouvelles aventures sous la plume d’un nouveau scénariste. Mais soit. Van Hamme fait ce qu’il a à faire et toute nouvelle expérience d’un dessinateur tel que Jean Giraud (alias Mœbius) est bonne à prendre. Résultat des courses ? Deux tomes qui malgré leur numérotation peuvent être lu dans le sens que l’on souhaite, chacun d’eux apportant la même révélation – l’identité de XIII – tout en conservant sa fonction propre. Et qui rappellent si besoin était – et quelles que soient les préventions que l’on peut avoir sur sa production – que Jean Van Hamme est un scénariste aguerri, grand feuilletoniste tout autant qu’auteur populaire. 
  

xiii-18.jpg« La version irlandaise » se révèle un album en premier abord bavard et un rien frustrant. Bavard car Van Hamme, dans sa volonté de fouiller le passé de Brian Kelly, prend le temps de poser un large pan de l’histoire de la révolution irlandaise, jusqu’à rédiger une page de garde précisant un certain nombre de repères. Frustrant car la majeure partie n’a qu’un très lointain rapport avec XIII et sa légende, cette histoire indépendante n’ayant pour seul  but que de nous amener à la fameuse confrontation entre l’intéressé et Jason Mac Lane. Reste que l’ensemble se tient, les ultimes pages éclairant malgré tout – même s’il les a oubliées – les motivations de celui qui va devenir le numéro XIII, moyennant une opération de chirurgie esthétique. Et le rôle inattendu de Jessica « Diane » Martin dans cet imbroglio. Jean Giraud réalise sur ce texte un travail haut de gamme, malgré une composition d’un grand classicisme. Pour ce qui reste l’une de ses très rares incursions dans un univers contemporain, ce très grand graphiste met toute son expérience – acquise tant sur « Blueberry » que sur ses œuvres de science fiction – au service d’une histoire dont il excelle à faire ressortir les moments de tension, échappant ainsi au piège d’un long monologue. Au final, cet album inattendu se révèle comme une plus-value pour la série.
    

xiii-19.jpgPeut-on en dire autant de « Le dernier round », dont le titre sonne comme « La dernière carte », conclusion des (més)aventures de… « Blueberry » telle que conçue en son temps par Jean-Michel Charlier ? Van Hamme convoque ici les grandes figures de la série, en fait sortir certaines de l’échiquier, lève les derniers faux-semblants et boucle la boucle avec la rigueur narrative que ses fidèles lui connaissent. L’homme avoue y avoir particulièrement veillé : « XIII est la seule série que je relis régulièrement pour être sûr de ne pas écrire de bêtises… » Le résultat ? Ni plus, ni moins que ce que l’on était en droit d’attendre de Van Hamme, sans révolution par rapport à la ligne de la série, non plus que de réel coup d’éclat narratif hors la part prise par Jessica Martin. L’auteur semble même s’en tenir à une certaine distance, faite de clins d’œil et d’ironie tranquille : une réutilisation de couvertures d’albums pour les ouvrages de Finkelstein, un XIII presque spectateur alors même qu’amis et ennemis s’entretuent à tour de bras, un retour au point zéro dans la maison des Smith… Il met fin à l’énigme avec un savoir-faire empreint de classicisme, épaulé par un Vance qui remplit le cahier des charges malgré quelques ellipses et raideurs dans les scènes d’action. Bref, il solde les comptes et ferme la boutique. Il était certainement temps, vingt quatre ans après le début de la série et un certain d’albums moins utiles que d’autres. L’homme avouait volontiers avoir raté le train du téléphone portable dans la mise en scène de son thriller (il s’en amuse dans la « Version irlandaise »), il valait mieux en finir avant qu’il devienne trop évident qu’il a également laissé passer celui de la génétique… Van Hamme tourne donc tourne la page « XIII ». Mais en scénariste roué, tout comme le fit sur « Thorgal », il laisse en circulation nombre de personnages suffisamment forts pour que la série puisse renaître sans trop d’efforts. En grand seigneur.
  
Pour chaque tome : 48 pages, 10,40 euros.

  

Chronique de Philippe Belhache

  

16 novembre 2007 - Aucun commentaire
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Jouez et gagnez une intégrale XIII ainsi que 15 coffrets “Révélation” avec les deux derniers albums!

xiiilogo.jpgLa série XIII s’achève ce mardi 13 novembre 2007 avec la parution simultanée des deux derniers albums, “la Version irlandaise” (tome 18, par J. Van Hamme et J. Giraud) et “Le dernier round” (tome 19, par J. Van Hamme et W. Vance). Un évènement dans l’univers de la bande dessinée, que Sud Ouest et les éditions Dargaud célèbrent en offrant une collection intégrale et quinze coffrets “Révélation”!

Pour connaître le nom des gagnants, cliquez ici!

16 novembre 2007 - Aucun commentaire
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Deux « XIII » très attendus

L’amnésique le plus célèbre de la planète BD connaît aujourd’hui sa véritable identité. La saga « XIII » arrive à son terme avec la parution simultanée de deux albums événements

: Philippe Belhache


Jean Van Hamme goûte le moment à sa juste valeur. Confortablement installé dans les salons parisiens de l’hôtel Raphaël, l’auteur courtisé de quelques-unes des séries les plus rentables du moment (1) reçoit la presse pour présenter les deux derniers volumes de sa série phare, « XIII », thriller d’espionnage au poids éditorial des plus conséquents avec dix millions d’albums vendus dans sa version francophone.
L’événement est de taille : une mise en place de 500 000 exemplaires pour chacun des deux titres à paraître aujourd’hui même, « Le Dernier Round », réalisé avec le créateur graphique de la série, William Vance, et « La Version irlandaise », confié à une légende vivante de la bande dessinée franco-belge, Jean Giraud. Deux albums pour boucler la boucle. Et permettre à l’amnésique le plus célèbre de la bande dessinée de connaître enfin sa véritable identité. 
  
sans-titre-1.jpgVan Hamme - ici à gauche aux côtés de Vance et Giraud - fait une nouvelle fois la preuve de son savoir-faire consommé, clôturant l’intrigue avec cette logique implacable qui caractérise ce maître du feuilleton. Enfin ! diront certains. L’homme a souvent été accusé par la critique de tirer sur la corde. Le premier cycle des aventures de XIII, qui se découvrait dans la peau de l’assassin d’un président des Etats-Unis, était un sommet du thriller. Le deuxième, plus intime, le voyait rechercher ses origines dans l’Amérique profonde, sur fond d’activisme du KKK. La suite s’est un peu perdue entre course au trésor, guérilla sud-américaine ou chasse à l’homme à la mode du comte Zaroff. Il le reconnaît à demi-mot. « J’ai mis en place des intrigues secondaires qu’il fallait boucler. Quitte à m’éloigner un temps de l’intrigue principale.»

Inspiré de Robert Ludlum. Van Hamme tourne aujourd’hui la page, tout comme il a tourné il y a quelques mois celle de « Thorgal ». Ironie du sort, il boucle le cycle quelques semaines après la sortie sur grand écran du troisième volet des aventures de Jason Bourne. A l’époque où « La Mémoire dans la peau » n’était encore qu’un phénomène littéraire signé Robert Ludlum, le scénariste belge lui avait emprunté son pitch, redoutablement efficace : un homme blessé par balle, devenu amnésique, se révèle être un tueur surentraîné aux réflexes intacts. Les lignes narratives ont très rapidement divergé, l’affaire en est restée là. D’autant que pour beaucoup, les bédéphiles sont venus à « XIII » par William Vance, pour y retrouver l’univers graphique de Bruno Brazil. Déjà une série d’espionnage, celle-ci créée par Greg (2). Vance avoue volontiers qu’il lui cherchait alors un successeur.
    
Que vient faire Jean Giraud / Moebius dans une telle aventure ? « Quand on vous propose une collaboration sur une série populaire telle que “XIII”, on réfléchit à deux fois avant de la repousser », aime à répondre le bonhomme. De coup éditorial, l’idée est passée rapidement au stade de projet artistique, le dessinateur de « Blueberry » n’ayant que peu abordé ce genre d’univers. « La Version irlandaise » est un complément au « Dernier round », une plongée dans le passé des personnages, approche complémentaire de cette série culte. « Une très belle cerise sur le gâteau », sourit Van Hamme.

Stephen Dorff incarne XIII. Est-ce réellement la fin de XIII ? Jean Van Hamme a fermé la boutique des souvenirs cachés, mais la franchise reste porteuse. Elle a d’ores et déjà donné naissance à un jeu vidéo, à des cartes à gratter de la Française des jeux, à de multiples produits dérivés. Elle fait l’objet d’une adaptation télévisuelle sous forme de deux films de quatre-vingt-dix minutes chacun. Avec le comédien américain Stephen Dorff dans le rôle-titre et Val Kilmer annoncé dans la peau de la Mangouste. Et pour la bande dessinée ? Le contrat liant Jean Van Hamme à William Vance stipule que le dessinateur peut choisir de poursuivre la série avec un autre scénariste. « Pour l’heure, je me mets en vacances, sourit l’intéressé. Après, on verra. » Rien n’est dit, mais tout reste possible. »
  
(1) Il a également créé « Thorgal » et « Largo Winch » adaptation d’une série de romans écrits par lui dans les années 70 , deux grands succès de librairie. Il est également l’un des repreneurs du classique « Blake et Mortimer ». (2) Vance fut aussi, durant quelques années, dessinateur attitré des aventures de Bob Morane

13 novembre 2007 - Aucun commentaire
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« Jeu de dupes », T4 Lady S par Jean Van Hamme et Philippe Aymond (Dupuis, Repérages)

ladys4.jpgMonsieur Jean Van Hamme, on le sait, stoppe XIII avec la sortie le 13 novembre des deux derniers albums : « La version irlandaise », signé… Jean Giraud et la fin de l’aventure avec « Le dernier round », dessiné par l’indestructible William Vance. JVH arrête la série culte (un an après Thorgal) en pleine gloire, d’ailleurs il se dit « heureux de les avoir laissés en bon état tous les deux. Il y a quelque chose de formidablement satisfaisant à abandonner quelque chose en plein succès. Cela vous donne le délicieux sentiment d’être maître de votre destin. Et vous emplit d’un agréable sentiment de liberté. » (1) Le Belge n’arrête cependant pas la BD et continue deux séries chez… Dupuis (Largo Winch et Lady S), hasard ou coïncidence ? En tout cas, le dernier tome de Lady S est sorti en début de mois et, figurez-vous, qu’il est plutôt pas mal. Après un appétissant T1, les T2 et 3 avaient déçu. Du « petit » Van Hamme, un brin alambiqué, sans peps, sauvé –si l’on peut se permettre- par un dessin réaliste de belle facture de Philippe Aymond (« Les 4×4 », « Apocalypse mania »). Là, changement de décor avec « Jeu de dupes » qui renoue avec l’action, un vrai road movie, une intrigue serrée et efficace surfant sur le thème du complot américain, cher à JVH qui n’a jamais porté les Ricains dans son cœur, cf. XIII ! L’espionne de haut vol et son père adoptif se retrouvent aux prises avec des agents de la CIA qui veulent en fait en savoir plus sur le CIRCAT, centre européen qui tenterait de déjouer les menaces terroristes sur le Vieux Continent. Crime de lèse-majesté pour la toute-puissante agence US qui se sert ici de Suzan pour tenter de remonter la filière du CIRCAT et identifier certains de ses agents. En lisant cette BD, vous ne serez pas surpris de découvrir que ces fameux agents du CIRCAT, ceux qui manipulent notre belle blonde depuis le début, sont des… retraités des services secrets et spéciaux européens. Des espions aux cheveux blancs ! Brrr, les types de Langley (Virginie) peuvent trembler… Qui a dit que Jean Van Hamme manquait d’humour ? Le scénariste star n’est pas Belge (et libre) pour rien…
   
48 pages, 9,80 euros
  
Chronique de Christophe Berliocchi
    
(1) Citation tirée du superbe dossier de presse sorti à l’occasion du dernier XIII.
  

12 octobre 2007 - Aucun commentaire
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« Moi, Jolan », Thorgal 30, par Grzegorz Rosinski et Yves Sente. Le Lombard.

thorgal30.jpgRespect et prudence. Ces deux sentiments semblent avoir guidé Yves Sente dans sa reprise en main de « Thorgal », série créée il y a trente ans par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski. Van Hamme a bouclé avec « Le sacrifice » l’essentiel de la saga, ouvrant délibérément la porte à une exploitation plus poussée du personnage de Jolan, fils du héros-titre. Que pouvait en faire son successeur désigné ? Ceux qui attendaient la révolution en seront pour leurs frais. Les autres se régaleront à juste titre. Sente s’est appliqué à prendre en main les personnages, distillant ses choix personnels au fil d’un récit solide, profondément ancré dans la mythologie thorgalienne.
  
L’auteur conserve de fait le même ton, soumettant Jolan au classique parcours d’épreuves, auquel Van Hamme a maintes fois eu recours par le passé. Le parallèle est d’autant plus flagrant que le jeune homme ne fait à aucun moment appel à ses facultés particulières – s’identifiant à son père par son habileté au tir à l’arc – même placé face à la concurrence active d’autres compétiteurs. « Les trois vieillards du Pays d’Aran » ne sont pas loin, l’imaginaire du jeu de rôles non plus. Où trouver dès lors la « touche » Sente ? Dans la définition des membres de la troupe d’adolescents sans doute – Jolan en tête – moins monolithiques qu’il n’y paraît même si certains ne sont qu’en devenir. Dans l’ambiguïté de Manthor, plus certainement. Le second volet de « La vengeance du Comte Skarbek » a révélé le goût de ce scénariste plus roué qu’il ne le laisse paraître pour le renversement de perspective. Sa réécriture de l’histoire des Valnor, à ce titre exemplaire, donne tout son sel à cette reprise. Le graphisme aux couleurs somptueuses de Grzegorz Rosinski lui apporte par ailleurs légitimité et crédibilité, consacrant ce passage de témoin délicat au vu des enjeux artistiques et économiques. « Thorgal », rappelle le dossier de presse, est un « poids lourd » du Lombard : un tirage de 300 000 exemplaires à la nouveauté, 600 000 albums vendus par an. Ça en fait, du monde à ne pas décevoir.
  
48 pages, 9,80 euros

  
Chronique de Philippe Belhache
  

8 octobre 2007 - Aucun commentaire
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« Les trois yeux des gardiens du Tao », Largo Winch 15, par Jean Van Hamme et Philippe Francq. Dupuis, collection Repérages.

Tout a été dit ou presque sur Jean Van Hamme, scénariste à succès, auteur de best sellers comme « Thorgal » ou « XIII » - série dont les deux derniers tomes sont attendus en fin d’année - sans même parler de sa reprise du classique « Blake et Mortimer ». L’homme a été parfois accusé de céder à la facilité, de tirer sur la corde du succès, ses détracteurs ont pu trouver matière dans l’un ou l’autre de ses feuilletons fleuves. « Largo Winch » échappe à cette critique. Adaptant ses propres romans écrits à la fin des années 70, Van Hamme s’est posé des limites salutaires. Chaque intrigue est ainsi développée sur deux tomes maximum. Et force est de constater que le format lui sied bien. Scénariste chevronné, narrateur madré passé maître dans la mise en place du suspense, Van Hamme prouve avec ce quinzième opus qu’il n’a nullement perdu la main.

 

Le procédé reste pourtant inchangé. Le « milliardaire en baskets », financier et aventurier, se trouve plongé dans les ennuis jusqu’au cou, dans le cadre d’un marché négocié en Chine. Et se trouve immanquablement, arrivé à la page 46, dans une situation en apparence inextricable. Pour autant, il y a la manière, et l’auteur convainc sans peine. Coups de théâtre, informations économiques et rappel de données historiques se succèdent sans à-coups. Avantage non négligeable, la lecture de l’album ne nécessite pas une grande culture de la série, même si le personnage principal se trouve mis en demeure d’honorer un engagement pris dans un album précédent, « L’heure du Tigre ». Résultat des courses : le titre, sans être révolutionnaire, se révèle redoutablement efficace.

 

Sur le plan graphique, le contrat est rempli. Le trait réaliste de Philippe Francq est toujours aussi dynamique, s’accommodant des plans statiques comme des classiques scènes d’action. La prise en main des couleurs par Fred Besson, qui s’est notamment illustré sur « Ishanti » de Crisse (Soleil), donne un coup de jeune à l’ensemble sans pour autant en dénaturer l’identité. Précisions de l’éditeur pour les amateurs de chiffres : Largo Winch « pèse » six millions d’albums écoulés en langue française ; l’album « Les trois yeux des gardiens du Tao » est diffusé à 450 000 exemplaires.

 

Chronique de Philippe Belhache

22 mars 2007 - 1 commentaire
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« Le sacrifice », Thorgal 29, par Rosinski et Van Hamme. Le Lombard.

 

Un nouveau Thorgal ? Certes, mais pas n’importe lequel. Ce nouveau titre est le dernier réalisé par Jean Van Hamme. Ce scénariste surdoué a décidé de mettre un terme à sa participation après trente ans de complicité avec Grzegorz Rosinski, et de passer la main à  Yves Sente. Une mise en semi-retraite - le mot existe-t-il seulement pour lui ? - pour le créateur de quelques-unes des séries les plus rentables du moment. « Je préfère m’arrêter avant le scénario de trop », explique-t-il dans le dossier de presse. La préoccupation est louable, d’autant que ce reproche lui a parfois été fait, spécialement pour « XIII ». Van Hamme a tout de même réussi un tour de force, celui de faire de Thorgal une véritable saga et une référence du genre, en y intégrant mythologie nordique et space opéra, onirisme et pisto-lasers. Et de lui donner une belle cohérence là où d’autres ont tout simplement sombré dans le ridicule.

  

Van Hamme tire donc sa révérence. Et que sa sortie est belle ! Non que « Le sacrifice » se démarque à proprement parler des autres tomes de la série. Il est même exemplaire de fidélité à la mythologie du titre, bien plus que « Kriss de Valnor », album plus adulte, âpre et surprenant de brutalité. Mais il est admirable de maîtrise dans sa volonté de boucler le cycle en laissant le jeu pleinement ouvert pour son successeur. Il fait malgré tout porter l’avenir de la série sur les épaules du fils de Thorgal, Jolan, qu’il place aux côtés d’un mystérieux mentor à la dégaine de Victor von Doom, opportunément baptisé Manthor. Et Rosinski dans tout ça ? Toujours présent. L’artiste prend visiblement plaisir à retrouver l’univers « thorgalien », ses mondes parallèles et ses chausses-trappes, ses monstres (vilains) et ses femmes (superbes). Et à travailler sa copie en couleurs directes : Rosinski a intégré à sa série fétiche les expérimentations menées sur le magnifique « La vengeance du comte Skarbek » (Dargaud). Le résultat est à l’avenant. Cela valait l’attente.  

Chronique de Philippe Belhache

 

22 novembre 2006 - Aucun commentaire
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